Belfort et le mal français


Alsthom-Belfort est sauvée. Pourquoi avons-nous tant de mal à dire bravo ? Cinq cents salariés, cinq cents familles voient leur avenir assuré. Avec eux, la ville, berceau historique de cette industrie ! Un symbole et un cas d’école !

Il y a à peine quelques jours, médias et politiques pleurnichaient sur le sort de ces ouvriers, et en rajoutaient sur leurs angoisses. Avec gourmandise, toute la droite, mais aussi certains à gauche, n’est-ce pas MM Hamon, Mélenchon, Montebourg et j’en passe, voyaient déjà l’exécutif sombrer dans un nouveau bourbier. Il était même des Diafoirus de la politique pour proposer… la nationalisation d’Alsthom. Tout un programme !

Le gouvernement a trouvé une solution pour maintenir l’usine : remplir son carnet de commandes. Tellement évident que ça colle une diarrhée carabinée à tous les commentateurs zélés et si peu intéressés. Certes, personne n’est dupe, cette célérité gouvernementale doit beaucoup aux échéances électorales. Mais cela posé, le plan de sauvetage est-il pour autant à jeter aux orties ? Non, cinq cent fois non !

L’état achète des trains, depuis longtemps. Qu’on nous fasse donc grâce du couplet sur le contribuable, cochon de payeur ! Ce n’est pas une nouveauté, ni même un crime contre les finances publiques. Il va acheter des TGV pour les faire rouler sur des voies empruntées par les Inter-cités. Cette bizarrerie interroge mais n’est pas absurde. Bien des TGV circulent aujourd’hui sur des tronçons de voies qui n’autorisent pas la grande vitesse. Entre Bordeaux et Marseille par exemple. Par ailleurs, ces investissements, en avance de phase comme on dit, permettront demain d’étendre le réseau TGV dont le déploiement n’est pas terminé. Et le confort des passagers, qui en parle ?

Belfort va construire des locomotives diesel dont il faut renouveler le parc, et assurer la maintenance de ces matériels sans laquelle la sécurité des passagers n’est pas garantie. Belfort va développer de nouveaux produits, comme les bus nouvelle génération. Tout ceci est de nature à assurer la pérennité du site, sans mettre les autres usines d’Alsthom en péril. Qui peut croire sérieusement qu’un train, qu’une locomotive, qu’un vélo sont fabriqués aujourd’hui dans un lieu unique ? Juste les ignares ou les hypocrites !

Mais pourquoi, le PDG d’Alsthom, pourquoi les syndicats que je trouve bien taiseux au lendemain de cette victoire, n’ont-ils pas proposé cette solution ? Pourquoi les représentants de l’état qui contrôle 20% du capital de l’entreprise n’ont-ils pas tiré la sonnette d’alarme plus tôt ? Voilà donc un cas d’école. Dans cette affaire, on trouve tous les ingrédients du pudding français : des syndicats à la vue basse, parce que focalisés sur la question sociale, de l’autre des responsables d’entreprises, prompts à appliquer toujours les mêmes recettes, et enfin des actionnaires, intégristes de la religion du dividende, qui se moquent comme d’une guigne des hommes et des territoires.

L’état bouge encore. On lui en tient grief ! Serait-il resté inerte, on l’aurait vilipendé. La France, et au premier chef les élites, cultivent à outrance ce goût pour la critique. A trop s’y complaire, elle s’y perd. Et les esprits chagrins qui dénoncent la ficelle électorale peuvent dormir tranquilles : Ni Valls, ni Hollande ne seront crédités de ce sauvetage.

 

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