Départementales : au pays des faux semblants


Si Moissac s’enfonce toujours un peu plus dans la béatitude frontiste, le reste du département a connu avec ce second tour quelques subtils changements dans l’équilibre des forces. Ne nous y trompons pas, si 12 nouveaux élus, sur 30 font leur entrée dans le Conseil départemental, ils ne représentent pas un renouvellement en profondeur de l’exécutif départemental. Pour une raison simple qui tient au système des binômes. Rares sont les cantons où le binôme gagnant est totalement nouveau. Pour faire une image d’actualité, l’ossature des équipes demeure, et s’adjoignent ici ou là quelques figures du petit monde politique local. En gros, pour reprendre la célébrissime expression du prince de Lampédusa dans le Guépard : « il faut que tout change pour que rien ne change ».

On retiendra bien sûr, parce qu’elle est emblématique, la nette victoire de la députée socialiste Valérie Rabault qui prend le scalp du sénateur, François Bonhomme. La belle victoire aussi de Jean Philippe Bésiers à Castelsarrasin face à une coalition droite-RN ce qui le met en position pour la suite des opérations. Christian Astruc, le président sortant, et son binôme Marie Josée Mauriège sont facilement élus dans leur canton de Lomagne-Brulhois. A Beaumont de Lomagne, le sortant, Jean Luc Deprince et Anne Lus gagnent avec 19 petites voix d’avance sur leurs adversaires et sauvent ainsi ce canton qui restera dans l’escarcelle de Jean Michel Baylet. De son côté, le maire de Valence d’Agen se sort facilement d’une élection qui l’opposait au RN. A Montauban, canton un, Ghislain Descazeaux et Liliane Morvan, DVG car en rupture de banc avec le PS, conservent leur siège grâce à un bon bilan de mandat et une campagne dynamique.

Depuis hier soir, le petit monde politique tarn-et-garonnais est en ébullition, car encore une fois, rien n’est clair pour la suite, la présidence du département. Dans toutes les écuries on pèse et pèse encore le rapport des forces on fait le tour des amitiés, des inimitiés, des détestations, on se jauge, on s’évalue, on négocie à mots plus ou moins couverts. Dans ce département qu’on dit radical depuis la nuit des temps, les évidences n’en sont pas. Avec 16 élus sur 30, la nébuleuse de gauche devance la droite qui revendique, toutes tendances confondues, 12 sièges. Le RN de son coté en obtient deux. Mais cette arithmétique est trompeuse. Comme en 2015, l’élection du président ou de la présidente risque de donner un troisième tour incertain et disputé. Christian Astruc sera-t-il candidat à sa succession, alors que son groupe, les Mobilisés a subi une érosion tangible ? Une autre personnalité, Jean Philippe Bésiers par exemple, tentera-t-elle de rafler la mise, alors que Jean Michel Baylet espère plus que jamais reprendre ce fauteuil de président que son père, sa mère et lui-même ont occupé pendant plus de 45 ans ? Au jeu du « je t’aime, moi non plus », le programme, l’avenir du département comptent pour du beurre. Et au pays des faux semblants, les étiquettes partisanes dessinent souvent une carte politique bien virtuelle.

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