Il y a urgence!


Pas la grande foule au chevet de l’hôpital de Moissac. Le Comité de défense, le Comité des usagers, les syndicats des personnels hospitaliers avaient pourtant appelé à ce rassemblement pour dénoncer la situation du CHIC et obliger la direction à prendre des mesures. Pas d’ORL, pas de chirurgien viscéral, des services débordés, notamment aux urgences, l’hôpital manque cruellement de personnels et donc a de plus en plus de mal à faire face à la demande grandissante et vieillissante d’un bassin de population de plus de 40000 personnes.

Cette situation inquiète, au premier chef les élus. Le maire de Castelsarrasin, Jean Philippe Béziers, très actif sur ce dossier, avait fait le déplacement. Présents également, nous étions cinq conseillers municipaux de Moissac. Et chacun s’interroge! Que fait la direction? Est-elle aux ordres de l’ARS (lAgence régionale de santé) que certains soupçonnent de vouloir étrangler l’hôpital de Moissac. Et Montauban, quel est son rôle dans cette mauvaise pièce? Le projet de grand hôpital départemental à Bressol ajoute à la confusion des esprits. Avec le temps, le scénario noir fait son chemin, notamment chez les personnels.

A l’issue de la énième entrevue avec le directeur, force est de constater que le discours reste le même. L’administration proteste de sa bonne foi et argue que si les postes demeurent vacants, c’est faute de candidats. Les syndicats estiment pour leur part que la direction ne fait rien pour susciter des vocations. Dialogue de sourds!

Cette paix armée ne pourra durer très longtemps encore. Il faudra bien que dans cette affaire, chacun prenne ses responsabilités. Il y va de la capacité à soigner correctement les malades et des conditions de travail des hospitaliers, notamment chez les infirmiers et les aides soignants. Moissac cumule. Et les urgences, ici comme partout en France,  dont les difficultés remontent à plusieurs années, sont prises dans la tourmente.  Le gouvernement qui a mis plus de 500 millions sur la table pour faire face aux nécessités de l’heure, s’est attelé à un vaste et délicat projet de refonte de l’hôpital. C’est, au regard de la couverture médicale des territoires, les fameux déserts, une absolue nécessité. Raison de plus pour que Moissac ne soit pas abandonné à son triste sort.

Pour une banale consultation, une famille récemment installée à Castelsarrasin n’a pas eu d’autre choix que de conduire son enfant de deux ans aux urgences. Aucun médecin libéral n’avait accepté de l’ajouter à sa clientèle. L’anecdote est cuisante, mais courante. La qualité des soins aux urgences passe aussi par la restauration d’une médecine de ville disponible et suffisamment nombreuse pour assurer le suivi médical des familles et désengorger du coup le service.  Ne demandons pas l’impossible à l’hôpital!

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