Moissac, l’été en demi-teintes


Le Tarn se languit dans la torpeur estivale. Le port flottant reste désespérément vide. En cette fin de juillet, le canal témoigne de la même désaffection. L’office de tourisme compte les touristes et les pèlerins. Et le compte n’y est pas! Moins 2000 entrées au cloître par rapport à l’année dernière! Les restaurateurs font grise mine. Comme le temps. La saison ne s’annonce pas brillante. La faute à qui? A la crise bien sûr. On dit partout que les touristes boudent l’hexagone, font des choix plus économiques, l’Espagne par exemple, optent pour la débrouille, préfèrent les grands événements aux joyaux du patrimoine.

Ce revers de fortune, il faudra attendre la fin de la saison estivale pour en mesurer l’ampleur réelle, ne condamne pas pour autant les choix de Moissac. Le tourisme reste un fantastique vecteur de développement économique pour les sites qui s’en donnent les moyens. Et dans ce domaine, Moissac fait preuve d’une singulière passivité, d’un coupable manque d’initiative.

Le touriste, fut-il amateur de vieille pierre, cherche les sensations fortes, Plus encore en période de crise et de doute généralisé. Il veut qu’on lui conte fleurette, qu’on lui propose toujours plus grand, toujours plus fort. Il n’est pas sûr que la ville ait bien perçu la demande nouvelle de ces consommateurs.

Le touriste culturel ou pas, a besoin d’un environnement qui le cajole. Il a besoin de se sentir attendu, aimé peut-être. Et Moissac n’aime pas assez ses touristes, tout du moins c’est l’impression que la ville donne. Un cloître ne suffit pas au bonheur de ce type de chaland. Il lui faut du grand, de l’épique, du roman. Jeune ou moins jeune, il a besoin de se projeter dans un autre monde, de se sentir emporté, comme dans les jeux d’arcades dont il est friand. Il faut mettre en scène les pierres, l’architecture, l’abbatiale qui fait petite figure comparée à Fontfroide (Aude) par exemple. Il faut élargir l’offre culturelle. A cet égard, l’expo sur « Les enfants de la Pub » constitue un rayon de soleil bien venu.

Le touriste veut un panier garni. Et aux nourritures de l’esprit, il ajoute celles du corps. Le manger et le boire, la convivialité que le sud-ouest est sensé lui offrir, des loisirs, sportifs ou pas, pour occuper ses journées et entretenir sa forme physique. Moissac plage, quel qu’en soit le mérite, ne répond pas à ce besoin. Tennis, stade, randonnées à thème, concours de boules, concours de pêche, soirées dansantes? Il faut chercher longtemps pour trouver ce type de rendez-vous. Même les jeux d’eau (canoë, ski nautique) demeurent discrets, comme réservés à quelques uns. Sans parler du manque cruel de piscine!

Moissac a besoin de repenser sa politique touristique. Pour reprendre un slogan qui a fait florès, il faut dans ce domaine, comme dans bien d’autres, penser global et agir local.

 

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