Moissac ou les fractures de la ville


Les immigrés du sud ou de l’est ont-ils trouvé leur place dans la société moissagaise? Pourquoi le « vivre ensemble » apparait-il de plus en plus comme une chimère? Pourquoi le racisme et la xénophobie progressent-ils ici et ailleurs? Pour stopper la dérive, les solutions d’hier sont-elles toujours efficaces? Que faire?

 

Jean Paul Nunzi s’attaque à la face nord de l’Everest. Comment en effet parler du vivreIMG_3383 ensemble en ces temps troublés sans tomber soit dans l’angélisme, soit dans l’anathème? Habile, le maire qu’il fut pendant plus de trente ans, cherche tout au long de ces 116 pages à faire la part des choses. A mettre en contexte, opérant sans cesse des allers-retours entre la réflexion philosophique, le constat sociologique et son expérience de terrain, truffant son approche d’anecdotes vécues, de références à des situations locales, puisées au creuset de Moissac.

Ainsi tente-t-il de tordre le coup aux rumeurs ou fausses évidences qui ont toujours cours dans la ville. Y-a-t-il un lien entre délinquance et immigration? Pas évident, dit l’auteur, car les statistiques en la matière sont souvent partielles, voire partiales. « Il faut éviter la stigmatisation ». Mais quelques pages plus loin, lui l’ancien du PSU, va chercher dans la vulgate marxiste une explication. La délinquance est la conséquence des conditions sociales, de la position que les maghrébins et aujourd’hui les immigrés de l’est, occupent ou pas dans la société moissagaise. Main d’oeuvre mal payée, souvent désoeuvrée, réduite à une précarité qui en fait des outsiders, ceux qui sont en dehors du système.

Ceci posé, Jean Paul Nunzi ne peut éviter le constat « le racisme se répand et s’aggrave » L’inquiétude, la peur même de la population autochtone augmente à proportion de l’arrivée des migrants, toujours plus nombreux. Des populations jeunes, aux comportement parfois provocateurs. Du coup, voilà les immigrés plus visibles, s’installant dans un communautarisme souvent d’essence religieuse. Premier signe de cette volonté, le voile que les femmes sont de plus en plus nombreuses à porter et qui percute de plein fouet notre conception de l’égalité entre les hommes et les femmes. Attaché à la  laïcité, Jean Paul Nunzi, en défend les grands principes, à l’hôpital, à l’école, dans la vie quotidienne, faute de quoi, le vivre ensemble « parait bien compromis ».

Dans le troisième tiers de son ouvrage, il dresse une sorte de bilan de son action d’élu local, en faveur du logement, pour l’égalité des chances, pour l’insertion des jeunes. pour la prévention de la délinquance, dans le domaine culturel aussi, avec la « Fête des couleurs », aujourd’hui disparue, « le Festival des voix, des lieux, des Mondes ». Il met également en valeur le tissus associatif Moissagais. Un dispositif complexe et coûteux qui a évité jusqu’ici que le chaudron n’explose. Mais au bout du compte, le constat tombe: « il y a des forces centrifuges qui éloignent les gens les uns des autres et ce n’est plus le vivre ensemble, mais le vivre côte à côte ». Faute d’idéal, faute de perspectives dans une société où le libéralisme fait la loi, le ciel est plombé, à moins que ne se lèvent « des forces neuves, capables de changer la société ». Antonio Gramsci a dit : Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ».

« Vivre ensemble ou côte à côte ». Jean Paul Nunzi. Editions Cairn.

Une réflexion sur “Moissac ou les fractures de la ville

  1. Monsieur Le maire Jean-Paul Nunzi, vous avez à l’époque fait parfois beaucoup trop de concession sur certains points, la délinquance augmentant, votre conseil municipal a très peu fait, d’ailleurs même certains élus de la majorité avaient parfois des propos xénophobes, Moissac a un taux de délinquance qui explose au fil des années et les années Nunzi y sont pour beaucoup, et tout le clientélisme qu’il y a eu au C.C.A.S  » bons mairies  » pour acheter gratuitement au supermarché Casino, ainsi que d’autres ne sont pas, au fil des années , passés inaperçus. Les Moissagais ont subis plusieurs dizaines d’années, et aubout d’un long moment ont décidés de passer a autres choses, espérons que cela produise quelques choses, rien n’est moins sûr, nous verrons à la longue

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