LEPAH: changer de braquet!


Petite mobilisation à Capou, dans l’enceinte du lycée agricole de Montauban. Une centaine de personnes, essentiellement des salariés et des syndicalistes, une dizaine d’élus de Moissac, une conseillère régionale… pas de quoi faire trembler le ministère de l’agriculture. D’ailleurs, il n’a pas tremblé, Mme Larroudé, chef du service de la formation,  refusant au sortir de la réunion avec les personnels de Capou,  de s’exprimer devant les syndicalistes et les élus.

C’est toujours pareil. L’autorité administrative s’enferme dans une salle de travail. Dehors sous un soleil plein d’ardeurs, les syndicats font le pied de grue, toutes banderoles déployées. Les élus, ceints de leur belle écharpe tricolore, répondent aux questions des deux ou trois journalistes dépêchés pour couvrir l’événement, puis prennent la pose pour une photo de groupe avec slogan. Ça chauffe. Vite sous les arbres! On palabre à l’ombre en attendant des nouvelles. Le directeur de l’établissement vient enfin au contact, écouter les doléances. Quelques syndicalistes l’interpellent sans ménagement. Avant de s’éclipser derrière une porte de verre et d’aluminium, il annonce que la déléguée rencontrera les élus et la presse. Temps suspendu. Soudain, en rangs d’oignon sortent les enfermés, d’un pas rapide qui dit qu’ils n’ont rien à dire. La chef, toute en esquive, donne cependant rendez-vous aux élus. Nous voilà sortant du bois, pour rejoindre une petite salle déjà trop chaude. Tour de table de présentation et patatrac: la porte s’ouvre avec éclat, les syndicalistes viennent de s’inviter au banquet. Quelques invectives et beaucoup de mauvaise foi plus tard, la déléguée quitte les lieux, elle n’aura pas dit un mot sur l’avenir du lycée de Moissac, renvoyant les indignés et les dépités à la déclaration qu’elle fera à la presse.

Elus et syndicats n’en reviennent pas: « C’est ça le dialogue social, quel mépris, quel manque de considération pour les représentant du territoire… » Mais rien n’y peut! x La dame entend rester maîtresse du jeu. Et la distribution des rôles, l’incapacité des uns et des autres à échapper à la posture n’ont pas permis, un fois de plus hélas, d’avancer sur le dossier du lycée agricole de Moissac. Les élus qui s’étaient joints au dernier moment à ce rassemblement syndical ne faisaient pas, à l’évidence, partie du scénario.

Ce fut donc la matinée des dupes. Tirons en les premiers enseignements. D’abord, l’arrogance de l’administration. Elle n’est pas tolérable. Elle doit aux élus les informations qui concernent les territoires dont ils ont la charge, tout comme aux syndicats avec lesquels elle doit reconstruire un véritable dialogue social. Mais soyons honnêtes, le sort d’un établissement scolaire ne se scelle pas dans une manifestation, il  suppose un travail de fond, et de longue haleine. En ce qui concerne le lycée de Moissac, on sait depuis longtemps les menaces qui pèsent sur lui. On sait qu’il accueille de moins en moins d’élèves, on sait que nombre d’agriculteurs, totalement absents ce matin à Capou, préfèrent mettre leur progéniture dans des établissements privés, qui répondent mieux à leurs attentes. On sait que notre LEPAH a besoin de proposer des formations nouvelles, qu’il a besoin de se mettre au goût du jour, d’intégrer les préoccupations sociétales actuelles comme le refus d’une agriculture chimique destructrice au premier chef des femmes et des hommes qui y travaillent. On sait qu’il a besoin d’un projet d’établissement ambitieux et novateur! C’est à ce prix qu’il pourra aller chercher des aides de la région. Et parler fort et bien aux administrations! Les élus ont dans cette affaire plus que leur mot à dire. A eux, à nous de prendre nos responsabilités. Carole Delga, la présidente de la région Occitanie ne dit pas autre chose quand elle estime que « nous devons collectivement trouver des solutions pour maintenir les formations professionnelles à Moissac ».

Le maire de Moissac veut mobiliser la Com-com, on en cherchait vainement ce matin les représentants, pour une nouvelle manifestation. Pourquoi pas! Mais l’urgence, s’il est encore temps, c’est de se mettre au travail avec le ministère, les personnels du LEPAH, la Région, pour donner à ce lycée des perspectives pérennes, en phase avec notre temps.

2 réflexions sur “LEPAH: changer de braquet!

  1. Bonsoir Monsieur Vallès,
    Il y avait deux conseillers régionaux, le second, Thierry Viallon (RN) avait une écharpe rouge aux couleurs de l’OCCITANIE, il ne pouvait donc pas être invisible à vos yeux…

    Bien cordialement
    Romain Lopez

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