Hôpital: ne pas perdre de vue l’objectif!


Après Moissac, le Comité de défense de l’hôpital a réuni près de 400 personnes à Castelsarrasin. Une salle qui a manifesté à plusieurs reprises sa mauvaise humeur à l’encontre des élus, accusés de ne pas faire assez en faveur de l’hôpital. Même le Comité de défense en a pris pour son grade au point qu’on peut se demander si à vouloir jeter ainsi l’équipage par-dessus bord, les passagers ne risquent pas bientôt de se retrouver à bord d’un bateau ivre. L’avenir de l’hôpital peut-il s’accommoder de querelles subalternes, de petits règlements de comptes, de postures opportunistes qui nuisent plus à la cause de la santé qu’à la réputation de leurs auteurs ?

Car en fait de quoi s’agit-il ? Rien de moins, rien de plus que de faire en sorte que la chirurgie digestive à Moissac soit tenue par un chirurgien, présent à plein temps sur le site, afin de répondre aux besoins du territoire et de rassurer les médecins de ville et leur patientèle. Tout le reste n’est qu’effets de manche ou postures politiciennes dont Moissac n’a pas vraiment besoin. Chacun qui a eu à gérer de telles situations, sait bien qu’à vouloir embarquer une mobilisation citoyenne sur des objectifs de politique nationale, on la pousse dans l’impasse et la condamne à l’impuissance.

Ce mardi 3 décembre, le directeur de l’hôpital de Moissac avait rendez-vous avec le maire, le Comité de défense et des représentantes du personnel. Apparemment, il n’est rien sorti de cette entrevue, si ce n’est la confirmation d’un processus en cours : le poste de chirurgien est confié à la fédération des chirurgiens digestifs de Tarn et Garonne qui assureront à tour de rôle des vacations dans l’établissement de Moissac. Tout au plus a-t-il été concédé un petit allongement de leur présence hebdomadaire, mais week-end exclus. Apparemment, le GHT, le groupement hospitalier de territoire qui prévoit, des complémentarités entre l’hôpital de référence, Montauban, et ses satellites, est en place. Mais naguère occasionnelle, la pratique du renfort a débouché, en catimini, sur une réforme de structure et ce depuis le décès il y a plus d’un an du docteur Lemaire. Personne, ni les représentants du personnel, ni les élus qui siègent dans les instances de contrôle, ne semble avoir eu vent de ce tour de passe-passe. Et pourtant, le poste de chirurgien digestif a bel et bien disparu des organigrammes de Moissac. Envolé sans laisser d’adresse ! Dans le même mouvement, naissait en plein cœur de l’été, sur le modèle du service départemental des Urgences, une fédération de chirurgiens digestifs, physiquement installée à Montauban, et instrument d’intervention du GHT. C’est cette fédération, ses 5 chirurgiens, qui sont aujourd’hui en capacité de pratiquer à Moissac

Cette situation est hélas invivable. Ces jours derniers, les personnels soignants du bloc opératoire ont pu dire leur désarroi, leurs inquiétudes devant la baisse d’activité consécutive à cette nouvelle organisation. Là encore, il s’agit de vécu, car de chiffres il n’y a pas ! la direction de l’hôpital ne communique pas. Vécu encore, l’histoire de ce patient opéré dans la journée et conduit le lendemain à Montauban parce que le chirurgien de service à Moissac ne voulait pas se substituer à son confrère. Pas besoin d’être expert pour comprendre que cela fait peser une menace sur la pérennité du service, voire du secteur chirurgie tout entier.

Il faut donc redresser la barre, vite et bien. Fort de la mobilisation populaire, le Comité de défense qui a par ailleurs lancé une pétition, a demandé à rencontrer en urgence les directeurs du GHT et de l’ARS (agence régionale de santé) Avec une seule revendication : un chirurgien digestif à Moissac, ce qui permettrait de retrouver nos capacités initiales dans ce secteur, soit un poste et demi de chirurgien. Mais il y a fort à parier que pour faire entendre raison aux décideurs, une nouvelle mobilisation citoyenne ne sera pas de trop.

Cette crise, presque cyclique, il y a trois ans l’orthopédie était menacée, n’est pas bonne pour notre hôpital. Elle risque d’en écorner l’image et donc de détourner les patients vers d’autres structures hospitalières, voire vers les cliniques privées. C’est pourquoi, il faut lui trouver rapidement une issue. Rassurer malades, personnels soignants et médecins de ville. Leur concours est absolument nécessaire. Il faut les convaincre, si certains venaient à en douter, de la qualité de nos services hospitaliers. A cet égard, une journée portes ouvertes sur l’hôpital, pourrait fédérer et enrôler dans ce noble combat, l’ensemble des acteurs de la santé sur le territoire.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.