Le droit au débat

Censure. C’est bien ainsi qu’il faut qualifier l’interdiction faite à la philosophe Sylviane Agacinski, de tenir une conférence sur la PMA et la GPA devant les étudiants de l’université de Bordeaux. On sait que cette universitaire est réservée sur la PMA et très opposée à la GPA dont elle dénonce à juste titre le risque de marchandisation du corps de la femme. Féministe depuis toujours, elle affiche son désaccord de fond avec les orientations d’un nouveau féminisme qui a fait siennes les thèses des groupes lesbiens et trans. Du coup, voilà S.A. vouée aux gémonies, accusée tout de go d’homophobie !

Il n’est pas nécessaire de s’étendre davantage sur le grotesque d’une telle assertion. En revanche, on peut ne pas partager les positions de S. Agacinski sur la GPA, ouvrir avec elle une controverse philosophique sur la bioéthique. Dans son dernier livre « L’homme désincarné » elle écrit : « La procréation, assistée ou non, n’a que faire des orientations sexuelles. Elle a revanche tout à voir avec l’asymétrie des deux sexes, qui ne sont, en la matière ni équivalents ni égaux. »  Bref, ça se discute.

Mais ce qui dans cette affaire, pose un véritable problème de démocratie, de tolérance et d’ouverture, c’est bien l’attitude des groupuscules prêts à faire le coup de poing pour imposer leurs idées à la majorité. Le débat n’est plus toléré. La contradiction se gère avec des barres de fer. Insidieusement, une police de la pensée qui n’a rien à voir avec celle de la nation, s’est organisée. Désormais, elle occupe le champ médiatique et fait place nette autour d’elle. C’est vrai en matière de bioéthique, comme dans d’autres domaines qui touchent à la vie quotidienne. L’université de Bordeaux a cédé au chantage, elle a préféré se coucher plutôt que de se donner les moyens de faire face. La prime en quelque sorte à ceux qui vocifèrent le plus fort, qui n’hésitent pas à joindre le geste à la parole. Cette sorte de terrorisme « bien pensant » est pourtant archi minoritaire. Mais la peur d’affrontements, le discours ambiant qui transforme toute tentative de faire respecter la loi en répression barbare, piègent totalement les démocrates. Cela ne leur vaut pas excuse. En capitulant aussi facilement, ils encouragent dans notre société pareilles attitudes, ils ouvrent la porte à une démocratie du coup de force.

Les Kurdes ne jouent pas au foot

Les Kurdes. Ils se battent avec ce qu’ils peuvent. Ils tentent l’impossible. Ils pactisent avec Hassan, l’ennemi, dans l’espoir que les Russes vont se réveiller. C’est le cas, ils préviennent qu’ils ne permettront pas que les Turcs touchent aux troupes Syriennes. Les Chinois se font à leur tour entendre. Le conflit s’internationalise alors que Trump rétropédale devant les critiques de son armée et de son propre parti. L’histoire s’emballe. Mais sans aviation, sans soutien de la coalition occidentale, les Kurdes mènent le combat du désespoir. François Hollande propose la création d’une zone d’exclusion aérienne. C’est de bon sens. Encore faudrait-il que  les occidentaux, les Russes, ou l’ONU le décident, et là, ce n’est pas gagné

Pendant ce temps, en France, les Turcs paradent au stade de France. Drapeaux  déployés et salut militaire de footeux payés pour certains par le complexe militaro-industriel comme on disait naguère. Les télés ont censuré la scène. Faut pas écorner la belle image du sport, il faut fermer les yeux, comme en 1934, quand Hitler faisait des jeux olympiques un instrument de propagande nazie. Le sport et la politique, le sport et l’argent! Ne cherchons pas plus loin, l’abêtissement, l’asservissement des foules commence là, dans ces stades où les milliards se négocient pour le plus grand profit d’organisations mafieuses. Le sport business n’a pas d’état d’âme. On l’a bien vu à Doha, cette aberration absolue de la raison, où le Qatar a climatisé un stade à ciel ouvert sans se soucier un seul instant des conséquences environnementales. L’argent rend fou.

Mais tout le monde regarde ailleurs. Silence des partis politiques, silence des associations. Faut pas déranger, faut pas perturber la fête du sport. À Paris, comme à Doha, comme à Berlin! Que valent donc nos protestations vertueuses, hypocrites, petites bourgeoises à se coucher ainsi devant le veau d’or? Allez, je retourne à la manif contre les éoliennes, avec un foulard sur la tête!

Ne pas trahir les Kurdes

Soutien plein et total aux Kurdes de Syrie. On ne va pas faire de la littérature. On va juste se mobiliser, demander à notre gouvernement, à l’OTAN, à l’ONU de prendre leurs responsabilités, de faire cesser l’agression Turque. Nous devons bien ça à ces femmes (c’est à souligner) et à ces hommes qui ont combattu en première ligne les illuminés de Daech. Ils sont nos alliés, nous leur devons aujourd’hui respect et protection. Des dizaines de personnalités ont signés un appel dans Libération. Il faut soutenir cette initiative, la prolonger partout en France. Ne les abandonnons pas !

Le Festival des Voix cherche sa voie

Le retour du maire après plusieurs semaines d’absence et une minute de silence à la mémoire de Jacques Chirac et de Jean Claude Giavarini, vice président de la communauté de commune, ancien maire de Castelmayran, ainsi s’ouvrit ce conseil municipal de septembre.

Il y fut question de garanties d’emprunts, en faveur de Promologis et Tarn et Garonne habitat, deux organismes qui doivent réhabiliter quelque 25 logements sociaux sur la commune. Mise en place au cours du dernier mandat de Jean Paul Nunzi, l ’OPAH, l’opération programmée d’amélioration de l’habitat continue. 7 nouveaux propriétaires du centre-ville, vont bénéficier des aides de la mairie pour des rénovations de façades, ou des améliorations thermiques. Une nouvelle OPAH a même été lancée dans le cadre de la rénovation urbaine. Voir Aide à l’habitat

La communauté de communes a décidé de regrouper en un seul organisme les trois syndicats qui distribuaient l’eau sur le territoire. Conséquence : un prix du m3 qui devrait diminuer légèrement pour certains usagers, une capacité d’investissement accrue – il faut rénover des centaines de kilomètres de réseau – et séparer le pluvial des eaux usées. L’usine de l’eau de Moissac, gérée par Véolia sera à l’avenir gérée par ce syndicat unique, le SMOC, (Syndicat mixte 0 confluences). L’objectif, selon J.P. Besiers, vice-président de la com-com, est de maîtriser et de gérer correctement la ressource en eau sur tout le territoire des Terres des Confluences.

Les moissagais, retour dans les murs de la ville, ont pu découvrir à l’occasion des journées du patrimoine, la nouvelle entrée du cloître. (voir ci dessous) Si les travaux de l’aile Saint Julien ne sont pas remis en question, les aménagements prévus sur le parking devant l’office du tourisme, vont faire l’objet d’une nouvelle étude des Bâtiments de France. Résultat, le chantier principal va coûter un peu moins cher, autour de 2 millions, une baisse de 565 000 euros. Mais, cette économie n’est que provisoire, on espère en effet que les architectes autorisent la suite des travaux : escaliers, office du tourisme et toilettes… Mais en attendant, les honoraires de ces messieurs dames ne baisseront pas, près de 650 000 euros, si rien de fâcheux ne nous guette au coin du cloître.

L’association MCV, Moissac culture vibrations, qui est en charge de la programmation des spectacles moissagais et du Festival des Voix, connaît une mauvaise saison. Elle a demandé et obtenu une subvention exceptionnelle de 35000 euros pour boucler le budget 2019. Avec le temps, l’équilibre des finances devient de plus en plus difficile à trouver. L’an dernier, avec un budget de 390000 euros, l’association avait dû faire face à un déficit de 83000 euros (en grande partie comblé par des aides exceptionnelles). Cette année, ambitions revues à la baisse, le festival accuse encore un déficit de 44000 euros pour un budget pourtant raboté à 259000 euros. « En cause « l’évolution défavorable du contexte local » selon la mairie. Il ne s’agit pas d’accabler MCV sur qui repose l’essentiel des propositions culturelles de Moissac. Et il faut saluer le travail des bénévoles et des responsables de cette association. Mais il est temps de se poser les questions qui dérangent, sur le concept, sur le périmètre, sur le calendrier… Chacun doit en être persuadé, la culture coûte cher, n’est pas forcément rentable, mais est un supplément d’âme nécessaire. Raison de plus pour être exigeant, pour ne pas craindre les remises en question, si l’on veut que dans un paysage culturel très concurrentiel, Moissac conserve son lustre de naguère.

Climat: passons aux actes

Greta Thunberg est formidable dans sa fonction d’imprécateur. A l’heure d’internet et des réseaux, elle fait le buzz mondial. A l’ONU, elle nous a annoncé l’Armageddon dans un discours qui sur le fond et sur la forme interroge. Sur la forme d’abord : un honnête travail de communicant, fait pour interloquer et être repris en boucle. C’est d’ailleurs ce qui se passe. Sur le fond : il y a dans le discours de cette jeune fille quelque chose qui pourrait être du Paul Nizan revisité : « 20 ans, je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie… » Jeunesse révoltée ! Mais aussi autre chose, jusque dans le regard,  qui rappelle ces prédicateurs protestants du XIX° siècle, courant les campagnes et promettant à « tous les pauvres pêcheurs » les flammes de l’enfer.

Jacques Chirac, à cette même tribune, l’avait dit : « la terre brûle. » C’est maintenant chose admise par une bonne partie de la planète, à l’exception de quelques irréductibles, Amérique du nord en tête, excusez du peu ! Et sur ça que dit Greta ? Rien. Elle annonce qu’elle va attaquer en justice cinq pays, dont la France, « pour inaction et atteinte aux droits de l’enfant. » Probablement que la France pourrait mieux faire et plus vite, mais pourquoi cinq pays : France, Allemagne, Brésil, Argentine et Turquie. Et pourquoi ces 5 là et pas les USA, le Canada, la Russie, la Chine… ? Curieuse balance dont on aimerait connaître les considérants. Trump serait-il plus climat, voire plus sympa que Macron ?

Plus sérieusement, aucun pays ne peut dans le domaine du climat, agir seul, et encore moins changer le système. Il y faut une volonté partagée, un minimum de consensus international. Il faut des accords, comme la COP 21 en 2015 à Paris. Et parfois, il vaut mieux les refuser, le Mercosur par exemple. La réponse aux dérèglements climatiques ne peut être que globale et coordonnée. Multilatérale comme dit l’Elysée. C’est bien pourquoi, E. Macron est sur tous les terrains diplomatiques. La France est au premier rang d’une bataille titanesque, qui nous concerne car au-delà des textes et des lois, elle va nous obliger à revoir nos modes de vie. Y sommes-nous prêts. C’est là que nous avons besoin de Greta, de toute la jeunesse, pour qu’elles nous aident à nous désintoxiquer, à tracer le chemin, à inventer demain.

 

Chasselas: un petit grain de discorde

Du vent à décoiffer un pied de chasselas, le ban et l’arrière ban des élus, un sénateur, la sous-préfète, une kyrielle de responsables socio-professionnels, nous nous étions tous donnés rendez-vous, ou presque, absent le Président du Conseil départemental, au pied de l’abbatiale pour l’ouverture officielle de la fête du chasselas. Voilà quatre ans déjà,  que journées du patrimoine obligent, elle s’est installée dans les murs du cloître. Associés à cette manifestation, les Sites remarquables du goût, qui ont, cette année encore, drainé quelques producteurs venus d’ailleurs, volailles de Bresse ou safran du Quercy. Mais probablement trop à l’étroit dans ce Patus qui ne se prête guère à ce genre de manifestation, ils étaient moins nombreux que par le passé. Selon un sondage réalisé en direct par le syndicat du chasselas, les exposants estiment qu’ils ont perdu les 3/4 de leur chiffre d’affaire depuis qu’on les a obligés à quitter l’Uvarium. Rien de surprenant, nous avions en Conseil municipal dénoncé une opération purement idéologique.

Le chasselas était comme toujours très beau et de l’avis du président du syndicat, la récolte est correcte, même si elle s’avère moins bonne que l’an dernier. Mais derrière les étals et sous les juteuses grappes de raisin se tapit une polémique dont nous eûmes l’espace d’un instant quelques échos. Le mérite en revient à la sous-préfète qui a mis les pieds dans la cagette. L’important, c’est la confiance a-t-elle martelé. Confiance entre producteurs, metteurs en marché, expéditeurs. Et manifestement, le royaume du chasselas connait bien des tiraillements. Par exemple, les relations entre producteurs et metteurs en marchés (ils absorbent 80% de la production moissagaise) sont tendues. En cause de prix d’achat du raisin, qui a en croire un des chasselatiers les plus en vue de Moissac, ne couvre pas les frais de production. Acheté aux alentours de 1,70 euros, le kilo revient à 2 euros. « Ce n’est pas avec le chasselas qu’on gagne de l’argent. Heureusement nous avons d’autres variétés ». La grande distribution, pourtant nécessaire à l’économie du chasselas, est une fois de plus montrée du doigt. Deux médiateurs ont été désignés par le ministère de l’agriculture pour tenter de dénouer la situation. Ils étaient samedi sur le terrain. On ne connait pas leurs conclusions. Il faut dire que le dossier est lourd et bien embrouillé. Le chasselas de Moissac est en AOP, Appellation d’origine protégée, qui impose un cahier de charges rigoureux à ses quelque 230 adhérents. Mais certains de ces adhérents cultivent aussi du chasselas en Quercy, qui ne fait pas partie de l’AOP. De qualité inférieure, ce raisin est vendu moins cher, mais permet aux producteurs de jouer à la fois sur les dates et sur les quantités. Il répond aux demandes des metteurs en marchés et de la grande distribution.  Il fait donc de l’ombre au chasselas Moissagais, d’autant que que le label Quercy s’impose peu à peu grâce à d’autres productions comme l’agneau, le safran, ou le fromage.

Individualistes, les producteurs de chasselas de Moissac concurrencent eux mêmes leur produit phare. Ils refusent, ce qu’a voulu pointer la sous préfète, de s’entendre sur une date d’ouverture de la vendange. Les techniciens du fruit l’avaient estimée cette année au 2 septembre. Bref, la crise ouverte il y a quatre ans se poursuit. Par ailleurs, l’Afrique du Sud ou l’Italie ont mis sur le marché des variétés qui répondent aux nouveaux goûts des consommateurs: raisins plus gros et sans pépin.. Du coup, le vignoble moissagais est en train d’évoluer, de s’ouvrir à de nouveaux raisins, plus résistants.  Le temps presse quand on sait qu’il faut 15 ans pour inscrire une nouvelle variété au catalogue! Autre signal encourageant: les conversions bio. 7% des producteurs sont déjà agréés. Ils seront bientôt 15%. Le rythme est spectaculaire. Et bonne nouvelle, les rendements s’améliorent ce qui abaisse les coûts de production.

Raison de plus, au moment où le consommateur refuse les pesticides, s’inquiète de la qualité des produits qu’on lui propose, pour s’étonner que dans cette fête du chasselas, rien ne soit dit sur les méthodes de production, ou sur les précautions environnementales. Sur ce bio qui semble faire son chemin en catimini, comme si la profession ne voulait rien voir de ce changement de pied. Pas un colloque, pas une vidéo, pas d’explication, pas de témoignage! Le chasselas fait certes partie du patrimoine moissagais (pas si vieux que ça puisqu’il remonte au XIX ° siècle seulement), mais à vouloir le réduire à cette image, on le condamne. Le président du syndicat s’est bien gardé d’évoquer toutes ces  questions, se contentant d’énumérer les émissions de télévision qui ont montré le chasselas. Cela suffira -t-il à pérenniser la culture du chasselas de Moissac? Bien sûr que non. Si les consommateurs ont des yeux et des papilles, ils ont aussi une tête.

Et puis, journée du patrimoine oblige, on a découvert la nouvelle entrée du cloître. Un hall agrandi, rénové, disposant d’un mobilier moderne. Le personnel employé à l’accueil semble y trouver son compte et on le comprend : il a quitté l’étroite boutique qui jurait avec la majesté de l’ensemble abbatial. Une fois les aménagements achevés, on jugera de la qualité de ce nouvel espace. Et de sa capacité à susciter l’intérêt d’un public de plus en plus friand de réalité augmentée.

Un samedi ordinaire

Gilets jaunes et cagoules noires, une fois de plus réunis pour mettre à mal le droit de manifester. La stratégie est en effet claire, même si elle n’est le fait que d’une infime minorité de la population : casser, provoquer des affrontements avec les forces de l’ordre pour hurler ensuite par réseaux sociaux interposés à « l’état policier ». Il s’agit de pousser le gouvernement à la faute, à la bavure dans l’espoir d’embarquer l’opinion. De Sivens, à Nantes, le mécanisme est toujours le même.

Ces émeutiers n’ont aucun projet. Ils se foutent totalement de la société, de ceux qui travaillent dans l’espoir de jours meilleurs, de celles et ceux qui souffrent. En fait, ils sont comme des poissons dans l’eau dans un système que par ailleurs ils dénoncent à coup de slogans approximatifs et de cocktails Molotov. Ils cherchent à saper les fondements de la République. Et mettent en péril le droit, constitutionnel, de manifester. Ils sont les adeptes du pire, les prédicateurs du chaos.

De ce point de vue, la réaction de Greenpeace France qui a préféré se retirer samedi de cette manifestation noyautée d’entrée de jeu par les casseurs, est salutaire et de bon aloi. Mobiliser les citoyens pour changer la donne climatique, défendre sa retraite, revendiquer du pouvoir d’achat… et que sais-je encore, sont des motifs légitimes qui forcent le respect si ce n’est l’adhésion. Mais il ne faut pas mélanger les genres et c’est de la responsabilité des organisateurs que de se désolidariser verbalement et physiquement des casseurs du samedi après-midi. N’en déplaise à certains, la convergence des luttes qu’ils appellent de leurs vœux, ne saurait s’accommoder des exactions des bandes noires ou jaunes. Ce 21 septembre était le 45iéme samedi d’émeutes urbaines. Un samedi presque ordinaire . Journée du patrimoine pour beaucoup de nos concitoyens !