Moissac magazine


Plus que 14 photos de lui dans la dernière livraison de Moissac magazine : le maire de Moissac baisse pavillon. Mais le culte de la personnalité ne disparaît pas pour autant, il s’installe entre les lignes. Rares en effet sont les articles qui ne le mentionnent pas. Il voit tout, il est partout, il fait tout. A ce train-là, le conseil municipal a bien du mal à suivre et nombre d’élu-e-s sont déjà tombés dans les oubliettes. C’est sans importance, seuls survivront celles et ceux qui lui sont indispensables, au commerce par exemple, ou à la voirie. Car le maire est déjà en campagne, pour les départementales. 

Et le bulletin municipal lui sert de faire valoir. Vingt-six pages sur papier glacé pour raconter ses premiers mois à l’Hôtel de ville. Et un style qui s’impose, qui crève les yeux. Pas de discours inutiles : de gros, de très gros titres, bien gras, bien noirs, quelques lignes pour leur donner un peu de chair, et des photos, beaucoup de photos. On n’est pas loin de ce que les réseaux sociaux, dont il fait grand usage, délivrent à jets continus. On ne fait pas dans le détail, on ne s’embarrasse pas d’explications, on assène, on réduit l’information à quelques mots bien choisis.  Technique de la « punch line » ! Mettez-vous bien ça dans le crâne ! 

A qui s’adresse donc la prose du maire ? En priorité, à ses électeurs, qui tous n’ont pas un compte twitter ou instagram, et qui se satisfont de cette agit-prop bien calibrée.  A un lectorat moissagais aussi, qu’il imagine probablement âgé, mais aussi pressé, peu enclin à une lecture exigeante, vite égaré par les textes trop longs ou trop denses.  Nul besoin à ses yeux de se perdre en explications, de chercher à convaincre. Il s’adresse à des convaincus qui voient dans les gros caractères du texte la manifestation d’une volonté et d’une détermination.

Car le maire déroule ainsi page après page les lignes de force de son programme. D’abord et surtout, la sécurité, sous toutes ses formes. Elle est sanitaire, Covid oblige. L’hôpital, dont il a été élu président du Conseil de surveillance et le projet de maison de santé lui donnent l’occasion de faire la leçon aux différents responsables, sans oublier d’égratigner au passage les anciens élus qui « n’ont pas su défendre (leurs) projets ». Le voilà dans son emploi favori qui fait tant plaisir à la galerie. Et puis, pas de sécurité sans policiers, il annonce l’embauche de nouveaux agents pour renforcer la surveillance et multiplier les patrouilles. A l’en croire, Moissac ne serait pas non plus à l’abri d’un attentat terroriste. Diable ! Du coup, photo à l’appui, il interpelle par courrier le préfet et se dit prêt à débusquer les fichés « S » résidant sur la commune. Zorro est arrivé !

Le reste du magazine est sans surprise et l’avenant, avec l’annonce de quelques travaux d’aménagement, un coup de rétroviseur sur les événements culturels passés et une attention particulière au commerce et aux commerçants. En cette période difficile, le maire les soutient, c’est bien le moins, affirmant ne pas vouloir « faire le jeu des multinationales de la vente en ligne ». Voilà qu’il pose façon insoumis ! Ça ne peut pas faire de mal, le Rassemblement national, à l’instar de ses prédécesseurs dans l’histoire, est un as du bonneteau idéologique.

On y reviendra. En attendant, bonnes fêtes à tous et prenez soin de vous et des autres.





3 réflexions sur “Moissac magazine

    • Je suis Partout .
      Débutée en 1932 et s’achevant à l’été 1944 , cette aventure de presse a évolué d’un nationalisme germanophobe et maurrassien à une foi national-socialiste à la française, plaçant ses espoirs en l’Allemagne et la Nouvelle Europe.
      Des noms prestigieux étaient les clefs de voûte de ce journal : Brasillach , Rebatet , Cousteau ,Gaxotte . Blond ,Drieu La Rochelle ,Montherland , Perret , Fraigneau, Bonnard , Maulnier , et LF Céline .. un vrai nids de talents .

      Quel rapport avec Moissac Magazine et le Maire de Moissac. ? Hormis le talent qui a permis son élection haut la main .

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      • Merci de rappeler à mes lecteurs ce que fut « je suis partout ». Mais le talent littéraire n’excuse pas l’infamie et l’ignominie de leurs propos. On peut être brillant et un salaud. Le maire de Moissac qui semble avoir de la sympathie pour les négationnistes (cf ses tweets nombreux sur le sujet) n’est, je vous le concède, ni l’un, ni même tout à fait l’autre.

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