Changer la vie


On devrait connaître d’ici demain, le nom du nouveau ministre de l’environnement, Nicolas Hulot ayant claqué la porte du gouvernement, l’autre matin, en direct sur France Inter. Victime d’une pétoire de chasse ! Le coup de trop pour ce ministre qui avait de moins en moins d’appétit pour le civet de couleuvres.

Un, une autre, feront-t-ils mieux pour la cause ?  Parviendront-ils à prendre le pas sur Travert, ce fameux ministre de l’agriculture qui en deux coups de canif au contrat environnemental est parvenu à se faire un nom et une réputation ?

En fait, la question n’est pas vraiment là, même si média et landernau politique gloseront jusqu’à plus soif sur la personnalité retenue. Il me semble que nous approchons collectivement de ce moment de notre histoire nationale et planétaire qui nous enjoint de choisir notre destin. Stop ou encore ! Poursuivre sur la même voie dont on mesure chaque jour les conséquences calamiteuses : réchauffement planétaire, perte de la biodiversité, altérations irréversibles de notre environnement ou bien revoir notre modèle de développement, interroger les paradigmes de notre croissance et consentir aux inévitables remises en cause que cela entraînera.

Depuis des lustres, l’humanité est persuadée que la croissance à tout prix est synonyme de progrès, d’amélioration des conditions de vie, d’augmentation même de l’espérance de vie. Et cela s’est vérifié dès l’avènement de la révolution industrielle qui a transformé radicalement le rapport de l’homme à son environnement, le rendant progressivement maître de la nature tel un Prométhée déchaîné. Le constat indéniable se transforma bien vite en dogme : le bonheur est dans la croissance. A quelques exceptions près, à quelques variantes près, libéraux, socialistes de toutes obédiences et marxistes orthodoxes entonnèrent ce même refrain et en firent un crédo partagé par toute la planète. Une fois le communisme terrassé,

le capitalisme mondialisé a encore poussé les feux faisant de la croissance un objectif planétaire en même temps que le générateur d’astronomiques profits pour les classes possédantes

Le hic c’est que notre orange bleue est un espace fini, aux ressources limitées, un écosystème global fragile alors qu’en dépit de tous les malheurs qu’elle a connus ou qu’elle s’est infligée, l’humanité ne cesse de croître et de prospérer aux dépens des autres espèces vivantes.  En ce début de XXI° siècle, croissance économique et croissance démographique se répondent, se challengent comme deux compétiteurs fous. La courbe de la population mondiale est plus qu’inquiétante et l’on se demande bien, même si certains démographes prédisent qu’elle se retournera dans quelques décennies, comment cette croissance exponentielle pourrait-elle s’arrêter? Au prix de quelle apocalypse ?

Mais foin de métaphysique, nous n’en sommes pas encore là !  Présentement, il nous faut ralentir la chaudière (c’est le cas de le dire) sauver ce qui reste de biodiversité, tenir en laisse notre rapacité naturelle et en même temps aider des continents entiers à prendre place au banquet. Il s’agit rien de moins que de repenser le désordre mondial. Où, comment, avec qui ? Vaste programme aurait dit le général De Gaulle !   Mais par quoi, par où commencer ? Comment protéger la planète, alors qu’une grande partie de l’humanité aspire à améliorer son sort, comment réduire les inégalités et ne pas paupériser les classes moyennes? Bien malin celui ou celle qui aujourd’hui a La Réponse.

François Mitterrand voulait « changer la vie ». Le slogan est aujourd’hui d’une criante actualité. Il s’agit bien en effet de changer la vie, en profondeur, radicalement. Le sujet touche à l’essentiel, au devenir de l’espèce. Il y faut plus que l’engagement des politiques, plus que les décisions ministérielles, plus bien sûr que les stériles polémiques idéologiques dont l’actualité nous apprend chaque jour l’inanité. Il n’y aura pas de changement profond sans l’implication active, quotidienne des populations, des citoyens que nous sommes. Le discours, la dénonciation ne sauraient nous exonérer de nos responsabilités individuelles et/ou collectives.

 

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