Commerces: à fonds perdus


 Les commerçants de Moissac n’ont plus qu’une dizaine de jours pour présenter au FISAC un dossier de subventions. La mairie les a réunis au tout dernier moment pour leur présenter la démarche. Ce calendrier impossible interpelle sur le sérieux de l’équipe municipale.

Mardi 12 janvier 2016, Pierre Fontanié, l’adjoint à la mairie de Moissac en charge du commerce et de l’artisanat, réunissait en grande pompe, à Confluences,  des représentants de la Chambre de commerce de Montauban, de la Chambre des métiers, et d’un Cabinet d’études . Un bel aréopage pour présenter à la soixantaine de commerçants et artisans moissagais qui avaient fait le déplacement, la relance du projet de revitalisation du centre ville.

Sur la base d’une étude commandée en 2013 par l’ancien maire, Jean Paul Nunzi, la majorité de droite découvre qu’elle peut obtenir des aides du FISAC, le Fond d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce. Précédemment, ce dossier n’avait pu aboutir, mais cette fois, les élus et techniciens pensent que l’alignement des planètes peut être favorable. D’une part, Moissac a signé avec l’Etat un Contrat de ville (dont on ne voit pas encore  les effets… ) d’autre part, la ville joue la carte de l’inter-communalité.  Deux « événements » qui constituent une opportunité et un atout pour Moissac.

L’Etat avait l’an dernier consacré 10 millions d’euros d’aides à sa politique en faveur des centres villes. Cette année l’enveloppe devrait au moins être comparable, mais pour bénéficier des subventions, il faut désormais présenter des projets.concrets, individuels ou collectifs, visant à améliorer l’offre et les structures commerciales. Directement impliquée parce que co-financeur des opérations retenues,  la mairie doit procéder au préalable à un appel à projets, puis arbitrer entre eux avec l’aide des sociaux professionnels. Cela suppose la création d’un comité de pilotage et impose une procédure relativement contraignante.

le coup du lapin

Incrédules ou blasés, les commerçants de la ville sont restés mardi soir bien silencieux à la fin des exposés. Mais une dernière précision a fini d’assommer l’assistance: les dossiers devront être déposés auprès du ministère du commerce avant le 29 janvier! C’est à dire d’ici une dizaine de jours. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que Moissac venait une fois de plus de gagner au grand jeu des occasions perdues. Personne bien évidemment n’aura le temps matériel de monter un projet, de le partager avec le groupe de pilotage, de le faire avaliser par les instances compétentes. Bref, c’est foutu! Encore une année de perdue. Ne pouvait-on pas faire la même réunion à l’automne dernier? Bien sûr que oui, et devant les boutiques qui baissent rideaux, les Moissagais, les commerçants pourront toujours se consoler en se disant que dans un an, nous aurons des dossiers fin prêts.

Je ne voudrais pas tirer systématiquement sur les ambulances, mais un tel amateurisme, un tel laisser-aller confond. Comme si Moissac avait l’éternité devant elle! Comme si la situation n’imposait pas de s’emparer de tous les outils sans perdre de temps! Le FISAC n’est certainement  pas une baguette magique, il est juste un des instruments qui articulé avec d’autres, peut aider à améliorer la situation, à retourner la tendance. Mais pour avoir suivi la réunion de mardi, je me dis que ce qu’il manque le plus à la mairie, et donc à notre ville, c’est la volonté et l’imagination. Est-ce une révélation pour les Moissagais?

Le FISAC finance à hauteur de 20 à 30% (investissement et/ou fonctionnement) les projets des commerçants ou artisans de centre ville dont l’activité est prioritairement destinée à la clientèle locale. Pour être éligibles, ces entreprises, dont le CA ne doit pas dépasser 1 million d’euros,  doivent bénéficier de subventions d’un montant équivalent de la part de la mairie. 

 

5 réflexions sur “Commerces: à fonds perdus

  1. C’est toujours pareil avec la municipalité actuelle. Elle donne toujours l’impression par son manque de réaction que c’est l’opération de la dernière chance.
    C’est affligeant.

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  2. le maire, l’adjoint à l’économie et toute cette clique doivent des comptes aux artisans et commerçants car ils n’ont pas fait le travail en temps et en heure. ils savaient depuis juin 2015 qu’ils devaient rendre leur copie pour janvier ; résultat? rien !
    Qui est le responsable entre Fontanié, Saury, Richard?
    les 3?

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  3. Pingback: BOB, DAUBE! – moissac infos

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