La gauche donne de la voix


Mélenchon à la République, Hamon à Bercy, une partie des peuples de gauche a le temps d’un week-end communié dans un impressionnant élan d’enthousiasme. Chacun dans son style, les deux candidats ont livré un discours beau comme de l’antique, faisant vibrer ce qu’il y a en nous d’utopie insoumise. Tous les grands ancêtres, le panthéon du progressisme, du socialisme, de la pensée des lumières furent pour l’occasion convoqués. Nous aimons ça ! Vibrer ensembles à l’évocation de Hugo, de Jaurès, de Blum, de Mitterrand, de Rocard, de Jospin et j’en passe, oubliant dans cet élan affectif que nombre de présents parmi les plus agés, avaient parfois durement combattu leurs contemporains.

Mais le temps, comme la mer sur le sable, efface des chapitres entiers de notre histoire. Momentanément en tout cas ! Car passée la fête, passé le saint et renaissent bien vite les vieilles querelles, même les plus éculées, les plus ineptes, tout justes bonnes à enflammer les forums sociaux. En fait, les querelles, les affrontements idéologiques comme on dit, n’ont jamais cessé. A preuve d’ailleurs ces deux rassemblements, ces deux projets, portés par deux ambitions qui ne parviennent même plus à se parler. Il faudrait aussi, même si cela va faire bondir dans les chaumières, parler du troisième homme, qui revendique un progressisme qui ne fait pas tâche dans la grande famille de ceux qui refusent le déterminisme social et veulent être des acteurs de l’Histoire.

Avec les débats télévisés, s’ouvre une période nouvelle dans cette campagne électorale à nulle autre comparable. On va, découvrir les tempéraments, la capacité de l’une et des autres à faire front (sans jeu de mots). Et il n’est pas besoin d’être grand devin pour imaginer qu’Emmanuel Macron sera la cible de toutes les attaques, lui qui bouscule le paysage établi et fédère droite et gauche unanimes à lui contester l’originalité, la pertinence, le progressisme de sa démarche. A cet égard, les propos de Benoit Hamon, hier à Bercy, ne manquaient pas de sel. Ironie de l’histoire, le frondeur, le meilleur adversaire de Hollande, emporté par un lyrisme imprudent dont on croyait la gauche de gouvernement guérie, nous a refait le coup du Bourget. « Mon ennemi c’est la finance » Décidément, Karl Marx avait bien raison : l’argent est un fétiche! Et pour Hamon, la finance a un parti et même un visage : Macron, celui là même dont le nom a été ovationné par le SPD de Martin Schulz!

 

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