PS: un débat petit bras


Bon, il se sont bien tenus… Pas d’agression, pas d’invectives! Des gens polis qui se sont à peine adressé la parole, il est vrai que le découpage de l’émission ne permettait guère les incartades. Des candidats sans surprise, raides dans leurs costumes sombres, encravatés itou! La seule femme du lot, pantalon et veste noire,  était à l’unisson. Souvent surprise à fixer la caméra, comme absente à ce débat qui semblait la concerner que de très loin.

Il est vrai que ce plateau donnait un spectacle étrange. Il y avait les quatre ténors qui ont joué sans passion leur partition. Montebourg égal à lui-même, habile et inconstant. Hamon, desservi par sa prestance. Son verbe dense, nourri de riches lectures politiques, n’est cependant pas parvenu à faire illusion: il semblait mal à l’aise avec son récent statut d’homme qui monte. Pas de surprise non plus avec Peillon. Docte souvent, professoral tout le temps, au discours trop lisse pour imprimer dans les têtes militantes. Et Valls, le ressuscité, enfin convaincu de devoir jouer sa partition favorite, oeil de braise et verbe fort.

Il y avait deux outsiders. De Rugy, une variante de vert dans la galaxie écolo. Des mots simples pour défendre le bilan du quinquennat. Une sincérité sans pathos, mais sans ambition à l’évidence. Et Pinel. Plutôt claire pour revendiquer l’héritage, un court moment de grâce qui n’a pas fait longtemps illusion: tant de peine faisait peine. Que faisait-elle là?

Tout comme Bennahmias, une autre variante de vert, le seul à n’avoir pas respecté le dress code. Sorte d’OPNI, objet politique non identifié, qui ne se souvenait pas de son programme et dont les embardées ont mis un grain de fantaisie dans ce spectacle convenu.

Car sur le fond, rien de très nouveau!  Les programmes tiennent plus du catalogue Manufrance (dénomination ancienne pour le made in France) que d’une vision, d’un projet novateur et articulé, en prise avec son temps. Morne plaine où Benoit Hamon fait figure de prophète, et Manuel Valls de gardien d’un temple fissuré, menaçant ruine. Langue de bois et arrières pensées, aucun des candidats n’a voulu dire ce que demain il fera pour que la gauche ne soit pas balayée dès le premier tour. La gauche? Non les gauches, je ne parle pas de celle de Mélenchon (qui veut d’ailleurs ratatiner sa composante communiste), mais de l’autre, la social-démocrate, une partie de la gauche dite de gouvernement. Elle a, et hier ça transpirait sur le plateau télé, intégré sa défaite. Elle s’y résigne,  car elle a tout fait pour ne pas arbitrer  sa ligne politique et faire le ménage au sein des egos aux petites carrures. le PS, car c’est de lui qu’il s’agit,  ne veut, ne peut encore admettre qu’avec cette présidentielle, il pourrait bien être mis hors jeu, il ne veut pas voir qu’en dehors de lui, se construit une démarche et un projet qu’il a été incapable de bâtir et auquel il dénie encore son ancrage progressiste. Dilemme shakespearien pour l’appareil socialiste: se remettre en cause, ouvrir les portes et fenêtres, c’est être balayé par le courant d’air. Camper sur ses positions, c’est périr d’obsolescence! Mais comme dit le dicton: les chiens aboient, la caravane passe! Prochain débat, dimanche à 18h.

Une réflexion sur “PS: un débat petit bras

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s