En guise de droit de réponse

Max Lagarrigue, qu’on dit journaliste à LDM est impayable. Il s’est pris d’une passion suspecte pour le RN et tous ceux qui viennent lui servir la soupe ! Au point de s’en faire l’avocat. Et quand la défense est à cours d’argument, pointe sous sa plume, un procureur qui ficelle comme il le peut son réquisitoire, contre les méchants, ceux par exemple qui ont perdu l’élection municipale, ou qui déplaisent au boss. J’en suis ! J’ai donc droit à quelques colonnes dans le journal. A preuve le dernier article consacré à Daniel Bota où je suis une fois de plus la cible désignée.

Pas très grave, j’ai le cuir dur. Pourtant je suis à nouveau dans l’obligation de signaler les manquements professionnels du célèbre Max. Pas une fois depuis qu’il me consacre un peu de son temps et de sa copie, il n’a pris la peine de m’appeler, de chercher une réaction, une explication, bref de me demander mon point de vue comme l’aurait fait tout honnête journaliste qui se respecte ! J’avais déjà dit dans ce blog son comportement en pleine campagne électorale. Je fus le seul candidat privé d’un entretien dans la Dépêche ! Pas beau ça ? Tout bien pesé, j’ai beaucoup plus de respect pour l’ancienne et véritable Pravda ! J’ajoute, car le gars doit être un peu fatigué par les chaleurs estivales, qu’il copie sur les réseaux sociaux des pages entières pour nourrir sa prose. Facile, pas cher et ça fait toujours son office !

Pour faire court sur ce qui demeure une péripétie de clocher, D. Bota ne peut en effet demeurer à LaRem qu’il avait intégrée en 2016. Ou il part de son plein gré, ou il fera l’objet d’une procédure statutaire. Pour le reste je le laisse réécrire son histoire personnelle. Il a cessé de participer à nos réunions locales le jour où j’ai expliqué que je cherchais à construire, en vue des municipales, un rassemblement allant de Maryse Baulu à Tems. Cherchez pourquoi ?

 

Sénatoriales: PS-PRG, l’entente cordiale

Les élections sénatoriales, le 27 septembre prochain, donnent lieu comme chaque fois, à des tractations qui redessinent en partie la carte politique du département. Elles permettent surtout de préparer d’autres échéances, en l’occurrence les élections départementales qui particulièrement en Tarn et Garonne promettent de féroces empoignades.

Il est probable que la gauche va faire front commun pour la désignation des sénateurs. Un accord entre le PS de Valérie Rabault et le PRG de Jean Michel Baylet semble avoir été conclu. A la clé, une répartition des candidatures. Etienne Astoul, PS, médecin et maire de Villebrumier (c’est son sixième mandat) va concourir pour le fauteuil au Palais du Luxembourg. Yvon Collin, ex PRG et ennemi intime du patron de la Dépêche, n’étant plus en capacité de se représenter, car sous le coup d’une condamnation pour corruption. Dans l’autre arrondissement, c’est un PRG, obédience Baylet, Jean Paul Terrenne, maire de Donzac qui a été désigné comme candidat de la nouvelle alliance.

Pour cette échéance de septembre, les socialistes et les radicaux ne devraient donc pas se faire de croche-pieds. On se souvient qu’en septembre 2014, Jean Michel Baylet avait été battu au deuxième tour par l’UMP François Bonhomme, un héritier lui aussi en pays Caussadais où son père Jean Bonhomme a régné sans partage jusqu’aux années 90. De son côté, Yvon Collin, le candidat dissident du PRG avait été élu dès le premier tour de scrutin, avec il est vrai le renfort de voix de droite et de voix socialistes en délicatesse avec le clan Baylet.

Le patron de presse ne brigue donc plus le Sénat, où il siégea pendant presque 19 ans. C’est probablement pour mieux se concentrer sur le Conseil départemental dont la perte en 2015 fut vécue par lui comme une injustice mais surtout comme une spoliation, celle d’un patrimoine familial.

C’est en effet sa mère, Evelyne Jean Baylet qui fut la première femme à présider de 1970 à 1982 l’institution départementale après en avoir été simple conseillère pendant 10 ans. Le fils prit en 1985 la succession… Lire le Tarn et Garonne et la saga Baylet

2015, le camouflet

Battu aux sénatoriales, détrôné par une coalition de circonstance au Conseil départemental, Jean Michel Baylet, ses proches en témoignent, a eu du mal à se remettre de l’affront. Alors que droite et gauche étaient à égalité (14 sièges chacunes), c’est un outsider, Christian Astruc qui l’emporte par 18 voix contre 12 à Marie Claude Nègre, Jean Michel Baylet ayant prudemment reculé « pour ne pas offrir sa tête au bout d’une pique ». En fait c’est la droite montalbanaise qui a fait l’élection, en l’occurrence Brigitte Barèges, la maire. En ne se présentant pas, en encourageant la candidature Astruc, elle savait qu’elle tenait le destin du département entre ses mains. La suite de l’histoire a montré qu’il n’en était rien. Le nouveau président a créé son propre mouvement, les « Mobilisés pour le Tarn et Garonne » s’émancipant de fait de cette tutelle encombrante et provoquant, c’est presque de la tectonique des plaques, un curieux rapprochement entre le maire de Valence d’Agen et la maire de Montauban.

Du coup se pose la question : que va faire Brigitte Barèges ? Sera-t-elle candidate aux sénatoriales, histoire par exemple de faire chuter François Bonhomme qu’elle ne porte pas dans son coeur ? Laissera-t-elle les coudées franches à J. M. Baylet pour la conquête du département ? Ou bien pourra-t-elle construire une nouvelle majorité sous sa propre bannière ? On dit que des tractations sont en cours entre Baylet, Barèges et Rabault. Wait and see !  A suivre donc…

R.N. : le baiser de l’araignée

Drôle d’époque ! Drôle de territoire ! La communauté de communes, Terres des Confluences a ouvert grands les bras au RN et à son représentant moissagais. En lui permettant d’accéder au rang de deuxième vice-président, en charge du tourisme, ce qui je me répète, ressemble à un gag (voir article précédent), elle normalise de facto et l’homme et son organisation. Les élus communautaires qui ont voté pour R. Lopez, ils étaient 37 (le RN dispose de 14 voix), se sont-ils bouché le nez pour consentir à un tel vote ? Considèrent-ils, plus probablement, que le RN est un parti comme les autres et doit bénéficier des mêmes attentions ? En tout cas,  cela revient à donner raison à la stratégie de ce parti : se dé-diaboliser pour mieux phagocyter une partie de la droite classique. Le baiser de l’araignée en quelque sorte !

Bien sûr, les électeurs moissagais ont choisi. Donc il n’est pas question de s’asseoir sur le suffrage universel, pas plus qu’ostraciser totalement notre ville dans la répartition des places et des rôles ne serait acceptable. Il est normal que Moissac ait le droit de s’asseoir à la grande table communautaire. Mais était-on obligé de donner à ses représentants un rang aussi élevé, d’installer le RN en lieu et place de l’équipe précédente, celle de Jean Michel Henryot ? La réponse est dans la question. Notre Com-com n’a pas été capable de faire ce que Perpignan a réussi : reléguer le RN en bas du tableau, afficher ostensiblement une différence. Ce que la droite des P.O. a fait n’est pas rien, au regard surtout du poids de la ville au sein de la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole ! Nos élus communautaires, eux, ont failli. Ils ont préféré, après des tractations plus ou moins avouables, la normalisation du RN au courage politique. C’est dire combien sont de circonstances leurs indignations ! Du coup, on se prend à regretter le mode d’élection des délégués communautaires, qui oblige pour constituer un exécutif à tous les arrangements, à tous les tripatouillages dont la démocratie ne sort pas grandie. L’élection d’une liste ad hoc au suffrage direct aurait au moins le mérite de la clarté et donnerait à l’équipe dirigeante légitimité et force.

Le système actuel est opaque, totalement incontrôlable par les citoyens, il est aussi injuste. Il relègue automatiquement au rôle de figurants les oppositions municipales. J’avais eu sous la précédente mandature l’occasion de m’en émouvoir en séance plénière, sans que cela n’interpelle personne. Je constate aujourd’hui que rien n’a changé.

Com-Com: le changement dans la continuité

Dominique Briois, maire de Lavilledieu du Temple a été élu président de la communauté de communes Terres des Confluences par 46 voix sur 62 votants. Sous la mandature de Bernard Garguy, qui ne se représentait pas, il était adjoint aux finances. Les deux hommes ont semble-t-il procédé à une permutation, c’est en effet ce même Bernard Garguy qui devient le 4° vice-président, en charge des finances et du pacte fiscal. Le périmètre de cette fonction méritera d’ailleurs quelques précisions, au moins pour ce qui concerne le volet fiscal. Sans surprise, Jean Philippe Besiers, maire de Castelsarrasin, hérite du développement économique, premier vice-président élu avec 42 voix, mais probablement satisfait d’avoir placé un proche à la tête de la collectivité.

Dominique Forneris, mais de Durfort Lacapelette s’occupera de développement durable, tandis qu’Hugues Samain, maire de Labourgade, septième dans l’ordre de présentation sera en charge de l’environnement. Ce saucissonnage entre développement durable et environnement interroge. On aurait pu imaginer, pour une meilleure efficacité, les deux dossiers dans un paquet unique! Annie Feau, maire de Montesquieu récupère le développement social, tandis que Bernard Bouché, maire de Saint Nicolas de la Grave fera de la communication.

Ah, j’allais l’oublier, Romain Lopez… Le maire de Moissac va œuvrer à la promotion touristique. Deuxième vice-président élu avec 37 voix. Dit comme ça et à en croire ses prises de positions récentes, on pourrait croire à une blague ! En fait, il n’en est rien. La Com-com a reconduit à l’identique la répartition des rôles entre Castelsarrasin et Moissac qui prévalait sous la précédente mandature. Mais pouvaient-ils priver Moissac de ce flambeau, notre ville étant, c’est une réalité, la porte d’entrée du tourisme dans le département? C’eût été alors une autre histoire pour laquelle il aurait fallu une bonne dose de courage politique. Juste improbable en Terres des Confluences!

 

Le système R.N.

Le tout jeune maire Rassemblement national a hérité, pour ses premiers conseils municipaux, d’une salle toute neuve, où la lumière joue magnifiquement avec les matériaux nobles choisis par l’architecte. L’espace est clair, sobre et fonctionnel. Cela vaut bien, je n’en suis pas coutumier, un coup de chapeau à l’ancienne majorité de Jean Michel Henryot.

Ce deuxième conseil de la première mandature d’extrême droite dans l’histoire de Moissac a été vite emballé. Il faut dire que l’ordre du jour était maigrelet : la désignation des grands électeurs qui le 27 septembre prochain enverront pour le département de Tarn et Garonne deux sénateurs au palais du Luxembourg. Avec ses 13000 habitants, les 33 conseillers municipaux de la ville sont d’office qualifiés, le maire faisant savoir qu’il ne participera pas au vote ni en tant que titulaire, ni en tant que suppléant. On a compris que l’homme savait faire de la politique. Cette mise en retrait volontaire lui permet de rester sur l’Aventin, une façon de ne pas injurier l’avenir, et de payer son tribut à un certain potentat valencien qui lui manifesta dans son journal une étonnante bienveillance tout au long de la campagne électorale.

Rien d’étonnant dès lors que notre fringuant nouvel édile, ait pris un malin plaisir à proposer dans sa liste de délégués suppléants, une des figures populaires du radicalisme local qu’on croyait plus attachée au quartier du Sarlac et à son Petit bois qu’aux sirènes lepénistes. Parmi les 9 délégués suppléants, un autre personnage bien connu des Moissagais a fait sensation : le président de l’association de défense des usagers de l’hôpital, par ailleurs membre éminent du Comité de défense. Ancien de l’équipe Henryot en 2014, il avait, au bout de quelques semaines, démissionné de son mandat d’adjoint aux finances pour dire tout le mal qu’il pensait de ses anciens compagnons. On sait maintenant que cette dissidence était purement idéologique, puisque cet ancien professeur de mathématiques a donné de son temps pour initier le futur maire RN aux problèmes de notre hôpital. Tout s’éclaire donc ! Et on comprend mieux la fronde, dont il fut un des porte-voix, qui a conduit Jean Paul Nunzi, président de ce même Comité de défense à démissionner.

A propos de démission, je ne sais pas ce qui se passe chez TEMS, mais trois départs d’un seul coup, ça interpelle. Il n’y a donc pas que les glaces des pôles qui fondent à vue d’œil ! Et les propos de certains colistiers sur les réseaux sociaux me laissent penser qu’ils n’ont toujours rien appris de leur défaite. Mais comme dit l’autre, les chiens aboient, la caravane passe !

Bref, rien qui ne changera la vie des Moissagais lors de ce dernier conseil municipal, mais une série de signaux, comme autant d’alertes sur le vrai visage de ce lepénisme municipal aux manières si convenables. Le maire s’était défendu sur twitter dont il semble, tout comme Trump, un adepte inconditionnel de ne pas vouloir installer un cabinet mariniste (Marion étant son ancienne et jeune patronne en délicatesse avec Marine, sa vieille tante). Bingo ! Voilà que vient d’arriver à Moissac sur un poste budgétaire créé pour la circonstance, un autre jeune lepéniste, rescapé des municipales de Toulouse où il n’a guère brillé. Candidat éconduit là-bas, directeur de cabinet et commissaire politique ici! Pour les économies, on attendra. Et pour le reste, c’est tout vu : le système RN se met en place, les bébés Le Pen investissent la ville ! Et maintenant qu’ils sont installés, ils se lâchent. Dans un autre twitt, pour justifier ses choix, le maire s’est permis cette sortie pour le moins imbécile : « …quand on voit les dégâts engendrés par la « collaboration » entre JM Henryot et l’ex secrétaire de Nunzi » (sic). On notera l’emploi du terme « collaboration » qui est tout sauf innocent dans le vocabulaire d’un parti où la nostalgie tient lieu de colonne vertébrale. Au passage, on appréciera le mépris à l’égard d’une salariée dont le dévouement et la loyauté n’ont jamais été pris en défaut, avec Nunzi, comme avec Henryot. Quant aux dégâts, on attend toujours une analyse sérieuse de la situation. Il ne suffit pas de gonfler ses petits biceps sécuritaires pour remettre la ville sur les bons rails. Il y faut un programme cohérent et ambitieux, comme celui que portait notre liste « Moissac naturellement ». Nous n’avons certes pas convaincu les Moissagais, mais la crise économique et sociétale qui s’ouvre avec les nécessaires transformations qu’elle esquisse, nous donne déjà raison.

« Retrouvons Moissac » clamait le candidat lepéniste. Chiche ! Retrouvons notre ville, modèle de tolérance, d’ouverture aux autres, d’attention aux plus vulnérables, qui protégea des centaines d’enfants juifs, qui fut pendant trois décennies, un des pôles culturels dans le département, attachée à la mise en valeur d’un patrimoine de réputation mondiale. Le Lepénisme municipal n’est pas la fin de l’histoire. Il ne tient qu’à nous, qu’à tous les citoyens de bonne volonté, de renouer le fil. Les six années qui viennent s’annoncent difficiles mais exaltantes.