Moissac 2018: les vaches maigres

En 2018, Moissac se met au régime. Le Rapport d’orientation budgétaire (ROB) promet des vaches maigres, alors que la politique de l’Etat, à travers les baisses de dotations, se solde sur trois exercices pour Moissac par une perte de plus d’un million d’euros. Il est exact que depuis quelques années les collectivités territoriales sont mises à contribution pour réduire le déficit des finances publiques. Cela les oblige à se serrer la ceinture. Mais Moissac semble découvrir aujourd’hui la situation. En fait, le maire a fait jusqu’ici l’autruche, comme si demain allait miraculeusement changer le cours des choses. Pourtant la loi NOTRe et l’obligation de transférer des compétences aux inter-communalités, annonçait clairement la couleur: l’avenir appartient aux communautés et ici, en Terres des Confluences on ferait bien d’en prendre toute la mesure.

Du coup, la mairie de Moissac dont la masse salariale représente 60% des dépenses de fonctionnement, annonce pour l’année prochaine des économies. Moins d’ETP (équivalents temps pleins) dans les services municipaux appelés enfin à se réorganiser. Lancement de plusieurs chantiers: heures supplémentaires, amplitude des ouvertures au public, rythmes scolaires… La majorité vient de se souvenir qu’elle avait commandé en début de mandat un audit resté trois longues années au fond d’un tiroir. Mais derrière les déclarations d’intentions, pas grand chose!  Pas d’objectifs précis, quantifiés, pas de volonté clairement affichée! Une fois encore la réponse, timide, timorée, n’est pas à la hauteur des attentes. Les gouvernements successifs avaient expliqué par A plus B que les regroupements de communes allaient permettre plus d’efficacité et surtout des économies. Les électeurs attendent et l’un et l’autre. Ce budget n’en balise pas le chemin.

Mais concédons le, réduire l’emploi n’a jamais rendu populaire. La droite qui avait fait campagne sur le thème « avec nous vous allez voir ce que vous allez voir » a perdu toute sa superbe. La main tremble. Et cette majorité effondrée ne parvient pas à choisir : changer son logiciel de gestion ou condamner la ville au dépérissement. Car côté investissements, la situation est encore plus catastrophique. Une fois retirés 2,2 millions d’euros pour les dépenses dites récurrentes, comme l’entretien de la voirie, du patrimoine… il ne reste que quelques miettes pour financer des projets. Et là c’est à pleurer. La mairie nous ressert le musée de l’Abbatiale, acté depuis belle lurette. Elle nous vend pour 250000 euros l’aménagement de l’ancienne caserne des pompiers au profit de la Croix rouge. La majorité a certes du coeur! Pas assez cependant pour intéresser à ce projet les autres organisations caritatives. Et à bout de ressources, elle promet un préau neuf à l’école Firmin Bouisset.

Cela vous en conviendrez ne fait pas une politique d’investissement. Et alors que le centre de Moissac dépérit, que les commerces cèdent la place aux marchands de sommeil, la mairie annonce 50000 euros pour soutenir l’activité commerciale! Autant mettre un emplâtre sur une jambe de bois. Ce sujet, vital pour l’avenir de notre ville ne saurait se contenter de demi mesures. Dans la catégorie on fait rien, mais on fait semblant, la majorité s’intéresse au tribunal. 36000 euros et une étude vont-ils en donner la clé? Notons enfin, le groupe Divers gauche ne s’est pas privé de le faire remarquer, que le ratio de désendettement progresse dangereusement: 4 ans en 2016, 6,3 ans en 2017.

Dans une économie florissante, la dette n’est pas un problème. Elle est même un facteur de croissance. Mais à Moissac, ce n’est pas le cas, tous les indicateurs virent au rouge. Raison de plus pour penser l’économie locale, autrement et à une autre échelle. Et cette autre échelle, c’est Terres des Confluences. Il est étonnant, que rien ne soit dit sur la nécessaire articulation entre les deux entités. Chacune fait ses petites affaires dans son coin, avec ses petits moyens, mais n’envisage à aucun moment une intervention économique concertée, de grande ampleur, donc plus efficace. A titre d’exemple, peut-on encore, à Fleury, accepter une nouvelle grande surface commerciale? Ne faut-il pas à l’échelle du territoire revoir totalement ces politiques d’implantation si on veut réellement sauver les centre ville?

What else?

Le Conseil s’est poursuivi fort tard tant les sujets, nombreux, soulevaient interrogations et critiques.

  • Associations.

Les subventions vont encore baisser. Le maire voulait aussi, en versant en deux fois les subventions, améliorer sa trésorerie. Le groupe Divers Gauche s’y est opposé, expliquant que certaines associations (sportives entre autres) pourraient être gravement pénalisées par une telle mesure. Nous avons au final été entendus. Dont acte!

  • Stationnement

Il est payant Place des Récollets. Dès janvier prochain, le défaut de paiement relèvera d’une

procédure administrative (et non pénale comme aujourd’hui). Conséquence, les communes récupèrent la compétence. Le taux horaire sera inchangé, 1 euros,  avec la première demi heure gratuite. Mais au delà de 4h15 de stationnement, il en coûtera à l’étourdi 35 euros. La chasse aux voitures ventouses est ouverte

Le conseil municipal des enfants était présent en début de séance. 16 jeunes filles et garçons, mixité respectée, venus des différentes écoles de Moissac. Ils seront réunis pour la première fois samedi prochain. Bienvenue à ces jeunes pousses!

Au chapitre questions diverses, le Groupe Divers gauche a interrogé le maire sur l’hôpital, sur l’absentéisme dans les services municipaux, sur la situation au CCAS… Nous y reviendrons dans un prochain article.

 

Moissac: un budget ordinaire

Une fois n’est pas coutume, Moissac bénéficie d’un alignement exceptionnel des planètes : taux d’intérêts très bas, engagement de l’Etat dans le cadre de la politique de la ville avec à la clé de conséquentes subventions, et démarrage (un peu poussif certes) de la Communauté de communes « Terres des confluences ». Malgré cet environnement favorable, la majorité de droite se contente d’un budget sans audace, sans imagination, incapable même de soutenir les initiatives et les quelques rares projets soumis à ses arbitrages.

En matière de fonctionnement, c’est pareil, rien ne change ! Les charges générales progressent tranquillement, la masse salariale aussi. Tout le contraire de ce qu’avait promis cette majorité au cours de la campagne électorale. On est très loin du programme du candidat de la droite à la Présidentielle ! L’intercommunalité, la mutualisation maintes fois annoncées des moyens et des hommes devaient conduire à des économies. Il n’en sera rien. Si l’on en croit les prévisions de la mairie, le budget « personnels » augmentera en 2017, jusqu’en 2020 d’environ 2% l’an. Pendant ce temps, la communauté de communes embauche (45 salariés à ce jour). Faute de s’attaquer réellement au fonctionnement des services, communaux et intercommunaux, on empile. Faute d’une véritable politique de gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences, (GPEC), la droite gère au fil de l’eau, et ne bousculera rien, jusqu’à la fin de son mandat en 2020. Cliquer ici pour voir le détail du budget 2017.

Naguère, on appelait cela une gestion de père de famille. C’est honorable mais est-ce adapté au lieu et au moment ? A l’évidence, la droite s’est trompée de film. Notre ville a besoin d’entrepreneurs, elle a besoin d’une équipe municipale moins timorée, capable de bousculer gentiment les choses et ce dans tous les domaines.

Il y a trois ans, elle n’avait pas de mots assez durs pour critiquer la politique de la gauche en matière de patrimoine. La mise en valeur du Patus nous valut alors des tonnes de critiques, nous accusant de dilapider l’argent public. Et qu’annonce le budget 2017 ? L’ouverture d’un énorme chantier sur l’abbatiale, un projet sur plusieurs années, évalué à plus de 4,5 millions d’euros ! Et oui, la droite fait son acte de contrition et exhume les projets de l’ancienne équipe municipale.

On ne va pas s’en plaindre. Mais qu’il nous soit permis d’en sourire !

Chantier de l’abbaye

La fréquentation baisse. Les chiffres de l’OT en attestent. Normal ! L’offre ne correspond pas à la demande. Aussi belle soit-elle, l’abbaye ne répond plus aux attentes d’un public, habitué ailleurs à une mise en spectacle des lieux patrimoniaux et culturels ! Un architecte, un économiste et un muséographe vont donc revoir l’ensemble. Un chantier qui devrait se terminer en 2020. Ils devront en outre réorganiser les salles de visite, la nef dans la salle haute du clocher, restructurer les étages des ailes N et E, repenser la visite du chemin de ronde, revoir l’office du tourisme et tout l’accueil sur l’aile Saint Julien. Le stationnement et l’escalier qui y donne accès sera aussi repensé. Bref c’est la reprise du projet que la majorité de gauche avait esquissé, en souhaitant qu’il soit enrichi et permette aux visiteurs d’évoluer dans un univers interactif susceptible de faire récit autour de ces magnifiques et vénérables espaces.

Tourisme

Le port a perdu 30% de plaisanciers. Du coup la société gestionnaire a demandé une baisse de la redevance qu’elle paye à la mairie qui s’interroge sur l’avenir des pontons flottants sur le Tarn. Les plaisanciers se plaignent en effet des nuisances et du bruit la nuit. A défaut d’une réponse adaptée au problème, l’adjoint à la sécurité préconise de supprimer tout simplement ce port flottant. Il est vrai que VNF (Voies navigables de France) envisageraient de prolonger le port du canal, sur le bief amont, devant les silos.

En attendant, Moissac a demandé son classement comme station de tourisme.

Travail le dimanche

Pour les commerces non alimentaires, la loi Macron autorise le maire à accorder des dérogations exceptionnelles à l’interdiction du travail, dans la limite de 12 dimanches. La mairie a décidé d’autoriser 7 dates : les 15 et 29 janvier, les 2 et 23 juillet, et les 17, 24 et 31 décembre 2017.

 

 

La COM-COM parie sur l’avenir

C’était la dernière séance. L’année prochaine, Terres des Confluences comptera 22 communes et près de 40000 habitants, le deuxième bassin de population du département derrière Montauban. Une nouvelle gouvernance sera élue en janvier. L’actuel président, le maire de Lizac, Bernard Garguy devrait retrouver son siège, fort d’un accord négocié avec les nouveaux entrants et du soutien des maires de Castelsarrasin et Moissac qui ont tenu à lui rendre hommage en fin de réunion.

La salle du Conseil municipal de Moissac n’était pas totalement remplie, de nombreux conseillers communautaires s’étant fait représenter. Le menu de cette ultime réunion 2016 était pourtant copieux et intéressant. Mais dossiers après dossiers, les élus présents ont bien senti les limites de l’exercice, soulignées par Gérard Vallès et Patrice Charles. Nombre de délibérations votés ce mardi soir engagent en effet l’avenir. Elles mettent d ‘une certaine manière les communes nouvellement adhérentes devant une sorte de fait accompli, et égratignent au passage les principes démocratiques. Du coup, il faudra en 2017 revoter certaines délibérations, même si l’exécutif communautaire a assuré qu’il agissait en plein accord avec les maires des communes nouvellement intégrées. (voir la liste en cliquant ici).

Les communautés récupèrent nombre de compétences qui jusqu’ici appartenaient aux seules communes. C’est un gros travail politique et administratif de délimitation des périmètres,  de transferts de moyens, et de mutualisations des tâches. Le schéma de mutualisation définitif a été voté qui fixe les grandes lignes de l’action de Terres des Confluences.  En voici quelques dossiers emblématiques.

Tourisme. Un office intercommunautaire sera créé en 2017. Il aura compétence sur l’organisation et la promotion du tourisme sur le territoire. A l’évidence le dossier n’est pas bouclé et la communauté a obtenu du préfet qui veille au grain sur les processus de mise en place, un délai de réalisation.

Même chose pour l’aire des gens du voyage qui est aussi une compétence communautaire. Moissac qui ne s’est toujours pas mise en conformité avec la loi – mais concédons que le dossier est délicat- pourrait échapper à la contrainte. Castelsarrasin dispose en effet de deux sites adaptés qui vont tomber dans le giron de la communauté et permettre ainsi à tout le territoire de répondre aux obligations légales. L’affaire est sensible et pourrait bien durer encore quelques temps.

Les repas portés à domicile et dans les écoles sont fabriqués dans des cuisines centrales qui ne répondent plus aux normes sanitaires et qui sont sous-dimensionnées. Elles seront reconstruites sur la zone de Barrès ou de Fleury, et pourront assurer 2000 repas. Coût de l’opération : 1, 2 million d’euros, financés avec des aides de l’Europe, de l’état, de la région et du département.

Une étude de faisabilité, d’un montant de 30000 euros va être lancée pour la construction d’une piscine intercommunale qui à l’évidence concernera en priorité les villes de Moissac et Castelsarrasin.

Cette dernière a dit adieu à son POS (plan d’occupation des sols) pour se doter d’un PLU (plan local d’urbanisme) qui viendra se fondre dans le PLUI (plan local d’urbanisme intercommunautaire). Ceci faisant désormais partie des compétences obligatoires des communautés de communes.