Envie de gauche?


Les lendemains de fêtes sont parfois difficiles. Et pas que dans les estomacs ! En politique aussi ! C’est du moins l’impression qu’on peut avoir en ce début d’année électorale. Comme si le froid ambiant avait grippé les moteurs de nos candidats à l’élection présidentielle.

On attendait avec impatience, les sept prétendants de la « Belle alliance ». On se disait qu’après la droite, qui avait si bien saturé l’espace médiatique, et la victoire sans bavure de F. Fillon, on allait enfin avoir droit, en ces premiers jours de l’an, à un concert tonitruant de la gauche. Et bien non ! Il est vrai que certains, B. Hamon, et A. Montebourg, étaient partis en avance, et dès l’an dernier, avaient déjà déroulé quelques idées. Candidats de la dernière heure, les trois autres, M. Valls, V. Peillon et S. Pinel ont bien du mal à capter la lumière. La candidate du PRG qui n’a pas encore fait connaître un bout de son programme et qui entend limiter ses déplacements au strict minimum, faute de moyens probablement, apparaît déjà sur le reculoir.

Les deux héritiers du hollandisme, veulent rattraper le temps perdu et s’agitent sur tous les fronts, comme de bons candidats, désireux de convaincre pour emporter la victoire. Mais pourquoi, on est à 15 jours du premier tour de la primaire, a-t-on l’impression que rien n’imprime, que leurs propos glissent comme l’eau sur les plumes du canard ? Sont-ils victimes du calendrier trop étriqué de cette compétition ? De leur propre impréparation ? Jusqu’aux media qui font service minimum, Le journal Le Parisien annonçant même qu’il fera abstinence sur les sondages.

Du coup, en attendant les trois débats télévisés, les candidats vont devoir pour exister, multiplier les petites phrases, improviser des propositions, commenter d’une formule approximative l’actualité du concurrent ou du moment. Vincent Peillon, pourtant fin dialecticien, n’a pas échappé, lors de son passage dans le 20 heures de France 2, à cette chausse trappe. Manuel Valls a du recycler le slogan de la campagne présidentielle de Ségolène Royal, « Une république forte, pour une France juste ». Tout cela dénote une précipitation qui pourrait bien obliger le vainqueur, dès lors que commencera la campagne présidentielle, à retravailler son texte, à revoir ses propositions, au risque de se mettre en contradiction avec lui-même. Il n’est qu’à voir, à droite, l’embarras du candidat Fillon, en campagne depuis deux ans, et déjà contraint à de délicates contorsions sémantiques sur son programme.

C’est là le problème des primaires. Les programmes qui y sont présentés, ne sont que des brouillons, à usage exclusif de la famille politique concernée. D’où ce sentiment de plus en plus répandu, qu’à peine désigné, le candidat va de petits accommodements, de renoncements en reniements. La politique y perd indéniablement son crédit.

Le candidat socialiste qui sera désigné le 29 janvier à l’issue du second tour, n’échappera pas à cette difficulté. Elle s’ajoutera à une autre. Naguère le PS écrivait un programme, que son candidat, moyennant quelques ajustements, était censé défendre. Aujourd’hui, les militants n’ont guère voix au chapitre. Comme n’importe quel électeur, ils écoutent, assistent aux joutes télévisuelles, commentent dans leur coin les prestations de leur champion, puis portent comme de vaillants petits soldats sa bonne parole sur les marchés et dans les quartiers. Voilà qui bouscule la culture de gauche, qui réduit le militant au rôle de figurant. Voilà qui risque d’affaiblir le PS, confronté à gauche, à deux concurrents qui ont choisi une voie radicalement différente. Que se passera-t-il?  La gauche saura-t-elle se rassembler, même partiellement, avant le 1° tour de la présidentielle? La réponse appartient pour partie au peuple de gauche, à son attachement aux valeurs qu’il revendique. A son envie de gauche!

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