Où sont les jeunes?

Moissac vieillit. En deux ans la population de plus de 60 ans est passée de 27,5% à 31% de la population totale. Les plus de 75 ans pèsent à eux seuls 18%. On se doute que cela n’est pas sans conséquence sur les demandes sociales : aides à domicile et transports avec le Service d’accompagnement social à la mobilité.  Ce service, récemment créé, a effectué 13 sorties par semaine au bénéfice de personnes âgées en moyenne de plus de 83 ans.

C’est dire l’importance du CCAS, le Centre communal d’action sociale, il vient de publier son bilan d’activité 2018. Organisé en quatre pôles, administratif, social, séniors et petite enfance, il emploie à ce jour 91 agents dont 67 permanents. Sa masse salariale a augmenté de 6% entre 2017 et 2018, sans que l’on sache si cette progression est le résultat de mesures techniques, glissement vieillesse technicité (GVT), en clair ancienneté et montée en compétences, ou la conséquence de créations de postes. Plus préoccupant, le taux d’absentéisme, 11,5 %,  en progression de 44% par rapport à l’année précédente. Ces chiffres peuvent poser questions : une maladie non identifiée frapperait-elle le CCAS ? Les conditions de travail se seraient-elles en quelques mois particulièrement dégradées ? Pas de trace à notre connaissance d’un virus ravageur du côté de la rue des Mazels. Et pour le reste, il faudra se fier au rapport d’évaluation. Un rapport externe qui estime que « le projet de service est mis en œuvre dans le respect… des bonnes pratiques professionnelles » Et constate même que « la majorité des agents a exprimé sa satisfaction vis à vis du service ». Dont acte !

Mais faute de réponse dans l’immédiat, on notera l’adresse de Maryse Baulu, vice-présidente du CCAS aux  personnels : « Tout le monde doit se fédérer pour que le service puisse assurer au mieux les missions qui sont les siennes… Nous sommes au service du public. Vous de par votre emploi, les élus de par les missions qu’ils ont acceptées le jour de leur élection » On appelle cela un recadrage. Il faut dire que ça grogne un peu au sein de l’institution, l’annonce de la création d’un CCAS intercommunal inquiète une partie des agents.

 

 

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Tourner rond

Il paraît que majoritairement les Français se plaignent de la violence dans leur vie quotidienne. La vraie comme la symbolique. Celle du voleur à la tire et celle des institutions, l’entreprise, l’école et bien sûr l’état. Toute contrainte, qui n’est souvent que règle de vie en société, devient par les temps qui courent, harcèlement, agression, atteinte à l’intégrité, et à la liberté de la personne. Triomphe d’un individualisme forcené qui se nourrit, tardivement, anachroniquement d’une vulgate freudienne et surtout marxiste abâtardie. Mais si l’on en croit les sondages, ces mêmes Français, une moitié d’entre eux, disent « comprendre » la violence, celle qui samedi après samedi, transforme Paris et parfois certaines capitales régionales, en véritables champs de bataille. Les partis politiques, de droite comme de gauche, prennent toutes les semaines une mine gourmande pour dénoncer qui la répression policière, qui l’incapacité de l’état à régler le problème. Jaunes ou noirs les émeutiers du week-end sont tolérés, acceptés quand ils ne sont pas encouragés par ceux là qui demandent pour eux-mêmes et leurs proches, toujours plus d’attention, de protection, de considération. Nous barbotons dans la schizophrénie la plus totale.

Ce premier mai en fut encore l’inquiétante démonstration. La CGT qui espère toujours réaliser ce qu’elle appelle la « convergence des luttes » s’est spectaculairement fait voler la fête du travail. Et avec elle les salariés, les travailleurs de ce pays. Incapable de tenir le haut du pavé, de faire entendre la moindre revendication, la CGT a été débordée, submergée, prise en tenaille entre les casseurs jaunes et noirs et la riposte policière. Honnie par la grande majorité des ultras, elle n’a jamais eu les faveurs de la boutique ni des petits patrons. Sa politique de la main tendue se solde par un cuisant échec, dont le seul « mérite », si l’on peut parler comme ça, est de donner un peu de légitimité encore à ce mouvement qui mis à part la tête de Macron, ne sait plus à quelle revendication se vouer. La manif tourne en rond et exhibe ses blessés comme autant de raisons de persévérer. Est-il sage, responsable de l’encourager dans cette déraison ?

Le gouvernement a lâché 17 milliards de mesures sociales. Il a fait son mea culpa, ouvert grandes les portes du dialogue citoyen et avec les corps constitués. Il réforme à tout va. Le pays recrée des emplois dans le secteur marchand et industriel, le chômage baisse -doucement certes- alors que, étrangeté bien Française, des pans entiers de notre économie ne trouvent pas la main d’œuvre dont ils ont besoin. L’Europe, celle à qui il sera sous peu bien difficile de faire la leçon, nous regarde goguenarde et applaudit à chacun de nos prurits populistes. A ce train là, le pays risque de se défaire. Y aurait-il en France quelque chose qui ne tourne pas rond ?

Nathalie et le désir d’ Europe

Faut-il en rire ou en pleurer ? Entre les deux je me balance. Parlons un instant de Nathalie Loiseau, porte-drapeau de LREM aux élections européennes. On l’avait vue un peu perdue lors du débat sur France2 face aux 11 autres candidats dont il faut bien dire qu’une bonne partie d’entre eux était logée à la même enseigne.  On l’avait senti en délicatesse avec son sujet au cours du long entretien qu’elle avait donné à France Inter… La voilà maintenant prise dans les rets du mensonge par omission. Médiapart vient de révéler qu’elle fut candidate aux élections de Sciences Po pour le compte d’un syndicat étudiant d’extrême droite, l’Union des droites, émanation du GUD (Groupe union défense, fondé en 1968 par Alain Robert, par Gérard Longuet qui, président du Parti Républicain, eut ensuite une belle carrière ministérielle et par quelques autres spécialistes des arguments frappants).

Pour quelqu’un qui se veut le chevalier blanc et mène campagne contre les fascismes résurgents et les populismes de tout poil, ce rappel soudain à une histoire vieille de plus de trente ans, est aussi insupportable qu’un reflux gastrique. Quoi, elle aussi en était ? Et oui et le plus fort, c’est qu’elle ne s’en souvenait plus ! Alors là, je veux bien tout, mais pas le coup de l’amnésie ! Nous avons tous, à moins d’être gravement malades, souvenir de nos premiers amours comme de nos premiers engagements. Ils furent plus ou moins glorieux et les contempteurs d’Edwy Plenel se plaisent à rappeler à l’envie qu’il fut, comme Lionel Jospin, un militant trotskyste. Ce jeu de miroir qui procède d’un relativisme paresseux fait l’économie de l’étude de ces mouvements. L’extrême droite n’est pas le pendant de l’extrême gauche et leurs valeurs, leurs projets politiques ne furent, et ne sont pas symétriques. Mais qu’importe, on ne réécrit pas l’histoire, pas plus son parcours personnel.

Du coup, pour se rattraper aux branches, N. Loiseau invoque une erreur de jeunesse, un égarement, une absence de curiosité. Diable ! Quatrième année de Sciences Po, préparation au concours de l’ENA… quand on en est là, ce genre d’étourderie ne saurait avoir cours. Il ne faut pas prendre le bon peuple pour plus bête qu’il est. Du rire (jaune ???), les citoyens pourraient bien passer à la colère. Il ne reste donc plus à N. Loiseau qu’à assumer, sans répentir, bravachement et peut être à prier Notre Dame que sous la cendre de l’histoire, ne couvent pas de nouvelles braises.

A un mois des élections, la campagne des Européennes est encalminée, comme si tous les partis n’avaient rien à proposer, sinon quelques vagues slogans, enrubannés des traditionnels anathèmes. Les citoyens, déjà déroutés par le feuilleton du brexit, attendent mieux que ce guignol’s band. Ils veulent des propositions concrètes, des perspectives où inscrire l’avenir de leurs enfants. Ils veulent du sérieux, du crédible. Nathalie, il y a mieux à faire qu’à ferrailler du matin au soir avec vos anciens compagnons, il faut tracer la route, faire aimer cette Europe qui peut, à condition qu’elle s’en donne les voies et les moyens, devenir la désirée de nos peuples et faire la leçon aux USA et à la Chine sur l’avenir de la planète bleue. Cela pourrait s’appeler l’Europe des lumières.

 

 

 

Budget: la Com-com persévère

Le budget des Terres des confluences dépasse donc les 37 millions d’euros. quand celui de Moissac pèse 22,1 millions d’euros. Ce budget prend en compte les reliquats de 2018, soit près de 9 millions d’euros qui n’ont pas été consommés. En 2017, l’excédent global de clôture était de 5,6 millions d’euros. Les dépenses d’investissement ont diminué de 27% en 2018. C’est dire que nombre de travaux prévus n’ont pas été réalisés et sont donc reportés sur 2019, comme l’espace de co-woorking ou la maison de l’intercommunalité. Pour d’autres, les prévisions n’ont pas été tenues, c’est le cas de la cuisine centrale, des études sur la piscine intercommunale ou la maison de santé de Saint Nicolas de la Grave. Il faut dire que la Com-com (lire ici l’article consacré au DOB, Document d’orientation budgétaire) porte un PPI, un plan pluri-annuel d’investissement.

Fonctionnement

                                                                  Les dépenses de fonctionnement ne baissent pas. Elles vont même augmenter d’une année sur l’autre d’un peu plus de 2% Elles restent donc dans les clous par rapport aux objectifs gouvernementaux.

Les charges de personnel progressent peu alors que la Com-Com crée toujours des postes. En 2018, cette dépense  a même été inférieure aux prévisions, essentiellement parce que les postes inscrits au budget n’ont pas été pourvus ou que partiellement.

Pour faire vite, les atténuations de produits sont pour l’essentiel les sommes versées à chacune des 22 communes de laCom-com. En 2018, Moissac a perçu 3,1 millions d’euros quand Castelsarrasin recevait 4,1 millions.

Conseil d’avril

Les conseils municipaux se suivent et ne se ressemblent pas. La plupart des élus des oppositions étaient absents en ce mois d’avril. Le groupe divers gauche était à Montauban, aux obsèques de Roland Roux qui fut un compagnon de route pour beaucoup d’entre nous et plus que cela, un ami. Les Moissagais le savent, il fut un élu assidu et compétent, auquel les clubs, les sportifs, le sport populaire dans son entier vouent toujours une reconnaissance sincère et méritée. Il fut un militant de la gauche, élevé dans le giron radical, puis engagé jusqu’à la fin sous la bannière socialiste. Il fut un fidèle parmi les fidèles de l’ancien maire Jean Paul Nunzi. Roland qui avait décidément du talent, aura réussi à rassembler le temps de cette émouvante cérémonie des adieux, presque toutes les composantes de la gauche. Un exploit par les temps qui courent !

Au même moment, dans sa bonne ville de Moissac, les élus de droite,  votaient pour 2019 les subventions aux associations. Et surprise, surprise… à un an d’un scrutin qui s’annonce difficile pour cette majorité bien lézardée, l’enveloppe globale a pris du poids. 470 000 euros pour l’année en cours ! Comme d’habitude, il y a les perdantes, comme Organum (2000 euros de moins), Plein Vent (8OO euros de moins), l’office municipal des sports qui perd 2500 euros à l’occasion de son 40° anniversaire, ou l’Amicale du personnel mairie qui passe de 20500 à 15000 euros. Mais il y a aussi les gagnantes comme la Bobine (1700 euros en plus) Moissac Judo (1500 euros de plus), ou encore Pétanque Moissagaise (800 euros). Et il y a les revenantes, comme Firmin Bouisset qui de 0 passe à 1000 euros, ou la Compagnie du bout du nez.

A noter que le Volley Ball et le Club de confluences football reviennent dans le giron Moissagais avec respectivement 16833 et 15750 euros de subventions. Du coup, le sport avec plus de 77000 euros d’aides municipales se taille la part du lion, devant la culture qui émarge à hauteur de 49000 euros et le social qui totalise 37000 euros d’aides communales.

Le chirurgien fantôme

Promis, juré, c’est la dernière fois que je vous parle du docteur Belair. Après moult péripéties et revirements, Moissac se réjouissait enfin de son arrivée comme chirurgien viscéral. Après plusieurs semaines de tables rondes, d’ambassades diverses, l’affaire semblait enfin faite ! Que nenni ! L’homme n’était pas lundi dernier au rendez-vous que le directeur de l’hôpital lui avait fixé (lire le précédent article). Les personnels qui espéraient sa venue comme celle du messie ne s’expliquent pas cette énième volte-face. La dernière pour ce qui concerne Moissac. François Belair a pris ses quartiers à Pézénas. Fin de saison ! La déception est grande, d’autant plus cuisante qu’élus, direction et syndicats de l’hôpital ont le sentiment de s’être fait rouler dans la farine. Pour une raison qui nous échappe, le chirurgien a multiplié les faux fuyants, les justifications vaseuses, donnant rétrospectivement l’impression de n’avoir jamais voulu s’installer à Moissac. Dans la chronique hélas longue de cette affaire, j’ai été amené à parler du bluff des protagonistes (lire ici). En l’occurrence, l’attitude du docteur Belair a failli envenimer sérieusement les relations entre les différentes parties.

Jean Philippe Béziers, vice-président de la Communauté de communes et maire de Castelsarrasin ne dit pas autre chose aujourd’hui : « on ne peut souffler le chaud et le froid en permanence, monter les gens les uns contre les autres, tenter de « couper les têtes » ou autre. » Et pour conclure sur l’hôpital « il a tant à apporter dans ce territoire et plus encore dans le GHT (groupement hospitalier de territoire) où les instances gouvernantes n’ont pas été réunies depuis fin janvier 2017 » Mais, dans l’immédiat, le poste de chirurgien viscéral est toujours vacant à l’hôpital de Moissac. Le directeur, M. Cabrière est à nouveau en quête d’un intérimaire.

Grand et faux débat

Haro sur les fonctionnaires. Haro sur les baudets! Et pour faire bonne mesure, haro sur les élus, députés, sénateurs ! Si l’on en croit les tribunes sur les ronds points, les cahiers de doléances, les débats publics de ces dernières semaines, il est de la première urgence d’en finir avec les privilèges de la caste républicaine, de lui faire rendre gorge dans une sorte de remake de la fameuse nuit du 4 aout. Notre haute fonction publique, dont on oublie qu’elle fut créée à la Libération, pour reconstruire l’administration française a probablement de grands torts, en premier lieu de constituer une élite intellectuelle, bénéficiant de surcroît de la garantie de l’emploi. Nos élus, qui eux (elles) n’ont ni statut ni assurance de pouvoir renouveler leur mandat, sont accusés de bien des turpitudes, et d’abord de s’enrichir sur le dos des pauvres contribuables. Il y a probablement un peu de vrai dans ces procès où l’on n’entend que les procureurs. Il y a certainement beaucoup de mauvaise foi, comme si faute de pouvoir abattre la « gueuse », la République, il fallait livrer à la vindicte populaire ses fidèles serviteurs ainsi que celles et ceux qui l’incarnent.

Réduire les parlementaires de moitié, supprimer les privilèges accordés aux anciens présidents de la République et à leur famille, expédier les énarques dans les campagnes comme le fit Mao avec les intellectuels chinois pendant la révolution culturelle, ne fera pas gagner grand-chose au budget de la France. La dette restera intacte, les prélèvements obligatoires plomberont toujours autant les fins de mois de nombre de nos concitoyens, et les inégalités demeureront toujours aussi criantes. Certes, dans le premier mois de grand débat on a beaucoup parlé ISF, plus symbole qu’outil de redistribution. La France qui a consenti à s’exprimer s’agite beaucoup autour des impôts, exhorte le pouvoir à plus d’économies, mais réclame dans le même temps plus d’hôpitaux, d’écoles, de transports publics… O tempora, o mores ! Mais cette France, que les inégalités énervent, ne dit pas grand-chose sur les revenus, sur les pactoles -il ne s’agit plus de salaires-  perçus par les athlètes du 4/40, du sport business, ou de la société du spectacle. Elle ne dit presque rien sur l’emploi, versus chômage, qui naguère taraudait tous les esprits. [i]Etrange retournement, qu’il faut peut-être apprécier au regard des difficultés que nombre de secteurs économiques éprouvent à trouver aujourd’hui de la main d’œuvre qualifiée.

Baisser les impôts, qui serait contre ? C’est la réponse que la droite de gouvernement, soudain très loquace, propose. Réponse un brin simpliste qui évite de questionner notre système social, notre système fiscal et notre organisation administrative. Car tout se tient, et si le gouvernement n’aura pas d’autre choix que de faire payer un peu plus les riches comme on dit chez les Insoumis, il devra aussi, en même temps, augmenter les salaires, et revoir ce millefeuille administratif, cher et peu efficace. Car l’impôt n’est pas que d’état. Il y a les impôts locaux, les taxes, d’aménagement, de collectes diverses, qu’au bénéfice de telle ou telle collectivité, chacun peut être amené à payer.Qui en parle ? Personne ou presque !

La séquence « Grand Débat » est maintenant refermée. On veut croire que le Président de la République, parviendra à en faire son miel pour opérer en douceur une correction de trajectoire, « sans reniement, ni entêtements »