Quand les masques vont tomber

Pour moi, la nuit de dimanche à lundi, fut contrairement à d’autres une nuit courte et agitée. Mauvais rêves ! Même pas prémonitoires, j’ai assez dit que sous des dehors policés, le nouveau maire de Moissac était un pur produit de l’écurie Le Pen, lignée Marion. Il suffit de bien lire l’interview qu’il vient de donner. L’homme se veut rassurant, mais cache à peine le fond de sa pensée. Passe sur les policiers qu’il veut embaucher, il est dans ses fondamentaux, à tel point que le maire qui sera officialisé samedi prochain, entend prendre directement en charge la sécurité. Cela fera un adjoint en moins. Et comme l’adjoint aux finances sera aussi en charge du personnel, il annonce déjà 7 adjoints au lieu de 9 dans la précédente équipe.

Comme il se doit en République, le sortant a donné les clefs de la mairie au nouvel arrivant. Passation de pouvoir. Avec au passage un tacle à l’ancien maire socialiste, coupable, si l’on en croit le journal, de ne pas avoir passé le relais en 2014 au nouveau maire LR.  Mensonge bien entendu ! J. P. Nunzi qui n’a jamais manqué d’aménité, ni d’esprit républicain, a fait faire le tour du propriétaire à Jean Michel Henryot tout en l’informant sur les dossiers en cours.

Parmi les priorités du nouveau maire, trouver des remplaçants aux cadres territoriaux partis ou en partance. Et là, il annonce la couleur, ce seront « des personnalités de notre sensibilité politique » Si l’on veut candidater, on est prié de montrer patte grise ! Cela ne serait-il pas discriminatoire ? Un mot pour les commerces et arrive la question de l’hôpital. On va voir ce qu’on va voir. Notre jeune édile va demander les comptes (les syndicats les ont tous les ans) et faire voter en Conseil municipal une motion. Rien que ça ! C’est vrai qu’il a découvert le problème sur le tard et n’a donc pas pu participer aux pétitions, occupations, manifestations, délégations, négociations diverses et multiples organisées depuis des années par le Comité de défense et Jean Paul Nunzi.

Interrogé sur la culture, le nouveau maire annonce plus franchement la couleur : Arène Théâtre qui craignait l’arrivée du RN aux affaires, sait maintenant à quoi s’en tenir : « ils seront indépendants sur tous les points » Autant dire, finie la résidence. Et MCV, et le festival des Voix ? Le RN veut revoir la copie et surtout pas question d’un rapprochement avec Castelsarrasin. On imagine déjà ce que vont donner les débats au sein de la Communauté de communes, notamment pour l’élection du nouveau président (B. Garguy ne se représentant pas). En effet, le RN ne veut pas d’un « caniche » de l’une ou l’autre ville. Un homme averti en vaut deux !

Lendemain de bal

Moissac vient de tourner une page de son histoire. Avec une participation supérieure de 8 points à celle du premier tour, les électeurs n’ont pas boudé ce rendez-vous démocratique. Ils ont voulu faire un choix clair et de ce point de vue les résultats sont incontestables. Pour autant, ils interrogent lourdement l’avenir. En donnant les clés de la ville au RN, les Moissagaises et Moissagais ont fait un pari perdu d’avance.

Ville historiquement de gauche, radicale d’abord, puis socialiste pendant 36 ans, la voilà désormais dans les mains d’un groupe dont le programme peut se résumer à son slogan de campagne : « Retrouvons Moissac ». Comme une photo sépia, une façon de regarder l’avenir dans le rétroviseur, sur fond de France éternelle, et d’ordre social immuable. Cette idéologie à proprement parler réactionnaire ne résoudra rien des problèmes que connaît notre ville. Pire, elle aura tôt fait de les aggraver.

Bien sûr des raisons économiques et sociales peuvent expliquer un tel résultat. Jadis, la ville affichait une prospérité enviable fondée sur une présence industrielle qui faisait le pendant à une agriculture dont l’essor dépendait déjà d’une main d’œuvre étrangère. Mais depuis plusieurs années, et la dernière mandature de droite n’a fait que précipiter le mouvement, Moissac perd pied. Conséquences : aux difficultés économiques s’ajoutent des problèmes sociaux de plus en plus lourds. Le RN, comme partout où il s’implante, en a fait son fond de commerce. Les Moissagais verront vite que la marchandise est frelatée. Il ne suffit pas de quelques coups de menton bien appuyés, pour redresser une situation, attirer des investisseurs et redonner espoir.

D’autres raisons ont présidé à la victoire du RN. Le « dégagisme » à la mode aussi sur les bords du Tarn, n’y est pas étranger. Mais la division encore plus sûrement ! Nous avions très tôt tiré la sonnette d’alarme. Nous avions dès 2019 proposé le rassemblement, de la gauche à la droite sur un véritable projet municipal. Notre démarche fit long feu. Après le premier tour, dont les résultats ont confirmé sans contestation possible, toutes nos craintes, nous avons à nouveau appelé à un Front républicain. Pas un rabibochage aux relents de tambouille politicienne. Mais un accord de fusion dans une même liste dont le programme et les candidats témoigneraient de cette volonté de rassemblement. Hélas, forte d’un score qui la mettait pourtant très loin derrière le RN, pétrie de certitudes, la liste TEMS a refusé tout net. Manque de lucidité, de courage politiques ? « Errare humanum est, perseverare diabolicum »

Pour ce qui nous concerne, l’élection d’un disciple de Marion Maréchal Le Pen ne sonne pas la fin de la partie. Nous n’avons pas l’intention de rester sur le banc de touche.

« Moissac naturellement »

Lundi 29 juin 2020

Afin que nul n’en ignore

Mentir par omission, c’est mentir. Le quotidien régional s’en est fait une spécialité, surtout quand il parle des gens qu’il déteste. Et ils peuvent être nombreux ! Donc, dans la dernière livraison du dit journal, un encadré évoque les prises de position de personnalités ou de partis, dans l’élection moissagaise. Sont cités toutes et tous ceux qui d’une manière ou d’une autre s’opposent au RN et à son candidat. Tous, sauf « Moissac naturellement » qui demeure, en dépit de son échec du premier tour, un collectif auquel près de dix pour cent des moissagais ont manifesté leur confiance et la République en marche 82. Chacun de leur côté, et en toute indépendance ainsi qu’il en a toujours été, le collectif et le parti ont appelé les électeurs à dire non au RN, à manifester par leur vote leur refus de voir s’installer à la mairie de Moissac, un homme et un parti, étrangers à l’histoire de notre ville et qui à coup sûr la conduiraient dans le mur. (Qu’on lise ici le communiqué de « Moissac naturellement » et celui de « Larem 82″)

Mais de cela, le quotidien ne souffle mot. C’est ballot ! Vive la démocratie, avec ou sans le dit journal!

 

Communiqué Moissac Naturellement

A la veille de ce second tour de l’élection municipale, nous appelons les Moissagaises et Moissagais à dire non au Rassemblement National et à son candidat. L’idéologie qu’il porte est incompatible avec les valeurs que nous avons défendues pendant la campagne et qui constituent le socle de notre engagement citoyen. Soyons fidèles à l’histoire de notre ville qui n’a jamais transigé sur l’essentiel, notamment sur les valeurs républicaines.

Dans le contexte politique local et face aux difficultés de tous ordres que Moissac connaît, un large rassemblement, une sorte de Front républicain s’imposaient. Nous l’avons inlassablement appelé de nos vœux. Nous n’avons pas été entendus. Nous le déplorons. Pour autant, nous restons déterminés : non au RN et à ses nostalgies!

Moissac le 24 juin 2020

« Moissac naturellement »

Communiqué  La République en Marche 82

 

Second tour de l’élection municipale à Moissac 

Dire non au Rassemblement National

A la veille de ce second tour de l’élection municipale, fidèle à ses valeurs, attachée à la défense en tous lieux de la démocratie, prônant le rassemblement au service de la nation, La République En Marche 82 appelle tous les électeurs, dans toutes les communes où le Rassemblement National, et ses épigones demeurent en lice, à lui faire barrage.

Le RN tente à la faveur de ces élections, à Moissac comme ailleurs, à Perpignan par exemple, de se donner l’image d’un parti comme les autres, ouvert même à d’autres sensibilités. Il n’en est rien. Il avance masqué, mais n’a rien abdiqué de son idéologie contraire aux valeurs de notre République faite du rejet de l’autre, d’un refus des solidarités, d’un mépris pour la culture.

Lundi 22 juin 2020

L’équipe départementale de La République En Marche 82