Nuit debout

C’était long comme un jour sans pain. Brouillon comme une querelle de marchands de tapis. Ennuyeux ! Vautré dans mon canapé, j’ai du résister beaucoup pour ne pas succomber à la tentation de la zapette, fuir BFM, abandonner Bourdin et Plenel à leur numéro de faux duettistes. Drôle d’attelage d’ailleurs que ces deux journalistes qui à trop vouloir faire de l’anti TF1 ont plombé ces deux heures et demie d’émission avec une sorte d’adaptation télé des fameuses et éphémères « nuits debout ».

Que retiendrons-nous de ces échanges à couteaux tirés où les insinuations le disputaient à l’invective, où le jésuitisme militant d’un Plenel peinait à s’imposer aux côtés d’un Bourdin champion de la question bourrin ? Pas grand-chose, sinon que Macron a mis beaucoup d’énergie et perdu beaucoup de temps à déminer les interventions de ses interlocuteurs, acharnés à lui faire perdre le fil de son propos. Comme si comptait peu la réponse, mais plutôt le moment où il trébucherait, s’emporterait, deviendrait professoral, arrogant, et que sais-je encore. Nous étions revenus aux débats de la campagne électorale ! Nos deux journalistes sans cravate, nouvelle manière probablement de jouer au sans culotte, ont poussé l’exercice aux limites du genre face à ce Président imprudemment descendu dans cette arène médiatique. Que venait-il y chercher ? Mystère!

Au final, pas beaucoup d’informations nouvelles depuis l’entretien avec J. P. Pernaud. Si ce n’est qu’E. Macron est tout de même parvenu à mettre en perspective les réformes en cours comme devant s’articuler avec celles à venir. C’est cette cohérence, ce cap que le président s’est attaché à expliquer. On notera aussi dans son discours une attention insistante aux problèmes des classes populaires, aux questions de justice sociale, du grand âge, de l’hôpital pour lesquels sont annoncés des mesures et des investissements. Mais les opposants, les déçus de tous poils et peut-être même certains macronistes s’agaceront que ce Président s’obstine sur la suppression de l’ISF, sans contrôle ni contrepartie. Ne voit-il pas que cette mesure, en grande partie symbolique, pourrait, pourquoi pas,  le remettre au centre du jeu : et de droite et de gauche !

 

 

Délinquance en hausse

Pas bons du tout les chiffres de la délinquance à Moissac ! En hausse de 8,22% en 2017,  si l’on en croit les statistiques de la gendarmerie. Atteintes aux biens, infractions économiques, violences intrafamiliales, tapages nocturnes, chacun en prend pour son grade.

Ce tableau est révélateur de la situation de notre ville dont la paupérisation saute aux yeux de tout un chacun. Les infractions économiques qui augmentent à proportion sont la conséquence de ces difficultés autant que le résultat du travail des services spécialisés. Les violences au sein des familles jettent une lumière crue sur l’état d’une partie de la population, désocialisée et en grande précarité psychologique.

Par ailleurs la délinquance de rue, tout aussi imprévisible que diffuse explique les chiffres correspondant aux atteintes aux biens, ainsi qu’aux vols à la roulotte. Cette progression est inquiétante au point de conduire la gendarmerie à lancer un cri d’alarme pour inciter les automobilistes à la vigilance.

Lors du dernier conseil municipal, nous avions interrogé l’adjoint en charge de la sécurité. Il s’était réjoui de la baisse importante des cambriolages sur la ville (moins 16,60%) se gardant bien d’évoquer tous les autres méfaits et incivilités. Or, Moissac dispose aujourd’hui d’une police municipale dotée de moyens conséquents en personnels et matériels. La ville a installé un parc de caméras que la majorité de droite avait présenté comme la solution aux problèmes de délinquance. Force est de constater que les résultats ne sont pas au rendez-vous. Et pour cause ! Certains de ces appareils, trop vieux ne fonctionnent pas correctement. Les plus récents ne savent pas  envoyer les images sur le réseau auquel ils ne parviennent pas à se connecter. Bref, tout ne va pas pour le mieux dans ce petit univers orwellien, au point que la mairie est incapable de dire combien de problèmes ont pu être évités ou résolus depuis le déploiement de ce dispositif.

Ne nous méprenons pas et ne faisons pas d’angélisme. Il faut une réponse policière et judiciaire à la délinquance. Mais il faut aussi en amont un traitement économique et social des facteurs déclenchants. Alors que ces phénomènes qui indisposent fortement la population sont mouvants, que leurs auteurs savent s’adapter vite et bien, il faut faire évoluer au même rythme nos réponses, et nos stratégies. Un ami me racontait il y a quelques jours comment il s’était fait dérober quelques centaines d’euros alors qu’il était en train de retirer un peu d’argent à un distributeur automatique. Une opération sans violence, en douceur, conduite de main de maître par deux adolescentes qui n’avaient pas froid aux yeux !

Où est passée l’UNESCO?

 

Voilà le nouveau panneau que la mairie de Moissac veut mettre sur l’autoroute. Cherchez bien, il manque quelque chose! Il manque la mention UNESCO, l’UNESCO qui a inscrit le cloître et le tympan de l’abbatiale au patrimoine mondial de l’humanité au titre des quatre chemins de Saint Jacques de Compostelle. Des milliers de villes, de sites prestigieux font des pieds et des mains pour obtenir cette reconnaissance. Nous l’avons depuis 20 ans, au même titre que 71 autres monuments qui jalonnent ces parcours. Et voilà que pour de mesquines raisons financières, la mairie supprime la mention, prive la ville de cette formidable publicité reconnue par tous les touristes du monde. Etrangement bornée, la majorité n’a pas voulu entendre nos arguments. Qu’en pense donc le tout nouvel office du tourisme intercommunal? A-t-il eu voix au chapitre? On attend sa réaction. La nôtre est en tout cas sans appel: c’est pour rester polis une grosse bêtise. La précédente majorité avait obtenu de haute lutte le label « Moissac ville d’art et d’histoire ». Le département devait installer toute une signalétique, qui à ce jour demeure bien introuvable. Pourtant, le maire de Moissac est vice président du Conseil départemental, en charge du tourisme, donc en capacité d’agir. Mais comme soeur Anne, nous ne voyons rien venir, pas le moindre panneau à l’horizon de nos charmantes routes départementales.

Finalement, cette équipe municipale qui affiche volontiers sa vision saint sulpicienne du tourisme, peine à l’installer dans la modernité. A preuve, les difficultés,  attestées par plusieurs sources, à faire fonctionner harmonieusement, l’OTI et l’ancien comité du tourisme de Moissac. Ce dernier est même demeuré pendant plusieurs semaines aux abonnés absents, privé, pour d’obscures raisons techniques selon le maire, de son unique ligne de téléphone. Clochemerle sur Tarn! Voilà en tout cas une des plus mauvaises manières d’aborder la saison touristique!

Le rabot

Plusieurs délibérations de ce conseil municipal portaient sur les subventions aux associations. L’enveloppe globale qui leur est consacrée est cette année encore en diminution. On le savait. Du coup, les associations vont encaisser un nouveau coup de rabot. Certaines plus que d’autres. Deux cas nous interrogent. La Bobine d’abord.  Elle a perdu en 3 ans, 50% de sa subvention de fonctionnement. La Bobine c’est le cinéma d’art et d’essais. C’est la possibilité de voir à Moissac, dans

l’unique cinéma de Moissac, des films d’auteurs, d’échapper à la dictature des blockbusters. C’est aussi un des outils pour développer l’attractivité de la ville, qui en a bien besoin. Firmin Bouisset ensuite. L’association pour la création d’un musée ne touchera pas cette année un centime de la mairie. Raison invoquée par les élues à la culture, elle a de l’argent en caisse et le règlement étant le règlement – ça sent son adjudant chef – elle n’a pas besoin de subventions. C’est oublier un peu vite que cet argent provient en grande partie des expositions vendues à d’autres villes par l’association et que  pour constituer un fond, il faut acheter des oeuvres et donc disposer d’un peu de trésorerie
afin de pouvoir réagir lorsqu’elles sont mises sur le marché. En fait, la majorité se moque comme d’une guigne de Firmin Bouisset. Elle refuse d’admettre que dans l’offre touristique et culturelle de la ville, un Centre consacré à ce génial affichiste renforcerait son attractivité et sa notoriété.

Rideau

Parlons encore d’attractivité, avec le coeur de ville. L’adjoint au commerce est incapable de dire combien d’enseignes ont fermé depuis le début du mandat. Les Moissagais, eux,  en ont une idée claire. La ville dépérit. Et la majorité n’est même pas capable de prendre au vol les trains qui passent (clin d’oeil SNCF). Comme nous l’écrivions plus bas (cliquez ici), Moissac n’a pas été retenue parmi les 122 petites et moyennes villes de France pour bénéficier du plan « coeur de ville » lancé par le gouvernement. « Notre dossier était bon, complet et remis à temps » tente d’expliquer le maire. Son adjointe aux affaires sociales est plus nuancée: « On a travaillé dans la précipitation, la DDT (direction départementale des territoires) qui a fait suivre le dossier nous a obligé à le présenter avec Castelsarrasin ». Aberrant! Incroyable! Et sagement, la mairie s’est exécutée! Oui, c’est encore une occasion ratée et l’histoire ne repassera pas les plats, quoiqu’en dise le maire!

On a aussi parlé de l’école de Mathaly (cliquez ici) qui perdra une classe à la rentré prochaine. Le maire se veut confiant:  « Il y aura en septembre un nouveau comptage des enfants. Tout espoir n’est pas perdu » L’espoir fait vivre dit-on. Heureusement du côté de François Mitterrand, le lycée, on travaille ce qui permet d’afficher d’excellents résultats au bac. L’agrandissement? « C’est un serpent de mer » concède le maire. On en parle depuis 2014! Pendant ce temps d’autres lycées ouvrent de nouvelles sections. Pauvres de nous! Un mot encore pour les plaisanciers et les amoureux du port (cliquez ici). Le maire promet 25000 euros pour assurer la rénovation « progressive » des quais. Espérons que les travaux ne dureront pas jusqu’à la Saint Glinglin.

PS: Bonne nouvelle tout de même: Moissac conserve le label Grand Site. le Conseil régional d’Occitanie devrait officialiser le 13 avril prochain la nomination de notre ville!

Encore une occasion manquée

Connaissez-vous le rapport de M. Marcon ? Président honoraire des chambres de commerce et d’industrie de France, il a été chargé par le premier ministre d’une mission sur la revitalisation des villes petites et moyennes. Son rapport, remis en début de mois au gouvernement, propose un ensemble de dispositifs qui touchent au logement, à l’offre commerciale, aux services publics, à l’installation des professions libérales, à la mobilité, aux aménagements touristiques et à l’animation collective. C’est un chantier colossal qui est ainsi dessiné et qui se veut une suite au programme « Cœur de ville ». Cinq milliards seront mobilisés sur cinq ans. Une aubaine !

Pas Moissac

La liste des heureuses élues est tombée ce matin. Moissac ne fait pas partie des 24 villes sélectionnées dans la région Occitanie. Etait-elle au moins candidate ? Le conseil municipal n’a jamais été informé de quelque démarche que ce soit. Certes, Moissac est déjà éligible à la politique de la ville, ce qui lui permet de toucher des aides de l’état pour la mise en place d’actions ciblés par quartiers dans le domaine social, du logement et de l’animation commerciale. Mais il y avait là une occasion extraordinaire d’aller plus loin, de construire un véritable projet urbanistique et commercial pour notre cité. Figeac l’a bien compris. Elle bénéficiera de ce nouveau plan, au même titre que Montauban. Venons-nous de vivre une fois de plus une occasion manquée ?

Quand on regarde la situation de notre ville, on ne peut que le déplorer et s’interroger. Le déplorer car les commerces ferment les uns après les autres. Pas moins de six boutiques ont baissé le rideau depuis le début de l’année. Sans repreneur déclaré, si ce n’est les banques : on dit que le Chapon fin pourrait être repris par le Crédit Agricole ! D’autres commerçants ont récemment fait savoir que la situation économique et sociale de la ville les inquiétaient au plus haut point. Il y a de quoi ! Il est clair que Moissac est en petite forme. Les commerces s’en vont, et le cœur de la cité est peu à peu déserté par la population la moins défavorisée. On s’interroge donc. La municipalité fait-elle le nécessaire ? On sait que Jacques Mézard,  avait demandé aux préfets de région de présélectionner les villes à soutenir dans ce cadre, en les interrogeant sur leur intérêt pour ce dispositif. On attend des explications !

L’appel de la forêt

La fenêtre de mon bureau ouvre sur un carré de verdure où prospère un arbre de type méditerranéen. Il est régulièrement le rendez-vous de tout un aréopage de volatiles, rouges gorges, merles noirs, grives musiciennes et quelques autres qui me sont inconnus. Tout ce beau monde à plumes piaille et se chamaille à l’envie, loin de la griffe leste du chat de la maison qui n’y prête plus attention. Cet hiver j’ai même vu revenir de petites mésanges charbonnières qui se disputaient les boules de graisse que j’avais disposées dans l’arbre à leur intention. Je leur ai installé des nichoirs de ma fabrication dans l’espoir qu’elles y prennent leurs quartiers de printemps. On dit que les mésanges s’attaquent depuis peu à la pyrale du buis, une méchante chenille qui fait le désespoir des presbytères et des châteaux. Mes buis centenaires seraient, je crois, tout disposés à faire bon accueil à ces petits oiseaux.

 

Mais le tableau est trompeur et la joie des oiseaux un brin empruntée ! Ils sont d’une année sur l’autre de moins en moins nombreux à se retrouver autour de mon arbre. Bien sûr le geai campe toujours dans les bosquets de chênes, où s’acharne aussi un pic vert. Et la buse variable monte souvent la garde, juchée sur un poteau électrique au bord de la petite route qui conduit au hameau. Et j’y croise parfois des cailles des prés qui traversent en dehors des passages réservés aux oiseaux piétons. Oh les imprudentes ! Mais ce qui est sûr, c’est que les oiseaux désertent nos campagnes à « une vitesse vertigineuse » nous apprend le quotidien Le Monde. Un tiers des espèces ont disparu en 15 ans. Le pic de cet oiseaucide si j’ose dire, a été constaté en 2008, 2009, quand l’Europe n’a plus imposé les jachères aux agriculteurs. Vous vous souvenez des jachères fleuries?

En fait le CNRS et quelques autres organismes de recherche pointent du doigt, l’agriculture industrielle, qui pour étendre les surfaces cultivées,  supprime les haies, les bocages, tous les biotopes propices à la vie des oiseaux. Une agriculture overdosée à la chimie qui empoisonne sournoisement les abeilles, toutes sortes d’espèces vivantes, y compris les hommes et qui éradique des milliards d’insectes dont les oiseaux faisaient grande consommation. Faîtes donc le test du pare-brise: naguère, l’été, moucherons et moustiques venaient en grand nombre s’y écraser. Qu’en est-il aujourd’hui?

Certes, nos sociétés gloutonnes commencent à prendre conscience de la situation: car au dérèglement climatique, s’ajoute désormais un appauvrissement considérable de la biodiversité. Double et terrible danger dont les  effets se conjuguent! Pour autant, nous te

rgiversons encore, à preuve l’attitude de l’Europe sur les glyphosates. Les intérêts économiques catégoriels et sectoriels priment bien trop souvent sur l’intérêt général. L’instant présent sur le jour d’après. Aveuglement criminel, dictature du taux de profit! Et pourtant ne dit-on pas que le bonheur est dans le pré!

Fenêtre ouverte, j’entends tousser un tracteur. Un peu plus bas, dans un verger de pruniers, un paysan asperge ses arbres d’un produit sensé les protéger contre les multiples maladies qui les guettent. Les fruitiers doivent rendre le maximum. Du coup, ils sont devenus fragiles et leur espérance de vie s’est réduite.Un moment après, le tracteur fait la pause, un coucou en profite pour se faire entendre, loin, quelque part au fond d’un petit bois. Comme l’appel de la forêt!

Un budget sans relief

 

Le DOB 2018, le Document d’orientation budgétaire est un pavé indigeste, truffé de chiffres et de sigles et qui doit normalement permettre de savoir quels seront les dépenses et les investissements que Terres des Confluences fera pour l’année en cours. Il s’inscrit dans un plan pluriannuel d’investissements (2018-2021) estimé à 38,6 millions d’euros.

Les dépenses de fonctionnement,

devraient augmenter de 2%, soit un peu plus que l’inflation. Mais les frais de personnel, la masse salariale, s’envolent, plus de 9% d’une année sur l’autre.

Terres des Confluences compte aujourd’hui 73 salariés.  Ce taux de 9% est préoccupant, bien que le rapporteur estime que notre intercommunalité fait mieux que ses voisines dans ce domaine. Il explique par ailleurs que ce dérapage est la conséquence de titularisations.  Les contribuables qui peuvent constater que les communes ne parviennent pas à freiner sur l’emploi apprécieront !

Au chapitre des investissements,

Pas terrible !  Si ce n’est l’annonce de la construction d’une maison de l’intercommunalité (500000 euros) à proximité de la future piscine. Pour le reste, on notera la poursuite de programmes déjà engagés : 300 000 euros pour le numérique, 750000 euros pour la maison de santé de Saint Nicolas de la Grave, 200000 euros pour la cuisine centrale, 600000 euros pour la voirie et 200000 euros d’aides aux communes. On notera que les ZAC de Barrès et Fleury vont encore coûter plus de 700 000 euros en 2018, alors que le transfert de propriété de la zone 2 du Luc (Moissac) se chiffre à 1,1 million d’euros et celui de Terres Blanches à 1 million. Ces deux ZAC ne sont pas commercialisées à ce jour, ce qui constitue pour la Communauté de communes un manque à gagner non négligeable. Pour aller vite, l’exécutif de Terres des Confluences envisage d’avoir recours à un aménageur privé, il paraît qu’il y a des candidats. Mais ce type d’opération présente un risque : installer encore de nouvelles enseignes de la grande distribution, au détriment des centres villes de Moissac et Castelsarrasin qui sont en train de dépérir. Danger !

Par ailleurs, on peut déplorer que rien n’est programmé, incubateur ou autre pépinière  pour attirer des entreprises industrielles ou artisanales. Alors que le DOB pointe de lui-même un « environnement économique local peu dynamique »

En ce qui concerne les recettes,

il faut noter, la baisse ou la disparition de certaines dotations de l’état. C’était prévu. Côté impôts, pour les locaux d’habitation, prévoir une augmentation des bases, 1,2%. Pour les entreprises, 2%. Enfin la dette s’établit à 4,6 millions d’euros, avec un ratio de désendettement de 1,9 an, ce qui est plutôt méritoire comparé aux résultats des autres communautés.

Taxe d’habitation

L’exonération pour 80% des ménages de la taxe d’habitation sera mise en place progressivement, jusqu’en 2020.

Dès cette année, les foyers dont les ressources n’excèdent pas 27000 euros de RFR (revenu fiscal de référence) pour une part et 43000 euros pour deux parts auxquels s’ajoutent 6000 euros par demi part supplémentaire verront leur TH baisser de 30%. 65% l’année suivante.

Le message du Comminges

Ce n’est pas encore une alarme, mais déjà un signal, même si de Paris il peut paraître faible. La huitième circonscription de la Haute Garonne risque bien de se rappeler au bon souvenir de la République en Marche. Son candidat est au premier tour de la législative partielle très nettement distancé par le candidat socialiste qui va bénéficier dimanche prochain des voix du PCF. L’issue du scrutin semble acquise. Le PS conservera un siège de député dans ce département et singulièrement dans ce Comminges qui lui étaient favorables depuis des lustres. C’est bien pour cette raison, au moment où il enregistre la démission tonitruante d’une vingtaine de militants et d’élus de l’agglomération toulousaine, que le parti a mis le paquet pour soutenir son candidat. Georges Méric Président du département, la Présidente de la région Occitanie, Carole Delga qui est née dans ce territoire, n’ont pas ménagé leurs efforts et leur soutien. Ils ont presque réussi, sauf à mobiliser en grand nombre les électeurs, à peine 34% de participation au premier tour de scrutin.

Mal aimés

On glosera peut-être sur le profil du candidat de LREM. On fera remarquer en haut lieu que le résultat sera sans conséquence sur les équilibres à l’Assemblée nationale. Certes ! Mais le petit score du premier tour, à peine plus de 21%, devrait tout de même donner à réfléchir chez Christophe Castaner. La campagne électorale l’a en effet amplement démontré : les citoyens ne créditent pas le parti du Président de la République des réformes lancées tous azimuts et dont la nécessité, pas même la pertinence, ne sauraient être sérieusement contestées. Ils lui font grief de quelques « peccadilles »: le prix du gas-oil, la grogne des paysans, la perspective de devoir bientôt lever le pied sur l’accélérateur, la fermeture de quelques classes rurales quand d’autres vont être dédoublées dans les zones en tension… Les territoires les plus reculés, et le Comminges en fait partie, ont le sentiment d’être les mal-aimés du pouvoir, d’être laissés à l’abandon. En l’absence d’un FN qui ne se remet pas de sa piteuse prestation à la Présidentielle, le PS engrange les mécontentements et ce d’autant plus aisément que les Insoumis connaissent à leur tour un certain discrédit.

Justice sociale

Mais ce qui fait le plus mal au parti d’Emmanuel Macron, c’est à coup sûr la CSG. Ponctionner des retraités modestes quand les plus riches ne sont plus assujettis à l’impôt sur la fortune, voilà qui passe mal dans l’opinion. Et pas seulement chez les principaux concernés ! Nous l’avions dénoncé en son temps, la mesure est lourde de symboles. Elle touche à l’idée que les Français se font de la justice sociale et du coup elle vient oblitérer les chantiers ouverts par le gouvernement dans bien d’autres domaines.

Voilà donc la question sociale qui revient au premier plan. Et avec elle, celle du pouvoir d’achat des plus démunis. La problématique s’impose d’autant plus fortement que la croissance est de retour, les entreprises retrouvent le moral, les profits grossissent et avec eux les rémunérations des principaux dirigeants. La mondialisation a creusé les inégalités, en France et partout dans le monde, chacun en est conscient. Demander un effort supplémentaire à des retraités qui ne sont plus dans le circuit de la production apparaît donc plus injuste encore.

Double défi

Dans ce domaine, les explications, les justifications du gouvernement n’impriment pas. La suppression de la Taxe d’habitation, supposée compenser les 1,6% d’augmentation de la CSG ne convainc pas. L’augmentation du minimum vieillesse, la baisse des prélèvements sociaux sont passés par profits et pertes. Bref, s’installe peu à peu l’idée que ce gouvernement et avec lui le Président, ne s’intéressent pas aux petites gens, dédaignent les territoires ruraux, ne comprennent rien à cette France qui peine à rattraper la modernité des grandes cités. Les élus locaux, peu nombreux à se reconnaître dans le parti de Macron, n’hésitent pas à en rajouter une couche. Privée de relais, de réseaux efficaces au plus près des populations, LRM se voit donc contrainte à un colossal effort pour relever un double défi : infléchir la politique du gouvernement pour pouvoir mettre en valeur le volet social et mobiliser ses troupes pour gagner sous ses couleurs, les scrutins locaux, partiels ou pas. Sans quoi, le Macronisme demeurerait qu’une prometteuse et inachevée parenthèse politique !