Le message du Comminges


Ce n’est pas encore une alarme, mais déjà un signal, même si de Paris il peut paraître faible. La huitième circonscription de la Haute Garonne risque bien de se rappeler au bon souvenir de la République en Marche. Son candidat est au premier tour de la législative partielle très nettement distancé par le candidat socialiste qui va bénéficier dimanche prochain des voix du PCF. L’issue du scrutin semble acquise. Le PS conservera un siège de député dans ce département et singulièrement dans ce Comminges qui lui étaient favorables depuis des lustres. C’est bien pour cette raison, au moment où il enregistre la démission tonitruante d’une vingtaine de militants et d’élus de l’agglomération toulousaine, que le parti a mis le paquet pour soutenir son candidat. Georges Méric Président du département, la Présidente de la région Occitanie, Carole Delga qui est née dans ce territoire, n’ont pas ménagé leurs efforts et leur soutien. Ils ont presque réussi, sauf à mobiliser en grand nombre les électeurs, à peine 34% de participation au premier tour de scrutin.

Mal aimés

On glosera peut-être sur le profil du candidat de LREM. On fera remarquer en haut lieu que le résultat sera sans conséquence sur les équilibres à l’Assemblée nationale. Certes ! Mais le petit score du premier tour, à peine plus de 21%, devrait tout de même donner à réfléchir chez Christophe Castaner. La campagne électorale l’a en effet amplement démontré : les citoyens ne créditent pas le parti du Président de la République des réformes lancées tous azimuts et dont la nécessité, pas même la pertinence, ne sauraient être sérieusement contestées. Ils lui font grief de quelques « peccadilles »: le prix du gas-oil, la grogne des paysans, la perspective de devoir bientôt lever le pied sur l’accélérateur, la fermeture de quelques classes rurales quand d’autres vont être dédoublées dans les zones en tension… Les territoires les plus reculés, et le Comminges en fait partie, ont le sentiment d’être les mal-aimés du pouvoir, d’être laissés à l’abandon. En l’absence d’un FN qui ne se remet pas de sa piteuse prestation à la Présidentielle, le PS engrange les mécontentements et ce d’autant plus aisément que les Insoumis connaissent à leur tour un certain discrédit.

Justice sociale

Mais ce qui fait le plus mal au parti d’Emmanuel Macron, c’est à coup sûr la CSG. Ponctionner des retraités modestes quand les plus riches ne sont plus assujettis à l’impôt sur la fortune, voilà qui passe mal dans l’opinion. Et pas seulement chez les principaux concernés ! Nous l’avions dénoncé en son temps, la mesure est lourde de symboles. Elle touche à l’idée que les Français se font de la justice sociale et du coup elle vient oblitérer les chantiers ouverts par le gouvernement dans bien d’autres domaines.

Voilà donc la question sociale qui revient au premier plan. Et avec elle, celle du pouvoir d’achat des plus démunis. La problématique s’impose d’autant plus fortement que la croissance est de retour, les entreprises retrouvent le moral, les profits grossissent et avec eux les rémunérations des principaux dirigeants. La mondialisation a creusé les inégalités, en France et partout dans le monde, chacun en est conscient. Demander un effort supplémentaire à des retraités qui ne sont plus dans le circuit de la production apparaît donc plus injuste encore.

Double défi

Dans ce domaine, les explications, les justifications du gouvernement n’impriment pas. La suppression de la Taxe d’habitation, supposée compenser les 1,6% d’augmentation de la CSG ne convainc pas. L’augmentation du minimum vieillesse, la baisse des prélèvements sociaux sont passés par profits et pertes. Bref, s’installe peu à peu l’idée que ce gouvernement et avec lui le Président, ne s’intéressent pas aux petites gens, dédaignent les territoires ruraux, ne comprennent rien à cette France qui peine à rattraper la modernité des grandes cités. Les élus locaux, peu nombreux à se reconnaître dans le parti de Macron, n’hésitent pas à en rajouter une couche. Privée de relais, de réseaux efficaces au plus près des populations, LRM se voit donc contrainte à un colossal effort pour relever un double défi : infléchir la politique du gouvernement pour pouvoir mettre en valeur le volet social et mobiliser ses troupes pour gagner sous ses couleurs, les scrutins locaux, partiels ou pas. Sans quoi, le Macronisme demeurerait qu’une prometteuse et inachevée parenthèse politique !

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