La santé n’a pas de prix…


Comme à l’accoutumée, Plantu, d’un coup de crayon expert, pose le problème. La grogne aux urgences ne faiblit pas. La grève des personnels se poursuit. Un rassemblement national est même prévu en septembre. A Moissac, les personnels demeurent dans le mouvement et réclament toujours des mesures sur les effectifs, les salaires, les conditions de travail en général.

Au regard de leur tâche et du service rendu à la population, les urgentistes ont parfaitement raison. Ils posent la question de leur utilité sociale. De premier plan bien sûr ! Et quand on compare leurs salaires avec ceux de professionnels du sport ou de certains amuseurs publics, on se dit que notre société, à force de se refuser à faire des choix, se donne de bien étranges priorités. On pourrait d’ailleurs s’interroger pareillement sur l’éducation nationale dont le statut social s’est fortement dégradé depuis quelques décennies.

Cela dit, les urgences dans les hôpitaux ne peuvent à elles seules répondre aux besoins de la population. Elles ont été créées pour donner une réponse médicale aussi rapide que possible à des accidents de la route ou de la vie, à des crises aiguës dans certaines pathologies, ou à des situations de stress… Elles n’ont pas vocation à assurer les consultations, les examens médicaux qui relèvent de la prévention ou du suivi régulier des malades. En fait, depuis des années, on leur demande de se substituer à la médecine libérale, de remplacer le fameux médecin de famille qui naguère encore, disponible et dévoué, savait répondre au premier appel, ouvrir son cabinet au premier venu. Il y avait quelque chose du sacerdoce chez ces médecins qui à l’occasion pouvaient se faire conseillers en affaires familiales, psychologues, voire même confesseurs.

Les temps modernes ont rompu le pacte. Des territoires entiers ont perdu leurs médecins, partis à la retraite ou vers d’autres opportunités. Le désert médical progresse inexorablement. Les rescapés de cet exode intérieur croulent sous la demande et refusent de nouveaux patients. Direction l’hôpital ! Thrombose ! Dès lors, c’est tout le système de soins qui claudique. On peut certes comprendre les aspirations des médecins libéraux à une vie moins contrainte. Il faut alors tout repenser. Le numérus clausus bien sûr ! Heureusement c’est déjà acté. Mais au-delà, les droits et les devoirs des médecins libéraux. Et surtout l’organisation des soins sur un territoire donné, la place de l’hôpital, la création de structures collectives, pluridisciplinaires (maisons, centres de santé…) Il faut aussi responsabiliser patients et malades. Les remettre dans le jeu si j’ose dire. L’accès aux soins ne peut être réduit à un acte de consommation ordinaire. Il suppose l’intégration dans un parcours de santé, avec ses contraintes, ses passages obligés. De quoi remettre les services d’urgences à leur vraie place, et leur redonner à moindre frais l’oxygène dont elles ont besoin. Il faudra à Moissac, comme ailleurs, se mettre sérieusement à y travailler. Parce que si la santé n’a pas de prix, elle a un coût!

Une réflexion sur “La santé n’a pas de prix…

  1. Tout à fait d’accord ! Sur le fait de responsabiliser patients et malades, juste un petit bémol : quand on est malade, la souffrance et le malaise impliquent une réactivité de la part du corps médical. C’est un devoir ! Et un droit pour les patients !! On a juste tendance à l’oublier. Il ne peut pas y avoir d’attente dans la souffrance. Il faut donc que le soin soit rapide et adapté, ce qui n’est pas du tout le cas aujourd’hui. Parfois pour des questions de rentabilité. Au delà du manque de moyens et de personnels qui est certain, on se retrouve trop souvent englué dans de véritables prisons administratives où le processus de soin est soumis à des protocoles qui ne sont plus du tout adaptés à l’humain et à la réalité des malades. C’est aussi pour cette raison que les urgences sont prises d’assaut…

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