EHPAD : « Est-ce ainsi que les hommes vivent ? » (1)

Pas même une douche par semaine pour les pensionnaires, des draps sales, des soins à l’avenant, des locaux indignes, la sécurité qui fait problème, un manque chronique de personnels, des visiteurs extérieurs qui ne sont pas les bienvenus… La maison de retraite de Castelsarrasin est une injure faite à la dignité des personnes âgées.

L’établissement qui dépend du CHIC, le centre hospitalier intercommunal Castel-Moissac souffre d’un déficit abyssal : 2,3 millions d’euros ce qui l’oblige à augmenter ses tarifs : 7% en 2013, 2,6% en 2014, et d’autres augmentations annoncées pour 2017. Le problème est connu depuis bien longtemps depuis 2002 en fait quand le premier projet de reconstruction a vu le jour. Mais de projet en projet, de plan de financement en plan de financement, les choses ont trainé, jusqu’en 2015.

Un nouveau projet de 130 lits, sur trois niveaux, pour un coût de 16,5 millions d’euros est alors élaboré. Mais cet automne tout semble remis en question, une nouvelle fois, faute d’un plan de financement. D’où le cri d’un des responsables du Comité de défense de l’hôpital : « une maison digne, est-ce une utopie, cela relève-t-il de l’impossible ? »

« On a perdu 15 ans, lui a répondu J. Philippe Bésiers, maire de Castelsarrasin. Il ne faut pas que ça dure plus longtemps » Et d’annoncer qu’il cherche des partenaires pour l’EHPAD, des acquéreurs pour le foncier, qu’il va proposer un engagement de la mairie… alors que le département dit qu’il est prêt à tripler ses subventions. En 2012, la maison de retraite, « les Grains dorés » à Moissac avait obtenu une subvention de 300 000 euros du Conseil général.

(1) Louis Aragon

 

Hôpital: deux chirurgiens pour le prix d’un

Le ciel semble s’éclaircir au dessus  de l’hôpital de Moissac-Castelssarasin. C’est du moins ce qui ressort des différentes interventions entendues au cours de l’assemblée générale du Comité de défense. Et pourtant, dans la salle des fêtes de Gandalou, ce n’était pas l’affluence des grands jours. Les syndicats du personnel hospitalier, CGT et CFDT, qui avaient séché la réunion, ont ainsi raté l’occasion de faire chorus avec les élus de toutes tendances, de Montauban comme de Moissac. img_3678

Certes la cause mérite cet élan partagé. Et on ne peut que s’en réjouir. Résistera-t-elle à l’épreuve des faits ? On l’espère. Ce qui est sûr, c’est que la question des chirurgiens semble en voie de règlement. Afin de s’attacher les services des deux chirurgiens orthopédistes, l’hôpital de Moissac pourrait proposer à chacun d’eux, un poste à mi-temps de praticien hospitalier et ce pendant leur année probatoire qui est une obligation légale avant la titularisation.

La démarche est habile car elle rassure les chirurgiens et conforte ce service chirurgical, nécessaire au maintien de l’hôpital. Encore faudra-t-il que l’Agence régionale de santé (ARS), valide en mars prochain, la proposition ! Jean Paul Nunzi, le président du Comité de défense et Pierre Mardegan, vice président du Conseil départemental, médecin et directeur départemental des Urgences semblaient sûrs de leur coup. Tant mieux ! « C’est une victoire » s’est écrié Jean Paul Nunzi qui a tenu à y associer Christian Astruc, le président du Conseil départemental.  Pour autant, le Comité de défense ne veut pas baisser la garde. La droite annonce après les élections, des économies tous azimuts. Pas sûr alors que les services de santé échappent à la purge !

« Attention aux rumeurs »

C’est la deuxième fois que Pierre Mardegan lance cette mise en garde. La première fois,2016-11-04-19-40-26c’était devant les élus de la Communauté de communes, une vingtaine à peine (sur 130) avait alors répondu à l’invitation du maire de Moissac. En adepte de la méthode Coué, (le fameux psychologue) le docteur Mardegan invite donc chacune et chacun à croire à l’avenir de l’hôpital. Et à le dire, car selon lui, c’est nécessaire. Et pourtant dans ce paysage soudain repeint aux couleurs du printemps, des questions demeurent. Comment fonctionnera l’attelage avec Montauban ? Et les médecins, joueront-ils le jeu ? Certains généralistes préfèrent depuis longtemps envoyer leurs malades dans le secteur privé. Et pourquoi l’hôpital de Moissac ne disposerait-il pas d’un service de pédiatrie, de neurochirurgie… etc…

A l’évidence, il y a encore du boulot ! Montauban, majoritaire dans la gouvernance du GHT (groupement hospitalier de territoire) qui veut construire un nouvel hôpital du côté de Bressols, fait peur au petit poucet de Moissac. La complémentarité des structures (CHU de Toulouse, centres hospitaliers de Montauban, et de Moissac) apparaît encore comme une construction très théorique, faîte pour rassurer le plus faible de ce dispositif. Au delà des apparences, l’engagement et la bonne foi des principaux acteurs de cette recomposition du système de soins dans le département résisteront-ils au temps et aux épreuves ?

Mais ne boudons pas notre satisfaction, soyons positifs, puisque nous sommes sommés de l’être. Positifs… et vigilants !

 

Conseil municipal: de la Com-Com à F. Bouisset

Un seul point à l’ordre du jour du Conseil municipal de Moissac . Un conseil exceptionnel en ce mois d’octobre pour adopter la nouvelle répartition des conseillers communautaires. Votée à l’unanimité.

Le 1° janvier, notre intercommunalité, « Terres de confluence » s’appellera « Terres des confluences » Le distinguo est subtil, mais nécessaire, car le 1° janvier, ce ne sont plus 6 communes mais bien 22 qui vont intégrer la structure communautaire. Près de 40 000 habitants, et une nouvelle gouvernance ! Il y aura donc dès les premiers jours de 2017, une nouvelle élection afin de désigner le nouveau président et le nouveau bureau de l’intercommunalité qui au passage va hériter de nouvelles compétences.

L’enjeu n’est pas mince. Il fallait donc, afin de pouvoir procéder à cette élection, déterminer le nombre de conseillers, représentant chacune des communes. Les 22 maires sont finalement tombés d’accord sur une répartition qui comme de juste fait la part belle à Moissac et Castelsarrasin. 15 conseillers communautaires pour chacune des villes. La Villedieu du temple en aura 3 et Saint Nicolas de la grave 2. Toutes les autres auront droit à un seul conseiller. Au total, Terres des confluences sera gouvernée par un collège de 53 conseillers, qui éliront donc en leur sein le président et le bureau.

Si l’on en croit radio couloir, Bernard Garguy, maire de Lizac et actuel président très consensuel, devrait conserver son fauteuil, Moissac et Castelsarrasin ne souhaitant pas afficher une hégémonie qui pourrait fâcher les petites communes et les nouveaux entrants. Il est vrai aussi que Jean Michel Henryot et Jean Philippe Beziers sont grandement occupés par leurs responsabilités au sein du Conseil départemental et ne sauraient briguer de nouvelles responsabilités sauf à passer pour d’impénitents cumulards.

Questions diverses

Cela n’a pas empêché l’opposition de gauche, le FN était une fois de plus totalement absent, ce qui prouve s’il en était besoin son désintérêt absolu pour la vie de notre commune, de poser quelques questions diverses.

Cantines scolaires

La nouvelle organisation fonctionne et les impayés sont peu nombreux (5 familles au dernier pointage). Un logiciel a été acheté par la commune qui permettra dès le mois de décembre, le paiement en ligne.

Aire de camping-cars

La mairie fait état de la satisfaction des usagers (proximité de la ville, qualité des services…) Mais admet qu’il est un peu tôt pour dresser un bilan complet. Elle constate cependant que septembre a été un bon mois en termes de fréquentation et espère que la tendance se poursuivra en octobre.

Moissac ville amie des enfants.

Et de Montauban qui refusait jusque là d’accueillir dans ses écoles les enfants de la communauté des gens du voyage. A l’évidence, ça dépare dans le tableau et le maire de notre ville ne cachait pas son embarras devant nos demandes d’explications. Pour couper court au débat, il a affirmé que désormais, sous la pression de l’UNICEF, Montauban, allait changer d’attitude. A suivre !

Firmin Bouisset

Voici la question que nous avons posée :

« Après avoir drastiquement réduit les subventions à l’Association pour un musée Firmin Bouisset, vous venez dans un récent courrier d’opposer une fin de non recevoir à ses propositions, notamment d’ouvrir un lieu passerelle offrant une visibilité nécessaire à la construction du dispositif global. C’est l’épilogue d’une mauvaise comédie qui dure depuis des mois et des mois et qui semble vouloir tirer un trait sur un projet qui aurait renforcé l’offre culturelle et touristique de Moissac. Un projet qui n’a besoin pour démarrer que d’un lieu visible, permettant l’ouverture au public et de la bonne volonté des bénévoles de l’association. Un local, l’ancienne trésorerie, avait semble-t-il été trouvé. Vous dites maintenant vouloir lui donner, avec la Communauté de communes qui ne semble pas au courant, une autre destination. Qu’en est-il réellement? Firmin Bouisset, l’enfant de Moissac, n’avait pas de son vivant réussi à monter dans sa ville un musée. Un siècle plus tard, les esprits ne semblent guère mieux disposés. A moins que dans cette affaire, les questions de personnes prennent le pas sur l’intérêt du projet! »

A l’évidence, le propos a agacé le maire. On le comprend, il n’aime pas qu’on appuie là où ça fait mal ! Il a bien fallu qu’il monte au front, un peu seul il est vrai ! Et toujours le même discours : « Certes ce projet est intéressant, mais on ne peut pas tout faire, on a proposé un local à l’association qui permettrait de comptabiliser ses dépenses d’eau et d’électricité (on est prié de ne pas rire)… On ne peut pas lui mettre à disposition l’ancienne trésorerie, car on a avec la COM-COM un projet de centre de télétravail… » C’est nouveau, tellement nouveau que B. Garguy, le président de la dite COM-COM n’est pas au courant !

Bref, force est de constater que la mairie ne veut pas d ‘un projet susceptible d’enrichir l’offre touristique, culturelle et économique de la ville. Elle se réfugie derrière de piteux arguments financiers qui ne tiennent pas quand on sait que ce projet est de moyen terme, et qu’il ne sollicite pas d’autre aide que la mise à disposition d’un local, visible, accessible au public, permettant de préfigurer ce que pourrait être un Centre Firmin Bouisset, un musée et au delà un pôle pédagogique et d’animation économique.

Nous avons demandé au maire des réponses claires, car la culture, l’économie culturelle (et oui la culture est un secteur économique à part entière) ne sont visiblement pas la tasse de thé de la droite moissagaise. La Bobine qui permet aux Moissagais et aux autres de voir des films de qualité est sur le point d’interrompre ses activités faute d’un soutien affirmé de la mairie. Même chose pour Organum dont le rayonnement dans le domaine des musiques du Moyen-âge est international.

L’opposition de gauche a, in fine, demandé des clarifications rapides. La mairie doit, c’est bien le moins, répondre aux associations, à celle de Firmin Bouisset. Les atermoiements, les faux semblants ont assez duré. Le maire a clos le débat d’un lapidaire : « Ce n’est pas ici qu’on va donner des réponses » A bon entendeur…

Hôpital: déjà 7000 signatures

Le service des urgences de l’hôpital de Moissac a fait peau neuve. Plusieurs mois de travaux, que l’état a financé à hauteur de trois millions d’euros. Cette modernisation avait été défendue et lancée par Jean Paul Nunzi qui préside aujourd’hui le Comité de défense de l’hôpital.

Il est marrant le maire de Moissac. Dans un article récent, consacré à l’hôpital et publié par le « Petit Journal », il s’offusque des  « bruits qui circulent » et se sent tout à coup obligé à une mise au point.

Bien ! Jean Michel Henryot a enfin compris le sens de nos questions en Conseil municipal qui loin de relever de « la polémique stérile » comme il l’écrit, témoignent de l’inquiétude des Moissagais et Moissagaises. C’est exactement pour ces raisons que nous avions demandé la tenue d’un conseil municipal extraordinaire. Proposition rejetée d’un revers de main par l’équipe en place. L’article signé par le maire peut donc être lu comme une réponse à l’opposition de gauche et une tentative de clarification à l’usage de la population.

Sur ce dernier point, je crois que JMH devra remettre l’ouvrage sur le métier et qu’il faudra plus qu’un papier concocté par ses services pour lever ambiguïtés et doutes.

La population qui veut comprendre ce qui se passe a dit massivement son attachement à son hôpital. Une pétition toujours ouverte, lancée par le Comité de défense de l’hôpital a recueilli à ce jour plus de 7000 signatures.

C’est tout dire ! C’est dire surtout que les habitants de Moissac, de Castelsarrasin et des alentours veulent avoir voix au chapitre. Ils ne se satisferont pas des justifications laborieuses sur telle ou telle décision de l’ARS. Ils s’inquiètent du vote des membres de la Commission médicale d’établissement (CME), donnant à l’hôpital de Montauban une majorité de fait. Ce qui revient à lui abandonner le pouvoir sur la future structure, le Groupement hospitalier de territoire. Ils s’interrogent sur les grandes et petites manœuvres de Pierre Mardegan, vice-président du Conseil départemental, ancien ami de Brigitte Barèges et au sein du Conseil départemental, nouveau compagnon de jeu de Jean Michel Henryot. Il se trouve que PM qui ne cache pas ses ambitions en cas d’alternance en 2017, veut aussi construire un nouvel et grand hôpital départemental. L’emplacement est déjà trouvé : Bressols. Mais qu’en pense donc le maire de Moissac? Sur ce sujet, il reste coi !

L’art pour ouvrir la voie

De points d’interrogation en points d’interrogation, j’ai fait une partie du parcours artistique proposé par l’association de Gérard Cayla, par ailleurs conseiller municipal de la majorité. L’idée est intéressante et sa mise en oeuvre plutôt réussie. Les Moissagais, les touristes sont invités à cheminer dans la ville, à la rencontre d’artistes aussi divers que le peintre Benoît Noulet ou que le photographe Philippe Marchiesi. Les artistes, je ne peux pas tous les citer, ont investi des boutiques, des espaces inoccupés qu’ ils sont parvenus à habiter parfois au sens fort du terme. Cette déambulation dans Moissac a aussi un grand mérite: amener l’amateur d’art, voire le simple curieux, à découvrir la ville, à s’en approprier les coins secrets, à faire corps, ne serait-ce qu’un moment, avec elle.

Berlin, Toulouse, Paris, pour ne citer que ces trois villes là, ont depuis longtemps permis aux créateurs d’investir des friches industrielles, d’anciens entrepôts au sein desquels se sont épanouis des talents. On n’en est pas là à Moissac, mais la démarche mérite attention, d’autant qu’elle pourrait s’inscrire, pour peu qu’elle soit renouvelée, dans un projet plus ambitieux et de long terme: la reconquête du centre ville.

Noble dessein, mais pas facile à exécuter! Partout les villes moyennes souffrent, voient leur centre s’étioler au profit de grandes surfaces dans lesquelles les élus ont cru comme à une planche de salut. On ne refera pas l’histoire d’autant que les centres commerciaux, petits ou grands, ont bien des arguments à avancer. Mais la bataille des centres villes, celui de Moissac pour le coup, n’est pas forcément perdue. Aux pouvoirs publics, aux élus, de déterminer un cadre, de fixer un objectif, de prendre les dispositions règlementaires et fiscales pour encourager l’initiative privée. Au commerce de se renouveler, d’inventer une offre correspondant aux besoins de la population, permanente ou de passage, de mettre la ville en harmonie avec ses ambitions: bâtir un pôle touristique départemental et régional.

Pour y réussir, il y faudra la ruse d’un Ulysse, la force d’un Titan et peut-être même l’obstination d’un Sisyphe. Pas sûr que cette majorité en dispose! L’opposition a encore un peu de temps pour travailler le problème.

En attendant, si vous préférez découvrir Moissac la nuit, rendez-vous est donné, jeudi, 18 aout, à 20H45 au Moulin de Moissac et à 21h à l’Office de tourisme pour un                             «Noctambul’art ».