A propos « des pudeurs de gazelles »


Il faut voter! Voter  Macron le 7 mai prochain. N’ayons pas « des pudeurs de gazelles » !  J. Luc Mélenchon à qui l’on doit cette expression, ne croyait pas si bien dire, lui qui a visiblement eu tant de mal à admettre les résultats du premier tour se refusant, un comble, de choisir entre Macron et Le Pen pour s’en remettre à la décision de son mouvement. Il a de fait définitivement enterré le Front républicain assisté dans cette tâche de croque-mort par une partie non négligeable des dirigeants de la droite bien pensante. Ce n’est hélas pas nouveau, le « ni-ni » c’était déjà la position de Sarkozy. LR et les Insoumis ont cela en commun qu’ils ont du mal à digérer leur défaite. La rancoeur est mauvaise conseillère. Ces politiques, qui ne sont plus responsables que de nom sont en train de faire le choix du « je m’en lave les mains ». La droite nous avait déjà habitué à ce cynisme. C’est nouveau à gauche.

Il est vrai qu’à droite,  nombre d’ électeurs  n’ont plus beaucoup d’états d’âmes. Faute de pouvoir faire élire leur champion, ils se déclarent prêts à voter FN, ce cousin germain avec lequel on ne craint plus de faire famille. Si ce choix est révélateur d’une certaine parenté idéologique,  peut-être exprime-t-il  aussi, une sorte de désir de punir,  de se venger: « puisque c’est comme ça, ils vont bien voir, ils l’ont bien cherché… » Ce « ils » étant tous les autres , tous ceux qui n’ont pas donné leur voix à F Fillon. La déclaration récente de « Sens commun », qui fut dans sa campagne sa phalange militante, ne dit pas autre chose. Décomplexée, une partie de la droite dite républicaine, est prête à franchir le Rubicon, estimant que le FN est un parti politique comme les autres, qu’elle ne classe même plus à l’extrême droite, qui ferait partie du paysage, du cercle républicain.  Que de chemin parcouru depuis 2002, quand Jacques Chirac, à qui il faut rendre cette justice, avait interdit toute compromission avec le FN!

A gauche, bien sûr, le FN apparait toujours comme un danger, menaçant le pacte républicain, notamment dans le domaine de la fraternité. Le parti socialiste, le parti communiste, les Radicaux ont été et restent très clairs sur la question. Leur appel à voter Macron ne vaut pas « blanc-seing » comme dit la place du Colonel Fabien, mais il a le mérite de ne pas se tromper de cible. Raphaël Glucksmann en rajoute une couche: « on n’est peut-être pas d’accord avec Macron, mais au moins on pourra toujours le dire ». Plus problématique apparait le positionnement des Insoumis. Certes, il convient d’attendre le résultat de la consultation voulue par Jean Luc Mélenchon, mais les remontées de terrain, les débats qui agitent la place publique, montrent que le mouvement est profondément divisé. Il y a ceux qui pour dire non au FN, iront voter Macron, quitte à devoir se pincer le nez. Il y a ceux qui arguant d’un résultat annoncé par les sondages, resteront bien au chaud de l’abstention. Et puis il y a ceux qui voteront Le Pen, minoritaires certainement, mais assez nombreux pour redonner corps à ce vote « révolutionnaire », qui pour « réveiller le peuple » est prêt à lui faire vivre le pire. Le pire, père de la révolte en quelque sorte!

L’idéologie, comme les religions peuvent devenir des armes de destruction massive. A coup sûr, elles court circuitent, à trop forte dose, l’intelligence des citoyens. Le 7 mai, le choix est simple, le choix est limpide. Nous avons le choix, nous avons encore le choix entre deux France. Celle d’un populisme xénophobe, étriqué, mensonger. qui conduira le pays dans le mur, trahissant aussi vite les classes populaires qui lui font confiance. Tous les fascismes, tous les populismes ont fait ainsi. Et puis la France, la France républicaine, généreuse, ouverte sur le monde, qui veut construire un avenir pour ses enfants. N’ayons pas de pudeurs de gazelles, votons résolument, fièrement pour Emmanuel Macron. Pas une voix ne doit lui manquer. Notre pays a besoin d’un président bien élu.

 

 

2 réflexions sur “A propos « des pudeurs de gazelles »

  1. Censure ! On marque son désaccord en citant sobrement un philosophe français, Jacques Rancière, et de suite, certains réflexes (d’extrême gauche ?) ressortent.. Macron, pro-liberté d’expression et pro-marché, ne serait pas content !

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