Et si c’était Macron!


« En Marche » dispose dorénavant de deux comités locaux, un à Castelsarrasin , l’autre à Moissac. Ce comité, pour la première fois, s’est réuni autour d’un apéro. Ses militants sont issus de divers horizons professionnels ou géographiques, pour certains de familles politiques différentes. Tous ont d’abord explicité leurs parcours. Comment en étaient-ils arrivés là ? Qu’est-ce qui pouvait bien les réunir, leur donner l’envie d’aller de l’avant, ensemble ?

A l’évidence, c’est la situation politique, extraordinaire au sens plein du terme, jamais vue depuis un demi siècle, qui a poussé quelques Moissagais, comme près de 200 000 autres citoyens, à chercher un chemin, à se donner des raisons de ne pas désespérer. De la politique, de ce pays et peut-être d’eux mêmes ! Ceux-là ont dû changer de lunettes, revoir leurs grilles de lecture, tenter de ne plus regarder le monde en noir et blanc. Ils aiment les couleurs. Ils craignent la chimère, mais savent comme tout autre faire la part du rêve : Liberté, Egalité, Fraternité.

La devise de la république est trop souvent à la peine, dans les quartiers, dans les territoires ruraux. Elle a ces derniers temps du mal à s’incarner. Pour conjurer ce mauvais sort, ils ont parié sur le mouvement. En quelques mois, partie de rien, « En Marche » s’est imposée comme une composante centrale du paysage politique. Sorte d’OPNI, d’objet politique non identifié ! Rares sont les commentateurs qui l’avaient vu venir. Et pourtant, elle est là, elle grossit, se ramifie, elle brouille les cartes, elle séduit jeunes et moins jeunes par sa modernité, son inventivité militante, sa démocratie participative qu’avait esquissée en son temps et avec des moyens moins étudiés, Ségolène Royal. Pour y parvenir, les Marcheurs se sont choisis un candidat, Emmanuel Macron, sans passé politique, même pas élu quelque part, la tête bien faite et pourtant bien pleine. Mais un bleu ! Une bulle prophétisaient les vieux briscards ! Il est vrai que l’homme dérange. Sa seule existence met en émoi le sérail politique. Certains, qui ont l’argument court et ne sont pas à une contradiction près, dénoncent un agent de la Finance. Les mêmes qui ont voulu faire d’un simple trader imprudent, le chevalier blanc de la lutte contre le système.

Sarcasmes et railleries n’ont pas eu raison à ce jour du phénomène, du cas Macron. Il trace ! Il ouvre une voie de crête, exigeante, en tout cas inédite. On peut s’étonner de son côté prêcheur qui cherche parfois ses mots, mais il ne s’embarrasse pas de promesses pour soulager les maux de notre société. Ce pragmatisme éclairé, ce progressisme bien tempéré, nourri des remontées du terrain, est peut-être une chance. Un avenir ! Il est à construire, collectivement

Car cette présidentielle, c’est de l’inédit, du spectaculaire, du grandiose, du tragique ! Voilà le FN qui fait la course en tête depuis des mois, pas très loin des portes du pouvoir ? Pauvres militants de toutes les gauches, l’auriez-vous cauchemardé il y a encore quelques années ? Voilà LR, son candidat, embourbé dans les sables mouvants du mensonge, victime de sa suffisance, et de son mépris de toute règle éthique. Auriez vous imaginé le père la vertu pris la main dans le sac?

Voilà les Insoumis qui sous la conduite de leur leader maximo affichent leur intransigeante superbe à 12% ! Auriez-vous imaginé le retour de Marchais sur les épaules de Chavez ? Voilà le PS, avec sa primaire désertée par ce président que tout le monde attendait et au final emportée par le troisième homme ! Auriez-vous imaginé que la mal nommée « belle alliance » consacre la victoire d’un frondeur minoritaire ?

Au train où vont les choses, la gauche estampillée, PS, PC, Verts et même Insoumis est dans l’incapacité de passer le premier tour de la présidentielle. Parce qu’atomisée, parce que ravagée par la sournoise bataille des egos. Reste pour inverser le cours des choses, E. Macron dont la démarche, et les propositions peuvent rassembler toutes celles et tous ceux qui, au déclinisme, préfèrent le progressisme.

Mais il faudra à E. Macron beaucoup d’application, un discours clair et incisif, des propositions puissantes et articulées, susceptibles de marquer sa différence, de baliser son projet. Il lui faudra aussi et surtout une mobilisation populaire, une adhésion sans faille qui sache rester critique. Nous ne cherchons pas, en tout cas moi pas, un homme providentiel, encore moins un gourou. Nous voulons un candidat crédible, porteur de nos espoirs, dans lequel nous puissions nous retrouver.

NI FILLON, NI LE PEN!

Si j’écris aujourd’hui c’est parce que je suis scandalisé de ce qui se passe à l’occasion de l’élection présidentielle de 2017
La qualité majeure d’un homme politique, candidat à n’importe quelle responsabilité locale ou nationale, me semble être nécessairement l’honnêteté personnelle. On ne peut diriger une collectivité quelle que soit son importance, imposer parfois des choix difficiles et être respecté, si la population vous considère comme malhonnête en ayant profité et abusé du système à partir des responsabilités qui vous ont été confiées par le suffrage universel.
C’est la raison pour laquelle je suis furieux de constater que, malgré les faits graves incontestables qui lui sont reprochés, M. Fillon persiste dans sa candidature. Les responsables et élus du Parti Les Républicains qui le soutiennent et savent, se discréditent aux yeux de l’opinion et leurs arguments qui ne trompent personne, contribuent à laisser penser à la population que la classe politique dans son ensemble est corrompue (« tous pourris »).
J’ai été député, parfois en même temps que M. Fillon, entre 1988 et 1993, et entre 1997 et 2002. J’avais comme tous les collègues que je fréquentais des bureaux dans la circonscription ouverts au public avec un assistant et une secrétaire parlementaires à temps complets, y compris le samedi.
Les citoyens, pour les raisons les plus diverses (remarques, revendications, demandes de conseils ou de soutiens, …), les syndicats, les associations, venaient au secrétariat parlementaire dialoguer avec l’attaché ou, s’ils le souhaitaient, sollicitaient une rencontre avec le député. Nous avons reçu ainsi des centaines de Tarn et Garonnais au cours du mandat. Je partageais avec d’autres députés un assistant parlementaire à Paris pour travailler sur les textes de loi et amendements.
Pour M. Fillon rien de tel, son assistante parlementaire et épouse, bien mieux rémunérée que n’importe quel autre assistant, restait au château, en pleine campagne, et son « rôle » était ignoré, y compris de tous les habitants de Sablé sur Sarthe, grande comme Moissac.
Un président de la république, avec ce passif, génèrerait des protestations, des manifestations, des émeutes à la moindre décision exigeant des sacrifices de nos concitoyens, qu’il ne se serait pas, d’évidence, appliqués à lui-même et à sa famille. Son programme, copié sur celui de Mme Thatcher, provoquerait souffrance et régression dans la société française et serait bien sûr impossible à mettre en œuvre avec l’image dont il n’arrivera pas à se défaire.
Le mode de scrutin aux élections présidentielles est en France ce qu’il est: seuls les 2 premiers arrivés en tête au 1er tour seront présents au 2ème tour. Je ne peux pas accepter le cas de figure d’un 2ème tour avec M. Fillon et Mme Le Pen. Ce choix impossible et en tout cas dramatique pour notre pays, ne doit pas se produire.
La situation n’est pas simple pour les autres candidats, et peut faire hésiter nos compatriotes, mais personnellement, je voterai pour celui dont j’estimerai qu’il peut être présent au 2ème tour en dehors de M. Fillon et Mme Le Pen.
Si l’élection avait lieu dimanche, je voterais Macron, pour cette raison, malgré quelques interrogations.
Les choses peuvent évoluer au cours de ces 2 mois et ma décision sera prise quelques jours avant l’élection mais ma détermination est claire, forte et irréversible: NI FILLON NI LE PEN!

Jean Paul Nunzi

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