Gauches: opération survie


« L’union est un combat ». Les plus anciens se souviennent de la formule de Georges Marchais, or les décennies passent, et la rhétorique du PCF ne change pas. Ce matin Fabien Roussel ne disait pas autre chose sur France Inter pour justifier l’accord que son parti a signé avec les Insoumis de Jean Luc Mélenchon. Ils ne sont en effet d’accord sur presque rien, si ce n’est l’augmentation du SMIC… Ce qui en cas de victoire aux législatives, se traduirait inévitablement par une foire d’empoigne au moins aussi musclée que les échanges de la campagne de la présidentielle. Et on pourrait dire la même chose des autres signataires : des Verts qui ont perdu dans l’affaire une partie de leur ADN, en l’occurrence la référence à l’Europe, excusez du peu; mais aussi des socialistes qui ont vendu leur boussole pour un plat de lentilles.

Ce rabibochage de dernière heure n’a rien d’historique, sauf à considérer que de petits arrangements électoraux, à géométrie variable de surcroît, annoncent le printemps du peuple de gauche.

Jean Luc Mélenchon premier ministre ? Qui peut réellement y croire ? Les bisbilles majoritaires, conduiraient inéluctablement à un avachissement de la France, incapable dès lors de tenir son rang en Europe, et de maintenir à flot son économie.  Bref, à la crise politique et institutionnelle, s’ajouterait une crise économique. Rien que ça !

Mais tout cela n’arrivera pas, car sauf improbable miracle des urnes, l’Union populaire écologique et sociale n’aura pas la majorité à l’Assemblée nationale et chacun le sait. L’objectif n’était donc pas de faire un accord de gouvernement, mais de permettre à LFI, qui est sous représentée, de devenir la principale force d’opposition, et accessoirement de donner aux autres partis une chance d’exister encore un peu au sein du palais Bourbon. Des candidats dans plus de 50 circonscriptions pour bénéficier des subsides de l’Etat et si possible 15 élus pour pouvoir créer un groupe. Tout le reste n’est qu’illusion, tromperie sur une marchandise hâtivement repeinte aux couleurs des riches heures de l’histoire des gauches françaises : 1936 et le Front populaire, 1972 et le programme commun pour ne parler que de ces deux périodes.

Alors qu’importe le nucléaire, la laïcité, le communautarisme, les traités européens, les nationalisations, les amitiés inavouables, les tentations autoritaires… tout ce qui rend les différentes gauches inconciliables ! Mais déconfits, au bord de la tombe, ces partis convoquent les mythes et l’histoire pour farder leurs plaies. Opération survie qui ne fait que différer le temps des règlements de contes, si ce n’est celui des comptes réels.

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