Le tourisme cahin-caha

Serions-nous en Terres des Confluences, les touristes du tourisme ? Des amateurs, des bricoleurs incapables de nous donner les moyens financiers, humains et organisationnels nécessaires à ce que d’aucuns appellent une industrie ? De crise en crise, on pourrait s’en persuader. Chacun a encore en mémoire, le départ précipité de la première directrice

lire « OTI chronique d’un gâchis »

recrutée par le tout nouvel office intercommunal (OTI) Elle avait dénoncé alors les ingérences de certains élus, la guerre sournoise mais dévastatrice que l’ex office moissagais lui livrait. Plus globalement, l’organisation générale de la structure !

On croyait que la leçon avait porté. On découvre à l’occasion des dernières réunions du Conseil d’administration que d’autres problèmes viennent doucher les enthousiasmes initiaux. A Saint Nicolas de la Grave et Castelsarrasin l’Office dispose en effet d’un bureau, tenu ici par la capitainerie du port (Jacques Cousteau), là par les bénévoles d’une association. Une situation qui n’est pas du goût de la présidente de l’OTI, Marie Josée Maurièges. Il y a trois semaines, elle met en balance sa présidence.

Certes, le département a mis à disposition des emplois d’été. De quoi soulager les volontaires. Mais après ? L’arrière-saison venue ? Rien ! Le bureau de la Communauté de communes a refusé toute rallonge budgétaire, pourtant proposée par la commission du tourisme. L’impasse ! A cela s’ajoutent des difficultés récurrentes que la nouvelle directrice ne peut à l’évidence régler seule : des logiciels instables qui perdent les informations que les personnels s’échinent à saisir et des maladies qui en pleine saison touristique perturbent le fonctionnement.

Bref, dernier CA, la présidente en titre, campe sur ses positions. Le poste est donc vacant. Stupeur dans l’assistance qui a du mal à tenir ses nerfs. Et au terme de plusieurs heures d’échanges tendus, un bureau est enfin désigné, avec comme président, un socio-professionnel, propriétaire de l’hôtel « Les crêtes de Pignols » C’est une première. Les apparences sont sauves, mais le malaise est profond.

Première conséquence, la direction de l’OTI sort déstabilisée de l’épisode, le pacte de confiance avec ses administrateurs paraissant écorné. Faute de pouvoir régler les problèmes récurrents : des outils informatiques mal adaptés aux besoins, des personnels fragiles, des objectifs pas toujours très clairs, la direction fatigue et à l’évidence se replie sur ses missions de base.

Le nouveau bureau du CA, le Conseil d’administration tout entier, ne peuvent se contenter d’enregistrer les comptes rendus d’activité sans broncher. Ils doivent préciser les objectifs, aider la direction à définir les priorités, les assortir de moyens en négociant avec la Communauté de communes. L’équipe, les salariés ont besoin de se sentir soutenus, épaulés. Ils ont, dans un environnement difficile, essuyé les plâtres. Il faut les encourager à aller de l’avant !

 

 

 

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Les élus veulent voir les invisibles

Sur la place Camille Delthil, les touristes s’installent doucement aux tables des restaurants. Un petit orchestre fait ses derniers réglages. Ca fleure bon les vacances. Petit conseil, petit ordre du jour. Du coup, de nombreux élus se sont autorisés un congé anticipé. Le maire toujours absent nous fait lire un message. Son retour, c’est pour bientôt. On le lui souhaite !

Volet clos pour se protéger du soleil, le conseil démarre poussivement devant un public étrangement nombreux. Une petite dizaine de citoyens, sagement installés au fond de la salle, bientôt rejoints par le chef du RN qui depuis quelques semaines, ne rate pas un événement moissagais. Le clan est de sortie.

On vote d’abord pour augmenter le nombre de conseillers communautaires. Nous étions 53, nous serons 62, la loi nous y autorise. Moissac et Castelsarrasin qui se marquent toujours à la culotte en auront 17 chacune. Ne sortez pas vos gilets jaunes : les conseillers en question ne sont pas payés, ils payent plutôt de leur personne ! Un poste d’agent a été créé pour suivre la Politique de la ville qui est rappelons-le un dispositif d’état pour aider les quartiers en difficulté. A Moissac, le centre-ville et le Sarlac sont concernés. On a un peu chipoté sur le cas de la responsable du CCAS, qui fait le grand écart entre la Communauté de communes, l’action sociale et la fameuse Politique de la ville. On s’est même un peu perdu dans les tiers, les quarts, et les mi-temps.

Les invisibles

Plus sérieusement, la Politique de la ville, s’est à nouveau invitée dans les débats avec cette fois un appel à projets. L’état veut en finir avec les « invisibles », ces jeunes de 16 à 29 ans, totalement sortis des radars sociaux, sans emploi, sans formation, pas même chômeurs officiels. A Moissac, près de 32% des 16-29 seraient dans cette situation. C’est énorme ! Le pari avec l’aide de MAJ et d’Escale confluences, c’est d’abord d’approcher ces jeunes puis, par des actions spécifiques et hors du droit commun, de tenter de les remettre dans le circuit.

Puis on a parlé patrimoine, les goujons de fer qui rouillent et détruisent les pierres du trumeau du portail de l’abbatiale. Il faudra les changer. De l’Eglise Saint Martin qu’il faut protéger des eaux. Et bien sûr du site Abbatial dont la requalification est aujourd’hui estimée à plus de 4, 2 millions d’euros, dont les deux tiers sont financés par des subventions.

 

 

Coup de chaud sur l’hôpital

L’hôpital de Moissac est toujours à la recherche de l’oiseau rare, un chirurgien viscéral qui voudrait bien prendre le poste laissé vacant par le décès du docteur Lemaire. Un candidat s’est manifesté, le docteur Banti, qui pourrait intégrer le CHIC en 2020 en tant que praticien hospitalier. Mais cette perspective, plutôt heureuse pour notre hôpital, ne lève pas toutes les inquiétudes au sein des personnels. Et tant s’en faut. Il est vrai que le conflit des urgences, qui rappelons-le est un problème national, jette un peu plus de trouble dans la communauté hospitalière. Les démarches du Comité de défense de l’hôpital auprès de l’ARS (l’Agence régionale de santé) et les réponses que son directeur a faites aux demandes moissagaises ne parviennent pas à convaincre tout-à-fait.

Et pourtant, David Billetorte s’est voulu rassurant. L’activité ne cessera pas en chirurgie viscérale pendant l’été et le poste vacant de chirurgien a bien été publié au recrutement. Moissac déplore depuis longtemps l’inexistence du GHT, le groupement hospitalier de territoire, censé organiser l’offre de soins entre Montauban et le CHIC. Le Comité de défense a obtenu que se tienne une réunion (la première depuis longtemps) dès le mois de septembre. Sa présidente, Madame Pagès s’y est engagée. Et les recrutements dans le département seront faits de telle sorte que les praticiens partagent leur activité entre Montauban et Moissac. Bref, aux yeux de l’ARS qui réaffirme au passage sa confiance dans le directeur du CHIC, il n’y a pas de problème grave et surtout pas d’inquiétude à avoir.

Mais dans ce secteur, comme dans bien d’autres, les acteurs de terrain ont appris à ne pas se contenter de beaux discours. Ils attendant des actes et il est vrai qu’ils tardent à se manifester. D’autant que des questions demeurent : les chirurgiens montalbanais opèreront en ambulatoire seulement, ce qui interroge sur la pérennité de l’hospitalisation à Moissac. Par ailleurs, les remplacements, les plannings dans le secteur très sensible de la chirurgie, agacent toujours une partie du personnel qui y voit un moyen de décrédibiliser l’institution moissagaise.

De cafés gourmands en conciliabules permanents, ça s’agite donc autour de l’hôpital. Le Front national qui est déjà en campagne électorale fait mine soudain de s’intéresser au problème. Ca mobilise les opportunistes de tous poils. Mais les personnels le savent et les Moissagais s’en rendront compte : sur de tels dossiers, il faut de la cohérence, de la lucidité, de l’esprit de suite et de la détermination. N’en déplaise à certains, le Comité de défense qui regroupe élus, syndicats et associations d’usagers est depuis longtemps en première ligne. Il ne cèdera rien sur son objectif unique : maintenir à Moissac une structure hospitalière à la hauteur des besoins du territoire.

 

 

Le PS 82 à la peine

La fédération tarn-et-garonnaise du parti socialiste a du mal à se relever du piètre résultat des européennes. Avec un petit 7,12%, la liste conduite par Raphaël Glucksman a fait jeu égal si l’on peut dire avec les Républicains chers à Brigitte Barèges qui doit pour le coup se poser quelques questions quant à son avenir municipal. Chez les socialistes ce score interroge sur l’accord avec le PRG revenu d’un flirt non consommé avec les cousins de la rue de Valois. La députée de la deuxième circonscription, Sylvia Pinel qui était à la manœuvre dans cette affaire, y a laissé ses plus belles plumes. Mais on sait aussi combien par le passé, les amours entre la rose et le radis ont été tumultueuses, assassines souvent, les socialistes devant se plier aux desiderata de Jean Michel Baylet, seigneur et maître dans ce département.

Le potentat fut pourtant débarqué un jour de 2015 à la suite d’un improbable pronunciamiento qui depuis s’est structuré autour de Christian Astruc avec les « Mobilisés pour le Tarn et Garonne ». Un mouvement, que dis-je un parti Anti Baylet, anti Barèges ! Deux poids lourds locaux qui tout à leur ire, font parfois, mais en vain jusqu’ici, front commun. Le radis n’est-il pas rouge à l’extérieur et blanc à l’intérieur !

Dans ce salmigondis bien de chez nous, le PS navigue à vue, obligé de tenir, quand C. Astruc se découvre macron-compatible, le rôle de meilleur opposant. Les initiatives et l’exposition médiatique de Valérie Rabault, ancienne secrétaire fédérale, n’ont rien changé à la donne. Ce nouvel accord avec les radicaux de Baylet est peut-être l’arrangement de trop, les socialistes sont nombreux qui jettent l’éponge les uns après les autres. Dernier en date et non des moindres, c’est Olivier Fournet, patron de la fédération depuis mars 2018, qui vient de rendre son tablier, obligeant Valérie Rabault à reprendre du service.

 

Festival des voix

Ce fut court mais intense. Avec une bien belle programmation. Après un début contrarié par le temps, les cieux se sont mis de la partie et Moissac s’est mis au diapason, dimanche, comme on peut le voir sur cette photo de Suzie Ena dans un répertoire réaliste. Mais le Patus où se déroulait l’essentiel des rencontres (avec la Chapelle du Séminaire) est bien étroit pour ce type d’événement. Si l’on veut en faire un vrai moment d’adhésion populaire, il faudra peut-être, comme naguère avec les jardins, le sortir des murs, hors les murs, avec une programmation adaptée. Le « off » n’interdit pas le « in ». Samedi soir, deux femmes tenaient l’affiche dans le cloître, Mayra Andrade, venue du Cap vert et Terez Montcalm, une Québécoise aux inspirations très jazzies. Du beau spectacle mais programmé trop tard (21h30). Il faisait frais cette nuit là. Les spectateurs s ‘en sont plaints, la chanteuse aussi!

https://youtu.be/Kp3NnkPsk0w

Hôpital: ça rame!

Bon, on va un jour se faire une raison, la mobilisation des Moissagais est une fois de plus squelettique. Et pourtant la cause mérite qu’on y donne un peu de son temps…

A la décharge des absents, la publicité n’avait pas été massive, et l’objectif de la manif pas clair. Seul élu présent, j’ai eu l’occasion de le dire et de l’écrire, Moissac présente un double problème.

Les urgences, qui comme partout sont débordées, croulent sous les patients. La faute d’abord, il faut le répéter à la disparition d’une médecine de ville qui ne s’inquiète plus beaucoup de sa responsabilité sociale. Dans ce désert qui avance, les patients n’ont plus qu’un recours, les urgences. Ce n’est pas possible. Il faut, je le répète, permettre à ce service de retrouver sa place dans le dispositif de soins. Et sa place, c’est précisément l’URGENCE et pas la consultation. Le projet de loi Buzyn a bien conscience du problème et propose des solutions pour faire disparaître les déserts médicaux.

lire « Le Monde »

Pour répondre aux revendications (légitimes) des personnels hospitaliers elle vient même de débloquer 70 millions d’euros pour les urgences.

Et puis il y a la question du devenir du CHIC. Et de sa place dans le Groupement hospitalier de territoire. En clair comment Moissac fonctionne avec Montauban qui affiche encore et toujours sa superbe! Comment Moissac maintient sa chirurgie digestive? Ces problèmes sont locaux et devraient au premier chef interpeler la population, mais aussi les élus, mais aussi les professionnels de santé, libéraux et autres…

Bref, je crois qu’il faut savoir sérier les questions.

Europe: quoi de neuf?

J’écoutais sur France Inter Jean Louis Bourlanges, ex député européen MODEM, et actuellement député des Hauts de Seine. Son propos, sur l’Europe m’a laissé dubitatif. Je comprends parfaitement qu’il plaide, avec talent d’ailleurs, pour les députés européens, valorisant leur rôle, en faisant des acteurs majeurs des institutions de Bruxelles. Mais le système qu’il a décrit, son fonctionnement ont de quoi en rebuter plus d’un. Tout ne serait que tractations de coulisses. Les shadow cabinets, les cabinets fantômes, seraient à la manœuvre permanente. Les majorités ne seraient que des constructions éphémères, dépendant plus des personnalités, de leur entregent, des egos que des programmes et des engagements théoriquement contractés devant les électeurs. Il reste à vérifier l’étendue du problème, mais pour le coup cela fait penser à la Rome républicaine -on sait que tous les chemins y mènent-  il y a deux mille cinq cents ans, quand le Sénat votait « per discessionem », chaque sénateur étant appelé, pour manifester son vote à rejoindre physiquement le groupe des « pour » ou des « contre ».

Il me paraît bien singulier que des élus anciens ou nouveaux se satisfassent d’un fonctionnement dont la transparence n’est pas la première des vertus. Et pour le coup, la Commission, tant décriée au cours de la dernière campagne, n’y est pour rien. De fait, les citoyens que nous sommes y ont depuis longtemps perdu leur latin. Les confidences, les copinages, les tractations, les pas de deux qu’on observe en ce moment dans les couloirs de Strasbourg ou de Bruxelles, ajoutent à l’imbroglio idéologique et programmatique que nous donnent à voir nos élus. La presse qui n’est pas en reste, observe ce jeu de dominos avec gourmandise. Elle y ajoute son petit venin, à preuve la pitoyable mésaventure de Nathalie Loiseau. Devant un parterre de journalistes accrédités, elle s’est crue autorisée à parler librement, c’est à dire en « off ». Mal lui en prit, un journal belge, certainement bien intentionné, a immédiatement vendu la mèche, autorisant du même coup les autres publications à faire état de ses propos. Nathalie venait de se brûler les ailes ! Adieu la présidence du groupe centriste !

Comme dirait J.L. Bourlanges, l’apprentissage est dur pour la génération champignon des élus LRM. Pourtant ne jetons pas la pierre à Loiseau. Elle a dit ce que d’autres par veulerie ou opportunisme taisent depuis longtemps. A sa manière elle est venue bousculer, un instant seulement, l’ordre compassé d’une institution qui se protège, dont les membres, fonctionnaires et élus, procèdent comme dans les ordres religieux : laver son linge sale en famille, jamais sur la place publique.

Morale de l’histoire : le changement, ce n’est pas pour demain dans cette enceinte qui n’en revient pas d’avoir échappé à la vague populiste. Pourquoi donc vouloir bousculer un si bel ordonnancement ? Après tout,  les mœurs y sont plus policées qu’à Rome, puisque petites et grandes perfidies ne s’y lavent pas dans le sang.