Parlons de l’hôpital


Hôpital, silence! L’ARS (l’Agence régionale de santé), le maire de Moissac, la maire de Montauban ont du se donner le mot. Silence, on « campagne ». Pas un mot avant les élections. Concerté ou pas, ce motus et bouche cousue est troublant, je dirai même inquiétant.

Voilà plusieurs mois que s’empilent les rapports, se succèdent les réunions pour esquisser ce qu’ils appellent un projet de territoire. En clair, on revoie la carte des hôpitaux, on en réduit le nombre ou les capacités, on mutualise quand on le peut. Le tout parait-il pour mieux soigner. Plus prosaïquement pour faire des économies!

Des économies, il faut bien entendu en faire, y compris dans le domaine de la santé, mais avant de s’attaquer aux hôpitaux, l’état serait bien inspiré, maintenant qu’il est en délicatesse avec les médecins libéraux de se pencher sur leur cas. Et sur l’offre globale de soins qui aujourd’hui répond de plus en plus mal aux besoins des populations.

Mais revenons à l’hôpital de Moissac. Les vautours tournent autour, prêts à fondre sur la bête pour la mettre en lambeaux. Il s’agit en effet de créer à Montauban un « grand hôpital » qui récupérerait le meilleur de ce que Moissac fait, la chirurgie orthopédique par exemple. Et si le projet voyait le jour, parions qu’il ne faudrait pas attendre longtemps pour voir le reste, toute la chirurgie, partir à son tour. Nous avons les premiers tiré la sonnette d’alarme, interpellé le maire en Conseil municipal, cherché à comprendre pourquoi le Comité de défense de l’hôpital, les syndicats, naguère si vigilants quant au devenir de l’établissement, sont aujourd’hui aux abonnés absents.

Ils en parlent

On peut maintenant s’interroger sur ces candidats aux élections départementales, UMP et FN, aveugles et sourds à ce qui se trame. Seuls à gauche Franck Bousquet et Estelle Hemmami, posent clairement la question du devenir de notre hôpital qui n’est pourtant pas de la compétence du département. Mais ne pas utiliser la tribune d’une campagne électorale aurait été un renoncement coupable. Depuis peu, le ci-devant notaire, PRG qui ne l’est plus si l’on en croit sa propagande, a découvert le dossier. Mieux vaut tard que jamais!

Mais à une semaine du scrutin, il y a gros à parier que l’omerta va continuer. Les choses sérieuses auront lieu après. Le réveil risque d’être douloureux pour les Moissagais.

Point de vue

Les hôpitaux au bord de l’asphyxie

Jean Paul NUNZI. Ancien maire de Moissac

 « 10000 morts supplémentaires du fait de la gravité particulière de l’épidémie de grippe qui a frappé au cours de l’hiver 2014/2015.

Des hôpitaux dont les services d’urgence et de médecine étaient débordés avec, comme le signale le porte-parole des urgentistes, des personnes âgées qui sont mortes sur des brancards dans des couloirs, faute de lits.

Le gouvernement a réagi à temps, trop tard ? En tout cas, le plan ne permet pas une extension subite du nombre de lits disponibles.

La canicule de 2003 avait provoqué la mort de milliers de personnes (on estime à 15000 l’excédent de décès durant les deux premières décades d’août 2003), et là, le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et son Ministre de la Santé Jean-François Mattéi n’avaient pas mesuré à temps la gravité du problème.

Avec une population française qui vieillit, on peut penser que d’autres catastrophes de ce genre peuvent se produite à nouveau.

En tout état de cause, les mesures successives prises pour économiser sur les dépenses hospitalières nous amènent à une situation critique en cas de crise sanitaire. Les services hospitaliers qu’on restructure depuis des années travaillent à flux tendu en permanence et une crise sanitaire peut provoquer une catastrophe, les services d’urgences et de médecine ne pouvant faire face à une augmentation soudaine du nombre de malades.

C’est le moment que choisit le gouvernement pour annoncer des économies substantielles à réaliser dans les hôpitaux au cours des trois prochaines années. Trois milliards d’Euros de réduction de dépenses, un milliard par an ! Ce sont 22000 emplois menacés de disparition ! Ce sont des menaces graves sur des services hospitaliers de petits établissements comme Moissac ! Ce sont des conditions plus difficiles pour les personnes âgées dépendantes (2 personnes en Allemagne pour une personne dépendante en établissement, moins de une en France !)

Je considère cette attitude comme irresponsable et pour le moins inopportune.

Certes, des réductions de dépenses sont à faire. A l’occasion de ces élections départementales qui intéressent bien peu de monde, on pourrait réduire de façon significative certaines dépenses de fonctionnement en particulier le train de vie dans cette institution, puisque on ne la supprime pas malgré ce qui avait été dit. Les réductions de moyens à l’hôpital, c’est un mauvais coup pour nos concitoyens qui considèrent que la santé est leur bien le plus cher.

 Cela n’exonère pas la droite, au contraire, qui préconise en permanence des réductions de dépenses supplémentaires et dont on aimerait entendre, que certains services publics comme l’hôpital méritent d’être protégés. On peut attendre longtemps une prise de position de ce genre ! »

 

 

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