Marché de campagne


Petit soleil, gentil marché en cette veille de premier mai. Si samedi, les militants de tous bords, en tenaient le haut des allées, nous étions bien seuls, et fiers de l’être, ce dimanche, à distribuer quelques mesures emblématiques du programme de Macron. A une semaine du tour décisif, il faut en effet mobiliser, tout faire pour que le FN et ses alliés soient battus. Soient largement battus, car même défaite dans les urnes, l’extrême droite pourrait être un vrai problème pour la suite. Pour l’image de ce pays bien sûr, pour les législatives ensuite qui pourraient lui être favorables en cas de forte dynamique à la présidentielle. Pour rassembler la France enfin et la mettre dans le sens du progrès.

De marché en marché, on sent cependant monter la lassitude, une sorte de fatigue démocratique qui s’empare des électeurs. En cause l’exceptionnelle longueur de la séquence électorale avec les primaires de la droite et de la gauche qui ont déboulonné les favoris pour mettre en selle des outsiders, Fillon, Hamon,  qui ne sont jamais parvenus à fédérer leur propre camp. Dans le même temps montaient les populismes promettant chacun à leur manière le « grand soir », la mort du « système » et autres billevesées confirmées déjà par les corrections de trajectoire opérées par un FN même pas élu. Les affaires du candidat Fillon  qui n’en a pas fini maintenant avec la justice ont semé le trouble, ternissant un peu plus la réputation des politiques, semant in fine désillusions et rancoeurs dont témoignent moult réactions sur le marché.

Car il faut bien le dire, les électeurs sont partagés, non pas en deux mais en trois, ou quatre groupes à géométrie variable. Il y a ceux qui n’iront pas voter, car ils ne s’estiment pas représentés par l’affiche du second tour. Il y  a ceux qui mettront un bulletin blanc ou nul, histoire de manifester leur mécontentement. Et puis, il y a ceux qui voteront Le Pen, sans états d’âmes, fiers de cette transgression, séduits par le discours attrape-tout de la candidate. Et il y a ceux qui vont voter Macron, qui le disent avec parfois un regret dans la voix, voire même un soupir: « Comment faire autrement? ». Mais on ne rencontre pas sur les marchés de cette fin  avril l’enthousiasme, la détermination d’avant. A l’évidence, les interrogations sont plus nombreuses que les certitudes et au sortir de cette fréquentation, on imagine le casse-tête dans l’isoloir, la main qui tremble avant de laisser tomber le bulletin dans l’urne.

Autre signe qui ne trompe pas et qui vaut bien sondage, au moins pour ce qui concerne nos territoires, les refus d’engager la conversation, de saisir tout simplement le tract tendu. On sent chez nombre électeurs, une sorte de défiance à l’égard du candidat, de ce qu’il représente. C’est dans ce face face que se mesure la fracture sociale sur laquelle certains jettent au passage des mots:  « c’est le candidat des riches »! D’ici le deuxième tour, il faudra à E Macron beaucoup de pédagogie mais surtout des propos simples et clairs pour les en dissuader. Mission presque impossible.

Au premier tour, les Insoumis ont fait une remarquable percée dans la circonscription. Le FN a confirmé son implantation. Il rêve du siège de député, que Sylvia Pinel, la sortante, aura bien du mal à conserver. Initialement candidate sous les couleurs PS-PRG, elle se fait ces derniers temps discrète, prend grand soin de ne pas s’afficher, gomme même son parrainage socialiste. Il est vrai, on ne prête qu’aux riches, que de Moissac à Castelsarrasin, tout le monde est persuadé qu’elle négocie un accord avec « En Marche ». JM Baylet serait depuis longtemps déjà à la manoeuvre. Les radicaux valoisiens, qui en pincent maintenant pour Macron, parlent à mots couverts de la création d’un grand parti radical et localement seraient prêts à donner un coup de main à la députée sortante . Mais d’autres qui gravitent aussi dans la galaxie macroniste, rêvent de l’occasion pour déboulonner Sylvia Pinel et réduire encore un peu plus l’influence de JM Baylet sur le département.

Paris, la direction « d’En Marche! » ne laisse pour l’heure rien filtrer de ses choix. Sur la deuxième circonscription comme sur la première, où Pierre Mardegan, UDI,  s’est déjà lancé dans la bataille, faisant par avance allégeance à Macron. Le patron du SAMU 82 manifeste un gros appétit politique, espérant, dans la foulée de la présidentielle, ravir le siège à Valérie Rabault. Certes, les socialistes sortent mal en point de cette présidentielle, mais la députée sortante a bien des arguments à faire valoir. Son travail à l’Assemblée nationale où rapporteuse du budget, elle a su imposer sa griffe. Dans le département ensuite, dans sa circonscription où elle a fait montre d’un capacité d’écoute et d’un investissement jamais démentis. Bref socialistes, et au delà tous les progressistes avons déjà notre candidate! C’est toujours ça de fait!

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