Département: pour un contrat de gouvernance

Les élus du Conseil départemental de Tarn et Garonne sont en pleine ébullition. Mais qu’on se rassure, pas pour construire un programme, fixer un cap, ou mettre en oeuvre quelque grands projets! Non, en coulisse, ça touille, ça grenouille, ça tripatouille, ça déplace les lignes au point que les alliances d’hier, les improbables copinages qui avaient accouché d’un exécutif, sont en train de voler en éclat. La majorité se recompose au grés des crises et des humeurs d’un tel ou d’une telle. C’est tous les jours règlements de comptes à OK Coral. Avec Christian Astruc, dans le rôle de Papy fait de la résistance.

Avant de vous dire ce qui se passe au Château, il faut faire un petit retour en arrière. Après un bien trop long règne sans partage, Jean Michel Baylet est débarqué en avril 2015. Faute de pouvoir constituer une majorité avec ses 7 élus PRG, il doit se résoudre à rentrer en opposition. Le Tarn et Garonne vit alors une véritable révolution. Au point que presque plus personne n’ose hisser ses couleurs. Les 11 élus de droite, emmenés par la maire LR de Montauban, Brigitte Barèges, deviennent « Non inscrits ». Huit « Indépendants », avec Christian Astruc et Philippe Bésiers font leur apparition. Jean Michel Baylet couve son groupe des « radicaux républicains » et les socialistes sont justes assez nombreux pour faire une belote. Paysage dévasté où prévaut le « tout sauf Baylet », où B. Barèges abat son jeu au mauvais moment et doit se résoudre à composer avec… les Indépendants. Christian Astruc devient donc Président. Brigitte Barèges croit tenir sa créature. A l’évidence, il y avait maldonne.

Moqué, stipendié, dénoncé comme traître par ses anciens amis radicaux, le Président qui doit aussi affronter la maladie, résiste, s’obstine, expédie les affaires courantes. Nombreux sont ceux qui lui prédisent une explosion en vol. Le vote de la DM2 (voir plus bas) constitue un moment d’anthologie dans la vie de cette collectivité, même si Christian Astruc parvient in extremis à réunir une très courte majorité. Majorité de circonstance qui annonçait en mars prochain, d’énormes difficultés pour le vote du budget primitif 2016. Mais c’était sans compter sur les faiblesses de l’adversaire. Voilà que le groupe des « non inscrits » prend l’eau de toute part. B Barèges fâchée avec Pierre Mardegan, n’a plus que quatre fidèles. Les autres auraient rejoint une nouvelle coalition, dans laquelle J P. Bésiers, le maire de Castelsarrasin, serait un acteur de premier plan. Au point que le président Astruc pourrait dorénavant compter sur une petite douzaine d’élus.

Pas de quoi lui assurer des jours tranquilles pour le reste de son mandat, mais assez pour lui constituer un petit matelas, face aux Radicaux et aux Républicains fidèles à la maire de Montauban. Après les régionales, d’autres élus – on dit que Jean Michel Henryot aurait des états d’âme-  pourraient bien venir grossir cette fine équipe, à ce jour encore sans programme, sans projet toute occupée à sauver les meubles. Cette situation inédite dans ce département devrait interpeller comme on dit  le petit groupe socialiste mis ainsi devant une responsabilité nouvelle. En effet, de lui pourrait bien dépendre le sort de C. Astruc. Les socialistes promus faiseurs de roi! Retournement incroyable de situation qui pourrait leur permettre de peser sur le cours des choses. Et peut-être de négocier, au sein ou avec l’équipe en place un contrat de gouvernance qui sorte enfin le département de sa léthargie. Dans le contexte socio- économique, sans parler du paysage politique, il y a tant à faire qu’on a le devoir d’espérer.

Sénatoriales 82. Premier round : COLLIN élu!

Yvon COLLIN , 404 voix, est élu sénateur au premier tour de scrutin.

Résultats du premier tour:

François BONHOMME (UMP), 317 voix

Jean Michel BAYLET (PRG) 270 voix

Francis Labruyere (PRG), 183 voix

JL Matharan, (Union des républicains) 44 voix

Michel De Grande, 40 voix

Thierry Viallon (FN) 38 voix

Marie Claude Bouyssi (Front de Gauche) 34 voix

A. Bonnefont (Les Verts) 33 voix

 

 

 

Calendrier électoral

Le calendrier électoral prend forme. Les élections départementales (et oui Hollande l’a promis à Baylet) pourraient avoir lieu en mars 2015. Les élections régionales étant fixées à décembre 2015.
Si ce scénario était confirmé, mais la source est bonne, on voit mal ce qui restera de la réforme territoriale, mis à part peut-être l’apparition de régions plus grandes.
Mais d’ores et déjà on imagine l’empilement de structures : Conseils généraux maintenus, conseils régionaux élargis (nouvelles régions), métropoles… Le risque est grand qu’à ce jeu là au lieu de simplifier on complexifie. Au lieu de rendre les entités plus efficaces, on les alourdisse, les paralyse. Au lieu de réduire le nombre des personnels politiques et des administrations, on les boursoufle un peu plus plus encore.

Dîner-concert

Il y avait foule hier soir sur le parvis de l’abbatiale pour un petit concert au demeurant fort sympathique. Les restaurants avaient pris leurs aises, installant des tables sur toute la place. Le public, des touristes, mais aussi des moissagais bien connus, était ravi. Ce 15 aout sentait bon les vacances, la détente, l’envie de tirer un trait sur les soucis. Alors que quelques vieux airs de rock faisaient nonchalamment  balancer les spectateurs, les Soeurs, tout de blanc vêtues, tentaient d’organiser une procession en l’honneur de la Vierge. C’était presque étrange ce mélange des genres et pourtant tout se passa sans anicroche, deux univers, qui l’espace d’un instant, se rencontraient sans se voir. C’était un beau jeudi.

Plus prosaïquement, Il reste quelques améliorations à faire pour rendre cet espace public encore plus convivial : une fontaine qui fonctionne pour la fraîcheur de son gazouillis (tweet), un éclairage plus performant qui donne du relief aux édifices et mette en valeur le portail de l’abbatiale… Il faut donner aux nuits de Moissac leur mystère et leur poésie, qui de la pierre à l’eau peuvent offrir aux noctambules estivaux des sensations diverses et renouvelées. A quelques mois des élections, et à l’aube d’un nouveau mandat, il nous faudra dessiner un double parcours : municipal et touristique, comme la signature d’une ambition reconduite et nouvelle.