Allo docteur bobo!


Ne cherchez pas un médecin en Tarn et Garonne, il n’y en a plus ! Médecins des villes ou médecins des champs, ils ne veulent plus de clients ! Il serait plus juste de dire qu’ils refusent tous les nouveaux patients, tous les nouveaux venus, tous les imprudents, tous ceux qui un triste jour apprennent que la retraite, la maladie, quand ce n’est pas la mort, vient de leur enlever leur toubib de famille. C’est un ami montalbanais qui en a fait la douloureuse expérience. Le voilà sans médecin traitant, désespéré de trouver un cabinet compatissant. Obligé de se présenter aux urgences de l’hôpital pour obtenir une simple ordonnance de soins! Mais si cela peut le consoler, il n’est pas le seul. Ils seraient près de 2000 montalbanais à la recherche d’un médecin référent.

C’est un jeune couple de Castelsarrasinois dont le bébé ne semble pas au mieux de sa forme, et qui n’a d’autres solutions que de courir à l’hôpital de Moissac pour faire examiner leur petit rejeton. Installés depuis plus d’un an dans le coin, ces jeunes parents n’avaient pas trouvé de médecins prêts à les accepter dans leur patientèle. On pourrait multiplier les histoires, les exemples qui tous montrent que ce département a un gros problème avec sa médecine de ville. A Moissac, où le phénomène a commencé il y a déjà quelques années, deux ou trois toubibs s’apprêtent à raccrocher le stéthoscope. Et pas de jeunes en vue pour les remplacer !

Les maisons de santé censées attirer les jeunes diplômés de la faculté de médecine demeurent le plus souvent, comme à Saint Nicolas de la Grave, des coquilles à moitié vides. Les élus y voyaient une panacée. Raté ! En attendant, et ce n’est pas la première fois que cette question est ici évoquée, le désert médical avance, il grignote peu à peu les autres secteurs du soin aux personnes. C’est en cette veille ou avant-veille d’élections départementales l’un des gros dossiers que bien peu ne veulent ouvrir. Et pourtant, il est pour nos concitoyens de la première importance. On peut, dans nos territoires, se passer d’un centre des impôts. Pas d’un médecin, d’un dentiste, d’une infirmière ! Il est des priorités qui ne souffrent pas le débat. Et pourtant la classe politique préfère s’écharper sur le projet d’un nouvel hôpital à Montauban, quand l’ancien, vétuste et inadapté, craque de toute part. 

Il faut que chacun en soit bien conscient, ne pas construire l’hôpital de Montauban ne donnera pas plus d’allant à celui de Moissac ou de Valence d’Agen. Bien au contraire. Personne, et surtout pas les citoyens de ce département, ne gagnera à opposer l’un à l’autre. La santé, ce n’est pas la concurrence entre établissements, entre public et privé, c’est la complémentarité, d’autant que tous sont quelque part tributaires de la caisse d’assurance maladie. C’est bien pourquoi, l’urgence est de convoquer toutes les parties prenantes à ce dossier, afin de trouver les voies et les moyens pour répondre à la crise qui s’annonce. Des états généraux départementaux de la santé et du soin pour un plan, un vrai ! Ce n’est pas l’argent qui manque le plus, c’est la volonté.  Il est temps pour les élus, futurs ou actuels,  de risquer l’escapade hors de leur zone de confort intellectuel, d’oser innover, expérimenter sans attendre qu’une loi leur octroie la compétence santé ! 

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