L’eau: notre bien commun


Notre département est écarlate. La presque totalité des communes est au niveau d’alerte 3,  ce qui a conduit la Préfecture à imposer des restrictions drastiques de consommation d’eau.

Si cette situation devait perdurer, les conséquences risquent d’être désastreuses pour de nombreux secteurs d’activité. En premier l’agriculture qui est de loin le plus gros consommateur d’eau. Même si, elle bénéficie de dérogations afin de sauver l’essentiel des récoltes, elle risque de voir ses rendements baisser fortement. Certaines cultures sont même d’ores et déjà menacées. La pénurie guette. On croyait la menace lointaine. Elle est là. C’est dire qu’il faut en finir avec les tergiversations de toutes sortes. La question des réserves d’eau, la création de retenues, souterraines ou sous forme de lacs collinaires devient d’une brûlante actualité.  Créer l’hiver des réserves, ce n’est pas assécher les nappes phréatiques, c’est gérer le trop plein ! Faut-il attendre une nouvelle sécheresse pour ouvrir ce chantier ?

Mais cela ne saurait constituer une incitation à irriguer à tout va. Bien au contraire, cette question, alors que les agriculteurs sont aujourd’hui contraints d’arroser la vigne, oblige concomitamment à tirer un trait sur des cultures qui ne semblent plus adaptées à la situation climatique : le maïs bien sûr, mais aussi certaines autres. La recherche doit être prioritairement orientée vers la création de variétés résistantes au stress hydrique et aux nouvelles maladies cryptogamiques. Cette révision générale de la carte des productions est inéluctable, à la condition bien sûr qu’elle n’entraîne pas une baisse des revenus des agriculteurs..

Nous devons, tous secteurs confondus, apprendre désormais à gérer l’eau, faute de quoi, nous risquons la multiplication des conflits d’usage. Les Nabatéens ont su le faire à Petra, huit siècles avant JC. Nous devons nous convaincre que désormais dans nos contrées, l’eau n’est plus, ne sera plus à discrétion. C’est un bien commun mais désormais une ressource limitée qu’il faut utiliser à bon escient. Cette gestion adaptée aux besoins d’une société moderne et d’une démographie en expansion, passe d’abord par une révision générale de nos dispositifs, par l’interconnexion des bassins et la modernisation des réseaux qui gaspillent une trop grande quantité de la ressource. L’utilisation des eaux usées fait aussi partie du dossier. Un plan et un programme d’investissement massif apparaissent donc nécessaires. Une vaste concertation s’impose.

L’industrie est aussi très gourmande, même si elle restitue aux rivières la plus grande partie de l’eau qu’elle prélève. Mais dans notre département, peu industrialisé, la centrale nucléaire de Golfech à elle seule, interroge la politique énergétique du gouvernement. Le refroidissement de ses deux réacteurs n’est possible que si la Garonne offre un étiage suffisant. Sinon, l’eau rejetée risque de trop réchauffer le fleuve, dont la température ne doit pas dépasser les 29°. Ailleurs, sur le Rhône notamment, la situation est similaire. Faudra-t-il donc à l’avenir construire les futures centrales en bord de mer où l’eau ne fait pas défaut ? Et cela ne poserait-il pas d’autres problèmes ?

Restent les usages domestiques, pour boire, se laver, arroser son potager, éventuellement remplir sa piscine… C’est possible mais avec modération. Le tourisme alourdit encore le dossier. En augmentant le volume des besoins individuels, comme ceux des loisirs nautiques. Et on mesure déjà l’impact de la sécheresse sur certaines activités . La préfecture du département a émis une liste de restrictions mettant à contribution des citoyens qui s’agacent de plus en plus des dérogations dont bénéficient leurs voisins. C’est une situation où chacun a trop tendance à voir midi devant sa porte, ce qui du coup porte en germe de douloureux conflits d’usage. C’est pourquoi, là encore, il faudra plus que des arrêtés, aussi nécessaires soient-ils. Il faudra, pour modifier nos habitudes, de la pédagogie, à l’école, dans la presse, par l’entremise des collectivités territoriales, mais probablement aussi au travers d’états généraux, mettant chacun devant ses responsabilités, permettant d’esquisser un autre modèle de société. La question climatique, un instant reléguée au second plan par les problèmes de pouvoir d’achat, se rappelle à nous. Elle ne souffre plus d’atermoiements. Elle nous impose de profondes et immédiates stratégies d’adaptation.

2 réflexions sur “L’eau: notre bien commun

  1. Il y a une douzaine d’années lors d’une reunion des Sociétaires du Credit Agricole, à St Loup, le President du Conseil General d’alors qui présidait la réunion, avait invité un drôle d’expert en hydrologie dont j’ai oublié, a tort, le nom…
    Ce dernier occupa la scène durant une heure pour nous assèner qu’il n’y aurait aucun problème d’eau pour les agriculteurs. Nombreux applaudissements et satsfecit du Président sus nommé…
    Je m’opposzis alors en faux et fut ridiculisé par ces « élites »
    Voilà!

    J’aime

  2. Il me souvient d’un temps où les « pionniers » écologistes étaient moqués comme dangereux obstacles à l’élection des candidats socialistes. Mon dieu , comme le temps passe !

    J’aime

Répondre à ZANZIBAR Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.