Main d’oeuvre

La scène se déroule à l’Espace Confluences. L’ADAPEI qui s’occupe des enfants handicapés en Tarn et Garonne y fête son anniversaire. Présents comme il se doit, Jean Paul Nunzi le maire de Moissac, une kirielle d’élus, la ministre du commerce, le président du Conseil général et le préfet.
Et chacun de se féliciter du chemin parcouru, de souligner les bonnes actions des autres. Bref tout baigne dans un humanisme dont Jean Michel Baylet se prévaut à l’envie.
Et puis ce même Jean Michel Baylet, se met à admonester publiquement le représentant de l’état, lui demandant de régler au plus vite la situation des SDF campant à proximité de l’espace Confluences. Effet garanti, la salle applaudit. Reste une question qu’il a éludée: de qui parle le président du CG? Les SDF en question sont des travailleurs saisonniers, venus de l’est pour la plupart, qui attendent tous les matins qu’un employeur, le plus souvent des producteurs de fruits, les embauchent pour la journée. La Dérocade ressemble certains jours au marché aux esclaves.
Voilà donc une main d’oeuvre livrée au bon vouloir des employeurs, sans toit, sans sanitaire, sans le minimum que prévoient lois et codes du travail. Tout le monde ferme les yeux, impératifs économiques obligent. L’état dans ce domaine a des responsabilités, mais les employeurs aussi. Il devient urgent de le rappeler à tous et de mettre en oeuvre les mesures qui s’imposent.