Bouffer la droite


N’en déplaise au novice RN de la mairie, le temps des bouffeurs de curés n’est pas revenu. Il est vrai que le rétroviseur qui semble sa lunette d’affection n’est pas l’outil le meilleur pour appréhender le présent, encore moins le futur. Mais qu’importe, là n’est pas la question.

On peut s’esbaudir sur l’intelligence politique du huguenot Henri de Navarre, futur roi Henri IV décrétant que « Paris vaut bien une messe ». Et même applaudir à la perspective de voir Moissac, son abbatiale et sa messe du dimanche, consacrées par la télévision. Mais faut-il pour des raisons qui nous échappent, confiner une partie de la ville, interdire aux restaurateurs d’installer leurs terrasses et de dresser leurs tables avant la fin de l’angelus de midi ?

En cette année covidée qui a mis à mal l’économie du pays et singulièrement la restauration, on comprend mal cette obligation nouvelle, dans une ville comme Moissac où le tourisme constitue une appréciable ressource. Fallait-il rajouter encore aux difficultés du secteur ? Passons donc sur le peu de cas que le maire RN fait de l’économie moissagaise. Sauf à être un thuriféraire impénitent du personnage, il ne fallait pas s’attendre à mieux. Et les Moissagais auront hélas d’autres occasions de mesurer les inconséquences du novice de l’hôtel de ville. Mais là où ça devient franchement paillard, c’est quand le militant frontiste se laisse aller sur twitter, où il sévit avec constance. Ce dispositif, dit de sécurité, ce n’est pas lui. C’est la préfecture ! Courageux mais pas téméraire le bougre ! Et si on en est rendu là, c’est la faute aux socialistes (sic) qui « n’ont pas eu le courage de lutter contre le terrorisme ». Cet homme est maire de la ville, comment peut-il espérer après de telles déclarations, demeurer crédible ? Que valent ses discours, ses quelques promesses à l’aune d’une pareille ânerie ?

Moissac, pourquoi pas, vaut bien une messe, télévisée de surcroît. Et son maire, on le comprend, ne peut que s’en réjouir, lui qui a reçu l’onction de Marion Le Pen, égérie des cathos tradis. Faut pas chercher plus loin, tout à son projet de bouffer, non pas du curé, mais de la bonne vieille droite, il fait flèche de toute croix. Sa croisade : rassembler les droites sous sa bannière, élargir une assise politique qu’il sait incertaine et de pure circonstance. Mais il y a encore loin, très loin de l’eau à la bouche. Heureusement !

 

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