Laurent-Véla : une force de propositions


Le duo Séverine Laurent et Ignace Véla est candidat aux élections départementales sur le canton de Moissac avec leurs suppléants Nabila Cacouch et Jules Duffaut. Extraits de l’ITW qu’ils ont donné au « Petit Journal ».

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3 listes face au RN… Pourquoi ?

C’est mieux qu’en 1992 ou 2001 : il y avait alors sept, huit candidatures divisées. C’est la première fois qu’il y a aussi peu de listes au premier tour. C’est peut-être un signe d’apaisement de la vie politique du canton. Les résultats des élections municipales moissagaises ont été clairs : rejet des anciennes équipes, fort besoin de renouvellem ent. On a vite compris qu’une entente était nécessaire, qu’il nous fallait rassembler autant que possible et ne pas reproduire les erreurs du passé si l’on voulait agir concrètement. Et puis nous nous sommes découvert des complémentarités.

OK, mais les deux autres binômes ?

Pour se réunir, il faut partager les mêmes valeurs et les mêmes orientations politiques et être capable de dépasser les égos et les arrières pensées. Certains ne partagent pas nos analyses à propos de la nécessité de l’entente et du renouvellement et ont préféré jouer leurs propres cartes. Leurs raisons sont assez claires.

 Vous critiquez la gestion du département, quid de Christian Astruc ?

Rien de personnel. Christian Astruc a dirigé le département en gestionnaire tranquille, en comptable. C’est loin de répondre aux attentes des Tarn-et-Garonnais. La majorité actuelle a montré qu’elle manque d’idées, d’audace et d’ambition pour le département. Peu de démarches de recherche de financement ont été engagées pour bâtir de grands projets et c’est bien regrettable. Par ailleurs son action n’a pas profité de manière égale à tous les cantons, Le canton de Moissac a souvent été oublié. Je ne comprends toujours pas pourquoi la D7 qui passe devant l’école de Mathaly n’a pas été sécurisée, pourquoi nous ne disposons pas de belles entrées de ville comme à Castelsarrasin. Les falaises longeant la D101 sur la route des vergers vers Lizac s’effritent dangereusement depuis des années. Il y a beaucoup à faire pour notre canton.

Baylet ferait-il un bon président ? 

A ce stade on ne sait pas qui sera candidat lors du troisième tour pour l’élection du Président. Nous voterons pour une présidente ou un président qui s’engagera à porter nos projets. L’important pour l’instant c’est le premier tour, c’est d’obtenir la confiance des électeurs de notre canton. Mais il est clair que Monsieur Baylet n’est pas l’avenir du Tarn et Garonne.

On dit que l’hôpital de Moissac est menacé ?

Cela fait trente ans que l’on s’inquiète pour notre hôpital. Rappelons que dans les années passées la mobilisation des élus, du comité de défense et de la population du secteur a permis de maintenir les services essentiels et notamment la modernisation des urgences. Aujourd’hui, on constate que plus personne dans ces instances ne se parle vraiment. Le premier travail à engager c’est que les parties prenantes dans ce dossier (ARS, administration, conseil de surveillance, comité de défense, syndicats) retrouvent le sens du dialogue. Nous y travaillerons.

Mais nous sommes aussi particulièrement préoccupés par le désert médical qui fait qu’aujourd’hui on a les pires difficultés pour trouver un médecin généraliste à côté de chez soi. C’est pourquoi il apparaît de plus en plus nécessaire de réaliser un diagnostic départemental de la situation avec l’ARS et tous les acteurs du système de soin. Ce diagnostic, sorte d’Etats généraux de la santé, doit permettre de trouver les voies et les moyens pour répondre aux besoins de la population.  Certains départements payent les études d’étudiants en médecine en échange d’un temps équivalent d’exercice sur leur territoire. Pourquoi pas le Tarn-et-Garonne ?

Pauvreté, problèmes sociaux, que peut faire le département ?

Sur les 374 millions d’Euros de budget du département, plus de 30 millions d’Euros sont dédiés au RSA, plus de 40 millions sont destinés à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie. On sort difficilement de la spirale de la précarité ou de l’isolement sans accompagnement. Dans notre canton en particulier, il faut renforcer, former et spécialiser les structures d’assistance et de contrôle. Par ailleurs ne nous y trompons pas, la lutte contre la pauvreté passe par le développement économique. Il faut développer l’emploi local, la formation professionnelle, la mobilité en synergie avec la région. Y compris la mobilité numérique ce qui suppose l’achèvement complet du plan fibre et la mise en place d’un plan de formation pour les utilisateurs potentiels. Il faut renforcer les liens et définir des objectifs avec Pole emploi et la chambre des métiers, la Chambre de Commerce et d’Industrie et la Chambre d’Agriculture pour répondre aux besoins de main d’œuvre de nos artisans, de nos PME et de nos agriculteurs.

Y a-t-il un problème avec l’obligation scolaire ?

Cela concerne principalement les enfants issus de familles de travailleurs saisonniers étrangers. Avant la répression, il faut la prévention.  Les enseignants sont les premiers concernés mais le dialogue est difficile avec ces familles qui ne parlent pas français. Une des priorités sera de créer des postes de médiateurs départementaux bilingues pour favoriser le dialogue entre les enseignants et les familles.

Et les fraudes aux aides sociales, RSA, allocations familiales et autres…

En 2017 plus de 150 000 allocataires ont été contrôlés par la CAF dans le Tarn-et-Garonne. 234 personnes ont été épinglées pour fraude et ont dû rembourser près d’un million d’Euros. En revanche, durant ces mêmes contrôles la CAF a identifié que près de 500 personnes ne bénéficiaient pas des aides auxquelles elles avaient droit. On peut en conclure qu’il y a plus de personnes qui ne bénéficient pas de leurs droits que de personnes qui fraudent. Il faut mettre en place un dispositif pour que ces personnes accèdent à leurs droits sans difficulté. Dans le même temps, il faut bien entendu renforcer les contrôles pour que la fraude diminue.

Les Bulgares, un problème ou une solution ?

Le Tarn-et-Garonne a besoin de 22 à 24 000 travailleurs saisonniers par an, autant dire que sans eux c’est toute notre économie qui s’écroule ! L’espace des Saisonniers qui réunit Le Département, la Chambre d’Agriculture ainsi que toutes les organisations liées à l’emploi agricole doit devenir un outil opérationnel susceptible d’accompagner nos agriculteurs dans leur recherche de main d’œuvre. Cette structure doit veiller aux conditions d’accueil, de logement, de répartition des travailleurs sur l’ensemble du département. Au-delà de ce dispositif que l’on souhaite fortement développer et accompagner, il faut revaloriser l’emploi agricole et en améliorer l’image.

 Faut-il aider davantage les agriculteurs et comment ?

Beaucoup d’agriculteurs n’ont pas les moyens d’assurer leurs cultures contre le gel ou la sécheresse et il est naturel que le département leur vienne en aide pour faire face aux aléas climatiques. Ensuite, il est urgent que le Tarn-et-Garonne investisse dans l’avenir. Les changements climatiques sont une réalité et avec les professionnels nous voulons développer les organismes de recherche agricole ainsi que la robotisation. Cette politique volontariste répondrait à plusieurs préoccupations : disposer de variétés qui s’adaptent aux changements climatiques et qui sont résistantes aux maladies ce qui permettrait de réduire les traitements,  d’accueillir sur le territoire des emplois qualifiés et bien sûr de nous positionner leaders dans ce secteur de recherche et de développement agro-économique. Des financements existent pour monter ce type de projet ambitieux, notamment auprès du Conseil de l’Europe.

Le tourisme, un atout ?

Tourisme, commerce, artisanat et culture sont intimement liés. Pour attirer et fidéliser les touristes il faut offrir des services et produits qui correspondent aux attentes des gens : des lieux d’accueils sympathiques, des loisirs culturels et sportifs accessibles et agréables, des offres diversifiées. Les touristes sont en quête de parcours à thèmes où la gastronomie, y compris étoilée devrait tenir toute sa place. Pourquoi ne pas créer par exemple, un chemin de découverte autour des arts culinaires qui partirait de Belleperche jusqu’à Négrepelisse en passant par Castelsarrasin avec le Centre Firmin Bouisset. Il faut aussi recréer une Grande fête des fruits à Moissac qui mettrait en valeur l’excellence de notre terroir. Il y a 30 ans Moissac était l’une des villes les plus visitées de Midi-Pyrénées. Aujourd’hui les gens y restent moins d’une demi-journée. Nous avons un problème d’image qu’il faut redorer. Il faut mettre en valeur les sites remarquables et naturels ainsi que le bien vivre dans notre département. Il faut refaire du canton la porte d’entrée du tourisme en Tarn-et-Garonne.

Contacts : www.laurent-vela.fr    Facebook : Terroir Innovation

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