« On nous cache tout, on nous dit rien »

Dialogue avec des Gilets Jaunes

14 heures, ce vendredi 18 janvier, marché gare de Montauban. Rencontre, la quatrième pour ce qui me concerne,  avec une délégation d’une quinzaine de gilets jaunes, dans un local sommairement aménagé, mis à disposition par la mairie. Ponctuels, les GJ nous ont accueillis, avec courtoisie, affichant d’entrée de jeu leur volonté d’ouvrir sans agressivité le dialogue…Voilà qui nous changeait de l’hostilité menaçante qui nous avait été réservée sur le rond-point d’Aussonne au nord de Montauban.

Le mépris

Sur la quinzaine de Gilets présents dans la salle, une écrasante majorité de retraités, hommes et femmes, certains cabossés par la vie, un jeune chômeur de 24 ans et deux commerçants, chefs d’entreprise, dont les interventions se voulaient plus politiques. Le tour de table a vite mis en évidence le nombre et la diversité des questions soulevées par les GJ. Mais d’abord, les petites phrases du Président de la République! Ces séquences qui ont prospéré sur les réseaux sociaux leur sont apparues comme un insupportable mépris, une atteinte à leur dignité, Un président ne doit pas parler comme ça » a sobrement conclu une retraitée.

Le pouvoir d’achat

Après bien sûr est venue la question du pouvoir d’achat.  Une revendication : l’augmentation des prestations et l’indexation des pensions sur l’inflation avec la création d’une sorte de revenu universel, une pension unique qui mettrait un peu d’ordre et de lisibilité dans un système qui leur paraît trop compliqué. Je leur ai fait remarquer que tout cela est dans le programme présidentiel et est en cours de discussion actuellement avec les partenaires sociaux dont nos interlocuteurs ne veulent pas entendre parler.

Les pensions

On a à peine évoqué le chômage, les GJ se plaignent surtout de Pôle emploi, dénoncent le manque d’écoute et exigent des stages gratuits de formation. On leur a fait remarquer que sauf cas particulier, c’est déjà la règle. Le CICE est aussi arrivé sur la table. Je leur ai expliqué que c’était fini, transformé en baisse pérenne des charges pour les entreprises. Difficile à entendre pour des retraités qui ne demandent pas un emploi, mais veulent des allocations, des pensions plus fortes, dit autrement du pouvoir d’achat.

Les élus

On a parlé de l’ISF, des impôts payés par les riches, de la justice fiscale, mais le domaine est technique et on a bien senti que la majorité des GJ avançaient en terre inconnue. En revanche, ils parlent d’une seule voix pour demander la réduction du nombre de députés, limiter leur mandat et leurs émoluments, voire supprimer le Sénat. Ils pensent que les élus, qui sont pour eux une caste coupée du peuple, vivent sur son dos, alors qu’ils demandent des sacrifices aux plus pauvres : APL, CSG, taxe gazole… Comment leur faire admettre que députés et sénateurs ont déjà sérieusement diminué leur train de vie ? Comment les convaincre que la démocratie représentative a un coût ? Que faire les lois, négocier les traités ça prend du temps, ça demande du savoir, de la technique, voire de la culture ? Du coup, on n’a pas parlé du RIC. A l’évidence, le greffon qui a poussé du coté de Marseille et ramifié dans les réseaux FN et Insoumis n’a pas pris chez nos interlocuteurs.

Les 10 milliards

J’ai voulu avant de nous séparer, rappeler que le Président de la République a mis 10 milliards mis sur la table pour améliorer le pouvoir d’achat. Ils n’ont rien vu et les plus politiques estiment que Macron aurait pu faire beaucoup plus… en rétablissant l’ISF. il est clair que les GJ nourrissent une grande hostilité, quand ce n’est pas de la haine à l’égard des politiques, et aussi des médias qu’ils regardent mais qu’ils ne croient pas. Ils sont persuadés comme le disait déjà Dutronc « qu’on leur cache tout, qu’on leur dit rien ». Qu’on, politiques, médias, élites confondues, leur ment. Bizarrement, ceux de Montauban, épargnent les grands patrons et chez les politiques, Brigitte Barèges « qui les soutient ». On l’a bien vu d’ailleurs à Souillac. Devant E Macron, la maire LR de Montauban parle comme ses GJ, s’indignant que la France soigne gratuitement les étrangers. Elle évoquait  la CMU, couverture maladie universelle qui fait pourtant honneur à notre pays.

Pour en savoir plus sur la nature des GJ:

https://www.nouvelobs.com/politique/20190111.OBS8351/plongee-dans-les-comptes-facebook-des-gilets-jaunes.html

https://www.marianne.net/politique/christophe-bourseiller-les-gilets-jaunes-evoluent-dans-une-orbite-ideologique-de-droite

https://www.lesechos.fr/amp/57/2235557.php

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Après les journalistes, à qui le tour?

« Souvent la foule trahit le peuple » disait Victor Hugo. Samedi après samedi, les manifestations de Gilets se suivent et empirent. Après le saccage des magasins, la destruction du mobilier urbain, l ‘incendie des voitures des particuliers, après les affrontements d’une rare violence avec les forces de l’ordre, voilà maintenant que la vindicte jaune s’en prend aux journalistes, presse écrite et télévisions confondues. Injures, menaces de viol (ce en dit long sur l’inconscient de ces groupes), menaces de mort, coups, blessures, destruction de journaux… Du jamais vu en France ! Couvrir les manifestations, c’est l’expression professionnelle pour dire faire un reportage, devient presque plus périlleux que de partir sur une zone de conflit. Les confrères sont désormais obligés d’avoir recours à des gardes du corps, Quatre ans après le carnage à Charlie Hebdo, le télescopage temporel est terrible où s’exprime encore et toujours la haine des journalistes, la volonté de museler la presse… Tous les intégrismes, toutes les dictatures s’attaquent d’abord à l’information, à la liberté d’expression. Il y a quatre ans, nous étions des millions à faire corps autour des valeurs de la République. Nous étions Charlie. Et aujourd’hui ?

Certes, la presse, nous les journalistes, ne sommes pas au-dessus de la mêlée. Nous ne sommes pas des intouchables qui échapperaient à la critique, au questionnement de nos pratiques. Cet exercice-là est démocratique. Mais les menaces de mort sont ce qu’elles disent : de la terreur pure et simple. Les confrères, les consoeurs peuvent certes porter plainte, mais cela réduit ces agressions, le climat ambiant à de simples faits divers. Précisément, ce qu’ils ne sont pas. Ces agressions, parce qu’elles visent aussi des élus, des responsables économiques, des intellectuels, sont politiques. Elles manifestent, au sens propre comme au sens figuré, un projet sociétal.  Aux pulsions de la foule, opposons une réaction de masse. Refusons tous ensemble cet engrenage qui pourrait bien être fatal à notre vivre ensemble. Disons-le, montrons-le !

Soyons Républicains!

Le gazole est au plus bas. Ils s’en moquent. Le gouvernement a mis 10 milliards sur la table pour le pouvoir d’achat des plus défavorisés. Peccadilles ! Il avait auparavant lancé un plan grande pauvreté, un plan Alzheimer. Déjà oubliés! L’orientation, la réforme du bac et le soutien aux élèves en difficulté. Bof! La transition énergétique, la lutte contre les pesticides, la promotion d’une agriculture paysanne… Qu’il s’occupe de nos fins de mois ! Les chantiers, retraites, chômage, dépendance, justice, ouverts avec les partenaires sociaux. Pas entendu parler !

C’est marrant, les ronds-points qui se servent à merveille des réseaux sociaux, et ceux qui par conviction ou panurgisme, qui en l’occurrence pourrait s’appeler pétoche face au jaune, font comme si, en 18 mois, il ne s’était rien passé. Comme si ces dernières semaines, le gouvernement n’avait rien fait pour répondre aux revendications aussi multiples que contradictoires. Pourtant, on peut comprendre, si l’on demeure un citoyen responsable, que la tâche est et sera rude et longue. Et que s’il faut changer des choses, il le faut, il sera nécessaire de s’assurer, par un dialogue le plus profond possible, que les citoyens dans leur ensemble approuvent les changements, en mesurent bien les tenants et aboutissants.

C’est certainement trop demander à ceux qui samedi après samedi s’exercent à la guérilla urbaine, aux techniciens de la manipulation de masse qui rêvent, pour reprendre le titre d’un opuscule de Julien Coupat, le gourou de Tarnac, de « l’insurrection qui vient ». Mais en dépit des samedis de vitrines brisées, de mobiliers urbains pulvérisés, de voitures particulières incendiées, Mélenchon, Le Pen, les commandos en gilets jaunes et cagoules noires, ne voient toujours rien venir. Et pourtant, ceux-là n’économisent pas leur peine, saturent les réseaux, occupent les médias, justifiant tout, la haine antisémite, le racisme le plus crasse, la violence sans limite, sans objet. Voilà Mélenchon et consorts rendus en 1793, rêvant de la terreur qui sut si bien faire tomber les têtes et dévorer ses propres enfants.

Répétons-le, chacun a le droit de ne pas être d’accord avec la politique du gouvernement. Il a le droit de manifester son opposition, dans la rue, dans la grève et dans les élections. Mais nous faisons société parce que, tous autant que nous sommes, dans notre diversité, nous nous acceptons, nous nous sommes donné des règles, des lois, nous nous reconnaissons dans le pacte républicain qui repose sur la démocratie représentative. Certes, on peut améliorer la République, faire en sorte que les citoyens participent plus aux délibérations, soient régulièrement consultés. Par exemple, dans certaines communes, les maires qui sont élus, et révocables tous les 6 ans, ont mis en place des budgets participatifs, à la discrétion des citoyens.

Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Ne cédons pas aux modes médiatiques qui passent de plus en plus vite, ne cédons pas aux injonctions de la toile, aux mises en demeure, aux manipulations politiques, aux menaces, à l’hystérie ambiante. Prenons le temps de la réflexion, de la discussion collective, pacifiée, organisée, émancipatrice. Soyons Républicains !

2019

A mes lecteurs fidèles, à mes amis, à tous les Moissagais, je présente mes meilleurs voeux pour l’année nouvelle. Santé bien sûr, prospérité, mais aussi fraternité alors que notre société se déchire profondément. Que 2019 soit pour toutes et pour tous l’année du vivre ensemble, de la concorde retrouvée, de l’envie de construire un avenir commun, dans notre territoire bien sûr, mais aussi en France et en Europe. Nous le savons, notre planète n’a pas grand chose à faire de nos bisbilles. Bonne et heureuse année 2019!

GV

Le bulletin météo

On circule à nouveau sans problème sur les routes et autoroutes. Les campements sauvages ont été démontés. Les gilets jaunes se sont fondus dans la nature. Seuls subsistent dans nombre d’automobiles, un gilet ostensiblement posé derrière le pare-brise comme pour dire son soutien, mieux son appartenance à cette confrérie des jaunes, ensemble protéiforme et changeant au gré des humeurs, porteur quoiqu’il en dise, quoiqu’ils en disent, d’une violence problématique. Inquiétante.

Mais pour l’heure, le pays serait-il revenu à la normale ? On l’espère, on le souhaite; pour autant la question est posée : cette jaunisse ne serait-elle pas le symptôme d’une affection chronique, d’une sorte de dérèglement climatique de la planète sociale, plus généralement de la société française? En ces temps énervés, tout semble aller cul par-dessus tête. Il n’est qu’à voir ces repas de famille, entre amis où, alcool aidant, les convives s’échauffent, se déchirent, vocifèrent tout et son contraire. Tel qui hier professait l’intervention de l’état, voire le socialisme prométhéen ne digère plus l’impôt, mais exige cependant soins, écoles et pourquoi pas bonheur gratuits. Tel autre qui vit confortablement entre SUV et résidences secondaires revendique, total égarement, le retour de l’ISF.  Jeunes réacs et vieux gauchistes se mettent à faire cause commune, passant de la taxe sur les carburants au référendum d’initiative citoyenne, du libéralisme au 80kms/h !

Depuis un mois on aura tout vu, tout entendu. L’image d’abord. Celle de l’évêque de Montauban, qui pour faire peuple, a pris la pose avec les gilets jaunes sur les réseaux sociaux. Le discours ensuite.  L’insoumis Ruffin qu’on surprend à parler la langue de l’extrême droite, antisémite, anti républicaine et populiste. Quant aux partis politiques, ceux du système, PS, Générations, Insoumis, LR, tous ont fait montre de leur incapacité à appréhender, à gérer la situation, balançant entre silence complice et appel du pied. Bien peu nombreux ont été ceux, le Vert Yannick Jadot excepté, qui ont dénoncé les dégradations à l’Arc de triomphe, ou le signe de la quenelle à Montmartre sur le chant des Partisans. Comment peut-on accepter ça sans broncher !

Les partis politique ont un problème : ils cherchent le peuple et ne le trouvent pas, ni sur le terrain, ni conceptuellement. Alors, terrible démission, coupable abdication, ils ferment les yeux sur la violence imbécile, sur les cris de haine, sur l’antisémitisme rampant, sur ces mannequins décapités comme si la situation économique, sociale, politique de la France pouvait expliquer, justifier cette hystérie collective. Comme si leur envie d’en découdre avec Macron était plus forte que tout, comme si on peut en République faire flèche de tout bois !

Non, ne laissons pas les vieux démons reprendre le dessus. Reprenons nos esprits. Il y a en France, dans les territoires des problèmes, des citoyens en souffrance sociale, économique, psychologique, mais il y a aussi un état providence, des institutions, des associations pour leur venir en aide. On peut certes toujours mieux faire. Il faut y travailler sans cesse, dans la concorde nationale, en ayant toujours à l’esprit le sens de l’intérêt général qui répétons-le n’est pas la somme des intérêts particuliers. La période qui s’ouvre dès janvier devrait permettre de débattre des voies et moyens pour plus de justice, de solidarité, mais aussi d’efficacité dans notre économie, car pour redistribuer il faut avoir quelque chose à redistribuer. Et à propos, le climat… quand allons-nous parler de la pluie et du beau temps ?

Un budget sans moyens et sans ambition

Exit 2018. Dernier conseil municipal de l’année! Avec comme plat de résistance, le vote du budget 2019. Sans surprise hélas. Les dépenses de fonctionnement augmentent de 4%. En cause la masse salariale. L’investissement en revanche patine. C’est service minimum. Un million d’euros pour le musée, 500 000 euros pour la piscine intercommunale, 180 000 euros pour une remise en état des parties publiques de la mairie (salle du conseil et annexes), 195000 euros pour l’entretien des bâtiments classés, 232000 euros pour l’entretien des écoles, 30000 euros pour les quais du port (canal), 290000 euros pour des travaux sur les bâtiments communaux, 285000 euros pour la voirie urbaine et 270000 euros pour la voirie rurale… (voir détail en cliquant ici)

Ce budget d’un montant total de 22 millions 150000 euros révèle les impasses de la politique municipale, confrontée à un lent mais irrésistible glissement des dépenses de fonctionnement alors qu’elle se voit contrainte, du côté des investissements, à maintenir les lieux en état, sans projet autre que le musée de l’abbatiale, et la piscine intercommunale. C’est court pour une ville qui se délite, où la pauvreté, et les problèmes sociaux s’accumulent, où le chômage galope. Une ville qui ne parvient pas à attirer les populations actives, les jeunes notamment. Au moment où le climat devient une préoccupation majeure, Moissac aurait pu investir dans les économies d’énergie, dans le renouvelable, la valorisations des déchets, mettre en route un plan ambitieux et exemplaire pour tirer l’économie locale par l’investissement vert. Rien. Panne d’imagination, absence de volonté politique!

Certes, la loi NOtre a confié la compétence économique à la Communauté de communes, et donc exonère en ce domaine la majorité municipale d’une partie de ses responsabilités. Se posent alors deux questions: Qu’a fait « Terres des confluences »? Que fait au sein de l’exécutif communautaire l’équipe moissagaise? Depuis 2014, la Communauté de communes qui a changé deux fois de périmètre, ce qui n’a pas arrangé ses affaires, est entièrement occupée à s’installer, et à opérer les transferts de compétences. Longs, complexes et parfois déroutants. On l’a compris, sur l’économie, la Com-com s’est contentée de gérer les affaires courantes, quand il aurait fallu, en même temps, faire assaut d’imagination et de volontarisme pour développer et diversifier l’activité économique en ciblant les secteurs à haute valeur ajoutée. Montauban et même Montech l’ont bien compris, qui se tournent vers la métropole toulousaine dont le dynamisme économique et démographique fait craquer les frontières. Et pendant ce temps, Moissac regarde passer les trains, qui passent de moins en moins souvent d’ailleurs. L’équipe municipale peine à trouver sa place dans l’improbable attelage avec Castel qui à l’évidence tient les rênes. Si l’an IV de la COM COM ne décide pas un bon en avant, il y a gros à parier que le territoire et Moissac avec,  demeureront encalminés pour longtemps.

Pour un nouveau contrat social

E. Macron a parlé devant 23 millions de téléspectateurs. Il a fait amende honorable, déclaré l’état d’urgence économique et sociale, annoncé pour les plus dans la panade, des mesures sonnantes et trébuchantes comme jamais depuis 1968. Heures supplémentaires et primes totalement déchargées et défiscalisées :  tout bénef pour les bénéficiaires et pas de charge supplémentaire pour les entreprises ! Il a annoncé pour les bas salaires et pas seulement pour ceux qui sont calés sur le SMIC, 100 euros de plus sur la feuille de paye dès l’année prochaine. En fait, rajoutés aux baisses de charges salariales déjà effectives depuis octobre, et à la revalorisation annuelle du SMIC, cela représente plus de 130 euros nets et par mois une hausse de 11% des rémunérations,  pour des millions de salariés, sans qu’il en coûte une fois encore aux petites entreprises ! Les banques viennent d’accepter de geler leurs tarifs et de plafonner à 25 euros les pénalités sur les découverts. Les grandes entreprises, les patrons qui se sont domiciliés à l’étranger pour échapper à l’impôt vont devoir renoncer à ces défiscalisations, légales mais intolérables alors que les petits, la classe moyenne surtout, assument une bonne part de la solidarité nationale.

Les retraités, qui à bon droit n’avaient pas digéré la hausse de la CSG, vont récupérer un peu de pouvoir d’achat. Désormais, tous les retraités dont la pension n’excède pas 2000 euros par mois, sont exonérés de cette hausse. Nous avons dit, ici et ailleurs, combien cette décision était injuste et discriminatoire pour ne pas en rajouter.

Pour des états généraux citoyens

Mais le Président a bien compris qu’il ne suffisait pas de desserrer le cordon de la bourse pour apaiser cette révolte. Il a confirmé l’ouverture d’une vaste et profonde consultation du pays, au plan national avec les corps constitués, les syndicats, les associations, mais aussi dans les territoires. Pour cela, il entend mobiliser les maires qu’il rencontrera région par région et lancer sous leur houlette des sortes d’état généraux, associant tous les citoyens de bonne volonté. Loi électorale, proportionnelle, vote blanc, services publics et territoires, environnement, identité de la nation, vie quotidienne, fiscalité… j’en oublie… mais tous les thèmes sont désormais sur la table. Nous avons, tous ensemble, l’expression est plus que jamais d’actualité, à repenser notre contrat social, à imaginer comment mieux faire société.

Maurice Thorez, ancien secrétaire général du Parti communiste avait dit : « il faut savoir arrêter une grève » A fortiori un mouvement,  fut-il jaune ! C’est difficile, mais le gouvernement a mis suffisamment de choses sur la table pour que puisse s’ouvrir la discussion, sereinement, sans arrières pensées complotistes, dans le respect de notre vivre ensemble républicain.

PS : je lis et j’entends que certains s’inquiètent du financement de ces mesures. 12 milliards d’euros au bas mot ! Comme il n’est pas question de remettre des impôts ou des taxes, il y a effectivement trois pistes possibles. Les économies sur le train de vie de l’état, mais il faudra que chacun s’accorde sur les coupes. Le déficit budgétaire qui va grimper d’un seul coup à 3,5%. Pas très grave aujourd’hui… mais demain ? La reprise d’une bonne croissance. Mais pour 2019, les économistes ne sont pas très optimistes, alors que l’économie nationale pâtit déjà sérieusement de cette crise. Sans parler de l’image de notre pays, en Europe et dans le monde.