Le maire et les harkis

Emmanuel Macron a demandé pardon, au nom de la France, aux Harkis. « La France a manqué à ses devoirs envers les Harkis, leurs femmes, leurs enfants » a encore dit le chef de l’Etat. C’était bien le moins qu’il pouvait faire et le geste attendu depuis tant d’années, a été apprécié à sa juste mesure. Notre pays n’a pas toujours été exemplaire dans son histoire. Après le temps des réparations matérielles, est venu le temps des réparations morales, de la reconnaissance.

Mais, sauf à être mal informé, j’ai le sentiment que l’évènement n’a pas fait grand bruit médiatique. Peut-être réseaux sociaux et même media main stream, auraient-ils préféré une bonne polémique, un de ces crépages de chignons que nous affectionnons tant ? Il n’en fut rien, à la place ce fut le consensus mou, silencieux même (mais c’est bien connu, qui ne dit mot consent).

Capture d’écran 2021-09-25 à 13.57.33A Moissac, où vit une importante population de harkis, on s’est souvenu aussi et devant un maigre aréopage d’élus et de « personnalités », le maire RN a célébré à sa manière ce soixantième anniversaire.  Il a cru bon pour l’occasion de délivrer son sempiternel message militant. Au cours d’une allocution qui s’est autorisée de quelques historiens pour rendre plus crédible son propos, il s’est permis sans que personne ne relève l’outrecuidance, de qualifier le geste du Président de mesure électoraliste, tout en convoquant les thématiques de l’extrême droite qu’il a complaisamment développées pour finalement faire un appel du pied un peu balourd à cet électorat. Et oui, il est en campagne pour le RN ! Et comme toujours, les donneurs de leçons sont pris le doigt dans le pot de confiture. Le Moissagais ne fait pas exception, qui ne sait pas faire une apparition publique, sans pratiquer la rhétorique frontiste, oubliant qu’il est, faut-il le lui rappeler constamment, un élu de la République et que la fonction devrait l’inciter à manifester un peu plus de hauteur de vue.

La reprise en Tarn-et-Garonne

Le Tarn-et-Garonne ne fait pas exception dans le paysage hexagonal : la reprise est là et bien là. Le Fond de solidarité aux entreprises va s’arrêter fin septembre (le dispositif a été prolongé d’un mois). Très forte chute des demandes : 1800 aux plus fort de la crise sanitaire, 160 seulement en aout. Autre signe de l’embellie, le chiffre d’affaires des entreprises.  Entre 2019 et 2021, il a progressé en moyenne et tous secteurs confondus, de 12,6%. Bien sûr ce résultat encourageant cache des disparités que les acteurs économiques n’ont pas manqué de souligner et auxquelles le gouvernement entend répondre en ciblant ses interventions. A cet égard, un comité départemental de sortie de crise, présidée par la Préfète du département va permettre de gérer avec doigté la fin du « quoiqu’il en coûte ».

L’agriculture se sort bien, malgré les aléas climatiques, pluies et gel au printemps, de cette période, avec un chiffre d’affaires en hausse de 24%. Juste derrière la construction fait un bon score, plus 21%, ainsi que le commerce avec plus 18%. L’industrie en revanche ne décolle pas, plus 0,9%, tandis que la restauration plonge avec moins 38%. Pour ce dernier secteur c’est bien entendu la COVID qui est responsable de la situation avec les mesures sanitaires et les restrictions qui ont suivi.

En fait, les entreprises sont désormais confrontées à trois problèmes inattendus. Un. Le renchérissement des matières premières, c’est le cas du fer ou bois, conséquence de la politique économique de la Chine par exemple, qui pour soutenir sa croissance, préfère acheter sur le marché mondial (le bois français) plutôt que de consommer ses propres ressources. Deux. La pénurie de composants électroniques. Elle affecte particulièrement l’industrie (on voit le résultat). Elle est aussi la conséquence du comportement des pays asiatiques qui réservent l’essentiel de la production à leurs économies nationales. On comprend dès lors qu’il est urgent de relocaliser la production de ce type de produits. C’est l’objet du plan de relance mis en place par le gouvernement. Trois. Le manque de main d’œuvre. Et ça c’est à la fois intriguant et préoccupant. Les entreprises peinent à embaucher, alors que le chômage, certes en baisse sensible, demeure à un niveau élevé. Cette situation remet sur la table la question des salaires, notamment dans certains secteurs en forte tension. Augmenter les salaires ouvriers, augmenter les salaires des employés dans les services (aide à la personne, soins…) est plus que jamais une nécessité économique et sociale. Il faut certainement accroître, en même temps, les efforts dans le domaine de la formation professionnelle pour mieux répondre aux besoins des entreprises. A cet égard, il faut se féliciter du succès des contrats d’apprentissage, qui permettent à La France de rattraper son retard sur l’Allemagne. Pour aller plus loin encore, le gouvernement a fort judicieusement décidé de prolonger les aides aux entreprises.

La fête à Firmin

IMG_8341La Préfète, le Sous-préfet qui vient d’arriver de Dordogne, le directeur régional des affaires culturelles, le Président de la Communauté de communes,  la conseillère départementale en charge de la culture, le maire de Castelsarrasin, les directeurs de la Banque Occitane et de l’enseigne Leclerc, des descendants de Firmin Bouisset, les membres de l’association… il y a avait du monde, beaucoup de monde,  vendredi 3 septembre pour l’inauguration officielle de l’Espace Firmin Bouisset, à la Maison d’Espagne à Castelsarrasin.

Ce musée est en fait ouvert au public depuis le mois de juillet. Succès immédiat ! La fréquentation s’annonce bonne, répondant aux attentes de ses concepteurs, Annie Claude Elkaim et François Sikic.

A en croire les commentaires, sur le livre d’or ou de bouche à oreille, l’endroit séduit, enthousiasme même par sa beauté, sa scénographie, son intérêt pédagogique. Lieu de médiation, il accueille aussi des publics spécifiques, « empêchés » selon la terminologie en vigueur. Il s’agit en fait des populations qui ont un accès difficile aux différentes formes d’expression culturelle.

L’ouverture au monde scolaire, avec un matériel pédagogique spécifique, fait aussi partie des objectifs de cet espace, qui entend, c’est ce qu’a précisé la présidente de l’association, compléter son dispositif par la création d’un pôle événement, autour d’expositions temporaires, d’ateliers, de rencontres artistiques… Mais Annie Claude Elkaim, a également souligné la place et le rôle des collectivités locales et de l’Etat, sans lesquels le modèle économique de ce lieu ne serait pas tenable.

IMG_8339Bref, sous des cieux cléments, avec une assistance aux anges, ce fut une bien belle soirée, qu’Henri Ena, historien et « découvreur » de Bouisset n’aurait pas boudée. Et comme cela a été souligné à plusieurs reprises, un tel projet ne pouvait prendre corps, c’était peut-être écrit, que grâce à un exceptionnel « alignement des planètes ».


Mauvaises polémiques

Les Talibans sont de retour en Afghanistan. A peine le retrait américain était-il engagé, qu’ils passaient à l’offensive, reprenant sans quasiment coups férir la totalité du territoire. Kaboul dont les experts disaient qu’elle serait le dernier bastion du gouvernement en place est tombée comme un fruit mûr. Le président du pays avait pris ses précautions, fuyant piteusement dans un des émirats du golfe. On connait la suite. Les hélicoptères de l’armée américaine qui tentent de récupérer les occidentaux en panique, Des centaines d’Afghans, candidats au départ qui s’accrochent aux avions sur le tarmac de l’aéroport. Un air de déjà vu. C’était à Saïgon au siècle dernier!

La France avait anticipé autant que faire se peut cette victoire des fondamentalistes. Voilà des semaines que des avions commerciaux ou militaires rapatrient nos compatriotes, mais aussi tous les afghans ou afghanes, au total plus de 1400, qui avaient travaillé pour nos troupes ou nos institutions éducatives ou culturelles. La France n’est donc pas restée inerte, soucieuse de ne pas reproduire le comportement indigne qu’elle eut avec les harkis pendant la guerre d’Algérie.

Pour autant, les contempteurs  de Macron tentent de le mordre au mollet, décrétant que la France a vocation à accueillir toutes celles et ceux qui veulent tenter leur chance en Europe. 

Voilà le gouvernement sommé d’ouvrir grand ses frontières, sans même prendre le temps de se concerter avec ses voisins, l’Allemagne entre autre qui n’a pas oublié l’épisode des réfugiés syriens en 2015. Cette gauche tricolore, une certaine gauche, toujours en retard d’une guerre, toujours en mal  d’une cause, chicane même le président sur son vocabulaire. Parler de « flux migratoires » serait bien la preuve de l’inhumanité de Macron, » le banquier, le président des riches ». Faudrait-il alors mettre dans le même sac le président de l’association « Action contre la faim », qui sur cette même question s’autorisait dans une interview à France Inter les mêmes mots?

Décidément ce pays a besoin de polémiques aussi ineptes qu’improductives. En ce qui concerne l’Afghanistan, notre engagement passé nous impose d’aider toutes celles et tous ceux, intellectuels, artistes, enseignants, et principalement les femmes, qui ont de bonnes raisons de se sentir menacés par les obscurantistes de tous poils. Mais l’accueil de réfugiés, n’en déplaise à certains maires soucieux d’afficher sans frais leur générosité, suppose des dispositifs complexes. Et ils le savent bien. En premier lieu, l’accés à un logement. Difficile en ces temps de pénurie de logements sociaux!  L’apprentissage de la langue, la formation professionnelle s’avèrent aussi nécessaires pour trouver un emploi. Faute de quoi on condamnerait ces migrants à une errance sociale dont on connait les effets délétères y compris dans les zones « d’accueil ». On doit donc sur ces questions agir avec discernement. Choisir le camp de la raison plutôt que celui de l’émotion! Surtout quand elle est grosse d’arrières pensées! 

Le prix de l’eau

Cette rivière s’appelle la Barguelonne. On la voit ici à proximité de l’ancien moulin installé sur la commune de Montesquieu. Le petit pont à partir duquel a été pris la photo était pendant la guerre de 100 ans la frontière entre les royaumes d’Angleterre et de France. C’est aujourd’hui pour les plus téméraires ou les plus nécessiteux un lieu de baignade par grosses chaleur. IMG_8307Mais il faut une certaine dose d’inconscience pour piquer une tête dans un tel bouillon de culture. Depuis quelques jours les algues prolifèrent à foison, tandis que les berges s’ourlent d’une mousse à l’origine indéfinie faute d’analyse un peu sérieuse.

L’ARS (l’agence régionale de santé) procède pourtant régulièrement à une analyse de l’eau, celle que vendent les syndicats des eaux, en l’occurrence pour cette portion du territoire Tarn-et-garonnais, le SMEP sis à Golfech  et qui fournit quelques 40 000 abonnés. Dans son dernier bulletin de santé, l’ARS note une présence trop importante de pesticides dans l’eau de nos robinets, tout en s’empressant de nous rassurer, nous les consommateurs. Fin de l’alerte pour l’agence gouvernementale. Pourtant, il ne faut pas être grand clerc pour trouver la responsable: l’agriculture! Ce sont les agriculteurs qui utilisent les pesticides, qui lessivés par les pluies descendent dans la nappe phréatique et polluent les eaux de captage. Selon l’ARS tout est désormais rentré dans l’ordre. On tente de la croire. Mais les algues? Pas les pesticides, non, pour le coup ce sont les nitrates qui sont en cause.  Les nitrates très présent dans les intrants agricoles, les engrais si vous préférez.

Cela veut donc dire que les agriculteurs ne tiennent pas leurs engagements. Pesticides en quantité pour les fruits ou les céréales, nitrates dans les sols pour les grandes cultures… il y a encore loin de voir s’installer une agriculture totalement vertueuse, même s’il faut lui reconnaître quelques efforts. Le GIEC vient de tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme à propos du réchauffement climatique. Il dénonce aussi, avec les organismes onusiens, la perte d’une partie de la biodiversité. A ce train les choses ne vont pas s’arranger et pourtant le temps presse. Mais plus prosaïquement, pour pouvoir boire une eau potable, il faut multiplier les opérations de traitement. Longues et chères! De quoi faire grimper le prix du mètre cube!Une fois de plus le consommateur est piégé. Et pourtant, il existe un principe simple, faire payer les pollueurs, pour qu’ils cessent de polluer.  Voilà notre nouvelle frontière!