Le sabre et le goupillon


imageTrente mille euros, au bas mot, et sans tenir compte de l’inflation, pour refaire une beauté à la statue ! Pas n’importe laquelle, il est ici question de la statue de la vierge. Cette œuvre du sculpteur Abbal, installée depuis 1858 sur son promontoire d’où elle domine la ville, subit, elle aussi, les outrages du temps. Il n’y a donc pas eu de miracle !

Cette statue serait le fruit d’un vœu que firent les Moissagais du XVII °siècle, après un épisode meurtrier de la peste. Et il faut bien le reconnaître, depuis plus de peste à Moissac et alentours, bien que certains esprits instruits, ou fort mal intentionnés, se sont imaginés, après le scrutin de 2020, qu’un variant de l’épidémie avait ressurgi. Mais ceci est une tout-autre histoire.

Le maire de Moissac qui se plaint à qui veut l’entendre de la situation budgétaire de la ville, qui rogne les subventions aux associations, ou à l’animation scolaire, est semble-t-il tombé sur une cagnotte… providentielle. Il ne faut pas laisser tomber la vierge. Au propre, comme au figuré. Et le voilà donc parti pour une nouvelle croisade. Depuis quelques temps, il multiplie les signes d’allégeance à la noble dame (lire ici « Deux vierges pour le prix d’une », processionne à qui mieux mieux, exaltant la tradition et le patrimoine religieux.

Il nous avait prévenus, à sa manière, il cherche à « retrouver Moissac », à réécrire l’histoire en empruntant largement à l’imagerie saint sulpicienne, et à une piété populaire réduite aujourd’hui aux acquêts.  Du coup, nous les républicains laïques sommes fondés à dénoncer, l’alliance du sabre et du goupillon. Car il ne faut pas s’y tromper, le maire et son équipe municipale ne cèdent pas à une quelconque lubie, ils veulent prendre racine, affirmant jour après jour un projet de reconquête idéologique. La religion en guise de carte d’identité. L’ordre comme hochet politique.

Tout à son affaire, le maire a donc publié des dépliants, fait assaut d’explications sur les réseaux sociaux et lancé sur internet une souscription « populaire ».  Une fois encore, le maire mélange les genres, l’argent public, celui de tous les citoyens, croyants ou non, pour garantir le bon achèvement de l’opération. L’argent privé pour colorier son image de gestionnaire. Cela va-t-il longtemps faire illusion ? Aux dernières nouvelles, la vierge ne semble pas faire recette.

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