Régionales: l’heure des faux semblants

Ils sont tombés d’accord, PS, PRG, et Verts flanqués de  la petite nébuleuse qu’ils avaient constituée pour l’élection . Après quelques jours et quelques nuits d’âpres tractations, ils se sont répartis, sur la base des résultats du premier tour, les postes de l’exécutif régional. Pour le PRG, il s’agissait de faire appliquer l’accord arraché cet été par le patron du groupe Dépêche. Un accord qui donnait à Sylvia Pinel la place de présidente bis. Damien Alary, l’ancien président socialiste du Languedoc Roussillon a donc du s’effacer devant la dame de Tarn et Garonne qui au passage avait contraint son premier ministre à un curieux pas de deux, puisque pour complaire au Languedocien, Manuel Valls avait imaginé une présidence déléguée. Devant la difficulté, le projet fut vite abandonné.

Avec les Verts et leurs alliés, le bras de fer fut tout aussi redoutable. Après un premier tour qui lui donna à peine plus de 10 points, Gérard Onesta qui avait passé sa campagne à dire pis que pendre du bilan Malvy, des socialistes et du programme de Carole Delga, découvrait sur le tard quelque vertus à l’ancienne secrétaire d’état et à ses projets pour la nouvelle région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. Après avoir fait savoir sur France3 qu’il ne voulait plus de vice présidence, le chef de file de « Nouveau Monde » demanda et obtint un poste de président… du bureau  de l’assemblée régionale. Colossale subtilité. Mais sur une carte de visite, « président » fait mieux que vice… Plaisanterie à part, Gérard Onesta s’est taillé un poste à sa mesure, d’où il va pouvoir donner du geste et de la voix. Et orchestrer à sa manière, les relations avec l’exécutif. Carole Delga qui n’a pas la majorité absolue va devoir composer en permanence avec cet allié très encombrant. Et découvrir peut-être à ses dépens que le nouveau monde n’est pas forcément l’Amérique!

Ils ont tous dit, à droite, mais surtout à gauche, qu’après ce vote, et le succès du FN, il fallait faire autrement, changer les démarches et les comportements politiques. Croyez vous que le spectacle de cette élection et des postures qui auraient fait le bonheur d’un Daumier, témoignent de ce souci? A l’évidence non! Le troisième tour, l’élection du président et de son équipe, qui aura lieu le 4 janvier prochain, devrait couronner les négociations d’appareils. Mais, comme un grain de sable dans un rouage de haute précision, il suffirait de pas grand chose pour que la construction tremble sur ses bases. Carole Delga est-elle réellement à l’abri d’un coup de Jarnac?

Moissac ou la tentation du « Petit site »

Le Conseil municipal a voté, lundi 14 décembre un avenant au contrat « Grands sites » signé avec la région Midi Pyrénées et qui prolonge jusqu’en 2017, l’adhésion de la ville à ce dispositif lancé par Martin Malvy. C’est bien, c’est en effet une chance pour Moissac qui peut ainsi bénéficier de l’expertise et des aides régionales. Mais on sent pourtant au sein de la majorité municipale comme un embarras grandissant. « Grands sites » serait trop exigeant, trop contraignant, obligerait la ville à des investissements qu’elle ne veut pas consentir. Voilà la ville renvoyée tout à coup à ses impuissances, incapable de choisir, de construire, en dépit de ses protestations, une politique touristique conquérante et ambitieuse.

L’affaire de l’aire de campings cars est de ce point de vue parfaitement révélatrice. Pour améliorer l’éclairage public sur le terrain de l’ancienne piscine municipale où elle sera créée, il a été décidé de porter le montant global de l’opération à 265 000 euros, le tout pour une cinquantaine de places de stationnement. L’Etat apportera une subvention de 73500 euros. Le Département dont l’un des vices présidents n’est autre que le maire de Moissac, n’a pas encore donné signe de vie, et la Région estime que le projet de la ville ne répond pas au cahier des charges de « Grands sites » et donc refuse sa subvention.

C’est dit. Moissac prétend ne pas pouvoir créer tous les équipements demandés, faute de moyens! Certes les temps sont durs en matière budgétaire, mais le surcoût de quelques dizaines de milliers d’euros aurait été compensé par la subvention régionale. Au final, les coûts à la charge de la municipalité auraient pu être comparables. En faisant le choix d’un « Petit site » comme l’a fortement expliqué l’opposition de gauche, la droite donne à Moissac un tracteur sans moteur pour tirer la ville vers l’excellence touristique. A l’évidence, la politique municipale patine.

Un ordre du jour indigeste

Ce Conseil était copieux, en raison de l’abondance de régularisations comptables, d’autorisations administratives et autres actes ordinaires dans la gestion d’une commune. Il y eut cependant trois ou quatre dossiers d’importance.

La loi NOTRE d’abord. Elle oblige les départements à mettre en place sous la houlette des préfets des schémas de coopération intercommunale. En clair, il s’agit de regrouper les communautés de communes pour qu’elles dépassent les 15000 habitants, en fusionnant des petites et de plus grosses. Objectif: créer 9 inter-communalités à fiscalité propre, et une communauté d’agglomération (Montauban) dans le département. Ainsi, le préfet se proposait de marier Terres de Confluences et Serre-Garonne-Gimone. Refus unanime du Conseil qui réclame le respect du SCOT (schéma de cohérence territoriale) qui prend mieux en compte les réalités du bassin de vie. Pour accompagner ce refus, l’opposition de gauche a insisté sur la nécessité d’une simplification des structures administratives « devenues illisibles » et a demandé au maire de d’en faire état auprès du Préfet.

La zone du Luc. Intermarché se révèle incapable d’aménager les 31000 m2 qu’il avait acquis pour en faire un parc commercial. Il a trouvé un repreneur, M. Chataigneau, qui va, autorisation ayant été donnée par le C.M., se substituer au distributeur. Peut-être verrons-nous enfin cette zone tenir ces promesses. Le nouvel arrivant a six mois pour conclure.

Travail du dimanche. Moissac bénéficie déjà de dérogations au travail du dimanche, au titre de ville touristique. Trois dérogations ont été accordées en 2015. La loi Macron indique que les autorisations doivent être données par branche d’activité. Pour 2016, les commerces de détail seront ouverts les 4, 11 et 18 décembre. L’habilement bénéficiera en plus d’une autorisation pour les 10 et 24 janvier, et le 17 juillet. Le maire pourra accorder sur demande des commerçants, d’autres dates, dans la limite de 12.

Communication. Le maire qui avait naguère annoncé des économies dans le domaine de la communication, il avait même expliqué qu’il supprimerait un emploi dans ce service municipal, a une fois de plus changé d’avis. Il va recruter un nouvel agent après le départ du responsable de service qui n’a pas obtenu le renouvellement de son contrat.  Tout cela serait pure anecdote, si cette opération n’apparaissait pas pour ce qu’elle est: l’éviction d’un professionnel, d’un bon et loyal agent communal, non pas pour des raisons économiques, mais pour des raisons politiques.

Prochain CM : le 4 février

Régionales: les leçons d’un scrutin

Carole DELGA est élue et ça c’est la bonne, c’est l’excellente nouvelle de cette soirée du 13 décembre, sur laquelle planait, en dépit des sondages, de grosses et lourdes interrogations.

Carole DELGA est en tête dans tous les départements de Midi Pyrénées, souvent largement, mais en Tarn et Garonne elle devance de moins de deux points un Front national qui confirme son ancrage dans le département. Un ancrage particulièrement fort à Castelsarrasin et Moissac, avec des scores sans appel.

Au premier tour, c’est Castelsarrasin qui avait donné le meilleur score à Louis Alliot. Pour le second tour de ces régionales, c’est Moissac qui décroche le pompon. Le FN y obtient 40,60%, devant Carole DELGA qui totalise sur son nom 37%, tandis que Dominique REYNIÉ , le candidat de Nicolas SARKOZY, est crédité de 22,38%. Ce résultat est dramatique, d’ailleurs les scènes vécues lors du premier tour quand furent proclamés par le maire les résultats, se sont répétées, ce dimanche soir, avec probablement plus de gravité encore.

Sonnés les Moissagais! Sans voix la majorité LR et UDI de Moissac!

Il y a de quoi. Certes, Carole DELGA a gagné d’un tour sur l’autre plus de mille voix, conséquence bien entendu d’une très forte participation, 60,43% qui a permis au peuple de gauche de se ressaisir. Et pourtant le FN est non seulement parvenu à améliorer d’un point son score de premier tour, mais il a engrangé en une semaine plus de 400 voix, et ce alors que Dominique REYNIÉ, le candidat de la droite républicaine, parvient à faire deux points de plus qu’au premier tour.

Clairement, le FN avait des réserves et dispose d’un solide électorat à Moissac, incidemment à Castelsarrasin. Ce qui oblige la gauche, toute la gauche, à tirer de toute urgence les enseignements de ce scrutin et surtout à bâtir un plan de reconquête de l’ électorat, populaire ou pas, qui lui fait aujourd’hui un bras d’honneur.

Les leçons d’un scrutin

  • Premier enseignement: la droite moissagaise, qui est entrée à la mairie en 2014, voit son capital électoral asséché par une extrême droite, décomplexée et qui pourtant, à ce jour ne dispose pas de leader crédible et de structure militante conséquente. La droite moissagaise, moins de deux ans après sa victoire, s’est déjà disqualifiée aux yeux de son électorat. Il suffit d’ailleurs écouter les Moissagais sur le marché, d’ouvrir les yeux sur la ville, pour mesurer le terrible échec d’une équipe qui n’a même pas su traduire ses engagements de campagne en actions concrètes et tangibles. C’est dire que désormais, pour peu qu’il s’en donne la peine, le FN peut viser, d’ici 2020, avec une raisonnable chance de succès, le fauteuil de maire. C’est dire que la gauche et singulièrement les socialistes sont maintenant devant une responsabilité, n’ayons pas peur du mot, historique.
  • Et c’est le deuxième enseignement de ce scrutin: rassemblée la gauche tient bon, montre qu’elle est capable de mobiliser une part importante de l’électorat. Mais le scrutin montre aussi les limites de l’exercice. D’abord parce que cela ne lui assure pas une majorité, même relative. Ensuite parce que la gauche de la gauche demeure inaudible et ne parvient pas à agréger les mécontentements de tous poils. C’est dire qu’en l’état, les appels au « Front populaire » version Mélenchon ou les desiderata d’EELV pour un gauchissement de la politique régionale et nationale, ne rassemblent pas au delà de leurs militants ou sympathisants. Cette situation inédite, dont il faudra scruter l’évolution, oblige peut-être sur notre ville à prendre le problème autrement.

Pour répondre aux aspirations de nos concitoyens et contrer le FN, il faut certainement, si nous voulons faire gagner Moissac, élargir notre assise électorale, au centre et à une partie de la droite. Bâtir, sans exclusive et compte tenu de la gravité des problèmes que rencontre notre ville, une sorte de démarche de salut public.

  • Troisième enseignement enfin: le « bayletisme », cette dégénérescence clanique du radicalisme est totalement impuissant à tenir son rang politique et idéologique, au sens où l’entendait Gramsci. C’est dire qu’il a fait son temps et que les héritiers du radicalisme historique doivent s’affranchir, le plus vite possible de la tutelle du patron du PRG, pour apporter leur pierre à un large rassemblement citoyen.

 

Département: pour un contrat de gouvernance

Les élus du Conseil départemental de Tarn et Garonne sont en pleine ébullition. Mais qu’on se rassure, pas pour construire un programme, fixer un cap, ou mettre en oeuvre quelque grands projets! Non, en coulisse, ça touille, ça grenouille, ça tripatouille, ça déplace les lignes au point que les alliances d’hier, les improbables copinages qui avaient accouché d’un exécutif, sont en train de voler en éclat. La majorité se recompose au grés des crises et des humeurs d’un tel ou d’une telle. C’est tous les jours règlements de comptes à OK Coral. Avec Christian Astruc, dans le rôle de Papy fait de la résistance.

Avant de vous dire ce qui se passe au Château, il faut faire un petit retour en arrière. Après un bien trop long règne sans partage, Jean Michel Baylet est débarqué en avril 2015. Faute de pouvoir constituer une majorité avec ses 7 élus PRG, il doit se résoudre à rentrer en opposition. Le Tarn et Garonne vit alors une véritable révolution. Au point que presque plus personne n’ose hisser ses couleurs. Les 11 élus de droite, emmenés par la maire LR de Montauban, Brigitte Barèges, deviennent « Non inscrits ». Huit « Indépendants », avec Christian Astruc et Philippe Bésiers font leur apparition. Jean Michel Baylet couve son groupe des « radicaux républicains » et les socialistes sont justes assez nombreux pour faire une belote. Paysage dévasté où prévaut le « tout sauf Baylet », où B. Barèges abat son jeu au mauvais moment et doit se résoudre à composer avec… les Indépendants. Christian Astruc devient donc Président. Brigitte Barèges croit tenir sa créature. A l’évidence, il y avait maldonne.

Moqué, stipendié, dénoncé comme traître par ses anciens amis radicaux, le Président qui doit aussi affronter la maladie, résiste, s’obstine, expédie les affaires courantes. Nombreux sont ceux qui lui prédisent une explosion en vol. Le vote de la DM2 (voir plus bas) constitue un moment d’anthologie dans la vie de cette collectivité, même si Christian Astruc parvient in extremis à réunir une très courte majorité. Majorité de circonstance qui annonçait en mars prochain, d’énormes difficultés pour le vote du budget primitif 2016. Mais c’était sans compter sur les faiblesses de l’adversaire. Voilà que le groupe des « non inscrits » prend l’eau de toute part. B Barèges fâchée avec Pierre Mardegan, n’a plus que quatre fidèles. Les autres auraient rejoint une nouvelle coalition, dans laquelle J P. Bésiers, le maire de Castelsarrasin, serait un acteur de premier plan. Au point que le président Astruc pourrait dorénavant compter sur une petite douzaine d’élus.

Pas de quoi lui assurer des jours tranquilles pour le reste de son mandat, mais assez pour lui constituer un petit matelas, face aux Radicaux et aux Républicains fidèles à la maire de Montauban. Après les régionales, d’autres élus – on dit que Jean Michel Henryot aurait des états d’âme-  pourraient bien venir grossir cette fine équipe, à ce jour encore sans programme, sans projet toute occupée à sauver les meubles. Cette situation inédite dans ce département devrait interpeller comme on dit  le petit groupe socialiste mis ainsi devant une responsabilité nouvelle. En effet, de lui pourrait bien dépendre le sort de C. Astruc. Les socialistes promus faiseurs de roi! Retournement incroyable de situation qui pourrait leur permettre de peser sur le cours des choses. Et peut-être de négocier, au sein ou avec l’équipe en place un contrat de gouvernance qui sorte enfin le département de sa léthargie. Dans le contexte socio- économique, sans parler du paysage politique, il y a tant à faire qu’on a le devoir d’espérer.

Hôpital, 2101

2101 actes chirurgicaux, c’est le seuil fatidique en deçà duquel les services de chirurgie des petits hôpitaux seront contraints de se restructurer ou de fermer. Pourquoi 2101 et pour quoi pas 2100? Mystères de la statistique! L’administration qui est à la manoeuvre a fixé l’objectif. Pour économiser 3 milliards d’euros d’ici 2017, le ministère de la santé veut regrouper et parallèlement développer la chirurgie ambulatoire. Objectif très clairement affiché dans l’étude fournie par le cabinet « Mapping Consulting » sur l’hôpital de Moissac. Certains pensaient un peu vite que ces objectifs qui ont pour nom « projet médical de territoire » étaient peut-être tombés aux oubliettes. Il n’en est rien, l’ARS (l’Agence régionale de santé) a même reçu sa feuille de route dès le mois de septembre dernier, une circulaire qui reprend et confirme celle de 2010.

Les chirurgiens de l’hôpital de Moissac annoncent  2800 actes chirurgicaux environ (chirurgies orthopédique et viscérale) par an. De quoi, si les chiffres sont vérifiés, rester la tête hors de l’eau. Mais rien n’est acquis, rien n’est joué. Car au final, c’est l’administration qui comptabilise et il n’est pas sûr qu’elle retienne tous les actes revendiqués par les praticiens. Le Comité de défense de l’hôpital de Moissac que préside Jean Paul Nunzi est bien entendu en alerte. Pour autant, il ne ferme pas la porte à toute discussion.  « Le Comité refuse à priori la fusion des services, il demande, comme préalable à toute évolution des structures, que les professionnels de la santé, les personnels soient concertés » explique l’ancien maire de Moissac. Pas de réforme donc sans implication des acteurs de terrain!

La rentrée de janvier s’annonce sous haute tension. L’ARS a une feuille de route, elle va vouloir tracer et vite. Il faudra que le Comité, les professionnels de santé, au final, la population du bassin de vie, redoublent de vigilance et se mobilisent pour obtenir de l’administration de la santé une concertation large et sincère.

Régionales: « c’est la merde »

« C’est la merde » a écrit un électeur facétieux sur un bout de papier toilette glissé dans l’urne du Centre culturel. Il ne croyait pas si bien dire. Il fallait voir les mines déconfites, à gauche comme à droite, dimanche soir au Hall de Paris, quand le maire a proclamé les résultats définitifs pour Moissac.

39,46% pour le FN. Du jamais vu! Loin, très loin derrière, D. Reynié, le candidat des Républicains avec 20,20%, talonné par Carole Delga, la candidate socialiste qui obtient un petit 19,96%. Les Verts ne s’en sortent pas mieux, G Onesta récolte à peine 8,25% quand P. Saurel dépasse tout juste les 2%.

Le Front national est à l’évidence le premier parti politique à Moissac, en Tarn et Garonne où il obtient 35,65%, mais aussi dans le Tarn voisin. Voilà qui change évidemment la donne politique, mais surtout l’événement jette une lumière blafarde sur le département et sur notre ville. Que se passe-t-il ici? Quelles sont les causes d’un tel séisme, qui en est responsable? Pourquoi nos territoires sont-ils plus sensibles que d’autres au discours du FN ? Graves et difficiles questions auxquelles il faut se garder de répondre par la morale (« c’est pas bien de voter FN) ou par le mépris (« tous des cons »). A l’évidence, les partis politiques dits républicains n’ont pas voulu entendre ce que disent des citoyens de plus en plus nombreux. D’une manière ou d’une autre, il fallait bien que ça sorte.

Prenons le cas de Dominique Reynié. Il fait beaucoup moins bien que Jean Michel Henryot aux cantonales. En moins d’un an, la droite perd 14%, ce qui au passage devrait sérieusement inquiéter la majorité municipale qui voit ainsi sa politique locale sérieusement sanctionnée. A cet égard, Brigitte Barèges a tenu un peu mieux son électorat, même si elle aussi enregistre de sérieuses pertes.

Du côté de Carole Delga, les résultats sont tout aussi désastreux. Elle obtient sur Moissac le même score que le radical P. Guillamat lors de la dernière élection départementale. Elle a donc perdu plus de 11% des électeurs de gauche qui avaient alors choisi Frank Bousquet. Il est vrai qu’une partie de la gauche socialiste et apparentés a très mal vécu les oukases de Jean Michel Baylet, imposant sa protégée Sylvia Pinel comme tête de liste dans le département. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que « le renfort » de la ministre du logement n’a guère été profitable à la candidate socialiste qui fait 4 points de moins que son score régional (24%).

EE-LV n’a pas non plus de quoi pavoiser. Avec ses 8%, G. Onesta n’améliore que de deux points le score du Front de gauche aux dernières départementales (6%).

Le deuxième tour s’annonce donc compliqué pour Carole Delga qui va devoir, à Moissac, comme ailleurs, faire le plein des voix de gauche et gagner sur les abstentionnistes, pour l’emporter. Un accord a été trouvé avec G. Onesta qui devant le péril a mis sous le boisseau ses critiques contre la gestion Malvy et le programme Delga. Mais pour que les électeurs n’aient pas le sentiment d’assister une fois de plus à un rabibochage purement politicien, la nouvelle liste va devoir, il lui reste 4 jours pleins, convaincre qu’elle ne fait pas front commun, juste pour contrer le Front.