Europe: quoi de neuf?


J’écoutais sur France Inter Jean Louis Bourlanges, ex député européen MODEM, et actuellement député des Hauts de Seine. Son propos, sur l’Europe m’a laissé dubitatif. Je comprends parfaitement qu’il plaide, avec talent d’ailleurs, pour les députés européens, valorisant leur rôle, en faisant des acteurs majeurs des institutions de Bruxelles. Mais le système qu’il a décrit, son fonctionnement ont de quoi en rebuter plus d’un. Tout ne serait que tractations de coulisses. Les shadow cabinets, les cabinets fantômes, seraient à la manœuvre permanente. Les majorités ne seraient que des constructions éphémères, dépendant plus des personnalités, de leur entregent, des egos que des programmes et des engagements théoriquement contractés devant les électeurs. Il reste à vérifier l’étendue du problème, mais pour le coup cela fait penser à la Rome républicaine -on sait que tous les chemins y mènent-  il y a deux mille cinq cents ans, quand le Sénat votait « per discessionem », chaque sénateur étant appelé, pour manifester son vote à rejoindre physiquement le groupe des « pour » ou des « contre ».

Il me paraît bien singulier que des élus anciens ou nouveaux se satisfassent d’un fonctionnement dont la transparence n’est pas la première des vertus. Et pour le coup, la Commission, tant décriée au cours de la dernière campagne, n’y est pour rien. De fait, les citoyens que nous sommes y ont depuis longtemps perdu leur latin. Les confidences, les copinages, les tractations, les pas de deux qu’on observe en ce moment dans les couloirs de Strasbourg ou de Bruxelles, ajoutent à l’imbroglio idéologique et programmatique que nous donnent à voir nos élus. La presse qui n’est pas en reste, observe ce jeu de dominos avec gourmandise. Elle y ajoute son petit venin, à preuve la pitoyable mésaventure de Nathalie Loiseau. Devant un parterre de journalistes accrédités, elle s’est crue autorisée à parler librement, c’est à dire en « off ». Mal lui en prit, un journal belge, certainement bien intentionné, a immédiatement vendu la mèche, autorisant du même coup les autres publications à faire état de ses propos. Nathalie venait de se brûler les ailes ! Adieu la présidence du groupe centriste !

Comme dirait J.L. Bourlanges, l’apprentissage est dur pour la génération champignon des élus LRM. Pourtant ne jetons pas la pierre à Loiseau. Elle a dit ce que d’autres par veulerie ou opportunisme taisent depuis longtemps. A sa manière elle est venue bousculer, un instant seulement, l’ordre compassé d’une institution qui se protège, dont les membres, fonctionnaires et élus, procèdent comme dans les ordres religieux : laver son linge sale en famille, jamais sur la place publique.

Morale de l’histoire : le changement, ce n’est pas pour demain dans cette enceinte qui n’en revient pas d’avoir échappé à la vague populiste. Pourquoi donc vouloir bousculer un si bel ordonnancement ? Après tout,  les mœurs y sont plus policées qu’à Rome, puisque petites et grandes perfidies ne s’y lavent pas dans le sang.

 

Une réflexion sur “Europe: quoi de neuf?

  1. Eh oui, alors à l’heure ou la gente populaire se demande à hue et à dia pourquoi elle vote, la question n’a pas finie de rester en suspend.

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