Nuit debout


C’était long comme un jour sans pain. Brouillon comme une querelle de marchands de tapis. Ennuyeux ! Vautré dans mon canapé, j’ai du résister beaucoup pour ne pas succomber à la tentation de la zapette, fuir BFM, abandonner Bourdin et Plenel à leur numéro de faux duettistes. Drôle d’attelage d’ailleurs que ces deux journalistes qui à trop vouloir faire de l’anti TF1 ont plombé ces deux heures et demie d’émission avec une sorte d’adaptation télé des fameuses et éphémères « nuits debout ».

Que retiendrons-nous de ces échanges à couteaux tirés où les insinuations le disputaient à l’invective, où le jésuitisme militant d’un Plenel peinait à s’imposer aux côtés d’un Bourdin champion de la question bourrin ? Pas grand-chose, sinon que Macron a mis beaucoup d’énergie et perdu beaucoup de temps à déminer les interventions de ses interlocuteurs, acharnés à lui faire perdre le fil de son propos. Comme si comptait peu la réponse, mais plutôt le moment où il trébucherait, s’emporterait, deviendrait professoral, arrogant, et que sais-je encore. Nous étions revenus aux débats de la campagne électorale ! Nos deux journalistes sans cravate, nouvelle manière probablement de jouer au sans culotte, ont poussé l’exercice aux limites du genre face à ce Président imprudemment descendu dans cette arène médiatique. Que venait-il y chercher ? Mystère!

Au final, pas beaucoup d’informations nouvelles depuis l’entretien avec J. P. Pernaud. Si ce n’est qu’E. Macron est tout de même parvenu à mettre en perspective les réformes en cours comme devant s’articuler avec celles à venir. C’est cette cohérence, ce cap que le président s’est attaché à expliquer. On notera aussi dans son discours une attention insistante aux problèmes des classes populaires, aux questions de justice sociale, du grand âge, de l’hôpital pour lesquels sont annoncés des mesures et des investissements. Mais les opposants, les déçus de tous poils et peut-être même certains macronistes s’agaceront que ce Président s’obstine sur la suppression de l’ISF, sans contrôle ni contrepartie. Ne voit-il pas que cette mesure, en grande partie symbolique, pourrait, pourquoi pas,  le remettre au centre du jeu : et de droite et de gauche !

 

 

Une réflexion sur “Nuit debout

  1. Je suis d’accord avec l’article du blog.
    Je suis tentée de qualifier ce moment d’irrevencieux (titre piqué à la presse du jour) et d’egotique. Aucun intérêt ! Dans un moment pareil, se regarder le nombril en oubliant l’intérêt collectif n’apporte rien, mais assure l’échec. Nous voyons bien que cet entretien ne s’adresse pas au citoyen lambda dont on se fout royalement ! Alors ? Besoin de sensationnel ? De séduction peut-être ? Ou simple renvoi d’ascenceur ?

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