L’effet gazole


Combien seront-ils le 17 novembre sur les routes, pour bloquer le département ? L’extrême droite et dans sa jupe, une partie de l’extrême gauche se prennent à rêver au plan national d’une opération à la chilienne, quand les camionneurs avaient bloqué le pays. En France, à priori rien de comparable. Mais ce mode d’action pue, et réduit le débat à un règlement de comptes.

Pourquoi le gazole augmente-t-il ?

Les marchés en sont les premiers responsables : 50 dollars le baril il y a quelques mois, 73 aujourd’hui ; soit une hausse de 46%. On le sait, les marchés n’aiment pas les tensions internationales et ils en profitent. On a déjà vu ça par le passé, il y a deux ans à peine.

Le gouvernement a de son côté décidé d’aligner la fiscalité du gazole sur celle de l’essence. Pour envoyer un signal fort. Il faut en finir avec un carburant polluant, qui met en danger la santé des citoyens.  Mais on le comprend aisément, cette décision, courageuse, tombe au mauvais moment.  Les automobilistes, à qui, par le passé, constructeurs et autorités sanitaires ont menti (tests truqués, analyses bidons) se sentent doublement floués. Certes, la prime à la casse, considérablement augmentée, comme les aides à la conversion énergétique, devraient aider à faire passer la pilule. Mais ce sont là remèdes de moyen terme et qui ne concernent pas tous les consommateurs ! Dans l’immédiat, ça fait mal au porte-monnaie des ruraux et à l’image que leur renvoie le pouvoir : des gens de peu ! Des gens dont le sort indiffère les citadins. Voilà qui risque d’élargir un peu plus la fracture entre ville et campagne.

Comment se tirer une balle dans le pied

Tardivement, Emmanuel Macron, itinérant mémoriel sur les champs de bataille de la grande guerre, a pris conscience du danger. Et voilà que tardivement, il annonce des aides, à effet immédiat.  Des compensations. Car dans cette affaire le pouvoir s’est piégé. Il a fait jusqu’ici la sourde oreille aux voix qui montaient des territoires. Et le voilà maintenant contraint de bricoler en urgence des réponses à la grogne populaire. En effet, subventionner le litre de carburant, reviendrait à détruire l’effet « pédagogique » du prix et à faire machine arrière sur l’environnement. La droite Wauquiez et les Insoumis, qui font assaut de démagogie, cherchent sur ce dossier à pousser le pouvoir à la faute. Ils ont en partie gagné: les Français ont déjà passé par profits et pertes toutes les mesures sur le pouvoir d’achat, toutes les mesures sociales.

De fait, ce n’est pas la première fois que le gouvernement se montre aussi imprévoyant. Brutal même avec les classes moyennes. Il devrait prendre garde. L’effet est terriblement contre-productif. D’abord sur la mesure envisagée, qui est vécue comme une punition et donc contestée tout de go. Ensuite, sur l’objectif d’une France rassemblée qui suppose un partage juste et intelligent de l’effort nécessaire. En politique, c’est comme en amour, il n’y a que les preuves qui comptent.

3 réflexions sur “L’effet gazole

  1. A la base, ce mouvement est né d’initiatives citoyennes. Pourquoi le qualifier « d’extrême » ? Certains mouvement l’ont récupéré mais il est avant tout, le signe que l’on entre dans une ère nouvelle, pour le meilleur ou pour le pire…
    Ce mouvement échappe à la sphère politique donc on tente de le marginaliser. Les syndicats ne s’associent pas, d’autres ne se mouillent pas au cas où, il y aurait quelque chose à récupérer… Des syndicats en perte de vitesse car plus crédibles. Ça ne va pas arranger leurs affaires. Je pense que ce n’est pas très bon signe.
    Je pense que le 17/11, la mobilisation sera forte et très suivie.
    Pour quelle finalité ? Peut-être un buzz qui permettra à d’autres de leur emboîter le pas…

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  2. Rassemblement citoyen!!!
    Nul parti politique et syndicat ne sont invités!!
    A croire que lorsque les contestations des dispositions oligarchiques ne nos chers politicards se font entendre , c’est du populisme!!!
    Oui, effectivement les français en ont marre de ce racket qui dure depuis des décennies…
    Un mouvement est en marche mais ce n’est pas la république, c’est le peuple!!!

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    • C’est dur et ce sera probablement long à admettre, mais nous sommes entrés dans une période, je parle de la planète, où rien ne sera comme avant. Les changements climatiques et les conséquences politiques et humaines que cela entraîne déjà nous obligent à revoir nos habitudes de consommation, nos modes de vie aussi. les énergies fossiles ont permis des miracles dans le développement économique, elles mettent en péril, on le sait maintenant, tout notre environnement. Le changement climatique, c’est le bouleversement de tous les équilibres planétaires, donc des migrations sans commune mesure avec ce que nous connaissons aujourd’hui, donc potentiellement des menaces de conflits…
      Par ailleurs, nous sommes tous heureux, collectivement, de savoir qu’en France nous avons un état, qui finance l’éducation, la santé etc… même si chacun peut toujours trouver qu’il n’en fait pas assez… Le consentement à l’impôt est la base de notre démocratie redistributive… le remettre en cause c’est opter pour les lois de la jungle… moi je choisirai toujours la démocratie, même imparfaite, car je sais que je peux travailler, sans hystérie ni démagogie, à l’améliorer. Je m’y emploie là où je suis.

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