La couleuvre et le hérisson


Tout piquants dehors, le premier ministre est parti ferrailler avec le FN, décrété danger pour la France. Pas de doute là dessus, ce parti n’est pas ce qu’il prétend, et il suffit de gratter un peu la croûte pour mettre au jour de vieilles purulences. Il faut donc le combattre, mais pas seulement par la dénonciation vertueuse, par le prêche appelant à ne pas dîner avec le diable. Il faut le combattre dans son nid, lui opposer une politique capable de prendre en compte les angoisses et les difficultés d’une grande partie de la population française, singulièrement la partie la plus défavorisée. Il faut donner du sens à l’action gouvernementale, l’inscrire dans un projet global dont on a perdu les contours.

Nombre de nos concitoyens parmi les plus pauvres souffrent du chômage, des difficultés économiques dont ils sont les premières victimes. Ils sont encore plus nombreux à ne plus vraiment savoir, littéralement, où ils habitent. Ils s’angoissent, ont le sentiment que tout fout le camp, qu’ils ne reconnaissent plus rien et que plus personne ne les reconnait. Classe tout juste moyenne, vivant dans les territoires ruraux,  qui croyait à la méritocratie, aux valeurs de l’école républicaine, version Jules Ferry et que taraude maintenant la perspective du déclassement. Manuel, mes mannes ouvrières se révulsent, tout comme toi, quand je vois des bastions jadis rouges se donner corps et âmes à ce FN qui avance masqué. Mais il faut s’occuper des nôtres, des classes populaires,  répondre à leurs attentes, aller au bout des réformes annoncées et se garder de l’incantation vertueuse mais creuse, qui ne saurait tenir lieu de politique, celle qui justement a fait faillite auprès de nos électeurs de toujours.

Oui,  le FN te hérisse le poil, et te met en boule.  Mais en même temps,  te voilà obligé d’avaler une grosse couleuvre. Les frondeurs sont invités à l’Elysée, les torpilleurs de l’action gouvernementale vont toiser le président. Pas lui rendre hommage comme on disait jadis dans les châteaux, mais bien négocier le prix de leur trahison, sauver leurs petites prébendes  de la débâcle qui s’annonce. Faux semblant de la politique, qui égare les esprits les mieux disposés, grossier maquillage d’une réalité trop triviale!  Comptes et mécomptes qui racontent un début de panique au sein du pouvoir! Car à force de prendre les Français pour des gogos, et en particulier nos propres électeurs, il ne serait pas étonnant de les voir faire un bras d’honneur au cynisme et au cyniques. Et là,  tu as raison, Manuel, notre pays serait en danger, grave,  comme disent les jeunes à qui nous donnons ce misérable spectacle de basse politique!

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