Changer la vie

On devrait connaître d’ici demain, le nom du nouveau ministre de l’environnement, Nicolas Hulot ayant claqué la porte du gouvernement, l’autre matin, en direct sur France Inter. Victime d’une pétoire de chasse ! Le coup de trop pour ce ministre qui avait de moins en moins d’appétit pour le civet de couleuvres.

Un, une autre, feront-t-ils mieux pour la cause ?  Parviendront-ils à prendre le pas sur Travert, ce fameux ministre de l’agriculture qui en deux coups de canif au contrat environnemental est parvenu à se faire un nom et une réputation ?

En fait, la question n’est pas vraiment là, même si média et landernau politique gloseront jusqu’à plus soif sur la personnalité retenue. Il me semble que nous approchons collectivement de ce moment de notre histoire nationale et planétaire qui nous enjoint de choisir notre destin. Stop ou encore ! Poursuivre sur la même voie dont on mesure chaque jour les conséquences calamiteuses : réchauffement planétaire, perte de la biodiversité, altérations irréversibles de notre environnement ou bien revoir notre modèle de développement, interroger les paradigmes de notre croissance et consentir aux inévitables remises en cause que cela entraînera.

Depuis des lustres, l’humanité est persuadée que la croissance à tout prix est synonyme de progrès, d’amélioration des conditions de vie, d’augmentation même de l’espérance de vie. Et cela s’est vérifié dès l’avènement de la révolution industrielle qui a transformé radicalement le rapport de l’homme à son environnement, le rendant progressivement maître de la nature tel un Prométhée déchaîné. Le constat indéniable se transforma bien vite en dogme : le bonheur est dans la croissance. A quelques exceptions près, à quelques variantes près, libéraux, socialistes de toutes obédiences et marxistes orthodoxes entonnèrent ce même refrain et en firent un crédo partagé par toute la planète. Une fois le communisme terrassé,

le capitalisme mondialisé a encore poussé les feux faisant de la croissance un objectif planétaire en même temps que le générateur d’astronomiques profits pour les classes possédantes

Le hic c’est que notre orange bleue est un espace fini, aux ressources limitées, un écosystème global fragile alors qu’en dépit de tous les malheurs qu’elle a connus ou qu’elle s’est infligée, l’humanité ne cesse de croître et de prospérer aux dépens des autres espèces vivantes.  En ce début de XXI° siècle, croissance économique et croissance démographique se répondent, se challengent comme deux compétiteurs fous. La courbe de la population mondiale est plus qu’inquiétante et l’on se demande bien, même si certains démographes prédisent qu’elle se retournera dans quelques décennies, comment cette croissance exponentielle pourrait-elle s’arrêter? Au prix de quelle apocalypse ?

Mais foin de métaphysique, nous n’en sommes pas encore là !  Présentement, il nous faut ralentir la chaudière (c’est le cas de le dire) sauver ce qui reste de biodiversité, tenir en laisse notre rapacité naturelle et en même temps aider des continents entiers à prendre place au banquet. Il s’agit rien de moins que de repenser le désordre mondial. Où, comment, avec qui ? Vaste programme aurait dit le général De Gaulle !   Mais par quoi, par où commencer ? Comment protéger la planète, alors qu’une grande partie de l’humanité aspire à améliorer son sort, comment réduire les inégalités et ne pas paupériser les classes moyennes? Bien malin celui ou celle qui aujourd’hui a La Réponse.

François Mitterrand voulait « changer la vie ». Le slogan est aujourd’hui d’une criante actualité. Il s’agit bien en effet de changer la vie, en profondeur, radicalement. Le sujet touche à l’essentiel, au devenir de l’espèce. Il y faut plus que l’engagement des politiques, plus que les décisions ministérielles, plus bien sûr que les stériles polémiques idéologiques dont l’actualité nous apprend chaque jour l’inanité. Il n’y aura pas de changement profond sans l’implication active, quotidienne des populations, des citoyens que nous sommes. Le discours, la dénonciation ne sauraient nous exonérer de nos responsabilités individuelles et/ou collectives.

 

Maison ou Centre de santé?

Les déserts médicaux avancent inexorablement dans les territoires ruraux. Le Tarn-et-Garonne ne fait pas exception. Il est même dans le peloton de tête des départements en déshérence médicale avec 14,3 médecins pour 10000 habitants. Les perspectives pour 2030 sont encore plus catastrophiques. Nous étions quelques-uns à nous alarmer de cette situation. Aujourd’hui, devant l’inquiétude des populations, les élus se sont enfin emparés du problème, mais semblent souvent impuissants, tant le phénomène apparaît d’abord comme une question d’époque et de société.

Nos besoins, nos attentes en matière de soins ont considérablement augmenté ces cinquante dernières années. Résultat, nous vivons mieux et plus longtemps, beaucoup plus longtemps. Autant dire que la médecine ne connaît pas la crise, sinon celle de l’offre. Les hôpitaux sont débordés, les spécialistes pris d’assaut et les généralistes battent peu à peu en retraite. Sans oublier les personnels de soins, libéraux ou fonctionnaires, qui peinent à suivre le train.

Les spécialistes, ce n’est pas nouveau, préfèrent les villes. Voilà qu’ils sont imités maintenant par nombre de généralistes. Les jeunes diplômés de la faculté font d’abord un choix de vie : la famille, le temps libre, les loisirs… La pratique du métier elle-même a beaucoup changé. Ne parlons pas de ce Médecin de campagne raconté par Balzac, médecin bien sûr, mais aussi confesseur à sa manière, homme de loi à l’occasion, entrepreneur par nécessité, pour qui le corps souffrant était d’abord un corps social. Aujourd’hui, le cher docteur a l’œil sur le chrono et confie volontiers ses patients à l’expertise de la machine. Il ne visite plus, il consulte chez lui, trente-cinq heures par semaines (j’exagère à peine). Du coup, les services d’urgences des hôpitaux sont débordés, là tout est gratuit, et doivent assumer des situations qui n’étaient pas dans leurs missions d’origine.

Les communes se sentent désarmées et cherchent la parade. Certaines pensent avoir trouvé la solution avec les Maisons de santé.Il s’agit, en contrepartie d’un loyer, d’offrir aux médecins libéraux un espace, ouvert également aux professions médicales. On regroupe donc dans un même lieu, médecins, infirmières, orthophonistes et j’en passe. Le département en compte 8 actuellement. Dernière en date, celle de Valence d’Agen qui accueille 25 professionnels de santé. Coup gagnant, ce qui n’est pas partout le cas, car il faut trouver des médecins volontaires et certaines communes, faute d’un engagement des praticiens dès la conception du projet, se sont retrouvées avec les locaux sur les bras. Ces maisons de santé améliorent les conditions de travail des praticiens, et facilitent l’accès aux soins pour les patients qui trouvent là une sorte de communauté thérapeutique organisée en société commerciale. Pour autant, les malades doivent toujours se déplacer et pour que le système soit réellement bénéfique, il doit disposer d’une bonne organisation garantissant une permanence médicale sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Autre approche qui tente certaines communes: les Centres de santé. La première et grande différence, c’est que dans ces Centres les médecins, les professionnels de santé sont des salariés. Un comité, lancé par des militants du PCF vient de se créer à Castelsarrasin et milite pour la création d’une telle structure sur Terres des Confluences. Là aussi, la question du recrutement est entière. Un jeune médecin, homme ou femme, acceptera-t-il plus facilement de venir exercer en campagne quand on sait que les salaires du secteur ne dépassent pas 7000 euros mensuels et que les différences de rémunération entre les hommes et les femmes, près de 2000 euros, y sont scandaleuses? Bien entendu ces centres pratiquent le tiers payant, ce qui est conforme à leur vocation sociale, et les rapproche de facto des anciens dispensaires.  Mais, le modèle économique de ces centres est loin pour l’instant d’avoir fait ses preuves, obligeant les collectivités territoriales à combler les déficits à coups de subventions. D’autre part, il n’est pas certain que le salariat rende les médecins plus disponibles pour les malades.

Alors, Maison ou Centre ? Tout est affaire de diagnostic. Il faut analyser avec beaucoup de précisions les besoins du territoire, ses capacités, la proximité ou non d’un hôpital. Une telle entreprise concerne bien sûr l’Agence régionale de santé. Mais au-delà, elle doit procéder d’une vaste consultation des populations, au travers d’états généraux de territoire tout en ayant bien conscience que les solutions miracles n’existent pas et que pour contenir la dépense publique, il faudra réorganiser, mettre en place les synergies, tailler ailleurs dans un système de soins qui a besoin d’une sérieuse refondation. Le gouvernement s’y est engagé. La réforme des urgences des hôpitaux fait partie du paquet.

Affaire d’été

Le sociologue et demain l’historien se pencheront avec délectation, sur « l’affaire Benalla ». Ils en étudieront le tintamarre médiatique, les mensonges orchestrés, les déclarations aussi enflammées qu’ineptes. Un véritable cas d’école! Il y a longtemps que les oppositions politiciennes à Emmanuel Macron  rageaient,  toujours en embuscade, de ne pouvoir faire le coup de feu, regardant impuissantes passer la caravane des réformes. La France venait juste de gagner la coupe du monde de football alors que le président de la République y avait joué avec mesure sa partie. Le Tour de France s’annonçait sous les plus mauvais auspices, ceux de l’équipe Sky et de son leader honni, Chris Froome bientôt supplanté par son co-équipier gallois. Juillet se languissait sous une fausse canicule sur des plages bronzées à l’huile solaire. A peine de quoi alimenter les colonnes des gazettes!

Et tomba du ciel la vidéo de Benalla! Miraculeusement! L’homme y montrait ses techniques de neutralisation du manifestant. Viril, mais correct. Si ce n’est qu’il n’est pas payé pour ce boulot et surtout qu’il est dans le cercle rapproché de Macron. Son monsieur sécurité! La droite et la gauche flairant la bonne occase et  l’odeur du sang, se mirent à chasser en meute, hurlant à qui mieux-mieux à « l’affaire d’état ». Fureurs et mystères. Tiens, comment cette vidéo est-elle parvenue au journal Le Monde? Ou plutôt, qui a mis ce confrère sur cette piste et surtout pourquoi? Certes, les journalistes protègent leurs sources, mais cela n’empêche pas de risquer quelque conjecture. Celle d’un coup monté par exemple, en réaction à  la réforme programmée des services de sécurité de l’Elysée qui n’aurait pas l’heur de plaire à tout le monde, place Beauvau. C’est le site Slate qui rappelle qu’en 1982 (je sais c’est loin), les écoutes de l’Elysée furent révélées alors que F Mitterrand, doutant de la fidélité de la police, avait décidé de confier la sécurité présidentielle à la gendarmerie.

Pauvre Alexandre! Les médias, déchaînés comme jamais, ont aussitôt livré des flots de demi informations et de pieux mensonges, relayant des sources aussi incertaines que mal-intentionnées. Benalla n’a jamais été grand chef à plume à l’Elysée, il gagnait 6000 euros comme les autres conseillers, l’appartement de fonction qu’il n’a même pas eu le temps d’occuper faisait 80 m2, sa voiture de fonction n’était qu’un véhicule de service et tout à l’avenant… Et même quand Benalla parle (dans le Monde et sur TF1) pour avouer ses dérapages et s’expliquer sur sa place et son rôle à l’Elysée, acceptant la sanction, le licenciement, politiques et médias à l’unisson, trouvent que ce n’est pas suffisant, qu’il cache quelque chose, qu’il est impossible qu’il ait agit de son propre chef, au final que Macron lui tenait la main… Feu sur Jupiter!

Mardi 31 juillet, on va même voir les Insoumis de J.L. Mélenchon faire cause commune, par le biais d’une motion de censure, avec les héritiers du Gaullisme qui admettons-le avaient plus d’un tour dans leur SAC! Pince moi! Et pour faire bonne mesure, ces mêmes Insoumis vont voter une nouvelle motion de censure, avec les rescapés du Parti socialiste qu’une de ses éminentes figures, Valérie Rabault veut saluer comme un événement politique. Pince-me! La foudre ne s’abattra pas sur le gouvernement qui dispose d’une majorité, encore moins sur Emmanuel Macron qui ne perd pas de terrain dans les sondages. L’Elysée a raison de penser que la politique du chef de l’Etat sera jugée sur ses résultats économiques et sociaux. Et de ce point de vue, le deuxième semestre devra montrer que les promesses sont au rendez-vous!

Faut pas pousser…

« Dieu, gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge » Peu importe au final que la citation soit de Voltaire ou plus loin dans le temps d’Antigonos 2 de Macédoine, elle témoigne d’une sagesse que les siècles ne sont pas parvenus à altérer. Et pour l’avoir oubliée, ne serait-ce qu’un court instant, E. Macron en paye le prix. A l’évidence, l’hubris d’Emmanuel peut s’avérer dangereuse pour le Président qu’il est, d’autant plus qu’elle est contagieuse. On pourrait appeler cela le syndrome du cercle, fatal à nombre de beaux esprits, fussent-ils jeunes et bien faits. Ivresse du pouvoir pour les uns, fascination des armes pour les autres ! Sentiment de toute puissance !

Ce trouble du comportement est facilement repérable chez les individus ou dans les officines qui font dans la sécurité. L’histoire de la France contemporaine en atteste. Le SAC par exemple, le Service d’action civique, mis sur pied en 1960 pour servir de garde prétorienne au Général de Gaulle et à son parti, l’UNR, fut, jusqu’en 1981, date de sa dissolution, de tous les coups tordus. Dirigée pendant des années par un commissaire de police, Pierre Comiti, cette organisation qui avait à l’origine trois objectifs, lutter contre les communistes, lutter contre l’OAS et contrôler le parti, entretenait régulièrement avec les forces de police comme avec le milieu du grand banditisme des relations coupables.

Les S.O. en général, les services d’ordre comme on disait naguère dans les organisations militantes, peuvent très vite s’octroyer une autonomie de mouvement et d’action. Et du coup devenir une gêne, voire un danger pour le parti qu’ils prétendent servir, et au final pour la démocratie. Dans ce milieu un brin barbouzard de la sécurité, qui évolue souvent aux marges de la loi, l’amitié est un piège pour qui baisse la garde ou relâche la vigilance. « L’affaire Benalla » en témoigne. Mais un seul homme ne fait pas système. La Macronie ne s’est pas dotée de Services parallèles. Les héritiers proclamés du gaullisme, qui crient à l’affaire d’état devraient s’ulcérer moins bruyamment. Les autres aussi, qui ont trouvé là le moyen de mettre en panne le chantier de la réforme constitutionnelle !

Pour autant, il y a une affaire. Et il faut pour l’avenir en tirer les leçons. Alexandre Benalla vient d’être licencié. Tardivement même s’il avait été mis à pied sans salaire au lendemain de l’incident. Il fait maintenant l’objet de trois enquêtes : judiciaire, de la police des polices et des parlementaires. Que demander encore ? Exemplaire ou pas, la République fonctionne ! Mais gageons que ce grand remue-ménage ne nous apprendra guère plus que ce que nous savons et que la presse a justement révélé. Un homme trop zélé, trop sûr de son impunité parce que admis dans le premier cercle du pouvoir s’est cru autorisé, un jour de manif, à faire lui-même et la loi et la police. Ce n’est qu’un dérapage, certainement pas le résultat d’une intention politique, d’une volonté du pouvoir de mettre en question le droit de manifester. Il n’y a pas d’affaire d’état. Juste une affaire qui relève du droit commun au sein de l’appareil d’état.

 

Majorité municipale: enfin les vacances!

Ce dernier conseil municipal avant l’automne, a offert une fois de plus le spectacle d’une majorité sur la défensive, incapable d’expliquer les tenants et les aboutissants de certaines de ses décisions. Deux exemples dans un ordre du jour en mode vacances : L’externalisation du ménage et les indemnités attribuées au comptable du trésor.

Le ménage. C’est une société privée, moissagaise nous a-t-on dit, qui assurera le ménage à la mairie et à l’hôtel de police. Coût : 35000 euros par an. Ce travail était fait jusqu’à présent par des agents municipaux. Que deviennent-ils ? Sont-ils mutés, démissionnaires ? Des explications embrouillées fournies par la majorité, il nous est apparu qu’ils sont toujours salariés de la mairie et vont le demeurer. L’opération se traduit donc par une augmentation substantielle du budget de fonctionnement, jusqu’à ce que la nouvelle RH trouve une solution. Un jour n’en doutons pas! Question annexe : la désignation de l’entreprise moissagaise est-elle le résultat d’un appel d’offre comme nous y oblige les textes en vigueur ?

La comptable. Il s’agit d’une agent de l’état, fraîchement nommée. Pour ne pas faire une entorse à la tradition, le maire a proposé de lui verser 50% de l’indemnité autorisée par la loi. Précédemment, ce comptable percevait 70% de l’indemnité pour des prestations équivalentes. On veut bien croire que cette baisse n’a rien à voir avec le sexe de la personne. Mais plus sérieusement, à quoi rime cette survivance d’une époque révolue ? La comptable est payée par l’état et en cette période de remise à plat des situations et des rentes qu’elles procurent, le maintien de cette indemnité apparaît plus qu’incongru. Nous y sommes radicalement et depuis longtemps opposés. Pressé de s’expliquer sur le taux inférieur octroyé par le CCAS à sa comptable, le maire a préféré sur nos conseils, repousser cette délibération.

La piscine intercommunale. Rien de neuf de ce côté-là, si ce n’est que pour financer leur quote-part de ce projet, les communes des Terres des Confluences se sont brusquement souvenues qu’elles disposaient de crédits départementaux à ce jour non consommés. 600 000 euros pour Moissac, 1,1 million d’euros pour Castelsarrasin… Récemment, le préfet qui faisait la tournée des intercommunalités, s’était étonné du volume de subventions d’état, non consommé par les communes. Le rappel à l’ordre aurait-il porté ses fruits ?

Le chapitre questions diverses donna au maire l’occasion de s’émouvoir de la manière dont les questions lui étaient posées, se risquant même à parler de diffamation. Nous ne pouvions laisser dire ! Nous n’avons pas l’habitude de parler en l’air, et nous savons rester courtois dans le questionnement. La raison de cette soudaine montée en température, c’est l’OTI, l’Office du tourisme intercommunal (cliquez ici) Oui le malaise y est grand et nous voulons en connaître les raisons ! Le maire qui a mentionné les efforts de Moissac pour accueillir cet organisme, s’est défendu de toute intervention, de toute pression à l’encontre de l’équipe et de sa directrice dont il a salué le travail. Il attribue les difficultés de l’OTI au cabinet de conseil chargé d’accompagner sa mise en place. On veut bien donner acte à Jean Michel Henryot tout en remarquant que le coup du cabinet est un peu facile. Une directrice qui démissionne sitôt nommée, une présidente qui dénonce « sa mise sous tutelle », des personnels qui se confient sous le sceau de l’anonymat… cela s’appelle un big problème dont il faudra bien trouver l’origine.

L’école de Mathaly va-t-elle sauver la classe que l’administration veut lui retirer ? Il y avait cette année 153 élèves dans cette école. Pour maintenir cette classe, il en faut 163. Selon les dernières estimations, il y aurait 168 inscriptions en septembre prochain. Mais le dernier mot appartient à l’inspection académique qui fera un comptage réel à la rentrée. Et qui ne s’engage pas pour l’instant sur le poste d’enseignant laissé vacant après un départ à la retraite. Mathaly peut garder ses banderoles !

Enfin un mot de l’orage, le vrai, celui du 10 juin dernier. Il a fait des dégâts sur les chemins et routes de la commune. La mairie a provisionné 110 000 euros pour les remettre en état.

Prochain conseil : le 27 septembre !

 

Refonder le lycée agricole

Je ne vais pas vous faire par le menu le récit de cette deuxième manifestation devant le lycée agricole de Moissac, je n’y étais pas. Christine Fanfelle représentait l’opposition de gauche. Mais au-delà de l’action symbolique, cette manifestation aussi peu mobilisatrice que la précédente, à Montauban, a cependant déclenché un engagement concret de la région Occitanie. Après les déclarations de la présidente Carole Delga, c’est le lotois Valentin Labarthe, vice-président en charge de l’agriculture qui s’est attelé au dossier. Il annonce une prochaine réunion avec la DRAAF (direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt),  la direction du lycée et quelques autres. C’est une bonne nouvelle ! Depuis le début de cette affaire, je réclame une table ronde avec toutes les parties prenantes. J’ai œuvré pour que le conseil municipal vote une résolution dans ce sens. Je l’ai répété à Montauban. J’ai dans un courrier récent demandé au maire de pousser dans ce sens, après l’avoir dit et redit ici même.

Encore faudra-t-il bien définir le périmètre de la réunion et en fixer les objectifs. On peut en effet s’opposer en général à la politique du gouvernement et à la perte possible de quelques formations, voire de quelques postes d’enseignants à Moissac. C’est si j’ose dire le minimum syndical auquel la droite, et les représentants du monde agricole consentiront sans barguigner. Mais une fois encore, on esquivera la question de fond qui est la place et le rôle d’une tel lycée dans l’agriculture du bassin de production.

Une anecdote pour comprendre. Un de mes petits voisins, fils d’agriculteur sur les coteaux, est interne à la MFR (maison familiale rurale) d’Escatalens. Mais pourquoi pas Moissac où il pourrait être externe ? « Il n’y a pas ce que je veux et surtout c’est les stages, à Escatalens, pour l’alternance, on trouve tout … » me répond Enzo. Comment dire plus concrètement le problème de notre lycée !

Le recrutement y est en recul. Les classes Ulis, réservées aux personnes en situation de handicap ne rassemblent plus grand monde, sans parler de l’accueil général qui n’est pas à la hauteur des attentes. Il faut repenser complètement cet outil qui répétons-le est central dans l’économie du territoire. Il faut y ouvrir de nouvelles formations comme conducteurs de vergers et orienter le système vers une agriculture respectueuse de la biodiversité, soucieuse de la santé de ceux qui y travaillent et capable de répondre aux aspirations à manger sain des consommateurs. Ce lycée doit prendre toute sa place, être pilote même, dans l’évolution inéluctable de notre agriculture.

 

OTI: chronique d’un gâchis

Les sourires et les propos de circonstance, lors de l’inauguration peinaient à maquiller la profonde crise qui secoue l’OTI (Office de tourisme intercommunal). Nommée il y a moins d’un an, Emmanuelle Gau, sa directrice a finalement choisi de jeter l’éponge. Son départ sera effectif à la mi-septembre, afin de sauver ce qui reste d’une saison déjà bien compromise. Adossé à une association, présidée par Marie Josée Maurièges, par ailleurs vice-présidente du Conseil Départemental, l’OTI a d’entrée de jeu été pris dans les bisbilles politiques, les rivalités personnelles, l’incapacité de certains élus à garder leurs distances, à laisser sa chance à ce nouvel outil, sans interférer en permanence dans ses décisions. Certains à la Communauté de communes expliquent que le sort fait à l’office est un avatar tardif de la guéguerre que se livraient naguère Moissac et Castelsarrasin.

« J’ai passé l’âge d’être sous tutelle » s’insurge la présidente de l’association intercommunale qui prend fait et cause pour sa directrice : « je ne peux accepter qu’on puisse venir au travail avec la boule au ventre. » Elle a rencontré le Président de la Communauté de communes et lui a annoncé qu’elle était à son tour sur le point de renoncer. « Je prendrai ma décision au cours de la prochaine assemblée générale, en octobre. Mais si je reste, j’y mettrai mes conditions » Le personnel qui vient tout juste d’être transféré de l’EPIC de Moissac (établissement public d’intérêt commercial) à cet office, se demande quelles mauvaises fées se sont penchées sur son berceau.

L’OTI est un enfant de la loi, la loi Notre ! Et cette naissance en a indisposé plus d’un. Les offices de Castelsarrasin, Moissac, Saint Nicolas, contraints de se transformer en ont conçu quelques aigreurs. La mise en place de la structure juridique fut une galère. Les transferts des personnels prirent du temps, tout comme le choix de l’implantation. La dévolution des biens, la reprise des contrats fournisseurs furent autant de chausse-trappes. Résultat, l’office a ouvert le 1° avril, bien trop tard pour donner pleinement la mesure de ses ambitions. Et pour ne rien arranger, outre les difficultés prévisibles à souder son équipe autour d’un projet, la directrice de l’office a du s’accommoder de congés maladie qui à l’évidence lui plombent ses effectifs.

Mais la gestion de cet office, c’est comme un iceberg. Il y a ce qu’on voit, qui saute aux yeux, et le reste : la partie cachée ! La partie immergée, c’est toute l’agitation de certains politiques, le petit bal des egos qui d’entrée de jeu ont fait farandole autour de cet organisme. Théoriquement, le conseil d’administration où siège des élus et des socio-professionnels, est souverain. Il contrôle l’activité, et après débat, il décide. Evident mon cher Watson ! Pas pour tout le monde. A peine avalée la dernière collation qui clôt invariablement ce genre de réunion, les décisions prises sont remises en cause. Certains élus, silencieux en séance publique, multiplient les interventions téléphoniques, font littéralement le siège de l’institution pour imposer leur point de vue. On comprend dès lors qu’il est bien difficile dans ces conditions de travailler sereinement et efficacement. D’autres, c’est le cas de Moissac, mettent en place des stratégies de contournement, comme cette maison des pèlerins, installée à grands frais au Patus, gérée par les sœurs de l’ordre des Hospitaliers, et qui devient peu à peu (nous évoquions cette dérive il y a déjà quelques mois) une annexe hors de contrôle de l’OTI. Désespérant, même pour des âmes bien nées !

La suite, c’est une nouvelle réunion du personnel dans quelques jours, une Assemblée générale de l’association en octobre. Si Marie Josée Maurièges renonce à son mandat de présidente, il faudra trouver une personnalité consensuelle, compétente et disponible. Et puis il y aura la question du remplacement de la directrice. Homme ou femme, il faudra procéder à un appel à candidature. Encore quelques mois pendant lesquels l’OTI sera sans capitaine. Bernard Garguy, le patron des « Terres des Confluences » ne cache pas son dépit et sa colère contre les petites manœuvres du landernau politique . Et dans les couloirs de la Communauté de commune, on se demande s’il ne faut pas purger l’abcès avant toute décision, avant toute nomination ! Pour s’épargner de nouvelles et prévisibles déconvenues!