Cours camarade, le vieux monde est derrière toi!


Forte participation, Fillon, Sarkozy, en tête de la primaire de la droite en Tarn et Garonne. Ceux qui en doutaient encore n’ont plus d’excuse : le département est à droite. A droite toute ! Comme la France !

En reléguant Juppé à la deuxième place, les électeurs ont fait un choix, celui d’une droite libérale au plan économique et social, réactionnaire au plan idéologique. En ce sens, ce n’est pas un vote de classe, il y’a de tout monde dans cet électorat. C’est un vote identitaire, la résurgence de valeurs traditionnelles mises à mal par la société moderne, la protestation silencieuse d’une France qui se sent menacée par l’autre, bousculée dans ses certitudes, comme dépossédée de sa propre histoire. Une France qui a du mal avec ce siècle.

L’embarras du FN

En l’occurrence, la droite dite républicaine vient de jouer un vilain tour à la maison Le Pen qui se voit ainsi privée d’un de ses arguments de campagne. Dès lors, si Fillon gagne cette primaire, il devient ipso-facto le meilleur adversaire du FN qui va devoir forcer encore le trait sur l’immigration, vilipender un peu plus l’Europe et s’afficher en champion de la cause du peuple, pour conserver son capital électoral. Fillon pousse donc le FN dans ses derniers retranchements. D’ailleurs, les réactions retenues et convenues des soldats bleu marine disent bien leur embarras.

On aurait pourtant tort de s’en réjouir béatement. Car ce vote raconte une France qui de manifs en pétitions, d’élections en élections a depuis longtemps viré de bord. L’écume des jours est souvent trompeuse. Les conflits sociaux, leur mise en spectacle dans une société de la communication instantanée, ne racontent pas forcément la France insoumise de JL Mélenchon, ou alors de manière marginale. Sans parler de l’échec des « Nuits debout ». Ils ne construisent pas un système de pensée. Ils ne sont, c’est à craindre, que la somme de dépits multiples, de rancœurs individuelles, de colères corporatistes. Pas de quoi donner corps à la gauche protestataire ! Pas de quoi non plus rassurer la gauche réformiste !

Drôle de force tranquille

François Fillon, mais aussi à sa manière Alain Juppé, affichent des programmes qui tiennent plus de la purge thatchérienne que d’un new deal revisité. Ils pensent que le temps est venu de réécrire l’histoire présente, de fermer la parenthèse social-réformiste. En arrière toute ! Vive la France des clochers, travail, famille, patrie ! aA bien écouter le pays qui ronchonne, on peut craindre que cette chimère de la France éternelle n’ait contaminée nombre de nos concitoyens à gauche de la nébuleuse bleue. Si tel était le cas, la droite pourrait triompher deux fois : pour ses résultats électoraux, passés et à venir, pour sa capacité à imposer, provisoirement n’en doutons pas, ses lunettes et son récit. Le triomphe de F. Fillon en est le symptôme patent, incarnation de la force tranquille d’une droite assumée et passéiste. On notera au passage qu’il ne dit rien sur l’environnement, sur les énergies renouvelables, les nouveaux vecteurs de croissance. On notera encore que l’homme qui veut supprimer 500 000 fonctionnaires, n’a pas un début de réflexion sur nos organisations territoriales, ce fameux mille-feuille, terreau des notables de tout poil. La France profonde vous dis-je !

On veut du neuf, de l’inédit, du qui décoiffe…

Mais alors, et la gauche ? Où est-elle ? En perdition ou tout comme ! La gauche de gouvernement, la gauche réformiste qui n’a pas su faire récit de son travail depuis 5 ans, qui a empilé mesures et réformes sans parvenir à leur donner sens, à tracer une route, à fixer un cap. Qui trop occupée à se disputer les places, à vouloir capter la lumière médiatique, s’est abimée dans les postures et vautrée dans les anathèmes. Gauche éclatée, en miettes que la primaire de janvier 2017 aura bien du mal à ressouder. La gauche est fatiguée, ses hérauts sont usés avant même d’avoir servi. Dépressive, la gauche cherche une boussole. Dépressif, le peuple de gauche s’absente. Il reste cependant quelques semaines, quelques mois pour rebattre les cartes. Pour proposer aux Français, à tous les Français une alternative crédible, en phase avec notre époque, nourrie du vécu et des attentes populaires. Un projet neuf et moderne, porté par des femmes et des hommes neufs et audacieux, capables d’entrer en dialogue avec la société, de s’affranchir des vieux schémas, des vieilles lunes et d’un fatras idéologique et conceptuel qui n’est décidément plus de saison.

 

 

 

 

 

 

 

 

Une réflexion sur “Cours camarade, le vieux monde est derrière toi!

  1. Oui,bien sûr, mais j’ ai aussi le sentiment que beaucoup de Gauche, comme de droite, ont senti que pour pousser Sarko dehors il fallait voter le troisième homme. Attendons le résultat du deuxième tour, les médias risquent d’avoir encore des surprises.
    A dimanche soir !!!

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