Jour de fête chez M. Henryot


Patrimoine, Chasselas, Comice agricole, exposition d’artistes… le week end dernier il y en avait pour tous les goûts dans le giron de l’abbatiale. Mais à l’évidence, la sauce n’a pas bien pris. Le public clairsemé que l’exiguïté des lieux peinait à cacher a eu bien du mérite à admirer les stands de chasselas, bizarrement obligés de faire pénitence dans le cloître. Les sites remarquables du goût, réduits à la portion congrue, faute d’espace, n’ont guère fait concurrence aux restaurateurs de la place. Mais, il faut le reconnaître, de ce point de vue l’objectif de la mairie a été atteint. Il y eut même d’autres exposants, relégués dans des coins improbables du Patus qui  eurent ainsi tout loisir pour méditer sur leur sort. Certains nous ont même confié qu’on ne les y reprendrait plus.

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samedi 16 heures

Pourtant les barnums blancs, flambant neufs, étaient du meilleur effet au pied de la vénérable  bâtisse.  Pourtant les bacs à fleurs avaient été copieusement regarnis pour donner un air de fête à ces deux journées prématurément automnales.  Pourtant la mairie avait mis le paquet pour faire connaître son initiative. Ne l’avait-elle pas claironné: une nouvelle ère s’ouvrait. Comme s’il lui fallait en effet en finir avec les années de gauche, mais surtout avec une certaine conception de la fête.  L’affaire n’est pas en effet simple caprice d’élus locaux en mal de trouvailles. Elle raconte en creux quelque chose de plus profond, quelque chose qui tient à une culture soucieuse de renouer avec un ordre ancien, quand l’église était le centre du village et le clocher le coeur battant d’une communauté. Elle esquisse une sorte de nostalgie, celle du temps des cathédrales, en l’occurrence de l’abbatiale dont les siècles et quelques Républiques ont ruiné le magistère.

Pour revenir à des considérations plus terre à terre, il faut une fois de plus -nous l’avons dit et redit en Conseil municipal- pointer les incohérences de cette décision. Mettre la fête du chasselas au Patus, c’est priver visiteurs et exposants d’un espace à la dimension de l’évènement. Les bords du Tarn, l’Allée des Justes, offrent en effet un site inégalé, commode d’accès, facile à aménager, parfaitement dimensionné pour ce type de manifestation. Ils donnent sens au slogan « De la pierre à l’eau » ou « De l’eau à la pierre » comme l’a bizarrement traduit la majorité municipale. Il s’agit en effet de valoriser par des manifestations adaptées tous les sites remarquables -et ils sont nombreux- de Moissac. De donner la possibilité aux Moissagais et aux touristes d’investir la ville, aux commerces de prospérer dans nos rues et quartiers. La rénovation de la rue de l’Inondation que l’équipe municipale de Jean Paul Nunzi avait programmée, s’inscrivait totalement dans cette ambition. A-t-elle encore un sens aujourd’hui?

 

 

 

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