Nathalie et le désir d’ Europe


Faut-il en rire ou en pleurer ? Entre les deux je me balance. Parlons un instant de Nathalie Loiseau, porte-drapeau de LREM aux élections européennes. On l’avait vue un peu perdue lors du débat sur France2 face aux 11 autres candidats dont il faut bien dire qu’une bonne partie d’entre eux était logée à la même enseigne.  On l’avait senti en délicatesse avec son sujet au cours du long entretien qu’elle avait donné à France Inter… La voilà maintenant prise dans les rets du mensonge par omission. Médiapart vient de révéler qu’elle fut candidate aux élections de Sciences Po pour le compte d’un syndicat étudiant d’extrême droite, l’Union des droites, émanation du GUD (Groupe union défense, fondé en 1968 par Alain Robert, par Gérard Longuet qui, président du Parti Républicain, eut ensuite une belle carrière ministérielle et par quelques autres spécialistes des arguments frappants).

Pour quelqu’un qui se veut le chevalier blanc et mène campagne contre les fascismes résurgents et les populismes de tout poil, ce rappel soudain à une histoire vieille de plus de trente ans, est aussi insupportable qu’un reflux gastrique. Quoi, elle aussi en était ? Et oui et le plus fort, c’est qu’elle ne s’en souvenait plus ! Alors là, je veux bien tout, mais pas le coup de l’amnésie ! Nous avons tous, à moins d’être gravement malades, souvenir de nos premiers amours comme de nos premiers engagements. Ils furent plus ou moins glorieux et les contempteurs d’Edwy Plenel se plaisent à rappeler à l’envie qu’il fut, comme Lionel Jospin, un militant trotskyste. Ce jeu de miroir qui procède d’un relativisme paresseux fait l’économie de l’étude de ces mouvements. L’extrême droite n’est pas le pendant de l’extrême gauche et leurs valeurs, leurs projets politiques ne furent, et ne sont pas symétriques. Mais qu’importe, on ne réécrit pas l’histoire, pas plus son parcours personnel.

Du coup, pour se rattraper aux branches, N. Loiseau invoque une erreur de jeunesse, un égarement, une absence de curiosité. Diable ! Quatrième année de Sciences Po, préparation au concours de l’ENA… quand on en est là, ce genre d’étourderie ne saurait avoir cours. Il ne faut pas prendre le bon peuple pour plus bête qu’il est. Du rire (jaune ???), les citoyens pourraient bien passer à la colère. Il ne reste donc plus à N. Loiseau qu’à assumer, sans répentir, bravachement et peut être à prier Notre Dame que sous la cendre de l’histoire, ne couvent pas de nouvelles braises.

A un mois des élections, la campagne des Européennes est encalminée, comme si tous les partis n’avaient rien à proposer, sinon quelques vagues slogans, enrubannés des traditionnels anathèmes. Les citoyens, déjà déroutés par le feuilleton du brexit, attendent mieux que ce guignol’s band. Ils veulent des propositions concrètes, des perspectives où inscrire l’avenir de leurs enfants. Ils veulent du sérieux, du crédible. Nathalie, il y a mieux à faire qu’à ferrailler du matin au soir avec vos anciens compagnons, il faut tracer la route, faire aimer cette Europe qui peut, à condition qu’elle s’en donne les voies et les moyens, devenir la désirée de nos peuples et faire la leçon aux USA et à la Chine sur l’avenir de la planète bleue. Cela pourrait s’appeler l’Europe des lumières.

 

 

 

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