Au dessus du volcan

Notre bonne ville de Moissac est comme un volcan, qui sommeille en temps ordinaire et se réveille brusquement, sans crier gare. En quelques semaines, les incidents se sont multipliés, jusqu’à, plus spectaculaires, ces incendies de voitures dont les auteurs ont été fort heureusement confondus et condamnés rapidement. Au même moment la page Facebook de la mairie recevait quantités de commentaires, dont la teneur à tout le moins xénophobe, si ce n’est raciste a ému jusque dans les rangs de la majorité municipale. Le maire, son adjointe en charge du social, ont tenté d’éteindre l’incendie et d’opposer à ce front de haine, une réprobation que tous les humanistes ne peuvent que partager.

Mais le constat est amer. Moissac brûle, si j’ose dire par les deux bouts. La délinquance, les incivilités continuent de plus belle et la baisse affichée du nombre de cambriolages en centre-ville n’est hélas qu’une illusoire et sectorielle embellie. Le maire le concède qui annonce un déploiement des rondes de police sur la périphérie de la commune où s’est déplacée une partie des trafics et des actes délictueux. En même temps monte au sein d’une partie de la population des sentiments qui ont trouvé avec internet le moyen et l’occasion de violemment s’exprimer. Et c’est l’arbre qui cache la forêt. Car derrière ces mots obscènes, il faut entendre, comme un bruit de fond persistant et croissant, l’expression d’une fatigue, d’une douleur, d’un ras-le-bol face à la situation économique et sociale de la ville. Vérité mathématique ou pas, les Moissagais sont convaincus du déclin de leur cité, dont ils voient chaque jour le centre dépérir. Ils constatent aussi et s’effraient en même temps de la présence physique et palpable d’une pauvreté que les associations caritatives, et les aides sociales ont bien du mal à faire reculer. Et pour cause, si Moissac n’attire pas les investisseurs, elle reste un point de chute pour bien des migrants, alléchés pour certains par de petites annonces qu’on peut aussi trouver sur la toile. La pauvreté ici est toujours mieux que la misère ailleurs !

La question est économique, sociale, mais aussi sociétale avant d’être policière. Et la droite qui avait fait campagne en 2014 sur le thème de l’immigration non contenue, sur l’appauvrissement de la ville dont elle rendait la gauche responsable, ne peut que constater, si elle est un tant soit peu lucide, qu’elle n’a rien réglé. Bien au contraire. En dépit des aides substantielles de l’état, par le biais de ce qu’on appelle « la politique de la ville », cette droite dont le budget pour 2018 (voir ici) souligne le manque d’imagination et de volonté, ne sait pas, en vérité n’a jamais su, comment relever le défi qui nous est collectivement posé.

Au dessus du volcan

Où sont les ressources humaines?

Le groupe Divers gauche a au cours de ce dernier Conseil municipal interrogé le maire sur les relations sociales dans différents secteurs.

  • Hôpital. Les syndicats, les personnels en général se plaignent des conditions de travail : surcharges, non remplacements des absents ou des démissionnaires, notamment à l’EPHAD… Alors que le CHIC affichait des résultats financiers positifs en 2016, la rumeur annonce un déficit pour 2017. A cet heure, faute de rapport infra, aucun chiffre n’est disponible. Qu’en est-il réellement ? Y aurait-il un problème de management au sein de notre hôpital ? Que comptez-vous faire pour rétablir un climat de confiance, indispensable à la pérennité de cette structure dont chacun sait qu’elle est fragile et menacée ?

L’hôpital devrait effectivement  terminer l’année en déficit. En juin, la prévision portait sur 1 million d’euros. En décembre cela ne devrait pas s’arranger. Les raisons? Un volume d’activité en baisse, une masse salariale en hausse (augmentation du point d’indice des personnels soignants, distribution de primes aux médecins…) A cela le directeur ajoute la fin des contrats aidés et un absentéisme en hausse. Mais récuse tout problème de remplacement, toute difficulté à trouver des remplaçants.

On retiendra que le maire, par ailleurs président du Conseil de surveillance s’obstine à nier les problèmes internes, conséquence d’un management très décrié par les syndicats, comme par certains médecins. Il a même trouvé la parade: attention à « la mauvaise publicité »qui peut mettre en danger notre hôpital. Du coup, chacun est prié de se taire. Tout va très bien madame la marquise.

  • CCAS. Le CCAS connaît aussi des problèmes de remplacement des personnels, en particulier dans les crèches. Comment comptez-vous améliorer cette situation, alors que les emplois aidés sont en voie de raréfaction et qu’une baisse de la subvention municipale est annoncée ?

A l’évidence, il y a comme « un mal être » dans le secteur de la petite enfance nous a dit Maryse Baulu. Contrairement à l’aide à domicile, l’absentéisme y est un gros problème, faute de personnel diplômés disponible. Il sera fait appel à trois jeunes gens effectuant un Service civique. pour faire face aux besoins.

La réponse a le mérite de la sincérité. Dans le secteur médico-social, il est de plus en plus difficile de trouver des personnels compétents pour effectuer les remplacements. Les remontées de terrain confirment toutes cette situation préoccupante.

  • RH. Globalement, on constate chez les agents municipaux, un absentéisme préoccupant qui obère le bon fonctionnement des services. Quel est le taux réel de cette absentéisme, service par service ? Comment expliquez-vous cette situation ? Que comptez-vous faire ? On note au passage la création auprès du DGS d’un poste de chargée de mission, et l’annonce du recrutement d’un (d’une) nouveau DRH. Pensez-vous ainsi pouvoir résoudre ce problème d’absentéisme ?

Nous n’avons pas les moyens techniques de faire des statistiques service par service. La faute au virus qui s’est logé dans le système informatique de la mairie, nous a dit le maire. Quant aux chiffres globaux, l’adjointe en charge des personnels ne sait pas trop… Elle nous en livre deux ou trois estimant que Moissac est dans la moyenne de la strate.

Est-ce bien sérieux? En fait, cette non réponse révèle l’étendue du malaise. La majorité municipale ne contrôle rien, ne dispose d’aucun outil de pilotage. Les services sont en roue libre. Comment peut-elle prétendre dans cette absence de politique RH, tenir les engagements du ROB (rapport d’orientation budgétaire)?

 

 

Moissac 2018: les vaches maigres

En 2018, Moissac se met au régime. Le Rapport d’orientation budgétaire (ROB) promet des vaches maigres, alors que la politique de l’Etat, à travers les baisses de dotations, se solde sur trois exercices pour Moissac par une perte de plus d’un million d’euros. Il est exact que depuis quelques années les collectivités territoriales sont mises à contribution pour réduire le déficit des finances publiques. Cela les oblige à se serrer la ceinture. Mais Moissac semble découvrir aujourd’hui la situation. En fait, le maire a fait jusqu’ici l’autruche, comme si demain allait miraculeusement changer le cours des choses. Pourtant la loi NOTRe et l’obligation de transférer des compétences aux inter-communalités, annonçait clairement la couleur: l’avenir appartient aux communautés et ici, en Terres des Confluences on ferait bien d’en prendre toute la mesure.

Du coup, la mairie de Moissac dont la masse salariale représente 60% des dépenses de fonctionnement, annonce pour l’année prochaine des économies. Moins d’ETP (équivalents temps pleins) dans les services municipaux appelés enfin à se réorganiser. Lancement de plusieurs chantiers: heures supplémentaires, amplitude des ouvertures au public, rythmes scolaires… La majorité vient de se souvenir qu’elle avait commandé en début de mandat un audit resté trois longues années au fond d’un tiroir. Mais derrière les déclarations d’intentions, pas grand chose!  Pas d’objectifs précis, quantifiés, pas de volonté clairement affichée! Une fois encore la réponse, timide, timorée, n’est pas à la hauteur des attentes. Les gouvernements successifs avaient expliqué par A plus B que les regroupements de communes allaient permettre plus d’efficacité et surtout des économies. Les électeurs attendent et l’un et l’autre. Ce budget n’en balise pas le chemin.

Mais concédons le, réduire l’emploi n’a jamais rendu populaire. La droite qui avait fait campagne sur le thème « avec nous vous allez voir ce que vous allez voir » a perdu toute sa superbe. La main tremble. Et cette majorité effondrée ne parvient pas à choisir : changer son logiciel de gestion ou condamner la ville au dépérissement. Car côté investissements, la situation est encore plus catastrophique. Une fois retirés 2,2 millions d’euros pour les dépenses dites récurrentes, comme l’entretien de la voirie, du patrimoine… il ne reste que quelques miettes pour financer des projets. Et là c’est à pleurer. La mairie nous ressert le musée de l’Abbatiale, acté depuis belle lurette. Elle nous vend pour 250000 euros l’aménagement de l’ancienne caserne des pompiers au profit de la Croix rouge. La majorité a certes du coeur! Pas assez cependant pour intéresser à ce projet les autres organisations caritatives. Et à bout de ressources, elle promet un préau neuf à l’école Firmin Bouisset.

Cela vous en conviendrez ne fait pas une politique d’investissement. Et alors que le centre de Moissac dépérit, que les commerces cèdent la place aux marchands de sommeil, la mairie annonce 50000 euros pour soutenir l’activité commerciale! Autant mettre un emplâtre sur une jambe de bois. Ce sujet, vital pour l’avenir de notre ville ne saurait se contenter de demi mesures. Dans la catégorie on fait rien, mais on fait semblant, la majorité s’intéresse au tribunal. 36000 euros et une étude vont-ils en donner la clé? Notons enfin, le groupe Divers gauche ne s’est pas privé de le faire remarquer, que le ratio de désendettement progresse dangereusement: 4 ans en 2016, 6,3 ans en 2017.

Dans une économie florissante, la dette n’est pas un problème. Elle est même un facteur de croissance. Mais à Moissac, ce n’est pas le cas, tous les indicateurs virent au rouge. Raison de plus pour penser l’économie locale, autrement et à une autre échelle. Et cette autre échelle, c’est Terres des Confluences. Il est étonnant, que rien ne soit dit sur la nécessaire articulation entre les deux entités. Chacune fait ses petites affaires dans son coin, avec ses petits moyens, mais n’envisage à aucun moment une intervention économique concertée, de grande ampleur, donc plus efficace. A titre d’exemple, peut-on encore, à Fleury, accepter une nouvelle grande surface commerciale? Ne faut-il pas à l’échelle du territoire revoir totalement ces politiques d’implantation si on veut réellement sauver les centre ville?

What else?

Le Conseil s’est poursuivi fort tard tant les sujets, nombreux, soulevaient interrogations et critiques.

  • Associations.

Les subventions vont encore baisser. Le maire voulait aussi, en versant en deux fois les subventions, améliorer sa trésorerie. Le groupe Divers Gauche s’y est opposé, expliquant que certaines associations (sportives entre autres) pourraient être gravement pénalisées par une telle mesure. Nous avons au final été entendus. Dont acte!

  • Stationnement

Il est payant Place des Récollets. Dès janvier prochain, le défaut de paiement relèvera d’une

procédure administrative (et non pénale comme aujourd’hui). Conséquence, les communes récupèrent la compétence. Le taux horaire sera inchangé, 1 euros,  avec la première demi heure gratuite. Mais au delà de 4h15 de stationnement, il en coûtera à l’étourdi 35 euros. La chasse aux voitures ventouses est ouverte

Le conseil municipal des enfants était présent en début de séance. 16 jeunes filles et garçons, mixité respectée, venus des différentes écoles de Moissac. Ils seront réunis pour la première fois samedi prochain. Bienvenue à ces jeunes pousses!

Au chapitre questions diverses, le Groupe Divers gauche a interrogé le maire sur l’hôpital, sur l’absentéisme dans les services municipaux, sur la situation au CCAS… Nous y reviendrons dans un prochain article.

 

Pin pon, pin pon

Je n’étais pas à l’inauguration de la caserne des pompiers. Et pour cause. Je n’étais pas invité. Même chose pour mes collègues de l’opposition divers gauche du conseil municipal. Étrange! Oubli? Volonté délibérée? On est en droit de s’interroger. Le maire qui ne manque jamais une occasion de nous envoyer un carton, de nous inviter à toutes ses sorties moissagaises, même les plus anodines, n’a pas daigné s’inquiéter de notre présence. Lui, pas plus que le président de la communauté de commune, pas plus que le président du Conseil départemental…

Interrogé par mes soins, Jean Michel Henryot se défausse : « C’est la Préfecture qui a fait les invitations en raison de la présence de la ministre, et qui a limité le nombre de participants selon ses critères pour des raisons de sécurité. Nous n’avons pas été partie prenante, mais, avant l’envoi de ces invitations préfectorales j’avais demandé à ce que tous les élus soient informés de cette inauguration, navré mais ce n’était plus de ma responsabilité, n’ayant pas, de plus la liste des invités »

Dont acte! Mais qui a payé cette caserne? Le département, la communauté de communes et les villes de Moissac et Castelsarrasin. À qui fera-t-on croire que le payeur n’a pas en la circonstance son mot à dire? Le préfet qui manifeste pour l’occasion une curieuse conception du pacte républicain si cher au Président Macron, ne saurait arguer d’une visite ministérielle, sauf à n’avoir rien compris de ce qui se joue aujourd’hui dans ce pays.

La morale de cette histoire, c’est qu’il n’y en a pas !

Du coup j’allais oublier de saluer les pompiers dont le travail tient parfois du sacerdoce et de me réjouir qu’ils soient enfin correctement logés. C’est fait !

Intercommunalité: des zones grises

La Communauté de communes compte à ce jour 72 emplois à temps complet. Son champ de compétence s’étend, sur un territoire où les problèmes s’accroissent.

 

Terres des Confluences s’est fait tirer le portrait.

C’est l’œuvre de l’observatoire régional de santé (ORS). Et la photo n’est pas réjouissante. Notre territoire est vieux, plus vieux que la moyenne du département. Le chômage y est très important, chez les jeunes, et les personnes en situation de précarité, des populations qui affichent en même temps un faible niveau d’études. Premières concernées les villes de Moissac et Castelsarrasin ! (Voir ici l’étude de l’ORS)

Mais ce n’est pas tout. 22% des enfants de sixième sont en surcharge pondérale (16% dans la région) Ils sont deux fois plus nombreux qu’ailleurs à souffrir de caries. Et puis on meurt plus et plus tôt sur nos terres. Globalement, nos populations ne se sentent pas bien. 72% des sondés se plaignent d’un mal être et de souffrance psycho-sociale. C’est dire, mieux que toutes les enquêtes sociologiques, la situation alarmante de ce coin de Tarn-et-Garonne. Le désert médical, on l’a dit et redit ici, y avance irrésistiblement. Manque de spécialistes, délais d’attente trop longs, raréfaction progressive des généralistes… Et l’immigration assombrit encore le tableau : problème de langue, de compréhension et un rapport à la santé qui met en évidence un problème culturel.

Face à cette situation, les remèdes semblent parfois de la poudre de perlimpinpin, au mieux des vœux pieux : « il faut -aller vers-, pour favoriser l’accès au soin, le rendre plus visible, renforcer les actions de prévention, faciliter les échanges entre professionnels de santé, mobiliser les outils du Pacte Santé… » Faible, bien faible réponse ! Heureusement qu’il y a l’hôpital ! C’est un atout de poids dit l’ORS. Le Comité de défense qui a sauvé notre CHIC,  y trouvera des raisons de persévérer. Et puis il y a les maisons de santé, que les collectivités locales installent à grands frais. Terres des Confluences va en créer une à Saint Nicolas de la Grave. Coût estimé : plus d’un million d’euros. Les travaux ne débuteront qu’après engagement écrit des professionnels à s’y installer. Heureusement!

Economie

Une des réponses, à moyen terme, aux maux de notre territoire, c’est la création de richesses, le développement économique. Bonne nouvelle, la coopérative agricole Stanor qui conditionne les fruits, va investir 2, 7 millions d’euros dans un deuxième atelier de pré-calibrage. Cinq emplois à la clé. Terres des Confluences va lui octroyer une aide de 1000 euros qui lui permettront de solliciter les subventions européennes. Les ZAC (zones d’aménagement concerté) sont encore loin d’être pleines, même si quelques entreprises y transfèrent une partie de leurs activités.

Mais le développement économique passe par la diversification des activités. Le tourisme est un vecteur puissant, trop longtemps moqué par des politiques à la vue courte. Les temps changent, il faut l’espérer. La communauté de communes, comme le lui impose la loi, vient de mettre en place, sous forme associative, un Office de tourisme chargé de la promotion de tout le territoire. Une Convention fixe désormais pour trois ans les objectifs de ce nouvel organisme qui s’installera à Moissac. L’OTI devra améliorer les retombées économiques, développer l’attractivité du territoire et en faire la promotion. Subventionné à hauteur de 300 000 euros en 2018, il devra faire la preuve de son efficacité et savoir travailler en bonne intelligence avec l’Office Moissagais qui lui a transféré quatre emplois mais conserve la gestion du patrimoine abbatial.

L’OPAH (Opération programmée d’amélioration de l’habitat) mise en place sur les 14 communes de l’ancienne intercommunalité, « Sère-Garonne-Gimone » est reconduite pour un an. Elle a permis en 2016 l’amélioration de 83 logements. Les Moissagais peuvent témoigner de l’intérêt d’un tel dispositif, lancé par l’ancien maire Jean Paul Nunzi.

Et puis il y a la culture ! N’en déplaise aux sceptiques de tous poils, c’est aussi un outil de développement économique. L’association MCV, qui porte le Festival des Voix, a cherché auprès de l’intercommunalité, un soutien financier. En contrepartie, elle s’est engagée à repenser sa programmation, en y intéressant les bourgades du secteur. Une décentralisation culturelle en quelque sorte sur la base d’un gagnant-gagnant. Reste que Castelsarrasin résiste et veut, parole de son maire, garder son festival, tout en siégeant au Conseil d’administration de MCV. Qu’il soit permis ici de manifester un double regret. Un grand et gros festival, innervant sur une période plus longue tout le territoire, aurait plus de force, plus de visibilité. La proposition demeure d’actualité même si Castelsarrasin fait toujours la sourde oreille.  Et puis, pour éviter les polémiques, il serait bien que le bureau de l’intercommunalité respecte un minimum de formalisme démocratique. Avant de faire voter sur des noms choisis dans le secret d’un bureau présidentiel pour siéger au CA de MCV, il faut procéder à un appel à candidature. Il y a parfois des surprises !

Les alarmes du CESER

L’Occitanie veut sa LGV.

Le Conseil économique social et environnemental régional, qui depuis toujours milite pour le désenclavement ferroviaire de la région, sera reçu le 8 novembre prochain à l’Elysée. Son président, Jean Louis Chauzy, la présidente de la région, Carole Delga iront plaider la cause du train à grande vitesse. Il s’agit en effet de permettre à Toulouse et sa région de se rapprocher de Paris, mais aussi de l’Espagne dont le réseau TGV fait des envieux de ce côté des Pyrénées.

 

L’aéroport de Toulouse

suscite également les inquiétudes de la deuxième assemblée régionale. L’actionnaire chinois revendique maintenant le contrôle de la totalité du capital (il en détient 51%) et menace de se retirer s’il n’obtient pas satisfaction. Le ministre de l’économie, Bruno Lemaire semble disposé à lui donner satisfaction. Pour l’instant, la contribution des Chinois au développement de la plateforme toulousaine s’est bornée à en siphonner les liquidités, en puisant dans la trésorerie. Ils ont surtout oublié leur engagement principal : permettre, aide financière à la clé, aux PME d’Occitanie de partir à la conquête du marché chinois. On se souvient que cette privatisation partielle de l’aéroport de Toulouse avait été engagée par le ministre de l’économie de François Hollande, un certain Emmanuel Macron.

 

La mécanic vallée en danger.

Ça se passe à Rodez, aux pieds de l’imposante cathédrale. Bosch, un des plus gros employeurs du coin menace de mettre la clé sous la porte. La raison ? Le marché du diésel est en perte de vitesse. Or à Rodez, Bosch fabrique des éléments pour les moteurs diesel. CQFD ! L’automobile représente dans cette zone entre Aveyron, Lot et Corrèze, 35% des 14 000 emplois industriels. Le départ de Bosch marquerait un coup d’arrêt à la success story de cette vallée, miraculée de la grande casse des années 80, quand activités minière et sidérurgique ont été terrassées par la mondialisation.

 

La régionalisation sur la sellette.

Le CESER fait chorus avec la région Occitanie pour dénoncer les coupes sombres que l’Etat opère dans les dotations aux collectivités territoriales. Les communes ne sont pas les seules concernées, la région supporte de plus en plus mal les économies que lui demande l’état. Elle craint de perdre son autonomie budgétaire, pour devenir un établissement public comme les autres. Heureusement,  on n’en est pas encore là !

Sur le chemin de l’école (suite)

Comme je l’indiquais précédemment, j’avais demandé au Conseil Régional des explications et un peu plus de transparence sur la mise en place de l’école  régionale du numérique. Dans le souci unique d’en faire, aussi, un outil de développement du territoire. La réponse est arrivée. Je vous la livre.

« En réponse à votre mail, je vous informe que la sélection des apprenants de la formation relève de l’organisme de formation et de la Région qui finance cette formation. L’envoi du listing des candidats par l’organisme de formation est une erreur, car il n’est communiqué normalement qu’à la Région.

Je réponds toutefois à votre question concernant la localisation des apprenants : 2 personnes sont de Moissac, 4 personnes de Montauban, 1 personne de Montech, 1 de Monteils, 1 de Beaupuy, 1 de Villaudric, 1 de Bruguières, 1 de Montbeton, 1 de Lafrançaise, 2 de Toulouse. Soit 13 personnes de Tarn-et-Garonne, dont 2 de Moissac. Cette représentation est très valorisante quant à l’attractivité du territoire et de cette formation. L’objectif de cette formation est de « rayonner » sur le département et lors de sessions dans d’autres départements, nous avons accepté des candidatures hors département mais également hors Région Occitanie, certains apprenants ayant déménagé pour suivre cette formation.

Les critères d’accès à une formation financée par la Région ont été respectés par l’organisme de formation et 13 apprenants sur 15 ont un niveau Bac ou infra bac, ce qui répond non seulement aux critères de l’Ecole régionale du numérique mais également à votre volonté d’offrir cette formation aux publics les plus en difficulté.

La réunion de lancement avec les prescripteurs, à laquelle vous avez assisté, ainsi que le travail de relance effectué par le Bureau Territorial, a permis de sensibiliser ces derniers et un maximum de candidats à cette formation. Le nombre de candidatures était tout à fait suffisant pour effectuer un choix, basé sur les compétences en savoir-être et savoir-faire des candidats. L’objectif étant, bien entendu, que cette formation puisse mener les apprenants vers un emploi sur votre territoire. Je rappelle que les publics sélectionnés sont bien « les plus éloignés » par leur niveau de qualification.

De plus, le lien avec le territoire sera fait, tout au long de la formation, par l’organisme de formation, qui s’appuiera sur les entreprises locales pour établir des partenariats. D’expérience sur les autres territoires, ceci permet de créer une dynamique autour du numérique, d’entreprises de ce secteur, mais également d’entreprises du secteur « traditionnel » qui sont intéressées par des compétences numériques. Le relais de votre collectivité auprès des acteurs économiques serait une valeur ajoutée.

Espérant avoir répondu à vos questions… »

Nous voilà rassurés ou presque. Il nous appartient, n’en déplaise à la Région, et à tous ceux qui s’endorment volontiers sur leurs lauriers, de veiller au grain. De saisir la balle au bond et de susciter autour de cette ERN (école régionale du numérique), les vocations afin que le territoire de Terres des Confluences fasse son entrée dans la nouvelle économie.