Aux petits soins de l’hôpital

Comme le dit fort justement le maire de Moissac, une page se tourne pour le Comité de défense de l’hôpital. Un nouveau CA est en place qui fait la part belle aux élus du territoire, soucieux de se montrer à quelques mois des élections départementales. On ne va pas le leur reprocher. Simplement une fois digérés les discours de circonstance, le Comité de défense se trouve à nouveau au pied du mur. Les pétitions de principe, les moulinets et autres proclamations vigoureuses n’y ont rien changé. L’hôpital de Moissac est dans le même état ou presque qu’il y a six mois. Et les perspectives ne sont pas meilleures.

Il est vrai que la Covid qui désormais frappe de plein fouet le département et la ville a détourné pour un bon moment encore l’attention de la population. De son côté, l’ARS, l’Agence régionale de santé, est toute entière occupée à la lutte contre la pandémie. Du coup, le comité de défense prêche dans le désert, sans grandes chances d’être tout de suite entendu.

Mais que veut-il de nouveau ? Rien ! Ou plutôt la même chose qu’avant, qu’avant les élections municipales. Des chirurgiens, des anesthésistes, des personnels de soin et la rénovation de certains services… Comment envisage-t-il d’obtenir gain de cause ? Nul ne le sait !  Le nouveau CA ne manifeste pas beaucoup plus d’imagination que le précédent. Les mots, fussent-ils forts et même légitimes, restent des mots. Les délégués sont sortis de ce premier CA sans perspective d’action, sans autre projet que d’occuper le terrain, de répéter jusqu’à plus soif le rôle de cet hôpital, et les attentes de la population. En premier, le maire de Moissac qui a chaussé sans tarder les charentaises du notable. Il promettait de renverser la table. Il remet le couvert.

Il faut dire, et pour le coup l’élu du RN parle d’or, que le Comité de défense pêche par défaut de jeunesse. Et ce n’est pas là sa moindre faiblesse ! le sort de l’hôpital ne saurait être la seule affaire des plus âgés. C’est l’affaire de tous. Encore faudrait-il que tous en soient convaincus. S’il veut peser sur les décisions à venir, le Comité va devoir élargir son audience, trouver le moyen de mobiliser en profondeur la population du territoire et renouveler ses modes d’action.

Et sur cet aspect des choses, il y a encore du chemin à faire. En ouverture de son propos, le maire de Moissac qui n’oublie pas qu’il est un militant du RN, a cru bon, à l’instar de sa patronne, de dénoncer l’ultra libéralisme, ajoutant que « la charité a fait place à l’économie… » Voudrait-il le retour des hospices ?

Ensauvagement?

« Ensauvagement ». Il a suffi d’un mot pour raviver les braises de la polémique. Tel un fakir désinhibé, le pays saute dedans à pieds joints. Jusqu’au plus haut de l’état, on s’embrouille sur des questions de vocabulaire, on s’apostrophe, on se suspecte, on sort son petit drapeau, le procureur face à l’avocat, la droite contre la gauche.

Déjà en 1999, Jean Pierre Chevènement, qui se voulait à la gauche du PS, parlait des « sauvageons de banlieue ». Ses amis d’alors n’avaient guère apprécié. Et pourtant l’expression a fait florès, reprise aujourd’hui par le ministre de l’intérieur. C’est dire que le problème ne date pas d’hier.

Au XX siècle, on s’inquiétait des banlieues, de la difficulté à faire régner ici ou là l’ordre républicain. Convenons que plans banlieues ou pas, la situation ne s’est pas améliorée. La violence semble même faire tâche d’huile, gagner des pans entiers de la société. Illusion d’optique ou réalité ? Les statistiques se contredisent et il semble bien difficile aujourd’hui d’en tirer des certitudes. A chacun sa vérité quand les réseaux sociaux, les télévisions d’informations en continu, relatent au quotidien le moindre incident, la plus petite algarade.

Pourtant ce sentiment largement partagé dans l’opinion d’une montée inéluctable de la violence, n’est pas sans causes réelles. La moindre des manifestations se termine désormais par de spectaculaires bastons avec les forces de l’ordre, quand elle ne donne pas lieu à des casses et des pillages en règle qui entachent gravement toute expression démocratique d’un mécontentement. La séquence « gilets jaunes » fut à cet égard emblématique de ce basculement vers l’émeute, et témoigna samedi après samedi de cette volonté quasi collective d’en découdre. Bien sûr, tous les manifestants n’avaient pas la panoplie du parfait émeutier. Mais leur simple présence aux cotés des casseurs, voire leurs déclarations relayées par les médias, toléraient quand elles ne légitimaient pas ces comportements. Les « gilets jaunes » ont en effet porté à son paroxysme cette dérive émeutière où le coup de force, le goût du sang aussi, avaient totalement effacé le message revendicatif.

De fait, la violence protestataire se banalise, elle s’impose même dans les esprits comme un passage obligé, une sorte de rituel nécessaire à la visibilité d’un mouvement, que les téléphones portables relaient en direct. Syndicats ouvriers, personnels soignants, pompiers et même policiers, toutes les composantes de la société s’en trouvent affectées. Il y a là une question démocratique abyssale. Comme un délitement consenti du pacte républicain. C’est indéniable ! La violence participe de l’insécurité qui recouvre d’autres aspects : économiques, sanitaires, en ces temps de Covid. Elle en est cependant la partie la plus spectaculaire et probablement la plus inquiétante.

En son temps, Lionel Jospin avait tenté de faire un distinguo entre la réalité et le sentiment d’insécurité. On a vite vu l’impasse conceptuelle de cette approche. Le sentiment d’insécurité, les sondages le mesurent, se construit sur une perception, une connaissance plus ou moins fine, d’évènements qui rythment notre quotidien et que relatent indéfiniment les médias. Dans certains cas, l’effet loupe est évident, qui peut conduire à une vision déformée, caricaturale de la réalité. Certains politiques, LR et RN surtout, savent s’en servir pour manipuler les esprits, imposer leur lecture de la situation du pays. Mais cette instrumentalisation ne doit pas nous interdire de regarder la réalité en face.

Au quotidien, dans la vie de tous les jours, la violence verbale, voire physique s’installe peu à peu dans les rapports sociaux. C’est l’enseignant qui se fait injurier par un élève ou par ses parents, c’est le gendarme qui se fait agresser lors d’un banal contrôle, le pompier empêché parfois de porter secours, c’est le chauffeur de bus qui se fait cracher dessus quand il n’est pas roué de coups par des passagers en infraction. Le médecin lui même n’échappe pas à la hargne de ses patients. Les maires sont de plus en plus confrontés à la vindicte de certains de leurs concitoyens qui n’hésitent pas à passer à l’acte. Sans parler des violences faites aux femmes avec, et ce n’est pas anecdotique, une augmentation terrible des féminicides…

Bref, notre société serait-elle malade ? A l’évidence, elle hystérise les rapports sociaux, comme les relations intimes. L’autorité, celle du maître, des institutions et de ses représentants, des parents parfois, ne va plus de soi. L’individualisme, le communautarisme gangrènent le corps social. C’est le chacun pour soi, contre tous les autres. Toute règle, toute précaution qui relèvent simplement du vivre ensemble sont vécues par certains comme une intolérable atteinte à leur liberté. L’imbécile débat sur le port du masque en témoigne.

Henri Dominique Lacordaire, journaliste et religieux mort à Sorèze dans le Tarn disait : « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » En sommes-nous aujourd’hui tous convaincus ? On peut en douter, quand le complotisme gangrène les esprits, et ôte de fait toute légitimité à la moindre décision, qu’elle soit politique ou simplement d’ordre public.

Comment faut-il nommer cela ? Comment appréhender d’un mot ce glissement de nos sociétés, le phénomène n’est pas que Français, cet état de tension qui mène à des explosions sporadiques, individuelles ou collectives ? Nommer, c’est reconnaître, c’est donner sens, ouvrir la réflexion pour agir. La querelle des mots est trop souvent une forme d’aveuglement, un refus de regarder la réalité en face. Une sorte de procrastination ! Car la vraie question, celle qui devrait nous occuper, chacun et tous ensemble est : que faire ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bouffer la droite

N’en déplaise au novice RN de la mairie, le temps des bouffeurs de curés n’est pas revenu. Il est vrai que le rétroviseur qui semble sa lunette d’affection n’est pas l’outil le meilleur pour appréhender le présent, encore moins le futur. Mais qu’importe, là n’est pas la question.

On peut s’esbaudir sur l’intelligence politique du huguenot Henri de Navarre, futur roi Henri IV décrétant que « Paris vaut bien une messe ». Et même applaudir à la perspective de voir Moissac, son abbatiale et sa messe du dimanche, consacrées par la télévision. Mais faut-il pour des raisons qui nous échappent, confiner une partie de la ville, interdire aux restaurateurs d’installer leurs terrasses et de dresser leurs tables avant la fin de l’angelus de midi ?

En cette année covidée qui a mis à mal l’économie du pays et singulièrement la restauration, on comprend mal cette obligation nouvelle, dans une ville comme Moissac où le tourisme constitue une appréciable ressource. Fallait-il rajouter encore aux difficultés du secteur ? Passons donc sur le peu de cas que le maire RN fait de l’économie moissagaise. Sauf à être un thuriféraire impénitent du personnage, il ne fallait pas s’attendre à mieux. Et les Moissagais auront hélas d’autres occasions de mesurer les inconséquences du novice de l’hôtel de ville. Mais là où ça devient franchement paillard, c’est quand le militant frontiste se laisse aller sur twitter, où il sévit avec constance. Ce dispositif, dit de sécurité, ce n’est pas lui. C’est la préfecture ! Courageux mais pas téméraire le bougre ! Et si on en est rendu là, c’est la faute aux socialistes (sic) qui « n’ont pas eu le courage de lutter contre le terrorisme ». Cet homme est maire de la ville, comment peut-il espérer après de telles déclarations, demeurer crédible ? Que valent ses discours, ses quelques promesses à l’aune d’une pareille ânerie ?

Moissac, pourquoi pas, vaut bien une messe, télévisée de surcroît. Et son maire, on le comprend, ne peut que s’en réjouir, lui qui a reçu l’onction de Marion Le Pen, égérie des cathos tradis. Faut pas chercher plus loin, tout à son projet de bouffer, non pas du curé, mais de la bonne vieille droite, il fait flèche de toute croix. Sa croisade : rassembler les droites sous sa bannière, élargir une assise politique qu’il sait incertaine et de pure circonstance. Mais il y a encore loin, très loin de l’eau à la bouche. Heureusement !

 

Eté

J’ai mis le doigt sur pause. Oubliés pour quelques jours encore les querelles de clochers, les disputes philosophiques, les affrontements politiques. Sourdine. C’est l’été. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ces quelques vers:

Sensation

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, – heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud (1854-1891)
Poésies

En guise de droit de réponse

Max Lagarrigue, qu’on dit journaliste à LDM est impayable. Il s’est pris d’une passion suspecte pour le RN et tous ceux qui viennent lui servir la soupe ! Au point de s’en faire l’avocat. Et quand la défense est à cours d’argument, pointe sous sa plume, un procureur qui ficelle comme il le peut son réquisitoire, contre les méchants, ceux par exemple qui ont perdu l’élection municipale, ou qui déplaisent au boss. J’en suis ! J’ai donc droit à quelques colonnes dans le journal. A preuve le dernier article consacré à Daniel Bota où je suis une fois de plus la cible désignée.

Pas très grave, j’ai le cuir dur. Pourtant je suis à nouveau dans l’obligation de signaler les manquements professionnels du célèbre Max. Pas une fois depuis qu’il me consacre un peu de son temps et de sa copie, il n’a pris la peine de m’appeler, de chercher une réaction, une explication, bref de me demander mon point de vue comme l’aurait fait tout honnête journaliste qui se respecte ! J’avais déjà dit dans ce blog son comportement en pleine campagne électorale. Je fus le seul candidat privé d’un entretien dans la Dépêche ! Pas beau ça ? Tout bien pesé, j’ai beaucoup plus de respect pour l’ancienne et véritable Pravda ! J’ajoute, car le gars doit être un peu fatigué par les chaleurs estivales, qu’il copie sur les réseaux sociaux des pages entières pour nourrir sa prose. Facile, pas cher et ça fait toujours son office !

Pour faire court sur ce qui demeure une péripétie de clocher, D. Bota ne peut en effet demeurer à LaRem qu’il avait intégrée en 2016. Ou il part de son plein gré, ou il fera l’objet d’une procédure statutaire. Pour le reste je le laisse réécrire son histoire personnelle. Il a cessé de participer à nos réunions locales le jour où j’ai expliqué que je cherchais à construire, en vue des municipales, un rassemblement allant de Maryse Baulu à Tems. Cherchez pourquoi ?