Le bazar au marché


Décidément Moissac se distingue, presque sur tous les plans. Après un premier tour de scrutin municipal qui a mis le RN en position de gagner l’élection, voilà que la ville ne fait pas grand cas des mesures de déconfinement. Pas toute la ville et pas n’importe quand, il est vrai ! Mais pour le premier week-end d’ouverture du marché de plein vent, dimanche notamment avec la fripe et le bazar, ce fut un festival : des attroupements à tous les coins de rue et devant les magasins, un refus quasi général et ostensible de respecter les distances physiques et de porter le masque. Une insouciance coupable au regard des efforts à consentir pour éloigner définitivement le spectre de l’épidémie. Elle n’est pourtant pas terminée. En Tarn et Garonne, on compte encore 6 hospitalisés et 4 personnes en réanimation. On déplore à ce jour 5 morts, alors que 37 malades ont été guéris.

Face à ce laisser-aller, les commerçants de Moissac qui font l’impossible pour offrir les meilleures conditions sanitaires à leurs clients ont vu rouge. Certains se sont même associés pour se faire entendre auprès de la mairie qu’ils jugent bien laxiste sur le respect des gestes barrières. Dans les boutiques de centre-ville, la grogne est manifeste. Certains dénoncent l’inertie de la police municipale qui n’interviendrait pas avec assez de vigueur auprès des attroupements et sur le marché du dimanche, au milieu d’une foule bigarrée.

En fait, tout le monde s’accorde à dire que les règles ont été respectées sur le marché de bouche, vendeurs et clients se pliant de bonne grâce aux contraintes sanitaires. Ainsi se dessine une fracture qui n’est pas nouvelle à Moissac entre producteurs locaux et vendeurs ambulants, qui pointe aussi des différences de comportements entre les chalands, selon qu’ils viennent pour faire leur marché de produits frais ou pour baguenauder entre les étals de fringues. On voit tout de suite l’exploitation qui peut être faîte de cette situation si elle venait à se renouveler. Le RN qui fait discrètement campagne auprès des commerçants, a du trouver l’occasion trop belle.

Le message semble avoir été entendu par la mairie, qui envisage d’interdire le marché du dimanche, dans sa version fripes. Elle s’inquiète aussi de l’arrivée en nombre de travailleurs saisonniers, qui ne sont pas testés et encore moins obligés à une quatorzaine comme le promet pourtant le ministre de l’agriculture. Sans parler des conditions d’hébergement qui pourraient se révéler de redoutables klusters. Cette main d’œuvre est pourtant nécessaire à l’agriculture locale qui ici comme ailleurs, n’a pas trouvé à Pôle emploi les bras nécessaires aux travaux de saison, malgré la judicieuse décision du Conseil départemental de maintenir le RSA à toutes celles et tous ceux qui accepteraient de travailler dans les champs. Raison de plus pour que tous les responsables publics, élus et administrations comprennent enfin que nécessité ne saurait faire loi.

 

 

 

 

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