Golfech tire des plans sur l’avenir


La centrale nucléaire de Golfech a encore de beaux jours devant elle. Par l’intermédiaire de la SAFER (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), elle cherche à acquérir autour de ses emprises actuelles des dizaines d’hectares de terrain. Une première réunion d’information avec la population de Golfech a eu lieu en septembre dernier. La communauté de communes des Deux Rives doit début avril faire un point sur les procédures en cours. Il semble que l’offre d’achat d’EDF concernerait essentiellement un propriétaire dont les terres jouxtent la centrale.

Dès lors, on entend de loin la rumeur qui va bon train sur les bords de Garonne : « il va y avoir une troisième cheminée », traduisez un troisième réacteur sur ce site qui en compte deux de 1300 MW, d’autres parlent d’un site de stockage et j’en passe de plus farfelues. Il est vrai que tout ce qui touche au nucléaire est sensible, tout en aiguisant les appétits. Le projet Golfech avait soulevé de nombreuses oppositions, y compris au sein de la population locale. Mais, la Centrale fait depuis sa mise en service en 1994, le bonheur d’un territoire exposé à de juteuses retombées … financières.

Comme à son habitude EDF reste discrète sur sa démarche, déléguée à un organisme bien connu dans le monde agricole, et sur ses intentions industrielles, se retranchant derrière la loi de programmation de l’énergie (PPE) présentée en novembre 2018. « Nous suivons les orientations que nous donne notre actionnaire » explique un des responsables de la Centrale qui admet cependant qu’un industriel comme EDF est obligé de se projeter sur l’avenir. En fait, toutes les options semblent sur la table. Par exemple le grand carénage. C’est une très lourde opération, dont le principe a été posé en 2008, qui consiste à arrêter la production et à changer les gros composants, comme les turbines, les générateurs de vapeur, ou les transformateurs. Seules les cuves, trop radioactives, ne sont pas touchées. Ce grand mécano vise à prolonger la vie de certaines centrales. Prévues pour fonctionner une quarantaine d’année, elles peuvent ainsi, au prix de vérifications drastiques de l’ASN l’Autorité de sureté nucléaire, gagner 10 à 20 ans de vie. Ces opérations pour lesquelles une enveloppe nationale de quelque 55 milliards a été dégagée jusqu’en 2025 ont besoin d’espace, donc de terrains.

Mais pour ce qui concerne Golfech, le service de presse d’EDF reste évasif. Pour produire de l’électricité décarbonnée, plusieurs solutions sont possibles. Il y a bien sûr le photovoltaïque, l’option choisie par la Centrale du Blayais en Gironde. Il peut aussi y avoir l’option nucléaire, avec l’installation d’un EPR « adapté ». Carénage, EPR, photovoltaïque, toutes les hypothèses sont soumises à l’acquisition des terrains, puis aux procédures de consultation, qui, on le sait, sont longues et contradictoires. On parle donc là d’objectifs industriels de moyen terme. De quoi rassurer Golfech et son territoire sur l’avenir et peut-être réveiller quelques velléités contestataires.

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