Pour un nouveau contrat social


E. Macron a parlé devant 23 millions de téléspectateurs. Il a fait amende honorable, déclaré l’état d’urgence économique et sociale, annoncé pour les plus dans la panade, des mesures sonnantes et trébuchantes comme jamais depuis 1968. Heures supplémentaires et primes totalement déchargées et défiscalisées :  tout bénef pour les bénéficiaires et pas de charge supplémentaire pour les entreprises ! Il a annoncé pour les bas salaires et pas seulement pour ceux qui sont calés sur le SMIC, 100 euros de plus sur la feuille de paye dès l’année prochaine. En fait, rajoutés aux baisses de charges salariales déjà effectives depuis octobre, et à la revalorisation annuelle du SMIC, cela représente plus de 130 euros nets et par mois une hausse de 11% des rémunérations,  pour des millions de salariés, sans qu’il en coûte une fois encore aux petites entreprises ! Les banques viennent d’accepter de geler leurs tarifs et de plafonner à 25 euros les pénalités sur les découverts. Les grandes entreprises, les patrons qui se sont domiciliés à l’étranger pour échapper à l’impôt vont devoir renoncer à ces défiscalisations, légales mais intolérables alors que les petits, la classe moyenne surtout, assument une bonne part de la solidarité nationale.

Les retraités, qui à bon droit n’avaient pas digéré la hausse de la CSG, vont récupérer un peu de pouvoir d’achat. Désormais, tous les retraités dont la pension n’excède pas 2000 euros par mois, sont exonérés de cette hausse. Nous avons dit, ici et ailleurs, combien cette décision était injuste et discriminatoire pour ne pas en rajouter.

Pour des états généraux citoyens

Mais le Président a bien compris qu’il ne suffisait pas de desserrer le cordon de la bourse pour apaiser cette révolte. Il a confirmé l’ouverture d’une vaste et profonde consultation du pays, au plan national avec les corps constitués, les syndicats, les associations, mais aussi dans les territoires. Pour cela, il entend mobiliser les maires qu’il rencontrera région par région et lancer sous leur houlette des sortes d’état généraux, associant tous les citoyens de bonne volonté. Loi électorale, proportionnelle, vote blanc, services publics et territoires, environnement, identité de la nation, vie quotidienne, fiscalité… j’en oublie… mais tous les thèmes sont désormais sur la table. Nous avons, tous ensemble, l’expression est plus que jamais d’actualité, à repenser notre contrat social, à imaginer comment mieux faire société.

Maurice Thorez, ancien secrétaire général du Parti communiste avait dit : « il faut savoir arrêter une grève » A fortiori un mouvement,  fut-il jaune ! C’est difficile, mais le gouvernement a mis suffisamment de choses sur la table pour que puisse s’ouvrir la discussion, sereinement, sans arrières pensées complotistes, dans le respect de notre vivre ensemble républicain.

PS : je lis et j’entends que certains s’inquiètent du financement de ces mesures. 12 milliards d’euros au bas mot ! Comme il n’est pas question de remettre des impôts ou des taxes, il y a effectivement trois pistes possibles. Les économies sur le train de vie de l’état, mais il faudra que chacun s’accorde sur les coupes. Le déficit budgétaire qui va grimper d’un seul coup à 3,5%. Pas très grave aujourd’hui… mais demain ? La reprise d’une bonne croissance. Mais pour 2019, les économistes ne sont pas très optimistes, alors que l’économie nationale pâtit déjà sérieusement de cette crise. Sans parler de l’image de notre pays, en Europe et dans le monde.

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.