L’hôpital par Jean Paul Nunzi

La bataille pour la sauvegarde de notre hôpital a plus de 30 ans.

Dans beaucoup de villes de 10 à 25000 habitants, les maternités, les services chirurgie, les services d’ urgences ont été supprimés au cours de ces dernières décennies.

Moissac a résisté. D’abord en créant le centre hospitalier intercommunal Castel-Moissac, par la fusion des 2 hôpitaux de Castel et de Moissac,( il n’y avait plus, ni chirurgie, ni urgences à Castel), donnant ainsi une assise de population de l’ordre de 30 à 40000 habitants.

Ensuite par la mobilisation et les actions vigoureuses menées par les élus, les personnels de l’hôpital et la population, à chaque menace sérieuse – et il y en a eu…

L’Agence Régionale de Santé, (ARS) le bras armé du gouvernement dans la Région, n’aime pas les manifestations d’hostilité qui dégradent l’image des politiques en place.

Et l’ARS a reculé et a renoncé à la suppression totale ou partielle du service chirurgie, a renoncé à la fermeture du service des urgences, la nuit, le week-end ou fermeture complète, envisagées à plusieurs reprises. Le rôle et l’efficacité du comité de défense n’est plus à démontrer au cours de ces dernières années. Sans lui, il n’y aurait plus à Moissac, ni chirurgie, ni urgences.

Beaucoup d’entre vous ont souhaité réactiver le comité de défense et m’ont demandé, étant donné ma longue expérience du combat dans ce domaine, d’en prendre la présidence, ce que j’ai accepté parce que les menaces sur les services de notre hôpital sont réelles.

Ce comité de défense est composé d’hommes et de femmes venus de divers horizons. Personnellement, j’ai des convictions mais ne suis depuis pas mal de temps dans aucun parti politique- .comme d’ailleurs la plupart des membres du bureau du comité de défense.. Ca n’empêchera pas le comité de dénoncer certaines décisions gouvernementales si elles mettent en danger notre hôpital. C’est ainsi que nous désapprouvons ce gouvernement pour la décision d’économiser 3 milliards en 3 ans sur les hôpitaux, alors que le secteur hospitalier ( en particulier le nôtre ) a beaucoup fait ces dernières années pour réduire ses dépenses et ses déficits, et cela au prix d’un effort important des personnels hospitaliers. Pour réduire davantage les dépenses ,il faut ,à un moment donné, réduire ou supprimer un service

Ce souci de défendre l’hopital quelle que soit la majorité politique en place au niveau national en place ,m’autorise aujourd’hui à mettre en garde contre des responsables politiques qui promettent de faire des dizaines de milliards d’euros d’économie sans préciser les secteurs concernés (l’éducation, la santé, la sécurité ?).

Les gouvernements successifs avec plus ou moins de brutalité, ont demandé aux ARS de mettre en œuvre ces réductions de dépenses et les petits établissements hospitaliers ont fait et font les frais pour l’essentiel de ces restructurations à caractère économique.

Nous n’avons pu éviter la fermeture de la maternité quelques mois après les élections législatives de 2002 que j’ai perdu ce qui a fragilisé Moissac sur le problème de la maternité…Période sombre pour bon nombre de maternités, de services chirurgie ou d’urgence, le gouvernement Raffarin de l’époque et son ministre de la santé, Jean François Mattéi ayant accéléré le rythme des fermetures

 

Aujourd’hui la population de notre bassin de vie compte une centaine de communes et environ 80000 habitants.

(la communauté de communes Terres de confluences autour de Castelsarrasin et Moissac..

la communauté de communes de Lomagne autour de Beaumont…

la communauté de communes des 2 Rives autour de Valence d’Agen…

la communauté de communes de Sère_Garonne_Gimone autour de St Nicolas…

la communauté de communes des terrasses et plaines des 2 cantons autour des Barthes et la communauté de communes Pays de Serre autour de Lauzerte…

Ce bassin de vie a la chance de disposer d’un établissement hospitalier de très grande qualité, grâce à la compétence et à la disponibilité des équipes chirurgicales et médicales (chirurgiens,anesthésistes, médecins, infirmiers). Cet outil est d’autant plus nécessaire que la désertification médicale s’aggrave dans notre région. Certains médecins partent en retraite et ont beaucoup de mal à se faire remplacer. Certains cantons du bassin de vie n’ont plus de médecins. D’où la place essentielle de l’hopital pour la sécurité sanitaire de la population…Tant de vies ont été sauvées grace à l’ hopital .Beaucoup parmi vous pourraient en témoigner…

Nous avons obtenu de haute lutte en 2011-2012 de l’ARS le soutien financier pour la reconstruction du service des urgences. 3 millions de subvention ont été attribués depuis 4 ans pour la démolition et la reconstruction des urgences estimées à 3,2 millions d’euros.

Ce chantier va démarrer incessamment..

On pourrait penser qu’avec 15000 admissions par an, et les travaux de reconstruction en cours on est à l’abri des menaces de fermeture partielle ou totale des urgences.

Malgré cela, croyez-moi, il faut être vigilant ! Pendant l’été, on a su la fermeture de maternités (Dourdan, Privas), la fermeture de services de chirurgie de plein exercice (Sarlat, Douarnenez), des réductions d’horaires ou des fermetures de services d’urgence (Valognes, Firminy, St Vallier, Mantes,.)

67 services d’urgences qui ne réalisent qu’environ 10000 passages par an sont menacés de fermeture. Aujourd’hui :Castelnaudary, Lavelanet, Decazeville, Condom, Gourdon, St Céré, St Affrique, Villeneuve sur Lot, Lannemezan, Lavaur, Figeac, Millau, Gaillac… _pour ne citer que des villes proches_ ont le service chirurgie ou le service d’urgences …ou les 2 qui ferment ou sont menacés de fermeture…

La loi Bachelot, qui vise à restructurer les établissements, à faire fusionner dans les départements les petits hopitaux avec les plus gros, reste d’actualité. Et le nouveau projet de loi de madame Marisol Touraine en discussion actuellement au Sénat rend obligatoire «  les groupements hospitaliers de territoires ». La tentative de pousser à une fusion entre l’hôpital de Montauban et celui de Castel Moissac existe donc toujours.

Les expériences de coopération tentées ces dernières années entre hôpitaux de Montauban et de Castel Moissac dans certains domaines sensibles, en particulier la chirurgie, ont été négatives .Ce sont les chirurgiens les anesthésistes en poste à Moissac qui ont vécu ces expériences et qui en témoignent..On peut imaginer les dangers d’un regroupement des 2 établissements .Cette fusion entraînerait presque immanquablement la fermeture du service chirurgie chez nous.

C’est ce risque réel qui justifie notre opposition farouche à cette restructuration. Mais elle est plus ou moins à l’ordre du jour, à travers les études téléguidées engagées pour le compte de l’ARS qui ont pour but de préparer le terrain et les personnels à la fusion des établissements. Ne doutons pas que la nécessité qu’aura l’ARS de faire les économies exigées par l’Etat ne se traduise par une attaque de notre petit établissement.

Seule la mobilisation forte de la population de notre secteur peut permettre d’enrayer ce processus.

C’est pourquoi nous sommes là, c’est pourquoi vous êtes là.

Pas d’affolement mais la période exige une très grande vigilance et une capacité à réagir fortement et rapidement si besoin était.

C’est le message que nous voulons vous communiquer et qui justifie notre rencontre aujourd’hui… :Notre hôpital va bien, se développe et ne demande qu’à se développer… mais le danger est là, réel… et soyons donc prêts à réagir.

Pour cela vous pouvez adhérer à notre association dont la seule raison d’être est la défense de notre hôpital. Près de 300 adhésions à ce jour, nous tenons à remercier les 95 communes du bassin de vie du CHIC qui ont accepté de diffuser cette information à la population et en particulier celles dont les conseils municipaux ont déjà décidé de soutenir notre action, en particulier Brassac, Esparsac, Saint Nazaire de Valentane et certaines communes de Terres de Confluence.

En cas de problème, nous vous contacterons rapidement pour étudier avec vous les moyens de nous faire entendre et de refuser le démantèlement de nos services. Plus nous serons nombreux et déterminés plus nous serons respectés.

Merci de votre attention..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques mots supplémentaires pour vous dire comment va se dérouler cette rencontre.

Prendrons successivement la parole :

  • Monsieur Daniel Botta, Président de l’association des usagers et amis de l’hopital et aussi secrétaire très actif du comité de défense

 

  • Le professeur Kamran Samii, professeur des universités d’anesthésie et réanimation, ancien chef de service du département d’anesthésie réanimation de l’université de Paris-sud puis de Purpan et Rangueil. Auteur d’ouvrages et de publications scientifiques sur l’anesthésie et la réanimation.

En charge par l’ARS Midi-Pyrénées de soutien aux équipes d’anesthésie réanimation et de mise en place d’équipes territoriales. C’est à ce titre qu’il évoquera sa vision et son rapport sur le service chirurgie de l’hôpital intercommunal Castel-Moissac.

 

  • Le docteur Nicolas Nesry, chirurgien en orthopédie et traumatologie formé à Paris à l’ hôpital Cochin et à la Pitié Salpétrière.
  • Spécialisé en chirurgie épaule-hanche-genou – diplôme interuniversitaire en chirurgie manuelle (ostéopathie) –
  • A exercé à la clinique Boyé à partir de 2004 puis à la clinique des Cèdres de 2010 à 2012.
  • Installé au CHICM depuis janvier 2013.il y a acquis rapidement une excellente réputation

 

  • Le docteur Bécade, chirurgien,

 

 

Chef clinique. Enseignant d’anatomie à la fac de médecine de Rangueil pendant 10 ans.

A créé la chirurgie vasculaire en tarn et garonne en travaillant à la fois l’hôpital de Montauban et à Rangueil. Exerce ensuite à la clinique du Pont des Chaumes.

Depuis 3 ans, chirurgien à Moissac.

il est à une conférence professionnelle à P

 

aris actuellement et son témoignage sera lu par Mme Bordes.

 

  • Jean Michel Henryot, maire de Moissac et conseiller départemental
  • Jean-Philippe Besiers, maire de Castelsarrasin et conseiller départemental
  • Bernard Garguy, maire de Lizac et Président de la Communauté de communes Terres de Confluences

La parole sera donnée ensuite au public une vingtaine de minutes et nous conclurons notre rencontre.