Inauguration des Urgences

Pas de ruban, mais la foule des grands jours: un ministre des collectivités territoriales, une ex ministre du logement, candidate à la primaire socialiste, des élus locaux, de tout gabarit et de toutes obédiences… C’était enfin l’inauguration officielle du service des urgences de l’hôpital de Moissac. Une inauguration que l’opposition Divers gauche avait réclamée avec insistance lors des Conseils municipaux.

Ca sent encore la peinture fraîche et le matériel neuf. Le service a été totalement refait pour trois millions d’euros. Entièrement payés par l’état. Il accueille en moyenne 1500 patients par mois. Une fréquentation en hausse parce que les besoins augmentent, mais aussi parce que la médecine de ville se décharge petit à petit sur l’hôpital.

Pour répondre aux besoins, pendant les travaux qui ont duré presque trois ans, les Urgences n’ont jamais fermé. Elles ont juste déménagé ce qui on s’en doute ne s’est pas fait sans difficulté. Coup de chapeau donc aux personnels soignants !

Et des coups de chapeau, il y en eut, aux architectes, aux aménageurs, aux entreprises de construction, aux chefs de projets aussi, le docteur Sabine Augé entre autres. Il fut aussi rappelé par le maire de Moissac que Jean Paul Nunzi, son prédécesseur, aidé de Pierre Mardegan, le patron des urgences dans le département, avaient monté le dossier, convaincu l’ARS (l’Agence régionale de santé) et obtenu les financements indispensables.

Sylvia Pinel improvisa un discours dont l’auditeur attentif put retenir que les maisons de santé étaient un des axes forts de la politique régionale sur les territoires. Et pour finir, le ministre des collectivités territoriales, « venu en voisin », fit son numéro favori : le panégyrique de lui-même. Il expliqua qu’en 1984, il avait obtenu, auprès de Georgina Dufoix, alors ministre des affaires sociales, des crédits pour la modernisation de l’hôpital de Moissac. Il insista encore sur l’intérêt de maintenir à l’ouest du département, des structures hospitalières, et un environnement médical de qualité. Il est vrai que population et professionnels craignent parfois que la création des GHT (groupement hospitalier de territoire) ne conduise à terme qu’à la fermeture pure et simple des petits hôpitaux. Curieusement, l’insistance du ministre sonnait comme une mise en garde !

 

L’Occitanie fait tourner les têtes

L’Occitanie vaut bien une messe, en l’occurrence un changement de pied. C’est ce qu’a du se dire Carole Delga.  N’est-ce pas le voisin de Navarre, le roi Henri qui s’offrit ainsi le royaume de France. Longtemps réticente à ce patronyme pour les raisons déjà ici évoquées, la présidente de LR-MP s’est rendue à la raison des urnes et aux arguments de ses turbulents alliés. Elle découvre maintenant des vertus cachées à cette « Occitanie » qui sonne tout à coup à ses oreilles comme Californie, et qui fait tellement plaisir aux vieilles barbes militantes. Pourtant, PC, PG et Verts ne semblent pas tous sur la même ligne. Du coup, après avoir accepté la liberté de vote, le groupe Nouveau Monde présidé par Gérard Onesta a décidé d’imposer le vote bloqué. Ralliez-vous à mon panache…rouge. Quant aux Catalans, toujours prompts à hisser leurs couleurs, ils pourraient hériter de l’Euro-région, siège à Perpignan, rebaptisée Occitanie-Catalogne. Une vache n’y trouverait pas son veau!

Tout ça, parce que Carole Delga mesure bien la fragilité de sa majorité. Et dans le contexte, économique et politique, elle ne peut se permettre de jouer avec le feu.  On verra donc le 24 juin prochain ce qu’en pensent les élus de droite qui ont commencé à se faire entendre. Feront-ils front commun avec le FN? L’exécutif régional fait le pari que non. Et même si c’était le cas, il leur manqueraient 16 voix pour emporter la majorité. A moins que des dissidences se fassent jour au sein du bloc majoritaire. Les Radicaux sont apparemment disposés à suivre la Présidente. Mais un vote reste une décision individuelle. Certains, y compris chez les socialistes, pourraient bien manifester leur mauvaise humeur.

En tout cas, il y en a un qui n’a pas attendu pour se faire entendre, c’est le Président du CESER (Comité économique, social et environnemental régional) Jean Louis Chauzy qui a dit toute son hostilité à « Occitanie », lui qui avait suggéré… « Languedoc-Pyrénées »!

Le vote populaire, un peu plus de 200 000 participants, avait plebiscité à plus de 44% le nom « Occitanie ».

Et si c’était « Languedoc-Pyrénées »

Languedoc-Pyrénées.

Ce pourrait bien être le nom choisi in fine par les élus du Conseil régional, le 24 juin prochain. Ce nom présente plusieurs avantages. Il répond aux critères définis par le CESER (Comité économique, social, environnemental régional). Critères historiques, géographiques et de lisibilité.  Il rassemble les deux ex-régions en un seul nom : Languedoc (ex Languedoc-Roussillon) Pyrénées (ex Midi-Pyrénées) De plus, il est facile à retenir puisqu’il fait déjà écho à des patronymes inscrits dans nos mémoires.

Il a contre lui le scrutin populaire. Il semblerait, mais on devrait le savoir bientôt, que les citoyens auraient, sur les quelque 200 000 avis exprimés, majoritairement choisi « Occitanie ». (le sondage mis en ligne sur ce site indiquait également cette préférence) Mais ce nom renvoie à une conception de la région  plus politique, faisant écho aux grands mouvements régionalistes des années 70. Il témoigne surtout d’une préoccupation moins hexagonale, dessinant davantage l’espace virtuel d’une langue en totale perte de vitesse qu’une région tournée vers l’avenir.

Si le vote confirmait très majoritairement ce choix, l’exécutif et les élus régionaux seraient devant une vraie difficulté. Comment passer outre et ne pas tenir compte du message démocratique envoyé par les citoyens (une minorité d’entre eux au demeurant)? Gérard Onesta, chef de file des Verts, et grand prêtre d’une mouvance de groupuscules  qui va du Parti Occitan au Parti de gauche en passant par les associations catalanes, entend appuyer là ou ça fait mal. Il multiplie les mises en garde, les appels à respecter le vote populaire…

Prémices d’une crise au sein de la majorité régionale, ou simple travail de lobbying? Tout est possible en ces temps incertains. Verdict dans quelques jours maintenant.

Nom de région: dernier round?

Dernier jour, dernières heures, pour se prononcer! il parait qu’on arrive à quelque 200 000 votants (internet et papier). Et toujours la même tendance: « Occitanie » loin en tête. Au point de la faire tourner à quelques uns.

Des huissiers auraient été demandés pour contrôler le dépouillement. Les caméras de télévision invitées pour témoigner de la sincérité du scrutin! Bref, une partie de la majorité régionale, le vert G Onesta  entre autre, craint on ne sait quelle manoeuvre de dernière minute. Ca chauffe dans les rangs de la gauche!

C’est d’ailleurs fou comme un nom, quelques lettres, trois ou quatre phonèmes, peuvent enflammer les esprits, soulever des tempêtes. C’est dire qu’un nom n’est pas chose anodine, qu’au delà de la démarche marketing prônée par les professionnels de la communication et du tourisme, il y a autre chose, un récit sous jacent, des strates mémorielles qui percent comme de grosses bulles de méthane  sous la surface du sens.

Raison de plus pour organiser méthodiquement le scrutin. Pour en solenniser le dépouillement. Et il semble bien que cette dernière séquence souffre d’une improvisation étonnante, qui risque d’entacher une démarche qui se voulait au départ vertueuse, soucieuse des citoyens, exemplaire d’une démocratie participative. A voir, et à suivre!

PS. Je parlais plus haut de la majorité régionale: à la faveur du vote du budget, elle vient de perdre quelques plumes, ou plutôt trois élus du Parti de Gauche qui ont voté contre une des délibérations, s’excluant de fait de la majorité, désormais réduite à 90 élus, PS, PRG, PCF, et Verts.