Les bleus de Denise

Elle voulait installer hors les murs de Monjoi son atelier de fabrication de pastel. Elle renonce après plusieurs mois de galère et annonce son départ pour la Montagne noire, décidément plus accueillante. Rêve envolé ! Triste réveil ! Bleue en ces terres, Denise dont le savoir-faire est sollicité par les grandes maisons parisiennes de couture, a écrit au maire pour dire son dépit et son départ.

Monjoi, tout à sa torpeur, ne lui a pas réservé le meilleur accueil. A croire qu’elle dérangeait. Histoire édifiante. L’étranger n’est pas toujours le bienvenu par ici. Même quand il est la promesse de plus de vie, et de retombées touristiques et économiques. Montjoi n’est pas un cas isolé. Nombre de nos bourgades, de nos petites villes répugnent au changement, se complaisent dans un lent déclin, tout en pleurant sur leur sort. En effet, le désert gagne peu à peu, les services publics plient boutique, les écoles se regroupent dans les bourgs centre, les médecins déménagent vers les agglomérations et au final les jeunes disparaissent du paysage.

On a coutume de dire que cette situation est de la responsabilité des pouvoirs publics. Certes ! Mais elle est aussi le fruit d’une attitude, de l’égoïsme à courte vue d’une partie de ces populations qui ne veulent pas admettre qu’en ces temps difficiles un projet, une opportunité sont autant de lucarnes sur un ciel… bleu.

 

La riche idée du gouvernement

Non le budget 2018 d’E Macron n’est pas « celui du CAC 40 », n’en déplaise à Martine Aubry qui d’un coup de dent a voulu faire un bon mot. Ce budget porte des ambitions progressistes, dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la défense, tout en planifiant la réduction de la dette de la France. Ce n’est pas son moindre mérite ! Il a pour objectif plus globalement de donner de l’air à l’économie, de relancer la croissance, d’améliorer l’emploi. Et nombre de mesures que le gouvernement a mis sur la table, sont de nature à donner des résultats positifs. C’est le cas, entre-autre, de la réforme du droit du travail qui loin « d’être un coup d’état social » selon la formule de Mélenchon, sera vite perçue comme un outil de responsabilisation individuelle et collective des partenaires sociaux, qu’ils soient organisés, syndiqués ou pas.

Mais l’ISF ?

Sa suppression, sans contrepartie, sans précaution, sans engagement contractuel est plus qu’un pari sur l’avenir. Elle est une révérence faite aux riches, aux très riches, ce qui, dans la France d’aujourd’hui, dans ce vieux pays accro aux symboles, est une faute politique. Il ne suffit pas de dire avec le premier ministre « j’assume » ! Il faut voir et entendre les dégâts qu’un tel geste fait dans l’opinion et singulièrement dans l’opinion de gauche. Comment comprendre en effet que cette richesse qui ne sait même pas où s’employer, ne soit pas un brin mise à contribution? Comment comprendre que la classe moyenne, celle qui vit de son travail, paye régulièrement l’impôt, place ses quelques économies dans la pierre pour transmettre à ses enfants le fruit de son labeur, soit ponctionnée sans ménagement, soit in fine la seule à supporter l’effort national ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit. D’un côté, le gouvernement renforce ses dispositifs d’aide aux plus démunis. Rien de plus normal ! Et à l’autre bout de l’échelle sociale, il fait un cadeau de plus de quatre milliards au 1% des Français les plus riches. A croire qu’il n’a pas tiré toutes les leçons du quinquennat Hollande qui d’entrée de jeu, avait cru bon de matraquer fiscalement les classes moyennes. On a vu le résultat.

Cette mesure est injuste. Mais sera-t-elle efficace ? Permettra-t-elle de relancer l ‘économie ? Chacun le souhaite, mais on peut en douter. La mondialisation c’est la circulation des richesses, la course aux profits. Elle n’a que faire des patriotismes économiques, elle est essentiellement prédatrice et apatride. Sa voracité la pousse à exiger toujours plus, toujours plus de dividendes, et toujours moins de règles, de responsabilités envers la nation, envers l’environnement. Comment croire que ceux qui jouent au Monopoly mondial, vont demain matin, soudainement touchés par la grâce, investir dans l’économie nationale?  Comment croire à cette théorie du ruissellement, si chère à Reagan et à l’école de Chicago, quand nulle part, dans aucun pays, les économistes sérieux n’ont pu en mesurer les effets ? Comme dirait Bush père qui n’était pas un gauchiste invétéré, on est là dans l’économie vaudou. En fait, cette politique fiscale relève du pari : et si cette fois les décideurs économiques se montraient un brin vertueux ? Et si cette fois ça marchait ? Une chose est sûre, le risque est colossal et en cas d’échec le prix se paiera cash.

Bien sûr, il faut décorseter la France, donner plus de responsabilités, plus d’initiatives aux acteurs socio-économiques, changer le logiciel conçu après-guerre pour relever le pays, admettre enfin pour en tirer toutes les conséquences, que la mondialisation et la révolution numérique ont déjà profondément changé le cours de nos vies. Les Français y sont probablement prêts, qui bien que ronchons, ne se sont pas levés en masse (la fameuse démocratie de la rue) contre la politique de Macron. Mais ce consentement grincheux a ses limites. Elles procèdent de notre histoire et de cette aspiration jamais comblée, parce que pure chimère, à l’égalité.

 

 

Terres des compétences

Notre communauté de communes est à ce moment de sa courte histoire où elle doit, en même temps, se doter des moyens de fonctionner, montrer qu’elle existe en lançant des projets concrets, palpables, identifiables par la population et organiser le chantier des transferts de compétences. Un énorme chantier où non seulement il faut savoir calmer les inquiétudes des communes qui se voient dépouillées d’une partie de leurs prérogatives, mais aussi progresser dans le maquis administratif, slalomer entre des institutions qui veillent jalousement sur leurs territoires. Bref, la tâche est lourde !

La dernière réunion de Terres des Confluences, dans la salle des fêtes de Castelferrus, charmante bourgade à quelques encablures de Castelsarrasin, en a une nouvelle fois fait la démonstration. L’ordre du jour était copieux, très technique, ne souffrant pas la controverse pour peu que l’on veuille enfin donner corps à cette communauté d’intérêts si ce n’est de destin. La séance fut donc relativement courte. Mais ne croyez pas que les travaux des représentants des 22 communes membres, ne vous concernent que de loin. Ils posent tout au contraire, les fondations de ce que sera demain notre quotidien. Ils visent à donner à la puissance publique les moyens de ses interventions, ainsi que la masse critique nécessaire au lancement de grands projets.

C’est pourquoi, ont été adoptés de nouveaux statuts qui fixent les compétences de Terres des Confluences. La loi en donne 5: Aménagement du territoire/Développement économique/Accueil gens du voyage/Déchets ménagers/Gestion des milieux aquatiques et prévention des risques d’inondations.

Vont s’ajouter : Politique de la ville/Voirie/Action sociale d’intérêt communautaire/Maisons de service public/Politique du logement et du cadre de vie/Assainissement/Equipement culturels et sportifs/Action culturelle/Formations post bac/Fourrière/Restauration collective.

Tourisme

Du coup, une taxe de séjour intercommunale sera mise en place. Au grand dam des  hébergeurs (hôtels, gites etc…) qui ont pétitionné contre ce dispositif. Rappelons que cette taxe est payée par les touristes, pas par les contribuables du territoire.

Numérique

Outre le plan « haut débit » qui bénéficiera à des milliers de foyers, l’Ecole du numérique, installée à Moissac et dont la première promotion sortira dans un peu plus d’un an, se met en place.

Zones d’activités

Les critères sont désormais clairs. Une ZAC est le fruit d’un aménagement spécifique, cohérent et de taille suffisante, sa vocation est mentionnée dans le document d’urbanisme, elle regroupe habituellement plusieurs établissements ou entreprises. 16 ZAC vont ainsi être transférées à la Communauté de communes.

Cadeaux

Pour aider au décollage de notre territoire et inciter les entreprises à s’y installer, il a été décidé d’exonérer de CFE, la taxe foncière, les jeunes entreprises innovantes et universitaires, les créations, extensions, reconversions ou reprises d’établissements, ainsi que les reprises d’entreprises en difficulté. Ces exonérations sont valables pour une durée limitée. Les communes du territoire auront dix ans pour harmoniser les bases de calcul de cette taxe.

A cela s’ajoutent quelques gestes bienvenus. Les médecins, vétérinaires et autres auxiliaires médicaux ne paieront pas la CFE dans les communes de moins de 2000 habitants. Exonérés aussi, les jeunes agriculteurs et les cinémas.

Au total, ces mesures concernent 369 établissements économiques sur Terres des Confluences.

Conseil municipal: SOS médecins!

Le désert avance. Il menace Moissac. Je veux parler de ce qu’il est convenu d’appeler le désert médical. Ce phénomène n’est pas propre à notre ville, il touche en priorité les territoires ruraux qui ont de plus en plus de mal à remplacer les médecins généralistes partis à la retraite. Les jeunes diplômés n’ont plus la vocation, les modes de vie urbains les aspirent, les considérations économiques emportent les dernières velléités. A Moissac après les spécialistes, ce sont nos bons vieux médecins de campagne qui commencent à faire défaut. Et voilà qu’on apprend en plein conseil municipal, au détour d’une anodine délibération, que le SMTI, le Service de santé en milieu de travail inter-entreprise, va déménager. De Moissac à Montauban. Plus de médecin du travail ! Pas de candidat pour le poste ! On croyait que la maladie ne concernait que la médecine libérale, elle touche maintenant les fonctionnaires ou assimilés de la santé.

Après la trésorerie, un autre service public, le SMTI a délégation en la matière, échappe à notre ville. On en voit déjà les conséquences, pour les salariés, obligés à faire le déplacement jusqu’à Montauban, pour les entreprises contraintes de s’adapter et d’acquitter la facture. Pressée de questions par le groupe Divers gauche, la majorité de droite affiche une fois de plus une inertie préoccupante. Comme si tout cela était sans importance pour l’avenir de Moissac ! Comme si cela tenait de la fatalité ! Certes, pareille affaire ne relève pas de la responsabilité directe de la mairie. Elle engage au premier chef l’état, mais aussi les organisations professionnelles, et les autres collectivités territoriales. Pour autant, à rester l’arme au pied, on est sûr que rien ne se passera. Les usagers, le comité de défense, les élus, pour une fois unanimes, ont sauvé l’hôpital. Il est possible de faire pareil sachant qu’il faudra afficher, ici, encore plus de détermination et d’imagination. Nous y sommes prêts !

Ce Conseil municipal de rentrée a repris son cours avec le vote des subventions aux écoles de sport ainsi qu’aux bénéficiaires de l’OPAH, opération programmée d’amélioration de l’habitat. Les citoyens les plus curieux pourront consulter en mairie et sur internet, les volumineux rapports sur la gestion de l’eau et de l’assainissement, et même découvrir la SLGRI, la stratégie locale de gestion du risque inondation. Une étude de la préfecture sur les conduites à tenir et les actions à mener en cas de crues. Depuis les inondations de 1930, l’eau est à Moissac l’objet de toutes les attentions. D’ailleurs, un nouveau PPRI, plan de prévention des risques d’inondations, est actuellement en cours d ‘élaboration.

Enfin, un nouveau Règlement intérieur a été approuvé. Il permettra, comme la loi y oblige, de donner dans Moissac Mag un espace d’expression à une dissidence de la majorité de droite de plus en plus victime d’humeurs centrifuges. L’opposition élue pourra dorénavant disposer sur le site internet de la ville d’un espace d‘expression. Nous l’avions demandé. Nous l’utiliserons.

Mal aux mots

La rue n’était pas pleine et en dépit de ses communiqués, la CGT le sait bien qui se garde de triompher, se contentant d’appeler à une nouvelle journée de manifestation, le 21, juste pour couper l’herbe sous les pieds aux Insoumis qui battront le pavé le 23. Ce qui devait être le grand combat contre la loi travail et les ordonnances donne lieu à d’étranges mais habituelles contorsions entre les deux principaux protagonistes, Martinez et Mélinchon qui se disputent « la cause du peuple » au nom de leurs boutiques respectives. Cynisme ?

Et voilà qu’à mon tour je me laisse aller. Il est des mots qu’il ne faut pas prononcer, des situations, des comportements qu’il ne faut pas nommer. Au risque d’être promis aux flammes de l’enfer ! Si l’on en croit les réseaux sociaux et une bonne partie des médias, l’important ne serait pas ce qu’on fait, mais ce qu’on dit, la forme plutôt que le fond ! Comme si la politique pouvait être réduite à un jeu de rôles, au grand guignol télévisuel ! Pauvre Macron dont on ausculte le moindre geste, dont on pèse le moindre mot, pour le clouer au pilori médiatique ! La tragédie de Saint Martin est révélatrice de la paranoïa ambiante. Et de la mauvaise foi de certains ! Tout y est passé, les secours qui n’arrivent pas, les avions qui triplent leurs tarifs, les pillards qui s’échappent des prisons… Comme s’il fallait rajouter à la souffrance des sinistrés, au chagrin des familles ! Dans bien des cas, on tangente l’ignoble. Exemple révélateur de cette envie d’en découdre, planqué derrière son ordinateur, la photo d’un soldat français. Un grand gaillard qui tient dans ses bras une petite fille noire. L’homme sourit du bonheur de faire son devoir. Sur les réseaux sociaux, la meute hurle immédiatement à la propagande, les plus cinglés parlent de racisme. Décidément, il est des gens qui ont un grave problème avec le principe de réalité.

Mais revenons aux réformes en cours et à la loi travail. Ici encore la vox populi préfère l’invective, l’anathème, l’insulte à la discussion, à la controverse. On barbote dans l’hystérie, on monte des coups médiatiques, on hurle avec les loups, on instruit sur la place publique des procès en légitimité qui en disent long sur les intentions de ces procureurs d’un nouveau genre. Nombre d’organisations naguère respectables, ont perdu le sens commun, l’intérêt général de vue. Elles nourrissent du même coup tous les corporatismes, tous les individualismes, toutes les dérives qui s’érigent en défenseurs du bien commun. La grande manipulation est à l’oeuvre. Elle dispose d’outils d’une puissance extraordinaire et gangrène en profondeur la société. Le vivre ensemble est menacé par ceux-là même qui auto-collent le slogan sur leur poitrail. Nous sommes en crise profonde. En crise économique, mais surtout en crise morale qui nous fait haïr notre système démocratique et ceux qui l’incarnent. Qui nous fait croire à je ne sais quelle démocratie populaire, virginale, innocente et spontanée. Rousseauisme de pacotille biberonné à l’internet, qui chez nombre d’entre eux masque à peine une nostalgie, l’an II de la Révolution Française et son Comité de salut public.

Emmanuel Macron a raison, La France n’aime pas la réforme, les protestants en savent quelque chose. Le mot inquiète. Et les Français volontiers régicides, sont paradoxalement attachés à l’ordre établi, pratiquent le culte des avantages acquis, quand tout bouge autour d’eux, quand le monde se fait et se défait dans une révolution permanente dont ils ne sont ni les acteurs, encore moins les initiateurs. C’est pourquoi, il est des mots superflus. Emmanuel Macron, qui, pendant la campagne de la présidentielle, avait su se préserver d’un face à face avec Jean Luc Mélinchon, serait bien avisé de tenir cette ligne. Ne pas faire du Sarkozy, ne pas rentrer dans l’arène, refuser ce combat de coqs qui ravit certainement la galerie, mais qui au final détourne de l’essentiel : faire bouger la France et les Français.

 

Les deux écoles du numérique

La France est décidément un pays extraordinaire. Ses différentes variétés de fromages nous avaient déjà taillé une belle réputation. Nos structures administratives, leur enchevêtrement, leur refus obstiné de communiquer entre elles, mais aussi, il faut bien le reconnaître, les opportunités de financement qu’elles offrent à tout porteur de projet, en font un cas unique, un cas d’école.

Prenons l’histoire du numérique. Il y a peu, j’annonçais ici même (cliquez ici) la naissance d’une école du numérique à Moissac. Belle initiative de la région Occitanie qui veut ainsi former des jeunes aux métiers en devenir et irriguer les territoires les plus éloignés de la métropole. L’appel à candidature vient d’être lancé. Bientôt, une vingtaine d’étudiants se retrouveront dans l’ancien Centre des impôts, sous la houlette d’une société de formation montalbanaise. Au même moment, après des mois de démarches, n’en doutons pas, MAJ « Moissac animation jeunesse » annonçait sa participation à une autre école du numérique, mise en place cette fois par la Chambre des métiers du département, une opération subventionnée par l’Etat et qui devrait concerner Moissac bien entendu, Caussade, et Valence d’Agen. Les deux projets sont comparables, ils ciblent des jeunes qui, sans diplôme ou presque, manifestent un réel intérêt pour le numérique. Deux projets qui ambitionnent de former en quelques mois ces étudiants qui pourront apporter leur savoir-faire aux entreprises de Tarn et Garonne. D’ailleurs sont prévus des stages dans ces mêmes entreprises qui pourront ainsi les mettre à contribution autour du développement d’un projet concret.

Tout cela est bel et bon pour la jeunesse de notre département et corrélativement pour le tissus  économique. Mais pourquoi deux écoles ? Pourquoi la Région, l’Etat et la Chambre des métiers ne se parlent-ils pas ? Pourquoi multiplier les initiatives au risque de brouiller les cartes, de développer la bureaucratie et d’alourdir les factures ? Que leur importe, chaque structure a besoin d’exister, de montrer qu’elle est active et évite autant que possible de travailler avec sa voisine, perçue dès lors comme une concurrente. Dans cette course à l’échalote, ce ne sont pas seulement les deniers publics qui en pâtissent, mais l’efficacité, surtout l’efficacité. Pour le coup, cette concurrence est véritablement contre-productive. Souhaitons, c’est bien le moins,  que tout cela se déroule sans bug majeur!

Politiques et médias

Les recalés du suffrage universel, les déserteurs de la vie politique, les fatigués du cumul des mandats cherchent en cette fin d’été un job en CDI. Et ils en trouvent, sans passer par la case Pôle emploi. Miracle des réseaux! Il y a comme d’habitude, ceux à qui la finance fait des risettes. Dans ce domaine, un carnet d’adresse bien rempli vaut mieux que n’importe quel diplôme. On apprend ainsi que l’ancien candidat LR à la présidence, vient être recasé dans une prestigieuse maison qui devait être en panne d’experts. Un autre de la même famille politique va prochainement déployer ses talents de recruteur, sans oublier cet ancien candidat à la primaire socialiste, reparti comme il était venu dans un grand groupe de distribution.

Mais la nouveauté en ce mois d’aout, c’est que la presse, les médias recrutent. Ils recrutent d’ex politiques. A tour de bras semble-t-il!. Quand on voit les chiffres du chômage, on se dit que c’est bien un des rares secteurs en expansion. Et nous pauvres journalistes qui pensions que journaux et télés étaient contraints aux cures d’économies, à user et abuser du CDD, à forcer les rédactions à produire toujours plus et toujours plus vite. C’était ne rien comprendre au business, car la presse, les médias en sont hélas un, qui n’échappe pas aux lois du marché. Il leur faut des produits d’appels, des têtes de gondole, une Roselyne Bachelot, un Jean Pierre Raffarin, un Julien Dray et même une insoumise Raquel Garrido sur C8, qui va permettre à Vincent Bolloré d’afficher son ouverture d’esprit. Ce dont personne ne doute bien évidemment.

La liste de ces nouveaux chroniqueurs s’allonge de jour en jour. Forts de leurs expériences, ils vont donc porter leur regard d’experts sur l’activité de leurs copains ou de leurs adversaires. On peut imaginer qu’ayant encore la tête et le bonnet dans leur famille politique, ils en viendront à se chroniquer eux mêmes. Cela peut susciter la curiosité, voire intriguer, mais est-ce bien raisonnable? N’est-ce pas réduire la politique à du spectacle, à un théâtre de boulevard où le spectateur sait bien que tout ce qui arrive « c’est pour de rire »? En ces temps de communication de masse (mass médias disons-nous), la dérision est devenue nouvelle religion. Il faut rire (souvent gras) de tout et de tous. Gare à ceux qui ne se plient pas à la loi, les voilà définitivement « old school », donc hors jeu. Mais on tutoie les sommets quand ce sont les acteurs politiques qui s’y collent. Croient-ils regagner ainsi une popularité en chute libre? Ne voient-ils pas qu’ils participent du grand dénigrement de la politique et des politiques accusés par une partie de l’opinion d’être des incapables, des inutiles voire des profiteurs? « Encore des mots, toujours des mots, les mêmes mots », pour reprendre les Paroles de Dalida. La politique n’est-elle que cela?

Les politiques font donc cette année une entrée en force dans les médias. pas comme invités, mais comme acteurs de premier plan. Que disent les journalistes, si soucieux de leur image et à juste titre jaloux de leur indépendance? Ce cousinage n’est-il pas malsain? Car si l’on en croit le médiascope du quotidien La Croix, l’opinion publique n’a pas une très bonne image de la profession qu’elle suspecte de rapports consanguins avec le monde politique. Cela pourrait bien brouiller les cartes et discréditer un peu plus ce métier.