La nausée


Il a su garder son calme, il a répondu autant que possible, autant que permis, au déluge de propos insanes, orduriers que lui balançait entre deux rictus son adversaire. Il est parvenu dans cette atmosphère saturée de miasmes fascisants à expliquer son programme, à en montrer la cohérence. Il est même parvenu à s’adresser à l’ensemble de la société, classes populaires comprises. Ne boudons donc pas notre satisfaction: Emmanuel Macron a fait le job, il n’a pas plié, n’a pas abdiqué, n’a pas dérapé. Face à lui, on a vu hier soir le visage de l’extrême droite, on a lu dans ces yeux, acier trempé,  camouflés par un maquillage trop lourd, dans ce ricanement spasmodique qui s’échappait régulièrement de ces lèvres pincées, dans ce discours qui peinait parfois à tenir en laisse des pitbulls menaçants, on a vu ce que cela pourrait donner si les Le Pen, si cette clique arrivaient  demain au pouvoir.

Alors, pas d’hésitation, pas d’atermoiements, pas de « pudeurs de gazelle, le 7 mai Macron doit bénéficier d’un vote franc et massif. Il a besoin, d’un vote d’adhésion, le plus large possible, d’adhésion à son projet républicain, aux valeurs qu’il incarne. Personne n’est obligé de partager tout son programme, personne n’est sommé d’y voir la réponse ultime à tous les maux de notre société et demain, chacun dans ce pays libre et frondeur,  pourra si Macron est élu, toujours  le dire. Dès lors, ce débat, une première par bien des points dans l’histoire de la V° République, nous met devant nos responsabilités de citoyens, nous somme de prendre position. C’est facile, ça ne demande pas un courage de résistant ou d’insoumis, il suffit d’aller voter. De voter Macron.  Parce que nous devons  avoir un président bien élu, bénéficiant d’une incontestable légitimité et donc d’une capacité d’agir, en France, en Europe et dans le monde.

Mais que tous les beaux esprits, les consciences tourmentées, les révolutionnaires de comptoir ne s’y trompent pas: nous n’avons pas vécu hier soir une anecdote du temps présent, un simple épisode, ubuesque au demeurant, d’une campagne électorale. Nous avons assisté à un moment de vérité, à un exercice de dévoilement. Non le FN n’est pas un parti comme les autres, il n’est pas un acteur du champ politique républicain. Il est une menace pour nos libertés et pour l’avenir de nos enfants. Il est un danger, d’autant plus réel qu’il a réussi à faire son nid, à agréger les nostalgiques d’un ordre ancien à une partie des mécontents, des laissés pour compte de notre société. Comparer Le Pen et Macron, y voir « la peste et le choléra » dans un raccourci imbécile qui n’a même pas l’excuse de l’ignorance, est à proprement parler criminel. C’est bien pourquoi, il faut dire le 7 mai que nous ne voulons pas de cette clique fascistoïde, qui une fois au pouvoir, trahirait immanquablement ceux qui les auraient élus. A preuve, ce moment du débat, quand à bout d’arguments sur la sortie de l’Euro, M. Le Pen déclare que le peuple n’a pas à savoir comment ça se passera. Terrible aveu! Sur son incompétence et sur son projet politique! Hier soir, j’avais la nausée!

 

 

Une réflexion sur “La nausée

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