Présidentielle: un choix de raison


Le Pen menace les fonctionnaires. La dame de Montretout se laisse aller. Au passage, elle se démasque. Sous les sourires adressés à la classe ouvrière et aux travailleurs en général, pointe le museau de l’extrême droite, d’un pétainisme ripoliné, d’une sorte de fascisme qui attend son heure.

Le Pen, père, fille, petite fille, c’est la même culture, la même histoire, avec juste des sensibilités différentes. Une sorte de partage des tâches ! Mais au final le même projet. Prise la main dans le pot de confiture, Marine Le Pen, comme François Fillon d’ailleurs, crie au complot, veut y voir la main du pouvoir socialiste. Pourquoi pas celle du complot judéo maçonnique, ou islamo-gauchiste ?

Il est pour le moins stupéfiant de constater que des candidats à la fonction suprême, qui pourraient demain être les garants de la loi, dont on est en droit d’attendre un minimum d’exemplarité, s’exonèrent aussi facilement de toute obligation, se déclarent intouchables. La loi et ses rigueurs, c’est fait pour les autres, les petits, les sans grade, les immigrés… Arrogance de caste, privilèges de nantis.

Emplois fictifs, sociétés écrans, surfacturations, fausses déclarations,  le FN n’y va pas avec le dos de la cuillère, persuadé que plus c’est gros et plus ça passe. Et digne héritier de l’extrême droite du siècle dernier, (les fascistes sont arrivés au pouvoir par la voie légale), il fait son beurre sur le dos de l’Europe, une des structures démocratiques qu’il voue pourtant aux gémonies.

C’est pourquoi, en avril et mai prochain, nous n’avons pas droit à l’erreur. Ni Le Pen, ni Fillon ! Au moment où l’on apprend qu’il n’y aura ni accord, ni alliance entre B. Hamon et JL. Mélenchon, il faudra faire le bon choix. Par défaut ou par adhésion, peu importe au final. Car il est trop tard pour avoir des regrets, encore moins des remords.

Et pourtant, on a le droit d’en avoir, et même de la colère. Eclatée, ravagée par de fausses querelles idéologiques, la gauche historique est déjà hors jeu, impuissante en l’état à peser sur le cours des choses. Pas une de ses composantes n’a droit aux circonstances atténuantes. Le PS dont nombre d’éminences ont inventé la Fronde républicaine, a, cinq ans durant, géré son capital d’élus, incapable de travailler sur le moindre programme, spectateur contrit des joutes au sommet de l’état. Ce parti, mon parti, a pris ou soutenu, toutes les mauvaises décisions, la première étant d’imaginer qu’un Président de la République sortant puisse participer à une primaire comme n’importe quel autre candidat à la candidature. Arrogant, il a dénoncé le départ de Macron du gouvernement, comme une trahison (ah Brutus !) au service d’une aventure personnelle. Double erreur encore ! Mais dans le même temps il a snobé les Insoumis, estimant à juste raison, qu’un bout de chemin ensemble était impossible. Mais alors, pourquoi faire semblant aujourd’hui, pourquoi ce jeu du « tu veux ou tu veux pas ? » qui décourage et fait fuir une bonne partie des sympathisants ?

Et puis, il y a les deux satellites qui se sont abimés dans un dilemme shakespearien

Le PCF, partenaire traditionnel du PS. Idéologiquement il en pince pour les Insoumis, mais le réel étant ce qu’il est, s’il veut sauver les quelques collectivités qu’il dirige, il va devoir faire ami-ami avec les socialistes. Cette situation plus qu’inconfortable n’aura échappé à personne et surtout pas aux électeurs. Les Verts qui de leur côté ont claqué la porte de l’actuelle majorité parlementaire, ont voulu jouer les francs-tireurs. Refus de participer à la primaire de la gauche dite « La Belle alliance », désignation par vote interne d’un candidat à la présidentielle, puis virage à 180%. Le candidat vert qui proclamait urbi et orbi qu’il avait toutes les raisons de porter seul le message écologique, s’en remet au sortir de quelques restaurants, au candidat socialiste, il est vrai ex frondeur. Cette soudaine conversion ne serait pas étrangère à un bon cassoulet, en l’occurrence quelques circonscriptions, permettant aux Verts, si les dieux des urnes ne leur sont pas trop défavorables, de constituer un groupe parlementaire. C’est capital, car ça fait vivre le parti !

Enfin, il y a les Insoumis et leur chef. Ils partagent un même objectif : démolir le PS, tuer politiquement les sociaux démocrates, faire « dégager » les sortants. Irréconciliable, ce populisme veut avancer, seul, mais il fait du surplace.. On mesure ainsi à quel point étaient vaines, voire pitoyables les démarches de B. Hamon qui a fini par comprendre.

Triste spectacle, terrible constat d’une gauche en miettes, qui ne se résout pas à sa mue, qui n’ a pas su gérer le temps, aller à la rencontre des citoyens, mettre les egos sous le boisseau, incapable en définitive de répondre politiquement aux évolutions de la société. Comme dit la chanson, « c’est comme ça » ! Mais, une fois passée la présidentielle, le paysage politique Français ne sera plus le même. Une douloureuse période de recomposition s’ouvrira. Très vite ! A gauche, mais aussi à droite !

 

2 réflexions sur “Présidentielle: un choix de raison

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